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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 13:48

En vrac, une foule d’infos glanées ici ou là  avec un point commun : leur féminitude !

Marie N’Diaye, d’abord, prix Goncourt que Eric Roult souhaite faire rappeler à l’ordre par Frédéric Mitterrand parce qu’elle aurait manqué au devoir de réserve » en disant qu’elle trouvait « monstrueuse la France de Sarkozy et monstrueux des gens comme Eric Besson et Brice Hortefeux ».  En voilà deux qui vont se dire que donner le prix Goncourt à une gonzesse, noire de surcroît, ça n’amène que des ennuis.  Première nouvelle que ce « devoir de réserve » normalement imposé aux fonctionnaires, qui par exemple n’ont pas le droit de dire « casse-toi pauv’con » dans l’exercice de leurs fonctions. Mais un prix Goncourt n’est pas fonctionnaire,  ou même quand il l’est- comme Erik Orsenna- il a deux casquettes bien distinctes.  Avait-on rappelé au devoir de réserve Yannick Noah qui avait dit, et a tenu parole : « Si Sarkozy passe, je me casse ».  Non. Et il reste une des personnalités préférées des français. Souhaitons un immense succès à « Trois femmes puissantes ».

Après la Goncourt, la Cougar ! Kézaco ? C’est ainsi que les américains appellent les femmes de plus en plus nombreuses qui  aiment des hommes  bien plus jeunes qu’elles.  La Cougar type a 40 ans, selon la jeune journaliste qui en causait sur Canal Plus  et sort avec un mec de 30 ans.  Ca engendre un marketing dingue : croisières de Cougars avec concours de miss Cougar et soirées chippendales,  bonnets tachetés comme des fourrures de Cougar, etc. Pourquoi Cougar ? Parce qu’une femme qui aime un homme plus jeune  est forcément un fauve prédateur et le malheureux amant une proie. Il me semble- on va encore me traiter de féministe- qu’on  n’a jamais  créé un phénomène de société  autour d’un Eddy Barclay entouré de jouvencelles quand il avait 80 ans, d’un Johnny marié à Laetitia qui a trente ans de moins que lui, ou des 26 ans qui séparent Céline Dion de son René chéri.


En Australie, la maîtresse depuis vingt ans d’un homme marié  a porté plainte contre lui lorsqu’il l’a largué brusquement avec un simple baiser d’adieu. Elle a plaidé qu’elle lui avait donné les vingt plus belles années de sa vie et souffrait de voir cet amour ainsi nié.  Les juges lui ont donné raison et ont condamné le mari à verser à  son ex-maîtresse 100 000  dollars australiens.  Le journaliste commente : «  cette sentence inspirée par la nouvelle loi sur la famille votée en Australie pourrait bien calmer les ardeurs des maris tentés par une aventure cachée ». A moins qu’elle ne soit un premier pas vers la reconnaissance au grand jour de la capacité de ces messieurs à aimer plusieurs femmes.  Vingt ans, c’est plus que beaucoup de mariages légaux !  Ce n’est pas « juste un coup d’un soir, chérie ! »

En Angleterre,  l’éducation sexuelle va être proposée dans les écoles- avec possibilité pour les parents de la refuser- dès l’âge de 5 ans. Elle parlera d’anatomie, de contraception et de MST mais aussi de lien, de relation, de rupture, de chagrin d’amour, d'homosexualité, etc.  Le but : enrayer la vague de grossesses prématurées chez les jeunes filles anglaises. (13%, 4è place des pays industrialisés, le leader étant les Etats-Unis avec 24% de grossesses précoces). Les anglais ont piqué l’idée aux Pays-Bas où  l’éducation sexuelle dès le plus jeune âge existe depuis plusieurs années,  et a fait de ce pays  l’un de ceux où le taux de MST, grossesses accidentelles et avortements est le plus bas. « On n’enseigne pas la sexualité, on en parle » est l’intéressante devise du ministère de la santé néerlandais.  Parler de sexualité sans tabous n’incite d’ailleurs pas à une consommation frénétique puisque les jeunes hollandais ont leur premier rapport à 17,7 ans, soit plus tard que la moyenne, qui se situe à 17 ans.  Une étude que j’avais lue il y a quelques années avait aussi montré que les  libertins  avaient moins de fantasmes sexuels violents  que la moyenne des citoyens.  Sans doute parce que la violence naît de la frustration. Cet adage se vérifie aussi en matière de délinquance, et on sait à l’inverse que les singes Bonobos, qui règlent leurs différends en faisant l’amour, ne se battent pas entre eux.

J’avais envie de parler d’autre chose, mais me voici encore immergée dans « les amours plurielles »  en composant le texte de la réédition de « Aimer plusieurs hommes » qui sera finalement très « revu et augmenté » car en 7 ans, il s’en passe des choses.  Je n’imaginais pas la somme de boulot que ça représentait, qui m’a laissé quand même le temps de répondre à une ITV à lire sur  http://www.quelsexe.com/article.php?ar=38  du site Quel sexe.com,  de bonne tenue dans le genre.

Concluons sur une info pleine de masculinitude : j’ai appris  que face au prix Fémina, décerné par des femmes- mais souvent à des hommes- un groupe d’ ami(e)s moustachu(e)s ont créé le Prix Virilo. Il a été attribué cette année au livre « Des hommes » de  Laurent Mauvignier (éd. De Minuit) et le prix super-Virilo, récompensant « la plus belle poussée de testostérone de l’année » a été attribuée à… Valéry Giscard d’Estaing pour « La princesse et le Président » (éd. De Fallois/XO)

Me voici toute détendue. C’est vrai que parler de sexitude  apaise la violence !

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : EROS
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 22:01


La réalité n'est que l'image que nous ous en faisons, ou, comme disent les bouddhistes, les choses sont plus difficiles par l'idée qu'on s'en fait que par ce qu'elles sont réellement. Voilà ce que je pensais en recevant ce message d'Andiamo à propos de mon billet sur la mort.

De : Andiamo
Envoyé : mardi 3 novembre 2009 10:50
À : Françoise
Objet : Envoi d'un message : la camarde bis-2


Bonjour Princesse.

Tiens regarde la gueule de la camarde... Ca donne envie non ?

Bises

 

 

Alors je lui ai répondu:  

 

De:                                   françoise

Envoyé:                           mardi 3 novembre 2009 12:03

À:                                    Andiamo

Objet:                              RE: Envoi d'un message : la camarde bis-2

 

Merci beau Prince pour ce beau crobard, mais la question demeure : pourquoi lui fait-on toujours une sale gueule, à la Camarde, alors qu’on pourrait l’imaginer en belle fille t’emmenant goûter des félicités éternelles et bien charnelles (pas la Vierge Marie, si tu vois ce que je veux dire :) )

Rôôbisous,

Françoise

JOUER AU MONDE http://fsimpere.over-blog.com
Alors il m'a envoyé ce dessin:

Je concluerai volontiers: "Elle est pas belle, la vie?"
Et pour d'autres crobards de l'Onc'Andiamo, une seule adresse "blogborygmes" (voir lien ci-contre), plus efficace que la vitamine C pour se réveiller le matin.
Par Françoise Simpère - Publié dans : EROS
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 16:57

Quelle foutaise que cette « affaire Mitterrand » qui prétend opposer les libertaires sexuels aux pudibonds du cul, la gauche à la droite ! Que n’a-t-on entendu : « on se croirait revenu à l’affaire Russier », « si on est de gauche, on doit défendre Frédéric Mitterrand contre Marine le Pen »... Or, rien à voir avec la gauche ou la droite, les politiciens des deux bords sont réputés pour leur appétit sexuel.  Rien à voir non plus avec l’affaire Russier : le jeune amant avait 18 ans (la majorité était alors à 21) et aimait sa professeure de français sans que Gabrielle Russier ait déboursé le moindre centime pour le séduire.

Peu importe l’âge des protagonistes, s’ils sont pubères et biologiquement aptes à faire l’amour. Tout adolescent ou adolescente sait que le désir existe dès que les hormones pulsent. Le hic, c’est que du côté Polanski ou Mitterrand, le désir de leurs juvéniles partenaires n’est absolument pas pris en compte. L’un fait avaler de l’alcool et des drogues à la jeune fille qu’il convoite pour qu’elle cède facilement, l’autre va à l’étranger dans des bars à prostitués et admet d’ailleurs que ce sordide marché du sexe participe aussi à son excitation : grâce à l’argent, il peut s’offrir ce qu’on ne lui donnerait pas spontanément.  Comme si on pouvait acheter le désir…

Ce qu’on occulte dans ces deux histoires, c’est que l’immoralité ne vient pas du sexe mais de l’argent et du pouvoir. De l’insupportable prétention qu’ont certains parvenus vieillissants, malgré leur bide flasque, leur haleine chargée, leur peau tavelée et  leurs fesses molles, de s’offrir de jeunes pousses, tandis qu’ils traitent une séduisante quinquagénaire de « vieille peau ».  De cette certitude que l’argent et/ou le pouvoir donne tous les droits sur l’autre, y compris celui de forcer son désir.  Tout homme, toute femme devraient se demander « cette fille, ce garçon… coucherait-il avec moi si j’étais pauvre et/ou sans pouvoir ? »

  « Les danseuses descendaient de scène après chaque numéro et évoluaient au milieu des spectateurs sirotant des alcools forts d’un air blasé. Les maquignons évaluaient la chair douce proposée à leur convoitise. Chair fraîche, ces filles ont toutes moins de vingt ans… De temps à autre, un convive occidental murmurait quelques mots à l’oreille d’un de ses homologues thaï, qui levait aussitôt la main en direction d’un serveur, en dressant un ou plusieurs doigts. « Le nombre de doigts désigne le numéro de la danseuse que désire le client, m’a expliqué Franz. Vous allez voir, cette fois-ci, c’est la quatrième à partir de la gauche, la toute jeune en tunique turquoise. » Effectivement, à la danse suivante, la petite avait disparu, tout comme le client de la table voisine. « Ils vont derrière les paravents et le client demande la gâterie de son choix : massage intime, fellation, coït avec ou sans éjaculation, sodomie… Il suffit d’y mettre le prix. En voyage d’affaires, les prestations maximales sont généralement prépayées par l’hôte thaï pour son invité occidental. Il ne reste qu’à  déguster le cadeau…. Dommage que la magie ne dure qu’un soir.

-Comment ça, un soir ? Je croyais que vous ne faisiez que cela depuis trois jours. --Oui, mais l’enchantement ne dure qu’un soir. Le lendemain,  j’ai demandé la même prestation,  j’ai eu une fille aussi belle que celle de la veille, la magie en moins. Quand elle m’a sucé, je n’ai plus senti sa bouche ni sa langue, j’ai aperçu son regard  vide, lointain, sansexpression. Je me suis dit que pour ne pas sentir mon goût et mon odeur, elle devait penser très fort à son village ou à un joli souvenir, bref, s’extraire du présent pour supporter de sucer chaque soir des bites qui la dégoûtent peut-être. Lorsqu’elle a murmuré qu’elle me désirait follement, ses mots étaient exactement les mêmes que ceux de sa collègue.  Impossible d’y croire, cette fois, même un tout petit peu. »

Ce n’est pas extrait de « la mauvaise vie », mais d’un chapitre de mon livre « Les latitudes amoureuses », inspiré par un voyage de presse en Thaïlande en 2003.

En 2005, j’ai lu « la mauvaise vie », livre bien écrit et parfois émouvant tant il décrit un profond mal-être que ne comblent pas les amours tarifées. Frédéric Mitterrand cherche-t-il aujourd’hui à combler ses frustrations existentielles avec le pouvoir ? Il ne serait pas le seul, j’en parlais ici en décembre 2006 http://fsimpere.over-blog.com/article-4767955.html . Ce ne serait pas grave si les citoyens ne payaient pas très cher ces thérapies de personnalités narcissiques centrées sur elles-mêmes et non sur l’intérêt général.

Tout ceci est bon pour le commerce : « La mauvaise vie » version poche est aujourd’hui n°1 des ventes sur Amazon.  « Parlez de moi, en bien ou en mal, mais parlez-en », l’adage des pubeux se confirme…

 

photos de nus Lars Stephan www.larsstephan.com

 

 

 

 

 

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : EROS
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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /Sep /2009 09:19

Conscient que vouloir sauvegarder le secteur automobile quand le pétrole se raréfie est aussi vain que maintenir la fabrication des arbalètes au temps de la Guerre des Etoiles, un ingénieur automobile japonais a eu l’idée d’utiliser l’inventivité et la technicité de ses collègues ingénieurs pour imaginer des jouets sexuels qu’il commercialise dans le monde entier.

Parmi ces gadgets, un anneau de pénis, plus couramment appelé cockring, destiné à maintenir l’enthousiasme du monsieur  lorsque l’évocation inopportune de ses ennuis fiscaux ou  la  perspective de devoir regagner son foyer « après », alors que sa maîtresse boude à cette seule perspective et qu’il gèle dehors le perturbe. Jusque là, rien que de très classique, si ce n’est que l’anneau en question est muni d’un minuscule cadran avec un chiffre « 0 ».Je tourne l’engin entre mes mains, perplexe, y introduit un doigt, le ressort… et ai la surprise de voir apparaître un « 1 », puis un « 2 » quand je renouvelle l’opération !

Bon Dieu, mais c’est bien  sûr. L’anneau pénien est muni d’un compteur de coups permettant au vaillant coïteur de savoir s’il a suffisamment embouti sa partenaire, le suffisamment étant une notion très masculine du reste, car nombre de femmes confient à leurs copines que lorsque ça dure trop longtemps, elles s’ennuient au point de remarquer froidement « Tiens,  faudrait repeindre le plafond, j’appelle Fabrice dès demain » (Fabrice, c’est le peintre en bâtiment) tandis que leur Jules se demande si à ce rythme de Formule 1 il va résister à l’infarctus.

Il fallait être ingénieur automobile pour avoir une pareille idée : le compteur de coït !  La performance non dans la volupté et les explorations buissonnières mais dans la quantité de perforations intrin… sexes. J’imagine d’ici monsieur bougonnant : « bouge pas tant, je vais déraper et pas faire ma moyenne » triomphant : « encore six coups et je pulvérise mon record ! » ou blêmissant : « Ca sent le caoutchouc brûlé… » quand son accélération stimulée par le plaisir de voir s’affoler le compteur échauffe non pas les sens des amants mais le latex.

Je pensais, naïvement, qu’un ingénieur pouvait être ingénieux dans n’importe quel domaine et qu’il ne devrait pas être difficile de reconvertir ceux de l’automobile, des armes ou du nucléaire dans des industries meilleures pour l’humanité. C’était oublier que leur formation, tout comme celle des énarques et autres technocrates, souffre d’une rigidité… mentale qui les rend rétifs à tout autre modèle que celui de la compétition et de la consommation toujours croissante.

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : EROS
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Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /Sep /2009 09:49
Pas le temps d'écrire un billet. Alors, petit cadeau de lecture pour le week-end, un extrait de "Autres désirs, autres hommes" que j'ai relu il y a quelques jours, et que je persiste à préférer à "Des désirs et des hommes". Moins directement érotique sans doute, mais tellement plus subtil dans la découverte de ce qui nous trouble chez vous, messieurs... ou plutôt de ce qui me trouble chez vous, messieurs.

 

LEURS SALLES DE BAINS

« Veux-tu prendre une douche ? »

Phrase la plus intime de l’amour…. Leurs salles de bains révèlent tant d’eux-mêmes…

Leurs négligences : « Attention, la douche fuit à l’entrée de la pomme ».  Leur féminité, dans la multitude des gels douches aux fragrances de vanille ou de miel, de fleurs d’hibiscus là où l’on s’attendait à des senteurs boisées. Leurs manies, à la façon dont ils rangent ou ne rangent pas cet antre.

Découvrir sur leurs étagères les shampoings pour cheveux très fins ou colorés, les traitements antirides et les gels autobronzants discrètement dissimulés derrière leurs médicaments de base, eux aussi ont leurs fragilités et leurs obsessions hypocondriaques.

Retrouver chez des hommes différents les mêmes produits de soins peu connus,  les mêmes flacons d’huiles essentielles rares, et comprendre que l’attirance pour l’un ou pour l’autre, pour l’un et pour l’autre, ne doit rien au hasard.

Remarquer trois brosses à dents dans un verre, des produits de maquillage récents ou périmés et en déduire d’autres vies, familiale, amoureuse, territoires d’autres femmes installées là comme à demeure. Le célibataire endurci ne l’est pas tant que ça… 

Certains transforment leur salle de bains en impeccable show-room où les piles de serviettes, comme l’harmonie des couleurs entre étagères, linge de toilette et ustensiles divers racontent l’importance qu’ils donnent à leur corps et une part de leur sensualité. Ceux là aiment qu’on les surprenne au bain, qu’on penche la tête sur leur corps alangui dans la mousse, que nos mains se perdent sous l’eau, saisissent leurs bites comme un narguilé érotique à savourer à l’exacte température du bain, 33°,  qu’on les savoure longuement tandis qu’ils ferment les yeux et écartent les cuisses pour nous laisser glisser un ou plusieurs doigts savonneux en eux, qu’on les apaise de caresses pendant qu’ils éjaculent dans l’eau et regardent les gouttes de leur plaisir se mêler à la mousse de surface qui peu à peu finit de se diluer. Car ces voluptueux là, bien sûr, s’attardent dans la baignoire jusqu’à ce que leur peau frise.

Il est des salles de bains austères, réduites au minimum : une savonnette, un shampoing. Souvent le flacon est presque vide, retourné sur son bouchon pour récupérer les ultimes gouttes. C’est une pièce à tout faire, sauf l’amour, un bazar incroyable : litière du chat, bâtons de ski, emballages d’ordinateurs, magazines périmés… où surnage parfois, insolite, la fragrance d’une eau de toilette de marque, seul luxe de cette virile frugalité. Ces hommes là ne vous tendent pas au sortir de la douche une serviette propre soigneusement sortie d’une pile impeccable. Depuis la cuisine, ils vous crient de prendre la leur, ou leur peignoir, « oui, le bleu, celui qui est suspendue à la porte… » Et de vous vautrer dans l’étoffe qui a touché leur dos, leur ventre, leur sexe et leurs fesses tandis que vous-même frottez votre dos, votre ventre, votre sexe et vos fesses, c’est comme si vous mêliez vos deux intimités, pénétriez un  fragment inconnu de leur vie, celle qu’ils mènent lorsque vous partez.


Et puis il y a parfois au–dessus de la baignoire un fil, sur lequel sèche une robe de fillette ou un tee-shirt taille 12 ans. Ces salles de bains là parlent de la solitude des pères divorcés qui d’un week-end à l’autre, d’une vacance à l’autre, s’essaient à être de bons pères, des pères- mères câlins, sévères, ils ne savent plus trop. Cette solitude que ne comble aucun plaisir de femme, aucun nouvel amour.

Depuis longtemps ils savent que ceux-ci peuvent exploser en vol comme une bulle de savon,  laissant le père esseulé collectionner le moindre dessin d’enfant et pleurer parfois en sortant de la machine à laver le tee-shirt taille 12 ans. Pleurer, seul, dans sa salle de bains.

Par Françoise Simpère - Publié dans : EROS
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