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Mercredi 10 janvier 2007 3 10 /01 /Jan /2007 20:32

Avril 1991 : sauver le littoral, Juillet 91 : incendies : la forêt en danger

Novembre 97 : La pollution de l’air ,Mai 98 : asthme et qualité de l’air  

Octobre 99 : dossier environnement/ santé : l’air, l’eau, l’alimentation  

Juin 2001 : l’écologie urbaine, l’exemple de Metz et la Rochelle   

Juin 2001 : Le réchauffement climatique  

Novembre 2001 : violences au travail, violences sociales   

Janvier 2002 : poulet et salade bio contre poulet et salade industriels  

Juillet 2002 : Des étudiants s’engagent contre l’effet de serre  

Septembre 2002 : faites du vélo en ville, Novembre 2003 : triez vos déchets 

Avril 2004 : l’eau, un enjeu pour l’avenir,Novembre 2004 : les OGM  

Pendant des années, avec Nathalie Szapiro et Pierrick Bourgault , j’ai fait des papiers écolos dans AVANTAGES (magazine du groupe Marie - Claire ) à une époque où les magazines avaient encore pour mission d’informer. Comme me l’avait fait remarquer un responsable des études marketing : « C’est étrange, vos lectrices sont extrêmement sensibles aux thèmes écologiques ». C’était le résultat de quinze ans de travail. 

Est arrivée une année où on m’a demandé de faire plus court, genre  « un encadré de dix lignes sur le développement durable » au motif que les femmes n’aiment pas lire trop long. (C’est illettré les femmes !!!)  Exit aussi l’info du genre  « les métaux lourds qui s’accumulent dans la chair des gros poissons  peuvent nuire au développement du fœtus » où je conseillais aux femmes enceintes de manger plutôt des sardines (peu polluées, pas chères et bourrées d’acides gras bénéfiques) plutôt que du thon ou du bar. Mes conseils étaient anxiogènes ! J’ai fait remarquer que c’était infiniment plus anxiogène d’accoucher d’un bébé anormal parce qu’on n’a pas été informée du risque… et je m’énervais, et ça nuisait grave à ma santé, moi qui n’ai jamais fumé …  

Le problème, c’est que les questions écologiques « prennent la tête », et ne laissent plus assez de part de cerveau disponible, cette part joyeuse et insouciante qui pousse aux achats d’impulsion irréfléchis. Le problème, c’est que la réflexion écologique pousse généralement à moins acheter, vu la quantité de choses inutiles, voire nuisibles pour l’environnement qu’on nous propose. 

Conclusion: l’écologie est incompatible avec un système économique qui pousse à toujours consommer plus et avec la publicité (210 milliards d’euros de dépenses publicitaires en 2006 dans le monde) qui soutient cette incitation à surconsommer. C’est pourquoi Nicolas (Hulot) ne te laisse pas griser par ces politiciens qui sont prêts à te manger dans la main pour glaner quelques voix, puisque leur programme ne remet quasiment pas en cause ce système prédateur !   

Je ne travaille plus dans ce magazine, choix d'indépendance qui me vaut une certaine insécurité matérielle, mais m'a permis, sans médicaments, de juguler hypertension et troubles du rythme cardiaque, ce qui prouve que mettre en harmonie ses convictions et son mode de vie est bon pour la santé.

en cadeau, cette photo de givre qui risque de devenir rare, et qui est pourtant si joli

Par Françoise Simpère - Publié dans : CHANGER
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Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /Jan /2007 15:52

Je fais partie du jury d’un concours de nouvelles érotiques. Certaines me plaisent, d’autres non. Parfois pour des raisons évidentes : manque de style, fautes de français, abus de clichés… D’autres fois juste à l’instinct : le texte me trouble ou pas. C’est très difficile de savoir pourquoi, et surtout très subjectif. Les textes du concours étant top secret jusqu’aux résultats, j’ai choisi pour illustrer lla question deux extraits de textes publiés sur le site Revebebe, et deux extraits tirés de livres.

Revebebe : « Ces préliminaires n'ont guère duré, ni pour eux, ni pour nous. Presque côte à côte, Bernard et moi nous sommes mis à besogner nos compagnes dans des positions similaires et synchronisées, tantôt en missionnaire, tantôt en levrette, avant qu'elles ne nous chevauchent en parfaite harmonie. Mais ils étaient beaucoup plus endurants que nous et nous avions joui, ma femme et moi pendant que Bernard et Michèle poursuivaient leurs ébats sous nos yeux dans un concert de grognements, de gémissements et de propos crus. » 

« Ouvre les genoux : je te couvre. Donne moi tes lèvres et ta langue. Crispe tes dix doigts sur mes fesses. Roule tes seins contre mes seins. M’y voici, nos vulves s’appliquent et se froissent et se heurtent. Etreins-moi comme je t’étreins ! Elles clapotent, entends tu ? Mnasidika, nos jouissances se mêlent ! (Pierre Louys, chansons secrètes de Bylitis) 

Revebebe : « J'étais en train de lécher mon épouse avec appétit, quand elle m'avoua soudain qu'elle s'était fait caresser par deux collègues, au cours d'une petite fête organisée à sa boîte. La matinée avait pourtant bien commencé. J'étais venu la rejoindre discrètement dans la cuisine tandis qu'elle préparait le repas. Je m'étais discrètement agenouillé derrière elle et, baissant d'un seul coup sa jupe, j'avais entrepris d'embrasser son gros fessier….  J'ai léché un long moment la raie des fesses de mon épouse, je sais qu'elle adore ça, insistant longuement sur sa pastille que j'ai percée du bout de ma langue. Puis je l'ai faite se retourner pour dévorer avec ferveur son abricot poilu.  

 

« Nous ne disions pas un mot. Je caressais sa verge, je caressais ses couilles qui roulaient et gonflaient entre mes doigts, si absorbée par le trouble qui me gagnait que j’ai à peine réalisé que ses doigts à son tour me fouillaient. Il allait juste où il faut,  promenait son index de bas en haut, contournait le sommet, en frôlait la pointe et redescendait, avec une lenteur amplifiée par notre commun silence.  Il a juste murmuré : « Tu es très mouillée.  – J’ai très envie. »  Il a décollé ses fesses du drap, s’est serré plus étroitement contre mon ventre et m’a enlacée. Je sentais contre ma vulve battre sa verge au rythme de son cœur. C’était insupportable de volupté. » (« Les latitudes amoureuses », Françoise Simpère) 

Les ressentis sont différents, n’est-ce pas, selon les textes ? J’aimerais bien avoir quelques avis et commentaires là-dessus. Sur cette alchimie si particulière qui fait qu’un texte parle ou non à nos sens.

illustration due à l'Amante poivrée qui reviendra bientôt j'espère

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : Lectures
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Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /Jan /2007 16:41

Dans mon Auvergne d’adoption on appelle ça de la « soupe au lard » ou de la « soupe aux choux », mais jamais de la « soupe au cochon ». 

Mais qu’est-ce qu’ils ont à sodomiser les dyptères avec cette histoire de « soupe au cochon » qui serait, selon les gens de gauche une « discrimination à l’égard des miséreux musulmans et juifs », et, selon l’organisation de droite (voire d’extrême droite) qui distribue cette soupe, « une recette nutritive, pas chère et culinairement reconnue. » 

Avec cette manie qu’a aujourd’hui la religion de s’immiscer partout, l’histoire de la soupe au cochon aboutit à ce paradoxe : les gens de gauche, censément laïques, se retrouvent défenseurs du communautarisme en dénonçant la soupe au lard. Et les gens de droite, censément plus près de la Bondieuserie, se retrouvent défenseur d’une saine laïcité culinaire en servant la même chose à tout le monde. 

Il y aurait une solution toute simple que je me permets de souffler aux dignitaires juif et musulmans. 

 

Le Coran dispense du ramadan- moment pourtant clé de la pratique religieuse- les femmes enceintes, les vieillards et certains malades en raison de la précarité de leur état physique. Pourquoi les religieux ne pourraient-ils pas autoriser les pauvres, SDF et autres mal nourris à manger du porc, en raison de leurs conditions de survie précaires ? 

 

S’ils le faisaient, ce serait de leur part une double réussite : ils se montreraient ouverts à la misère humaine, et par ailleurs, au cas où l’organisation de droite aurait vraiment eu l’intention, en servant du lard, d’écarter de sa générosité les juifs et les musulmans, ils lui couperaient l’herbe sous le pied… 

Je me souviens d’un musulman affamé venu demander à manger à ma mère quand nous vivions en Afrique. Maman, ouvrant son frigo, lui dit « je suis ennuyée, je n’ai que du jambon, tu ne peux pas en manger ». L’autre répliqua : « Si, le jambon, c’est du veau » « Non, dit maman, c’est du porc. – Non, insista l’autre, c’est du veau ». Devant sa faim et son insistance, maman lui donna un sandwich au jambon.  

 

Et c’est ainsi qu’Allah est grand.

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : Humeur
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Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /Jan /2007 15:26

Mon oncle Michel a 83 ans. Il a connu la guerre de 39/45 et son père- mon grand-père- était dans les tranchées de Rocroy en 1914. Il y a 4 ans, Michel, en visite à Rocroy, a rencontré un allemand qui tournait dans un film sur la guerre de 14/18. Cet homme lui a raconté que son propre père minait les tranchées en 14, mais essayait toujours de prévenir les français que ça allait sauter, parce qu’il n’avait pas envie de tuer des types qui ne lui avaient rien fait. C’est drôle, car mon grand père nous a souvent raconté la même chose : chaque fois qu’il posait une mine, il essayait de prévenir les allemands pour qu’ils se mettent à l’abri. 

Bref, ce 2 janvier, on bavardait et je ne sais comment, on en est venu à évoquer la pendaison de Saddam Hussein. Alors mon oncle, tout calmement, m’a dit : 

« Tu vois, les dictateurs, il faut les punir, quoique les pendre ne sert pas à grand chose, ça ne ressuscite pas les victimes et ça ne dissuade pas les autres dictateurs. Mais si on pend un Saddam, on devrait pendre aussi les gouvernants qui décident les guerres. Car chaque fois qu’un chef d’Etat décide une guerre, il sait qu’il va tuer des milliers de gens brusquement qualifiés d’ennemis, et aussi envoyer au casse pipe des milliers de ses concitoyens. Ca n’est pas criminel, ça ? Envoyer se faire tuer des milliers de jeunes, rester au chaud puis  se pavaner dans les défilés à la fin de la guerre ? »  

 

Quelle connerie, la guerre, Jacques Prévert l’a déjà fort bien dit. L’intéressant dans la réflexion de mon oncle, c’est qu’elle vient d’un homme pas politisé pour deux sous, mais qui a vu son père partir (et revenir après 4 ans de souffrance, les seules années de sa vie qu’il aurait voulu effacer, pour le reste il était content de tout, heureux de vivre), que lui-même a connu les allemands- habitant Vichy, il les voyait de près ! - et qu’il considère à 83 ans que ces conflits qui font de deux peuples des ennemis qui s’embrasseront devant des monuments aux morts cinquante ans plus tard, que ces conflits donc sont des crimes et ceux qui les décident des criminels.  

 

La vraie question reste cependant : pourquoi l’acceptons-nous ? 

Pourquoi les peuples élisent-ils des despotes, voire des criminels ?

Pourquoi plus de 3000 américains ont-ils accepté de se faire tuer en Irak pour chercher des armes de destruction massives imaginaires ?

Comment les américains ont-ils pu réélire un président qui leur a menti ? Pourquoi les guerres sont-elles décidées par des gens qui ne la font pas, et faites par des gens qui ne les décident pas ?

Pourquoi espérons-nous qu’une élection peut «  changer la vie » alors que le passé nous a prouvé maintes fois le contraire ? 

D’où vient la soumission à l’autorité ? 

Pour finir, un post que j’ai trouvé sur Cyberpresse :  

 

Cette année, ma résolution pour 2007 est à la fois personnelle et politique : je vais désormais voter selon mes valeurs profondes, en suivant mon esprit ET mon cœur. Fini le temps où je votais en me pinçant le nez, me résignant à choisir le «moins pire» des candidats ! 

On se croirait en France, mais cela vient d’un canadien qui conclut : 

Cette année, c’est clair, je voterai avec passion pour Québec solidaire. Et vous ?

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : Humeur
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Mercredi 3 janvier 2007 3 03 /01 /Jan /2007 15:39

« Pour une société écologique et sensuelle » (en opposition à la société « guerrière et puritaine » induite par le néolibéralisme) c’était le titre d’une interview que m’avait donné Patrick Viveret [1] dans le Nouveau consommateur. Cette formule m’amusait d’autant plus que j’ai lancé le concept de « biodiversité amoureuse » pour couper court au sempiternel débat « Fidèle/ Infidèle » qui se cristallise autour de l’exclusivité sexuelle sans s’interroger sur sa signification.  Je m’explique : 

 

On sait qu’il est urgent, pour sauver l’ humanité, de diversifier les énergies, préserver la variété des plantes et des espèces, s’enrichir de toutes les cultures et se garder de la pensée unique : tout nucléaire, tout génétique, tout économique. Pourquoi veut-on imposer à tous la monogamie, sorte de monoculture amoureuse, alors qu’on sait que la monoculture appauvrit et dessèche  le milieu où elle sévit? 

L’idée que la biodiversité amoureuse est écologique m’a été confirmée par nombre de correspondant(e)s séduit(e)s par mon livre « Aimer plusieurs hommes  »: « Aimer au pluriel, m’a écrit l’un d’eux, remet en cause l’appropriation du vivant par un individu : de l’épouse par l’époux et de l’époux par l’épouse. Comme on s’élève contre l’appropriation du vivant lorsqu’une firme veut breveter le génome d’une plante ou un gène humain. »  

 

Au-delà de la sphère privée, choisir d’aimer au pluriel aurait donc un effet plus global ? Sans doute, car l’organisation sociale n’est que le reflet d’une somme de comportements individuels qui, ensemble, fondent une conscience collective. Remplacer le goût de la possession par celui du partage, s’intéresser à l’Autre pour ce qu’il ou elle EST et non pour l’AVOIR, cultiver des relations affectives et sensuelles durables, c’est sortir de la société qui s’approprie et qui jette. 

Il ne s’agit pas d’être dogmatique mais d’expérimenter sur le terrain, de progresser pas à pas et de sortir des « petites cases » mentales qui nous conditionnent depuis des décennies. Mais bien sûr, quand on voit comme certains ont du mal à prendre le train plutôt que la voiture et à éteindre leurs appareils en veille (30% d’économie d’électricité quand même !), on conçoit qu’il faut du temps pour modifier ses comportements amoureux.  

 

Bonne année 2007, joyeuse, écologique et sensuelle !

 

 

 

 

 



[1] Auteur de « Pourquoi ça ne va pas plus mal ? » chez Fayard

Par Françoise Simpère - Publié dans : CHANGER
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