Jeudi 1 mars 2007
4
01
/03
/Mars
/2007 14:04
Pour moi, c'est jeudi 8h, pour vous 14h. Je me suis couchée à 3h, après une journée bien intense. Le matin, radio avec Christiane Charrette, LA journaliste qui compte sur Radio Canada et qui a aimé à la fois mon livre, le film de Martine, et surtout moi: comme elle dit, ce sont les personnages qui l'intéressent... tellement qu'elle me pose des questions très très privées :) Heureusement, je suis rodée après les Delarue, Fogiel and Co! Ensuite, déjeuner avec les responsables de Pocket Québec: Emilie, l'attachée de presse a fait un boulot remarquable, et en plus elle est très sympa, comme ses boss du reste. Les rapports pro sont ici très pro au sens d'efficace, et très cool au niveau humain, bref plus saines qu'en France, ce que me confirmeront le soir plusieurs français émigrés à Montréal.
L'après midi, après un passage éclair chez Martine pour me changer en vue de la soirée de lancement, émission radio sur une station cool avec un couple d'animateurs. Très bien: un bloc de minutes pour promouvoir et faire gagner mon livre à deux auditeurs, un bloc pour parler du documentaire, un bloc pour parler de Martine et moi, et annoncer le lancement du soir au Bain Matthieu, que nous rejoindrons après un dîner chinois avec toute l'équipe de Vidéo Femmes et quelques amis. Le bain Matthieu est une ancienne piscine reconvertie en salle de spectacles et réceptions, très chouette lieu. Et puis je trouve que présenter un film sur moi, ex-aquaphobe, dans une ancienne piscine, est bien pensé!
J'ai un coup de blues en pensant qu'il y a juste un mois maman est morte, elle qui avait tant envie de voir ce film dans lequel elle apparaît quelques secondes. Alors je lui rends hommage en début de soirée, ainsi qu'à papa d'ailleurs. Sans eux, je ne serai pas là, et pas ce que je suis, que je me sois construite en référence ou en réaction à eux, ils m'ont donné les atouts pour le faire...
Le programme est le même qu'à Québec, si ce n'est qu'après la projection, le débat se termine par une petite fête. Plein de gens viennent féliciter Martine pour la qualité de son film. J' ai profité de ce 3ème visionnage pour bien écouter la musique composée par Josué (oui, les copines, le Josué qui vous faisait craquer durant le tournage en France!) qui ne se contente pas d'être un excellent preneur de son- ah, l'enregistrement du bruit de mes pas sur le sable...- mais aussi un excellent donneur de son! Il a fait une musique qui soutient parfaitement l'image et le propos.
A propos de propos, des dizaines de gens viennent me remercier de ce que j'ai dit " qui les fait réfléchir sur leur propre vie" " qui est un hymne au bonheur et à la liberté" "une ode à l'amour et à une sexualité heureuse, respectueuse des autres", " qui donne envie de vivre", etc, etc... Je suis émue car c'est tout ce que j'essaie de transmettre depuis des années et cette fois ci, le message est passé. Est-ce le fait de la culture québécoise plus cool que la notre? Je le saurai si le doc est diffusé en France, au vu des réactions. Un Québécois s'étonnait que ce que je dis puisse faire plus scandale que la pornographie et le sexe marchand. C'est justement là que le bât blesse, dans le fait de faire de la sexualité un mode de communication privilégié... mais gratuit, sans argent, sans rapport de forces, sans culpabilité. Dans le fait de s'intéresser aux hommes juste pour le plaisir de mieux comprendre comment ils fonctionnent. Dans le fait, surtout, de faire tranquillement coexister ces trois mots: femme- libre- heureuse, sur une planète où les femmes opprimées et malheureuses sont un des piliers de l'organisation du monde, parfois avec la complicité et l'assentiment des femmes elles-mêmes, persuadées que l'amour passe par la dépendance...
Commentaires