C'était une fille bourrée de contradictions : maoïste, elle passait des nuits à commenter le petit livre rouge avec ses compagnons de route... tout en tricotant de larges pulls hippies fushia et violet. Pour elle, toute propriété était petite-bourgeoise, tout devait se partager... sauf l'amour où elle restait très exclusive, déplorant que mon existence l'empêchât de posséder totalement mon cher et tendre. Elle dépensait très peu pour se nourrir, essentiellement de yaourts et de cigarettes, jetait un œil méprisant sur nos plats mijotés chers et bourgeois, forcément... mais se ruinait en crèmes anti-cellulite dont elle n'avait nul besoin. Elle aurait dû en toute logique m'horripiler mais ce ne fut pas le cas, tant je trouvais passionnant d'observer en une seule personne tant de contradictions. Depuis, voir chaque individu comme une personne, avec ses complexités, ses points positifs, ses points agaçants, ses mystères... est un réflexe qui simplifie et enrichit- ce n'est pas contradictoire- considérablement mes relations.

Qu'une personne soit un garçon, une fille, jeune ou vieille, pauvre ou riche, amant(e) copain, copine ou ami(e) célèbre ou inconnu(e)
ne crée plus de barrières, l'important est l'alchimie qui se créera entre cette personne et la personne que je suis, sans programmation ni a priori. Juste de la curiosité. On me
l'a reproché : « Tu n'es pas vraiment amoureuse, tu étudies scientifiquement les hommes ». Ça se discute, d'autant plus que, pour les avoir beaucoup fréquentés étant journaliste,
je sais avec quelle passion les chercheurs se consacrent à leur sujet d'études, et j'y ai sans doute mis la même... plus durable et approfondie que le dérèglement hormonal qu'on appelle
d'ordinaire passion amoureuse.
Considérer l'autre comme une
personne délivre des affres de la timidité et de la hiérarchie. "Si haut que soit son trône, le roi n'est jamais assis que sur son
cul », or un cul j'en ai un, et un cerveau aussi, qui ne fonctionnent peut-être pas tout à fait comme celui de la personne face à moi, mais
justement : se découvrir différent sans se demander si on est « plus » ou « moins », délivré de la compétition imbécile que génèrent si souvent les apparences sociales,
les statuts, le sexe, la couleur de peau, l'orientation sexuelle, les opinions politiques... permet de converser avec tout le monde et de tout se dire. A quelqu'un qu'on considère comme une
personne, on peut tout exprimer car on l'estime capable de tout entendre : du tendre comme du critique, des reproches comme des remerciements, c'est une forme de respect que de ne pas
prendre de gants, de parler la main tendue, sans armes ni protection.Ni agressivité.
Penser l'Autre
comme une personne la sort de l'anonymat du grand nombre, on devrait obliger tous les décideurs à le faire : il se souviendrait que licencier 800 personnes signifie 800 fois
apporter du malheur, 800 familles dans la peine, 800 fois l'angoisse du lendemain, 800 fois la douleur de se sentir exclu, méprisé, chosifié... Ça a un autre poids qu'annoncer benoîtement 800
suppressions de postes.
On m'écrit beaucoup,je réponds toujours. Cela étonne souvent les lecteurs. Cela étonne certains auteurs : « Tu réponds à toutes les lettres? Moi, je n'ai pas le temps. » C'est vrai, cela prend du temps, mais chaque personne qui m'écrit a bien pris le temps de le faire. Je prends celui de répondre.
Aimer avec le plaisir renouvelé -donc sans risque de routine- d'observer la personne aimée, de la voir évoluer, changer, de la connaître à la fois par cœur et pas du tout, pour la joie de la voir heureuse et l'envie de l'étreindre s'il lui arrive de ne pas l'être, pour le plaisir d'être avec elle et le plaisir tout aussi grand de s'en éloigner, histoire de la voir sous un jour différent, comme on regarde un tableau de loin pour en saisir des détails impossible à voir si on colle le nez dessus, délivre des tourments de l'amour qui font peut-être de beaux romans mais rarement des vies heureuses. Et c'est pourquoi la plus belle déclaration d'amour qu'on m'ait faite tenait en cette jolie phrase : « J'aime te regarder vivre. »
A partir du 1er janvier, les tarifs de la poste augmentent, comme plein d'autres choses. Dépêchez-vous de commander vos livres ou CD sur Autres mondes avant le 30 décembre, après ce sera plus cher!
Noël
approche, je vous offre un cadeau : un nouveau site pour
Noël approche, faites-moi un cadeau : envoyez le lien de ce site à vos amis, parlez-leur de nos livres et CD,
offrez- en pour Noël, vous les rendrez heureux. Si chaque acheteur nous en avait amené un autre, nous aurions pu publier d'autres livres et vous faire découvrir des textes oubliés ou inédits qui
parlent de liberté, de plaisir et de mondes plus souriants.
Cela n'a pas été le cas, même si les lettres enthousiastes de certains m'ont réchauffé le cœur. Il y a davantage de buzz
pour une mini-caméra « trop super top » ou un clip coréen que pour des livres artisanaux écrits et produits en France. Les bonnes intentions du genre «consommer local et favoriser les
petits producteurs » en restent souvent aux intentions. Pourtant il suffirait de presque rien pour que ces intentions deviennent réalité.
La politique aurait-elle une dimension Freudienne, voire Lacanienne? Cette floraison de rapports, par exemple,
rapport Gallois, rapport Jospin, rapport Attali ? Ca connote sexuel, tant de rapports ! Et cet adjectif, toujours accolé à François Hollande : président consensuel ? Entre
nous, je ne le trouve pas si sensuel... même si ses rapports avec les femmes semblent parfois tendus:)
Mais une fois au pouvoir, F. Mitterrand n'a rien eu de plus pressé que de casser l'Union de la
gauche (notamment le Parti communiste) et de briser Michel Rocard pour, finalement décider seul. F. Bayrou n'est même pas au pouvoir qu'il a déjà réussi à s'isoler à force de tout décider seul...
Et F. Hollande, élu grâce aux voix de la gauche (FDG) et de l'extrême gauche (NPA, Lutte ouvrière, PT) n'a rien de plus pressé que d'ignorer leurs propositions.
Tous les bloggueurs vous le diront, les billets les plus lus et les plus
commentés, parlent d'amour, de beaux paysages, de rencontres, d'enfants... Comme disait Yves Cochet avant qu'EELV soit au gouvernement (je l'avais interviewé) : « Aimer et jouer du
violon ne sont pas des activités très rentables, mais elles donnent plus sûrement du bonheur que des objets superflus et polluants. »
Leur livre écrit à douze mains
Heureusement, partout dans le monde, des citoyens pratiquent d'autres façons de vivre et de
sortir de la crise qui n'est pas seulement une crise économique, mais aussi (surtout) une crise de la joie de vivre, d'aimer, de maintenir un rapport sensuel avec les autres et avec la
planète qui nous héberge... «







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