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L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout

Eloge de la fuite
Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture
 
Lundi 26 mai 2008

John-Flaherty Cox est un auteur de textes érotiques dont les personnages récurrents-  Diane, Etienne, Paul-  se livrent à d’excitants ébats tout en y mettant du sentiment, ce qui permet de plaire à un public aussi bien libertin que romanesque, même si, parfois, la propension des héroïnes à  dire « je t’aime, je vous aime tous » aux mâles qui les font jouir prête à sourire. Ce n’est pas là-dessus que j’épiloguerai, mais sur le fait que JFC n’imagine que des personnages riches, habitant de superbes loft ou des villas splendides, portant robes et bijoux de marques, conduisant des bolides luxueux et travaillant dans la finance ou les galeries d’art.  « Fais-moi plaisir, lui ai-je demandé un jour, fait baiser Diane avec un livreur de pizzas dans ton prochain bouquin. » Il me l’avait promis, ne l’a pas fait : « J’ai essayé, je n’y arrive pas », m’a-t-il avoué.

Je raconte l’anecdote à l’ami avec qui nous avons parlé de la Révolution (nos sujets de conversation sont très éclectiques), un homme adorable et d’une simplicité totale. Pourtant, il hoche la tête : « Je comprend qu’il n’ait pas pu. Moi-même, quand j’ai des fantasmes, je visionne de superbes créatures en robe du soir, j’associe spontanément l’érotisme au luxe. » Effectivement, je reçois pas mal de textes d’auteurs en mal de publication, et presque à chaque fois, les personnages sont sinon riches, au moins aisés et surtout formatés pour consommer les objets censés se faire pâmer les femmes : « Il a l’argent, il a la voiture, il aura la femme » disait une publicité pour je ne sais quel bolide.  Dans l’inconscient masculin, les femmes sont attirées par l’argent, le luxe et le pouvoir, et comme me disait un ami : « Les hommes ne pensent qu’aux femmes, ils ne cherchent l’argent et le pouvoir que pour les séduire. » D’où la compétition permanente, l’ambition démesurée, le narcissisme médiatique, et  la misère affective de ceux  « qui aimeraient bien avoir l’air, mais qu’ont pas l’air du tout » comme chantait Jacques Brel.

A ceux là, frustrés et persuadés que l’érotisme est un luxe qui ne se conquiert qu’avec du luxe, la société marchande vend des montres, des Palm, des voitures, des parfums, des gadgets qu’ils achètent pour essayer d’au moins ressembler à ces héros et ces puissants capables d’avoir une superbe créature à leur bras malgré leurs rhumatismes, leurs rides, leur gros bide et leur prostate défaillante.

Casser ce couple infernal érotisme/luxe, rappeler que le désir et le plaisir peuvent être libres, joyeux et gratuits pour peu qu’on s’intéresse à la personne plus qu’au personnage, aux êtres plus qu’aux masques, c’est sans doute ce qui m’a amenée à écrire des textes érotiques, comme je l’expliquais dans « Autres désirs, autres hommes ».

« Pas envie des stéréotypes où on a l’impression que la sexualité est une activité à part, réservée à des oisifs qui n’ont rien d’autre à faire, des pétasses du 16è trompant l’ennui en trompant leur mari, des femmes soumises ne sachant jouir que la honte aux joues et la tête dans les feuilles mortes. (Car bien entendu leur Maître, toujours beau et fortuné, les attache en pleine nuit au pied d’un chêne séculaire pour mieux les enculer).
L’EROTISME EST AU COIN DE LA RUE !
Je dédie ce livre aux gens comme vous et moi, qui avons en mémoire des instants où le désir nous est tombé dessus comme un cadeau surprise, des partenaires d’une sensualité devenue torride par la seule brûlure de notre regard sur eux, et même des scénarios érotiques où on joue à se faire peur tout en s’amusant comme des fous car le sexe, on ne le dit jamais assez, est un plaisir parfois d’une drôlerie irrésistible."

On y croise des petits Beurs amoureux, un comédien au chômage, un bachelier homosexuel, une étudiante thésarde, un conseiller culturel, une quincaillière, un  publicitaire, une chercheuse scientifique, un aubergiste corse, un ouvrier mécanicien, un coopérant, une secrétaire ivoirienne…


Dans « Ce qui trouble
Lola » : un photographe, un presque SDF, un étudiant en lettres, des peintres en bâtiment, un barman, une confiseuse, un cancérologue, un informaticien, un décorateur, un représentant en lingerie et godemichés, des rockers, un balnéothérapeute,

Dans « Les latitudes amoureuses » : un médecin, un commercial, une artisane en bijoux, des fêtards parisiens, des musiciens et étudiants cubains, une infirmière, un architecte, un aventurier australien.  

L’érotisme n’est alors plus un luxe, ni une conquête, mais une exploration d’univers infiniment variés et multiples, où le désir et le plaisir sont finalement accessoirement sexuels et beaucoup plus jubilatoires, liés à l’alchimie de rencontres dont chaque personnage, outre des organes sexuels en parfait état, a aussi un cerveau,  une culture, un passé, un métier et des questionnements qui en font un être unique et précieux. Indépendamment de son statut social et de son argent.

Ca n’a pas l’air, mais c’est extrêmement politique…

par Françoise Simpère publié dans : EROS
Samedi 24 mai 2008


Jeudi dernier, jour de manif, j’étais en province. Soleil radieux, temps doux.
Cent mètres avant l’arrivée au point de rendez-vous, des jeunes, des vieux, des avec drapeaux, des avec banderoles, des les mains dans les poches, convergent vers la place où règne cette atmosphère très particulière des jours de manifestation, faite de sourires et de gravité, de regards qui s’éclairent en reconnaissant tel ou tel, du plaisir de voir que nous sommes nombreux, très nombreux (13 000 apprendrons-nous le lendemain), de la sono qui  grésille tandis que les couplets entonnés au micro sont repris par la foule.

J’écoute distraitement les slogans qui défendent les retraites, les salaires, les sans-papiers ou réclament plus de justice, moins de précarité, plus d’avenir pour les jeunes. « C’est étrange, me disait avant-hier un ami : plein de gens ont envie de vivre autrement, plein de gens en ont marre de ce monde de folie, mais il manque la petite étincelle pour que ça explose ». Je revois les images d’un documentaire récent sur les paradis fiscaux : rien qu’en France, 50 milliards d’euros placés par des particuliers échappent à l’impôt, plus que la dette du pays.  Du côté des banques, entre Crédit Agricole 5,7 milliards, Société Générale 5,4 milliards, BNP/Paribas, 3,7 milliards d’euros… Presque 15 milliards d’euros ont été perdus dans la crise des subprimes tandis que des milliers de gens rament dans des boulots sous-payés. Travailleurs pauvres, la nouveauté de la décennie. Pourquoi supporter un tel gâchis ?

Me revient brusquement à l’esprit cette phrase que m’avait dit en 1977 Michel D’Ornano, Républicain Indépendant (= Giscardien) donc pas précisément dangereux gauchiste :
« Tout système a une capacité limitée à absorber des réformes. Si on veut changer de système, il faut une révolte ou une révolution. »
J’avance vers la blonde militante qui marche derrière le camion sono du syndicat Sud- la gauche de gauche-  en scandant ses slogans au micro : «Pourquoi ne dis-tu pas tout simplement : « Une seule solution, la Révolution ? » 

Elle me regarde, stupéfaite : « La Révolution ? Je ne sais pas ce que c’est. »
« C’est quand ce que tu demandes ne PEUT PAS être obtenu parce que c’est contraire à la logique du système existant. Quand un système est tellement  pourri qu’il vaut mieux en
changer La fille me regarde, hésite, puis me tend brusquement le micro comme s’il la brûlait : « Tiens, dis-le toi-même. » Ce que je fais une fois, deux fois, dans un curieux silence autour du camion. Mais à la troisième, puis la quatrième fois, des dizaines de personnes reprennent en chœur.
C’est pas que ça enrichisse, mais ça soulage.

 

 

 










                                                Révolution chez les souris.

par Françoise Simpère publié dans : CHANGER
Mercredi 21 mai 2008


La frite à four surgelée ! Idéale pour qui ne possède pas de friteuse. Elle est précuite- comme celles pas à four d’ailleurs- et il suffit de la passer au four une quinzaine de minutes pour obtenir une frite dorée, un peu sèche, mais peu grasse… Pas mal, la vie de la ménagère moderne dispensée d’éplucher les patates, de les couper et de supporter les effluves d’huile bouillante particulièrement tenaces sur les cheveux.

Sauf que… il y a frites à four et frites à four.

Frites à four Picard : pommes de terre Bintje (bonne espèce pour les frites) huile de tournesol, dextrose de blé.
Frites à four Champion : pommes de terre (si, si, il en reste !) huile de palme non hydrogénée, farine de blé, farine de riz, amidon modifié de pomme de terre ou tapioca, amidon de maïs, sel, diphosphate disodique, carbonate de sodium, gomme xanthane, extrait de paprika, curcuma.
Ouf ! Avec tous ces merveilleux ingrédients, doivent valoir cher les Frites à Four Champion. Ben non, justement, car ces additifs qui ne servent qu’à donner du volume, de la satiété et de la couleur ne coûtent pas cher et permettent d’économiser sur la qualité et la quantité de pommes de terre.  Et l’huile de palme est évidemment moins chère que celle de tournesol.

Du coup, j’ai lu attentivement les étiquettes, pour constater que les produits discount qui font le bonheur des pauvres budgets, sont aussi ceux qui contiennent massivement du sirop de glucose et/ou fructose (même dans une boîte de haricots rouges au naturel, et on se demande d’où vient « l’épidémie d’obésité » !), et surtout DES GRAISSES HYDROGENEES.

Les graisses hydrogénées sont des graisses portées à haute température dans lequel on introduit de l’hydrogène, ce qui leur donne une consistance épaisse plus facile à travailler que l’huile et une plus longue conservation, d’où moins de pertes, donc une meilleure rentabilité pour le fabricant. Pour le consommateur, l’hydrogénation des graisses transforme les acides gras naturels en ACIDES GRAS TRANS qui augmentent le mauvais cholestérol et diminuent le bon, majorant d’environ 20% le risque d’accident cardiovasculaire.

Mieux : une étude publiée en avril 2008, menée depuis 1995 sur 100 000 femmes par l’INSERM et la MGEN- du lourd et du solide, donc- a montré que les acides gras trans DOUBLENT LE RISQUE DE CANCER DU SEIN. On se demandait pourquoi ce cancer était en constante augmentation chez les femmes occidentale, et bien voici un facteur de risque massif, plus massif sans doute que les hormones, même si celles-ci n’arrangent sans doute pas les choses.

L’étude conclut aussi que les Omega 3 dont les industriels agroalimentaires ne cessent de nous vanter les effets anticancéreux semblent n’avoir aucun effet sur la survenue d’un cancer du sein.

On m’objectera que le pouvoir d’achat passe avant la santé du consommateur et que les graisses hydrogénées permettent de sortir des produits certes cancérigènes et nocifs, mais pas chers. Et que les pauvres, s’ils meurent, cessent d’être à la charge de la société. Que s’ils meurent de cancers, au prix des traitements, ils coûtent cher à la Sécu, mais rapportent à la médecine et à la pharmacie, selon le mot du regretté Professeur Schwartzenberg : « Le cancer fait vivre plus de gens qu’il n’en tue. »

Trêve de cynisme. Une marque pas chère, « Reflets de France » fait de notables efforts pour proposer des produits simples et sains.
Galettes Bretonnes « Reflets de France » : farine de blé, beurre frais 26%, sucre, œufs, sel, lait en poudre écrémé.
Pâté au piment d’Espelette : gorge, foie et lard de porc, blanc d’œuf pasteurisé, oignons hâchés, sel, ail, sucre, piment d’Espelette et poudre, poivre. A part le sucre, rien à dire. Donc c’est possible, c’est bon et ça doit quand même rapporter puisque « Reflets de France » (je précise que ce n’est pas une pub, je ne touche pas un centime pour en parler) ne semble pas en faillite.
Alors pourquoi les autres, et même des grandes marques comme LU, nous fourguent-elles des graisses cancérigènes et des additifs
sans intérêt, voire nocifs ?

Bon appétit, et lisez bien les étiquettes, en sachant que même sur les marchés artisanaux, le charcutier ne sait pas toujours comment a été élevé le porc avec lequel il prépare ses délicieuses cochonnailles. (dixit mon charcutier préféré).

 

par Françoise Simpère publié dans : CHANGER
Lundi 19 mai 2008


Juste pour le fun, un dessin envoyé par un ami Grec, preuve que si les athéniens s'atteignirent et les Satrapes s'attrapèrent, La France est devenue un grand sujet de rigolade européen.


par Françoise Simpère publié dans : Images
Dimanche 18 mai 2008



DE L’HUILE DE MOTEUR DANS LA MAYO !  Le titre du Canard Enchaîné (encore en kiosque jusqu’à mardi) m’a sauté aux yeux, vu que je traînais les séquelles d’une intoxication alimentaire …  Donc, raconte le Canard, 40 000 tonnes d’huile de tournesol coupée au lubrifiant pour moteur ont été distribuées en Europe. Utilisée par les industriels de l’agro-alimentaire, cette huile frelatée s’est retrouvée dans moult plats cuisinés, mayonnaises et autres vinaigrettes.  Au passage, les Unkrainiens auraient fait un bénéfice d’environ 504 000 dollars : eh oui, même en période de baril de pétrole prohibitif, l’huile de moteur aux hydrocarbures coûte toujours infiniment moins cher que l’huile alimentaire…
 Les produits frelatés ont été retirés discrètement des rayonnages, mais pas tous,  car « en l’absence de toxicité aigue », la DGCCRF (Répression des fraudes) n’a pas jugé bon de rappeler les produits contenant moins de 10% d’huile frelatée, vu qu’un homme de 60kg peut supporter d’avaler 1,2 grammes d’huile de moteur par jour. Miam ! C’est d’ailleurs le même raisonnement chez les tenants des OGM : c’est pas poison, donc c’est pas dangereux ! Et voila comment on laisse les industriels nous faire avaler de l’huile de moteur, alors que soi dit en passant, la DGCCRF a pour mission de réprimer toute fraude, sans fixer de barre « acceptable » d’escroquerie !  

Par contre, quand il s’agit de culpabiliser le consommateur, ça y va… On nous harcèle de recommandations pour ne pas manger de beurre cuit (lequel ne présente aucune toxicité aigue), ne pas dépasser deux verres de vin par jour (alors qu’un demi-litre n’a jamais provoqué la moindre toxicité aigue sur un adulte), et ne pas fumer (alors que la cigarette n’a aucune toxicité aigue et qu’il faut en général fumer plusieurs années avant de voir se développer un cancer)

Bref, de la même façon qu’un chômeur est aujourd’hui décrit comme un flemmard assisté et non comme la conséquence d’une économie devenue financière et non plus productive (qui utilise donc moins de bras et  les plus mal payés possible, car l’actionnaire exige son dividende à deux chiffres), le cancéreux est aujourd’hui présenté comme quasi « responsable » de sa maladie. On lui demande : « Fumez-vous ? Buvez vous de l’alcool ? Faites vous assez de sport ? Vous alimentez-vous correctement ? » mais rien ou presque sur son environnement, les solvants ou autres cancérigènes manipulés au travail,  en bricolant ou en jardinant, les pollutions aux hydrocarbures, les toxiques des colorations pour cheveux et des médicaments, le stress (qui ne crée pas de cancers mais en favorise l’explosion en réduisant les défenses immunitaires,  lesquelles n’arrivent plus à détruire les cellules anormales que tout être humain fabrique de temps à autre), bref : l’ENVIRONNEMENT.

En une trentaine d’années, les cancers du cerveau ont plus que doublé, et les cancers chez les sujets jeunes (moins de 50 ans) ne cessent d’augmenter. Les mauvaises statistiques- 280 000 nouveaux cas par an,  chiffre en constante progression- ne sont donc pas dues au seul vieillissement de la population. Il y a autre chose, et cette autre chose, les politiques de santé refusent de la voir, car cela met en cause des intérêts économiques gigantesques : il a fallu attendre plus de 50 ans entre la constatation que l’amiante était cancérigène et son interdiction. Pas par ignorance, mais parce que les industriels de l’amiante formaient un lobby puissant, infiltré jusque dans le comité « amiante » de l’Académie des Sciences, chargé de dire si le produit était ou non dangereux. Aujourd’hui, le lobby le plus riche et le plus actif est celui de l’industrie chimique (y compris pesticides et engrais), et comme me le disait le député européen Paul Lannoye : « derrière chaque député européen il y a deux lobbyistes qui lui tiennent le stylo ».

Bien sûr,  les traitements anticancéreux ont fait des progrès, mais quiconque  a subi une chimiothérapie ou une radiothérapie sait que sa vie sera à jamais différente. Comme dit le Dr Geneviève Barbier, auteur de « la société cancérigène » : « On s’est focalisé en France sur les traitements, pas sur la prévention. Or ce que je souhaite à mes enfants, ce n’est pas de recevoir des traitements anticancéreux modernes, c’est de vivre sans cancer. »

Dans mon prochain billet, je vous parlerai de … la frite à four ! En attendant, lisez les étiquettes des produits alimentaires, c’est édifiant !

 

par Françoise Simpère publié dans : Humeur
 

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