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Vendredi 18 janvier 2013 5 18 /01 /Jan /2013 20:05

 

TAOA Amerique Latine2

 

 

Cultivons-la-ville2-1024x381

equipeJ'avais parlé, ici, de trois jeunes diplômés de retour d'un voyage d'un an en Amérique Latine. Ils y avaient étudié les expériences d'économie solidaire- notamment  les monnaies alternatives et sociales- puis avaient créé en France l'association TAOA « there are others alternatives ». pour promouvoir d'autres formes d'échanges économiques que le capitalisme. Un an plus tard, le voyage n'est pas oublié, ni relégué au rang de super souvenir. Deux des trois protagonistes, Anne-Cécile et Matthieu, continuent de porter la « bonne parole » auprès des collectivités locales pour monter des projets financés par des monnaies alternatives, auprès des citoyens pour les inciter à agir sur leur économie quotidienne (par exemple dans un Jardin urbain) et dans les écoles pour apprendre aux gamins les bienfaits du troc et de l'échange plutôt que des jouets achetés et jetés aussi compulsivement. Ils travaillent en réseau avec les SEL, SOL et autres associations qui promeuvent un peu partout un modèle de société plus sobre et plus solidaire, où il fait bon vivre.

Si vous êtes enseignant, parent ou éducateur intéressés par cette démarche, n'hésitez pas à contacter Matthieu ou Anne-Cécile.

un million de révoAilleurs dans le monde se passent, discrètement mais efficacement, des milliers de « révolutions tranquilles » : des citoyens refusent les multinationales de l'eau et reviennent aux régies municipales nettement moins chères, en Inde et en Afrique, des femmes apprennent à d'autres femmes à fabriquer, réparer et entretenir des fours, des lampes et des chauffages solaires, ce qui leur permet à la fois d'être énergiquement indépendantes et de créer leur propre boulot, aux Etats-Unis la ville de Detroit, sinistrée de l'automobile, revit, avec des jardins potagers, des librairies, des restaurants, des cinémas... créés et gérés par les habitants. Plus radicaux, des citoyens américains quittent mafalda1discrètement la société qui les a endettés et enlisés. Quand je dis « quittent », c'est à fond ! Ils disparaissent des fichiers administratifs, des comptes clients bancaires, de tout... et se débrouillent pour vivre comme des robinsons. Moins radicaux, des millions de gens changent doucement de façon de vivre, mettent en commun leurs savoirs, créent des centres de soins, montent des sociétés coopératives de production (SCOP) qui marchent d'enfer, tandis que certaines entreprises en difficulté sont sauvées par leurs salariés en devenant des SCOP. Des paysans adoptent la permaculture et autres techniques permettant d'avoir d'excellents rendements sans OGM ni intrants chimiques. Même la FAO (Food and Drug Administration) reconnaît que cette agriculture là a plus de chances que l'agriculture intensive de nourrir les milliards de terriens - sans les empoisonner ni leur fourguer des cancers.

 

Flyer-La-Cantine-du-plan-B1

 

Acheter et cuisiner bon, bio et local- c'est aussi le pari du « Plan B » qui vient d'ouvrir une cantine de ce type à prix étudiant et qui, sachant que la nourriture intellectuelle est également primordiale pour être heureux, organise des spectacles et des animations plusieurs fois par semaine. Si vous passez à Poitiers, allez les voir, ils sont super sympas !

Et le plus surprenant, c'est que tout ceci se passe quasiment au nez et à la barbe des politiciens, des décideurs économiques et des journalistes... tout ce très petit monde continuant à raisonner et disserter pompeusement avec des schémas d'une autre époque, dépassés... tandis que « les vrais gens » comme ils disent, ont déjà inventé d'Autres Mondes plus souriants. (devise des éditions Autres Mondes:)



 

 

 

 









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Jeudi 10 janvier 2013 4 10 /01 /Jan /2013 18:37

Comme tant d'autres, ce trentenaire m'avoue son angoisse à l'idée que l'amour est destiné à sombrer soit dans la routine soit dans la rupture, bref que c'est une denrée éminemment périssable et douloureuse.

amoureux.jpgCe n'est pas faux, jeune Padawan si tu confonds amour et passion, persuadé que tu n'aimes plus si tu n'as pas le ventre qui se tord quand l'aimé(e) s'absente, si tu ne passes plus tes journées à lui envoyer des textos torrides, si tu ne souffres plus. Ephémère aussi, l'amour, si tu t'imagines qu'il faut rompre ou renoncer dès qu'un être nouveau t'attire, alors que tu aimerais au fond garder les deux- voire les trois ou plus, la vie est longue et les rencontres multiples- mais bon, cela ne se fait pas et tes amis te répéteront que si tu as envie d'aller "voir ailleurs" c'est que tu n'aimes plus. Alors tu romps, tu quittes la mort dans l'âme, en sachant que tu renouvelleras ce scénario tôt ou tard en parfait sérial monolover, et te diras que l'amour, décidément, est une belle saloperie qui fait souffrir bien du monde. Ou alors si tu tiens bon et renonces à aller voir ailleurs, il y a quelque chance qu'après plusieurs renoncements, effectivement, tu n'aimes plus parce que la frustration sera trop grande...

A 30 ans, j'appréhendais pareillement la routine amoureuse, fille de la durée et du quotidien, pensais-je, et faisais mienne la chanson de Leny Escudéro (tiens, je viens de découvrir que Leny vit toujours et chante parfois, ça m'a fait rudement plaisir, ce type est un mec bien)

"Mais notre amour sera-t-il vrai lorsque 20 ans auront passé?"

 

Vingt ans, c'est parfois un peu court si cela ne mène qu'à 40 ou 45 ans, âge où bien des hommes n'ont pas fini leur crise d'adolescence. Quelques femmes non plus. Comptons assez d'années pour atteindre l'âge suffisant où l'on découvre que l'amour- les amours en ce qui me concerne- peuvent durer bien longtemps et gagner en profondeur ce qu'elles perdent en nouveauté. Encore que... la nouveauté est toujours là. Derrière les visages d'hommes rencontrés il y a 30, 35 ou 40 ans, mon regard infra-rouge décèle toujours l'étincelle qui m'a enflammée, jeune femme. Puis mon regard actuel décèle des détails nouveaux qui ravivent le désir et le plaisir de côtoyer des hommes que je connais depuis ma jeunesse.

La nature est bien faite. A 30 ans, même celui qui proclame que "la vraie beauté est intérieure", reste sacrément obsédé par le contenant et le souhaite parfait. Comme Ariane, dans "Belle du Seigneur", on ne veut voir et offrir qu'une esthétique sans défaut, en gommant l'idée même qu'un être aimé puisse se moucher, avoir la fièvre ou déféquer. Je suis sûre, jeune Padawan, que tu traques sur toi le moindre poil de trop, (léger) bourrelet à la taille ou cicatrice. Que ta copine s'applique à elle-même une égale sévérité, trouve toujours ses seins trop menus ou trop lourds, ses kilos excédentaires et son teint à chier, tous complexes savamment entretenus par la presse féminine qui font la fortune des marchands de cosmétiques.

vieux2.jpgA 50 ans ou au-delà, lorsqu'on se connaît depuis des décennies, on garde certes quelques rejets rédhibitoires- dents pourries, ventre depardiesque, fortes odeurs corporelles- mais on se surprend, parce que l'intimité avec les années est devenu intérieure, tout comme la beauté, à se troubler de détails qu'on aurait autrefois considérés comme éliminatoires.

" Passé quarante ans, le corps des hommes raconte leur histoire, leurs bonheurs et leurs blessures. Je passerai sdes heures à le décoder, le séquencer, Champollion du désir face à d'intimes hiéroglyphes... " (Des désirs et des hommes)

Les amoureux au long cours peuvent tout se permettre, même l'humour, trop souvent absent du sexe, hélas.

"Arrête, c'est trop bon!

-Je reconnais bien là ta rigueur judéo chrétienne: quand c'est bon, on doit s'arrêter... J'en ai connu qui criaient: "Oui, oui, continues...

Des salopes, d'infâmes séductrices! J'espère que tu ne les as pas crues?

-Pas du tout, je baise comme un pied.

-Montre moi, mon amour."

(Autres désirs, autres hommes)

La main sur le corps d'un homme plus tout jeune se heurte à des aspérités, des irrégularités, de la mollesse ou de l'osseux, c'est un paysage plus tout à fait lisse et ça tombe bien: on a perdu le goût du lisse, on a traversé ensemble des précipices, des chagrins, des combats et on aime ce qui est vivant. On s'est quitté parfois, puis retrouvé avec la pleine conscience de ce qui rapproche plutôt que le grief de ce qui éloigne. Si l'on continue à se voir, s'aimer, se désirer après tant de péripéties, parfois après de longues absences, c'est que le sexe n'était pas le seul ferment de l'amour et c'est bigrement agréable de se dire qu'on aime tout simplement partager des morceaux de vie avec un- ou plusieurs- êtres qu'on aime pour ce qu'ils sont. Avec la capacité que donne la maturité de savoir aussi vivre loin d'eux sans se sentir aussitôt amputé d'une part de soi.

On se surprend à être troublé(e) par un geste qu'on n'aurait même pas remarqué à 30 ans, à contempler le contenant plus tout neuf avec une gourmandise attisée par le fait qu'on connaît le contenu, ce mélange de connivence, d'échanges, d'humour, d'opinions convergentes ou divergentes et même de paillardise qui crée l'intimité.

On n'a plus rien à prouver ni à se prouver, on l'a vécu. Il reste à savourer l'amour juste pour le plaisir, avec ses jeux et sans enjeux. On se prend alors à plaindre la routine des amants "on dîne, on baise" bi-hebdomadaires, l'ennui des fêtes où l'on drague sans l'assurance de conclure mais avec la certitude de prendre la gueule de bois, la répétitivité de soirées libertines où les participants ne savent plus quelle géométrie érotique inventer pour pimenter les ébats, la monotonie des rencontres par sites spécialisés où durant l'entretien "en vrai" on a l'impression de passer un entretien d'embauche et d'en faire passer un (ses qualités correspondent-elles au profil affiché? La photo sur le Net ne date-t-elle pas de dix ans? Pourquoi affiche-t-il ses revenus, me prend-t-il pour une femme vénale?) avec une forte envie de crier "Au suivant", comme Brel.

78607-jacques-brel.jpg         Brel, qui, au final, chante si bien les amours durables.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

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Mercredi 2 janvier 2013 3 02 /01 /Jan /2013 11:51

« Faire quelque chose » est peut-être ce que nous pouvons nous souhaiter de mieux, les uns les autres, pour l’année 2013. Faire quelque chose, partout où c’est possible, pour soulager les souffrances provoquées par l’exploitation et l’aliénation. Faire quelque chose pour l’émancipation individuelle et collective.

FAIRE« Faire quelque chose », c’est précisément le titre du film réalisé par Vincent Goubet. Il s’agit d’un film documentaire de 90 minutes réalisé  essentiellement avec des interviews d'hommes et de femmes qui ont participé, chacun à leur manière, chacun à sa place, connus ou inconnus, à la grande histoire de la Résistance. Goubet s'attache à l'humanité de ceux qui ont dit non, ceux qui ont refusé le joug de l'occupant, quel que soit par ailleurs leur « couleur » politique.. Il part d'une idée simple : résister, c'est d'abord avoir envie de résister, pas suivre les consignes d'un parti ou d'un groupe.

La quarantaine de résistants qui intervient dans le film, aujourd'hui octo ou nonagénaires montrent qu'il existait, par-delà toutes les différences sociales et politiques, un esprit de la Résistance, dont le programme du Conseil National de la Résistance fut l'expression. Ce programme qui nous a donné l'assurance-maladie et tant de progrès sociaux aujourd'hui combattus sous prétexte de « crise économique ». Comme si la France de 1945 était riche après six ans de guerre. Elle était exsangue mais le Conseil National de la Résistance avait compris que pour stimuler la reconstruction, il fallait apporter du bien-être à tous.

Qu'ils soient gaullistes, communistes ou autres, les Résistants couraient les mêmes risques, avaient pour but la même chose : que cesse l'injustice, que revienne cette liberté dont on mesure le prix seulement quand on l'a perdue. Leur courage, leur humanité et leur humour sont décapants... et favorisent visiblement la longévité si on en juge à leur vitalité!

Avec Raymond Aubrac, Stéphane Hessel, Raymond Lévy, Lise London, Jacqueline Olivier-Timbaud, Serge Ravanel...

Le 2 janvier à 20 heures, sortie nationale du film à Paris. Un certain nombre de témoins-acteurs seront dans la salle.

  • Pour accéder aux informations sur la sortie nationale du film, c'est ICI


 

 

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Mardi 1 janvier 2013 2 01 /01 /Jan /2013 11:29

change le monde. Et pourtant, se réveiller le 1er janvier, c'est un peu comme se réveiller dans des draps frais. Ce sont des draps très semblables à ceux de la veille, mais débarrassés des odeurs et scories qui deviennent, à la longue, inconfortables.

Se réveiller le 1er janvier, c'est avoir envie d'appeler les gens qu'on aime pour leur souhaiter le meilleur et même plus, le plus tôt possible et même avant. C'est se souvenir de personnes négligées le reste de l'année, y trouver grand plaisir et se dire que décidément les sentiments sont de bien jolies choses.

Se réveiller le 1er janvier, c'est avoir l'impression d'être devant une page blanche sans ratures ni mots de trop et nourrir l'incroyable espoir de n'y écrire que des mots justes, des mots tendres, des mots joyeux. C'est aussi se souvenir qu'on a un seul corps, une seule vie, (et même si plusieurs, chacune reste unique !) et décider d'en prendre soin, de ne plus se laisser déborder par le futile et de savourer chaque seconde comme une chance inouïe.

Se réveiller le 1er janvier, c'est se dire que cette année, juré, on le fera ce monde meilleur. Parce qu'il n'y a aucune raison d'accepter un monde qui rend tant de gens malheureux...

Je vous souhaite à toutes et tous... 365 1er janvier !

 

 

carte-voeux-2013.JPG


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Mercredi 19 décembre 2012 3 19 /12 /Déc /2012 23:10

« Là n'est pas la question ». C'est un sentiment énervant, de plus en plus fréquent à l'écoute ou la lecture des merdias. (je veux dire medias, mon clavier lapsuce et j'adore !.)

 Gérard Depardieu, l'homme « qui pète souvent» comme le rappelle François Morel est un joyau de la culture française, ont psalmodié en chœur ministres et commentateurs. Et alors ? La question n'est pas là. Certes, c'est un bon acteur, mais des dizaines de bons acteurs- Laurent Terzieff, Fabrice Luchini, Philippe Torreton...- étaient ou sont tout aussi talentueux sans pour autant fuir à l'étranger alors même que cela doit les ennuyer autant que vous et moi de payer des impôts. De plus, la fortune de Depardieu provient en grande partie d' intérêts qu'il possède dans moult sociétés n'ayant rien à voir avec le théâtre ou le cinéma.   OK, il a le droit d'être un homme d'affaires, mais pourrait nous épargner l'indécence de se poser en victime.

picsou.gifLa vraie question, qui ne touche pas que Depardieu, est celle d'un revenu maximal acceptable. Question régulièrement soulevée par des organisations de gauche ( de vraie gauche) mais également par de nombreux économistes, y compris libéraux, qui savent qu'au delà d'un rapport de 1 à 40 entre les revenus (on en est à plus de 1 à 400 en France), on crée un déséquilibre social pouvant engendrer des troubles sociaux. Mais cette question est soigneusement occultée par les gouvernants successifs de peur qu'on leur reproche de « ne pas aimer les riches et de faire fuir les entrepreneurs, les créateurs d'emplois et les artistes ». Comme si seuls les gens riches étaient talentueux ! Pourtant il existe en France des milliers de chefs d'entreprise, artisans, artistes, sportifs, commerçants... qui vivent de leur métier sans excès de fric et créent bien plus d'emplois et de richesses que les fortunes précitées. Sans parler des médecins hospitaliers et du personnel soignant, des chercheurs scientifiques si mal rémunérés, des éducateurs, dernier rempart contre la violence dans certains quartiers, des boulangers qui se lèvent à 5h du mat' pour qu'on puisse manger des croissants à 7h, des conducteurs de métro qui passent leur vie sous terre avec l'angoisse de croiser le regard d'un futur suicidé, des agents EDF qui grimpent de nuit au sommet des pylônes HT verglacés pour rétablir le courant en cas d'avarie hivernale... tous ces gens là ont une utilité au moins aussi grande qu'un Depardieu dont le seul hôtel particulier à Paris (mis à prix 50 millions d'euros) permettrait de payer 2800 personnes au SMIC pendant un an, cotisations sociales comprises.

capitalisme-malade.jpgJuger l'exil fiscal minable ? Pourquoi pas, mais là n'est pas la question. La vraie question est : « Pourquoi se lamenter sans rien faire alors que la solution existe et marche très bien aux Etats-Unis. Un citoyen américain qui s'installe dans un autre pays paye ses impôts dans cet autre pays... et doit verser au Trésor américain la différence- s'il y en a une- entre l'impôt acquitté dans le pays d'accueil et l'impôt qu'il aurait dû acquitter s'il était resté aux Etats-Unis. Du coup, plus d'exil pour des raisons fiscales, et cette disposition n'a pas empêché moult américains d'aller à l'étranger et moult étrangers de venir aux USA. Pour le faire, il suffit de le décider. C'est une constante en politique: il suffit de décider, comme l'a fait l'Islande. Les prétendues contraintes de « la règle d'or » et du Pacte européen n'ont rien d'immuables, elles pourraient être abolies par ceux là mêmes qui les ont mises en place... Il suffit de voir comment par le passé des dettes publiques ont été effacées d'un trait de plume sans que pour autant la face du monde en soit bouleversée.

Tout autre sujet, le mariage pour tous me rappelle furieusement la levée de boucliers d'à peu près les mêmes opposants au moment du vote de la loi autorisant l'avortement. « C'est généraliser le laxisme sexuel, c'est la fin de nos valeurs, etc, etc. » Plus l'argument cul pincé de certains affirmant : « J'ai beaucoup d'amis gays qui n'ont aucune envie de se marier. »

gays.jpgLà n'est pas la question, nul ne les y forcera, et c'est la grande différence entre une loi qui interdit et une loi qui autorise. Une loi qui interdit le mariage gay, la contraception ou l'avortement met en infraction toute personne qui y contrevient. En revanche, une loi qui autorise le mariage gay, la contraception et l'avortement ne force personne. Libre aux homosexuels de rester célibataires ou pacsés- aux hétéros, bi et trans également- et à qui le veut de ne pas contracepter ni se faire avorter. Question de choix personnel en fonction de son histoire, de sa réalité et de ses convictions. La loi qui interdit enferme dans un modèle, la loi qui autorise ouvre les possibles. En Belgique, le mariage pour tous a été voté caresses.jpgsans le moindre remous. En France, ce ne sont qu'anathèmes et prédictions apocalyptiques sur le devenir des familles. Ça me rappelle ce bon Michel Debré s'écriant lors du vote de la loi autorisant la pilule en 1967 : « La contraception doit avoir ses règles », phrase restée fameuse au panthéon de l'humour involontaire. A l'époque, le parti communiste était également opposé à la contraception, considérée comme une manœuvre pour empêcher la classe ouvrière de se multiplier (comme si l'autorisation de la pilule allait obliger toutes les ouvrières à la prendre...) et permettre aux bourgeoises de se livrer à leurs mœurs forcément dépravées. Si, si, il y a des compte-rendus de débats parlementaires croquignolets sur le sujet. Résultat des courses : la pilule et les autres contraceptifs ont libéré les femmes mais ne les ont aucunement rendues dépravées. Les françaises restent par ailleurs les meilleures pondeuses d'Europe, avec un taux de natalité supérieur à 2.

On aime les conflits dans ce pays. Opposer le livre papier à l'e-book alors que la question n'est pas là, mais plutôt celle de la place de la lecture dans l'éducation et la formation de l'esprit critique. Opposer la monogamie aux amours plurielles, alors que la question n'est pas de remplacer l'un par les autres mais d'ouvrir là encore les possibles au lieu de s'enfermer dans un seul modèle qui casse une fois sur trois. Opposer les scientifiques progressistes aux écologistes alors que la question, cruciale, est de trouver des solutions aux problèmes écologiques, solutions qui se trouveront pour une part dans les progrès de la science et pour l'autre dans notre capacité à modifier notre mode de vie. Ce qui ne signifie pas revenir à la bougie, mais diversifier nos énergies, nos modes de consommation, nos modes relationnels. Là encore, ouvrir les possibles...

C'est tout le bien que je vous souhaite après la fin du monde:)


 

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Publié dans : Humeur
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