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Mercredi 24 janvier 2007 3 24 /01 /Jan /2007 00:15

Dernière info de France Info : l’usine Peugeot de Sochaux s’arrêtera de travailler mercredi, car les camions qui apportent les pièces sont en rade sur l’autoroute. Et comme l’entreprise travaille en « flux tendus » (autrement dit, elle commande des pièces quand il n’y en a plus, sans envisager la moindre possibilité de retard dans le transport) elle se trouve fort démunie si la météo, ou tout autre événement inattendu contrarie son absence de planification.

 

 

Le flux tendu, que pratiquent la majorité des grandes entreprises, est efficace quand tout va bien mais il suffit d’un grain de sable pour tout déstabiliser: une grève, du froid, de la chaleur, un accident du transporteur, une épidémie de gastro-entérite, une panne Internet, etc. Et alors les belles prévisions économiques s’écroulent… Bref, l’obsession de la rentabilité maximale se traduit par des pertes et du gaspillage dès que tout ne va pas pour le mieux.

 

 

Ce monde est devenu d’une extrême fragilité, d’une incapacité chronique à supporter l’inattendu à une époque où, vu les changements climatiques, l’instabilité politique et les conflits incertains, la première qualité pour survivre devrait être la souplesse et la capacité d’adaptation.

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : CHANGER
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Mercredi 24 janvier 2007 3 24 /01 /Jan /2007 00:03

23 janvier, 23h. France-Info  diffuse de véritables communiqués d'urgence. « Des routes sont coupées, mille véhicules bloquées sur une autoroute, il faudra de longues heures pour déblayer la neige,  demain dans l'Allier, le Puy de Dôme et la Haute Loire, pas de transports scolaires, plus de 12 000 foyers privés d'électricité et autant de lignes téléphoniques inutilisables. Déjà un SDF mort au centre d'Avignon... » 

J'hallucine : deux jours de mauvais temps et c'est la Bérézina ! Il neige et il fait froid en janvier. Quoi de plus normal après des semaines d'une douceur suspecte, presque inquiétante au regard des alarmes sur le réchauffement de la planète (lequel réchauffement, on ne le dit pas assez, pourrait aussi amener des hivers très rigoureux, par exemple par déplacement de courants chauds, comme le Gulf Stream. Voilà qui enthousiasme nettement moins que la perspective de déjeuner en terrasse à Noël !) 

Je ne veux pas jouer l'ancienne combattante, et pourtant si, j'ose : quand j'étais étudiante, dans le Puy de Dôme, le froid avait atteint jusqu'à -22° pendant quelques jours, et -10° durant des semaines. C'est simple, le tuyau d'eau de mon évier (je n'avais que l'eau froide et pas de salle de bains) avait gelé ! Bref, on se caillait, mais la vie ne s'arrêtait pas soudainement parce qu'il faisait froid. 

Comment se fait-il que dans ce monde technologique d'aujourd'hui, le moindre aléa climatique devienne un drame ? Parce que si en janvier on vous fait le coup du : « Il fait froid, la vie s'arrête », l'été prochain, on vous fera celui de : « Il fait beau, restez chez vous, ne respirez pas l'ozone, arrosez vos vieux, donnez à boire aux bébés », et on vous contera l'horrible aventure des naufragés de l?A6 coincés dans des embouteillages polluants sans même une bouteille d'eau pour se réhydrater, mais que font donc les Pouvoirs publics ?

Ben, les Pouvoirs publics, justement, on n'arrête pas, notamment en campagne électorale de droite, de dire qu'il en faut moins. Il y aurait trop d'Etat, trop d'impôts, trop de fonctionnaires, trop d'agents dans les entreprises publiques dont il faudrait rapidement « dégraisser » les effectifs pour les rendre plus rentables avant de les privatiser. Trop de fonctionnaires nantis et paresseux, mais qu'on se dépêche d'appeler à l'aide dès qu'il y a problème? Allo, Etat, bobo ! 

Bon Dieu, mais c'est bien sûr ! L'hiver seventies, dont je vous parle, les agents EDF nombreux (aujourd'hui on dirait « en sur effectifs ») dépannaient très rapidement les lignes enneigées et mettaient un point d'honneur à intervenir même en pleine nuit, certains renonçant même à leurs congés pour assurer « la continuité du service public ». Les   services de la voirie dégageaient les routes en quelques heures avec la même conscience. Bref, le service public était un devoir sacré- je le sais, j'ai été fonctionnaire- qu'on a vidé de son sens à force de dénigrer la Fonction Publique et d'en réduire les effectifs, qui restent suffisants quand tout va bien, mais manquent cruellement dès qu'il se passe quelque chose d'aussi incroyable que de la neige en janvier !   

Que voilà un bon sujet de réflexion avant que le redoux ne vous fasse oublier que les SDF hébergés, le bébé à 39° de fièvre soigné aux urgences à minuit, les trains qui arrivent à l'heure (majoritaires) et le courrier dans votre boîte à lettres sont aussi l'oeuvre de ces feignants d'agents de l'Etat. 

 

 

 

 

 

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : Humeur
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Lundi 22 janvier 2007 1 22 /01 /Jan /2007 10:42

Les 300 habitants d'un quartier de Mougins (Alpes-Maritimes) ont entamé des démarches pour être rattachés à la commune voisine, Mouans-Sartoux. Ils entendent ainsi protester contre le projet d'implantation, proche de leur quartier, d'un centre commercial de 32 000m2 : « Circulation, pollution, bruit, ça va nous pourrir la vie », disent-ils. De plus, Mouans-Sartoux est plus proche de leur quartier que le centre de Mougins, et la plupart des habitants vont y faire leurs emplettes sans voiture. C'est aussi une commune écologique modèle, une sorte de village d'Astérix contre l'urbanisation galopante.

 

 

Son maire, André Aschieri, a refusé de confier la gestion de l'eau à une société privée type Suez ou Véolia. Résultat : l'eau municipale, d'excellente qualité, coûte bien moins cher que les eaux gérées par le privé. Les impôts de Mouans-Sartoux sont peu élevés, et le maire a mis en place une cantine scolaire bio.

 

 

J'ai côtoyé André Aschieri lorsque j'écrivais l'Algue fatale » (sur la prolifération de la Caulerpa Taxifolia en Méditerranée), puis dans divers colloques scientifiques. Il a eu le courage de s'élever- malgré les menaces et les pressions- contre les lobbies de l'industrie chimique, a écrit un livre terrifiant à ce sujet « la France toxique », et a été, avec d'autres, à l'origine des groupes de travail parlementaires sur « Santé et environnement ». Bref, c?est ce qu'on appelle un brave homme, simple et chaleureux, et un homme brave, obstiné et courageux.

Bravo, les Mouginsois, faites sécession pour la douceur de vivre ! Les centres commerciaux ont tous les mêmes enseignes, la même bizarre odeur de frites et de détergent pour carrelages,  les mêmes lumières à colorer la viande pour la rendre plus appétissante alors qu'à l'inverse on se retrouve blafard(e) dans les cabines d'essayage ! C'est simple : quand je veux me faire un coup de blues, j'y passe deux heures.

 

 

 

 

PS. Merci de tout coeur à celles et ceux qui m'ont souhaité Bon anniversaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sympa, Mouans-Sartoux, non?

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : CHANGER
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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /Jan /2007 07:07

Il s’appelait Jacques et m’avait contactée pour me confier un portrait fleuve du maire de Paris qui s’appelait déjà Chirac. En déjeunant, nous avions parlé de mille choses. J’allais avoir 26 ans et redoutait plus que tout l’ennui : « Je ne veux pas de jours qui ne soient que des jours et que les heures me semblent des heures » lui dis-je. Il adorait le foie gras poêlé, je n’en avais jamais mangé : trop cher pour moi. « Le meilleur, me dit-il, est servi chez Lapeyrouse ». Nous avions parlé astrologie, dates de naissance. 

Le lendemain il m’appela au journal : « J’ai réservé une table pour deux chez Lapeyrouse pour le 21 janvier. –C’est gentil, mais je ne suis pas libre… -Je m’en doute, aussi ai-je réservé à votre nom, avec le compagnon de votre choix. »  

 

Le soir du 21, sur notre 31 ( J), nous partîmes. Prudent, Bernard avait pris son carnet de chèques. Devant Lapeyrouse, un voiturier gara notre Wolkswagen pourrie, le maître d’hôtel nous conduisit à notre table. Nous étions donc attendus. Il nous fit le menu, inoubliable : truffes fraîches en papillotes, foie gras poêlé accompagné de grains de raisins verts épluchés et épépinés, gâteau aérien. Le tout accompagné d’un Sauternes 1947. Le top ! Bernard lorgnait sur le cendrier en porcelaine aux armes de la maison : « Tu crois que je peux le piquer, en souvenir ? –Non, ça ne se fait pas ! » 

A la fin du repas, nous demandâmes l’addition. « Tout est réglé, madame. » Je ne vous dis pas le soulagement… On nous apporta nos manteaux, et deux cadeaux. Pour Bernard, le cendrier de la maison soigneusement empaqueté, et pour moi une splendide orchidée avec un mot de Jacques : « De la part d’un homme pour qui ce jour ne fût que jour, en espérant que ces heures n’auront pas été pour vous que des heures. Bon anniversaire. » J’ai toujours la carte, et les bougies du gâteau… 

Le lendemain, au journal, le copain qui m’avait présenté Jacques m’appela : Alors, c’était bon chez Lapeyrouse ? –Je vois que ma vie privée n’a aucun secret pour toi. –C’est-à-dire que… pendant que tu dînais, je jouais au poker avec Jacques, qui n’a cessé de gagner, et qu’en définitive, ton dîner, c’est moi qui l’ai payé ! » 

Je n’ai jamais revu Jacques. J’ai appris plus tard que ruiné par des investissements hasardeux, il était parti faire d’obscurs trafics en Amérique Latine, où il avait été tué. Mais pour cet instant de grâce qu’il m’a offert, il reste vivant dans ma mémoire. Pour son sens du jeu aussi. Un soir, dînant seul dans un hôtel peuplé de couples maussades, il avait appelé la petite marchande de roses et lui avait acheté toute sa brassée, en lui demandant d’aller donner une rose à chaque dame. « Ainsi, l’espace d’un instant, ces femmes ont souri et n’ont eu d’yeux que pour moi. »

 

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : Humeur
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Samedi 20 janvier 2007 6 20 /01 /Jan /2007 14:48

En janvier 2005, un lecteur m’a envoyé une très belle lettre pour me dire que mes écrits lui avaient permis de renouer le dialogue avec sa femme dont il était sur le point de divorcer. Tellement renoué qu’ils avaient fini par revivre ensemble et qu’un bébé s’annonçait… 

Il me demandait d’être la marraine symbolique de cette petite fille. J’ai accepté, bien sûr, et j’ai rencontré ma « filleule » et ses parents lors d’un dîner dont je garde un souvenir chaleureux et beaucoup d’émotion. 

J’ai noué d’autres liens importants, que je retrouve parfois sur ce site ou à qui je rends visite lorsque je vais dans leur ville. Tout un réseau de « belles personnes »- comme dit Martine la Québécoise, autre rencontre marquante- unies par un regard sur la vie non normatif, plein de doutes, de vitalité et de curiosité pour la vie qui n’est jamais écrite avant le dernier jour. 

Reçu une photo récente de ma filleule. Elle a de si beaux yeux qu’il aurait été vraiment dommage qu’elle ne vienne pas au monde, non ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 Jour J- 1: le 21 janvier... non, je ne le dirai pas :)

Par Françoise Simpère - Publié dans : Humeur
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