Les musiciens des orchestres nationaux ou régionaux, inspirent du respect pour leur talent et de la réserve tant ils paraissent appartenir à un monde à part et pour tout dire privilégié : c'est vrai, quoi, gagner sa vie comme artiste salarié, à l'abri du besoin et quasi assuré d'avoir un public, c'est carrément le beurre et l'argent du beurre. Que l'on croit ! Car l'artiste perdu au milieu des autres exécutants est de surcroît partagé entre l'amour fou pour son instrument et le désespoir de n'exister que derrière cet instrument. Interprète et non sujet. Quand il s'agit d'une contrebasse, il est carrément occulté par cet objet immense aux courbes féminines et aux sons graves plutôt mâles.
La contrebasse, pièce écrite par
Patrick Süskind, auteur du mythique roman : « le parfum » (plus de 15 millions d'exemplaires) raconte le désarroi d'un contrebassiste dont l'instrument est tout à la fois passion,
répulsion et obsession, au point qu'il parasite la vie amoureuse et la quête de reconnaissance du musicien. Ce pourrait être un texte austère pour Happy few. Thierry Rémi, qui l'interprète avec
brio, en fait un monologue caustique et poétique dont on s'aperçoit très vite qu'au prétexte de l'instrument, il nous parle de nous, de l'envie qui tiraille chaque être humain d'être aimé et
reconnu, envie qui le rend tour à tour insupportable, tyrannique et émouvant.
Cette pièce a été jouée au Théâtre du Pont tournant à Bordeaux, elle se joue actuellement
au Lucernaire à Paris, théâtre où officiait Laurent Terzieff. Ces deux théâtres, qui ont pour objectif de
mettre le spectacle à la portée de tous réussissent leur pari : les salles sont remplies, « La contrebasse » a été prolongée jusqu'au 23 janvier pour cause de succès, le restaurant du
Lucernaire affiche très vite « complet » et pourtant les deux établissements sont sans cesse sur le fil du déficit, quand ce n'est pas menacés de fermeture. Le prix des loyers, le
chauffage, les frais fixes... les mettent en perpétuel danger financier qu'une simple baisse de fréquentation rend fatal Tout comme les librairies, qui ne peuvent stocker assez de livres car au
prix du m2 et de la manutention le stockage devient trop coûteux. Ce n'est pas l'Art qui est un luxe, c'est l'immobilier. Mais ce sont les théâtres et les librairies qui trinquent, rarement les
promoteurs...
Pourtant, l'Art reste un des meilleurs moyens de créer du lien social et d'endiguer la violence. La compagnie Aleph, qui en est réduite à faire appel aux dons pour financer la construction de son théâtre, œuvre tout au long de l'année dans le domaine du théâtre d'intervention : ateliers pour ados en difficulté, informations sur la drogue, le SIDA ou la violence à travers des pièces de théâtre, etc... Plus efficace que de multiplier les effectifs de police pour arracher le mal de la violence à la racine. Donner aux futurs délinquants une raison d'exister à travers le langage plutôt qu'avec leurs poings ou leurs armes. Gérard Depardieu l'a plusieurs fois répété : s'il n'avait pas été acteur, il serait devenu délinquant.
Tiens, Gérard, tu m'y fais penser : au lieu de filer en Belgique comme un vulgaire exilé fiscal, si tu consacrais une part de tes revenus à subventionner des théâtres, histoire de rendre à la scène ce qu'elle t'a donné ? En plus- parole d'ex-inspecteur du Trésor- il me semble bien que cela te donnerait droit à une déduction fiscale !
(Photo Terzieff de Michel Ristroph pour Télé7jours 1975)

Qu'une personne soit un garçon, une fille, jeune ou vieille, pauvre ou riche, amant(e) copain, copine ou ami(e) célèbre ou inconnu(e)
ne crée plus de barrières, l'important est l'alchimie qui se créera entre cette personne et la personne que je suis, sans programmation ni a priori. Juste de la curiosité. On me
l'a reproché : « Tu n'es pas vraiment amoureuse, tu étudies scientifiquement les hommes ». Ça se discute, d'autant plus que, pour les avoir beaucoup fréquentés étant journaliste,
je sais avec quelle passion les chercheurs se consacrent à leur sujet d'études, et j'y ai sans doute mis la même... plus durable et approfondie que le dérèglement hormonal qu'on appelle
d'ordinaire passion amoureuse.
Considérer l
Penser l'Autre
comme une personne la sort de l'anonymat du grand nombre, on devrait obliger tous les décideurs à le faire : il se souviendrait que licencier 800 personnes signifie 800 fois
apporter du malheur, 800 familles dans la peine, 800 fois l'angoisse du lendemain, 800 fois la douleur de se sentir exclu, méprisé, chosifié... Ça a un autre poids qu'annoncer benoîtement 800
suppressions de postes.
Noël
approche, je vous offre un cadeau : un nouveau site pour
Noël approche, faites-moi un cadeau : envoyez le lien de ce site à vos amis, parlez-leur de nos livres et CD,
offrez- en pour Noël, vous les rendrez heureux. Si chaque acheteur nous en avait amené un autre, nous aurions pu publier d'autres livres et vous faire découvrir des textes oubliés ou inédits qui
parlent de liberté, de plaisir et de mondes plus souriants.
Cela n'a pas été le cas, même si les lettres enthousiastes de certains m'ont réchauffé le cœur. Il y a davantage de buzz
pour une mini-caméra « trop super top » ou un clip coréen que pour des livres artisanaux écrits et produits en France. Les bonnes intentions du genre «consommer local et favoriser les
petits producteurs » en restent souvent aux intentions. Pourtant il suffirait de presque rien pour que ces intentions deviennent réalité.
La politique aurait-elle une dimension Freudienne, voire Lacanienne? Cette floraison de rapports, par exemple,
rapport Gallois, rapport Jospin, rapport Attali ? Ca connote sexuel, tant de rapports ! Et cet adjectif, toujours accolé à François Hollande : président consensuel ? Entre
nous, je ne le trouve pas si sensuel... même si ses rapports avec les femmes semblent parfois tendus:)
Mais une fois au pouvoir, F. Mitterrand n'a rien eu de plus pressé que de casser l'Union de la
gauche (notamment le Parti communiste) et de briser Michel Rocard pour, finalement décider seul. F. Bayrou n'est même pas au pouvoir qu'il a déjà réussi à s'isoler à force de tout décider seul...
Et F. Hollande, élu grâce aux voix de la gauche (FDG) et de l'extrême gauche (NPA, Lutte ouvrière, PT) n'a rien de plus pressé que d'ignorer leurs propositions.
Tous les bloggueurs vous le diront, les billets les plus lus et les plus
commentés, parlent d'amour, de beaux paysages, de rencontres, d'enfants... Comme disait Yves Cochet avant qu'EELV soit au gouvernement (je l'avais interviewé) : « Aimer et jouer du
violon ne sont pas des activités très rentables, mais elles donnent plus sûrement du bonheur que des objets superflus et polluants. »
Leur livre écrit à douze mains
Heureusement, partout dans le monde, des citoyens pratiquent d'autres façons de vivre et de
sortir de la crise qui n'est pas seulement une crise économique, mais aussi (surtout) une crise de la joie de vivre, d'aimer, de maintenir un rapport sensuel avec les autres et avec la
planète qui nous héberge... «








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