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Lundi 29 janvier 2007

Au-delà du chagrin que l’on peut ressentir, même si on sait que la mort fait partie de la vie, la perte d’un proche ou d’un(e) ami(e) est comme un coup d’arrêt à certains possibles : page tournée, impossibilité de rembobiner le film… C’est un moment où on se souvient que le temps passe trop vite et qu’on ne devrait pas le galvauder à des riens sans intérêt ou pire, à des conflits sans importance. Bref, ça marque, et chacun peut l’éprouver lorsqu’il est touché de près. 

Hier, j’ai vu manifester des américains contre la guerre en Irak avec cette affiche : Iraq : 655 000 deaths, USA : 3035. Ailleurs, des attentats ont fait encore une dizaine de victimes, des SDF sont morts de froid… Chiffres lancés presque sans émotion tant ils sont quotidiens. A chaque fois, je me dis que chacune de ces morts touche un entourage- un père, une mère, des enfants, des frères et sœurs- perturbe une harmonie, et semble d’autant plus injuste lorsqu’elles auraient pu être évitées, lorsque la victime était jeune et n’a pas eu le temps de goûter les bonheurs du monde. 

On ne va pas pleurer sur tous les morts, quand même ! Non, certes… Mais si les dirigeants qui envoient au casse-pipe des gamins de vingt ans, si les trafiquants de drogue ou les poseurs de bombe, si les gens qui font travailler les autres dans des conditions périlleuses, voire mortelles, se souvenaient de temps à autre, le plus souvent possible, que derrière toutes les statistiques il y a des êtres humains, eh bien… je serais bien contente. 

Ce post est pour maman, avec qui je ne pourrai plus refaire le monde au petit déjeuner.

 

 

 

 

par Françoise Simpère publié dans : Humeur
Samedi 27 janvier 2007

Librairie, ce samedi après-midi. Des milliers de titres, des millions de pages. De quoi dissuader d’écrire. Comment imaginer qu’au milieu de tant de livres, quelqu’un puisse trouver les miens ? Il faut avoir le goût d’écrire chevillé au cœur pour continuer. Surtout quand on sait que la moyenne de vente d’un roman tourne autour de 2000 exemplaires. Je choisis à l’instinct quelques livres: « ce roman a connu un vif succès…. Ce roman traduit dans 40 pays… ce roman adapté à l’écran… » A croire que j’ai un doigt magique pour dégotter les succès de librairie… ou que les éditeurs mentent. 

Pourquoi écrire ? Parce que. C’est la meilleure raison. Parce que c’est aussi irrésistible que le désir, et plus jouissif à long terme. ( J

Rayon poche chez Gibert. Atmosphère intime, les gens chuchotent, aucune musique commerciale, aucune annonce de promo, on se balade tranquille entre les rayons. Beaucoup d’adolescents de toutes les couleurs, accroupis face aux bouquins, les caressent d’un doigt délicat. Certains ont sorti un volume et le parcourent debout, voire assis sur la moquette. Plaisir de voir leurs yeux s’éclairer sur une phrase, leurs lèvres articuler à voix basse… Oui, ils aiment lire. Ca les fait même sourire quand le texte leur parle, un petit sourire de connivence comme s’ils étaient heureux de voir écrits les mots qu’ils auraient envie de dire. Certains cherchent la petite étiquette jaune des livres d’occasion qui leur permettra, pour 1 à 4 euros de s’offrir deux heures d’évasion. Qu’est-ce qu’on a aujourd’hui pour 2 euros ? Un café dans un bistrot parisien, un quart de place de cinéma vite consommé. Tandis que le livre… je les regarde passer discrètement leurs doigts sur leurs lèvres pour mieux tourner les pages, caresser le papier. On entre en relation avec un livre. 

Il y a quelques années, j’ai reçu des lettres de détenus qui lisaient mes livres. Des mots sensuels à défaut de corps palpables. Deux heures de calme, de rêve. La bibliothèque est un des seuls lieux paisibles dans une prison.  La seule évasion sans risque. 

Repartie de chez Gibert avec les livres prévus, plus un poche à deux euros qui m’a fait jubiler dans le RER. Je ne connaissais pas l’auteur. Il m’a donné envie de découvrir ses autres romans. De les faire lire à des amis . Demain dimanche, immersion douce. Lecture, musique, et « trucs de fille »… 

 

 

par Françoise Simpère publié dans : Lectures
Samedi 27 janvier 2007

Juste un peu de beauté dans ce monde de brutes...

par Françoise Simpère publié dans : Images
Jeudi 25 janvier 2007

Un jour une femme m'a écrit : « Grâce à vous, je n'ai plus peur des hommes  ».  Mon livre « Aimer plusieurs hommes  » l'avait déculpabilisée de ses désirs, pas exclusivement sexuels, mais curieux. Tout en aimant son mari, elle avait envie de rencontrer, comprendre et pourquoi pas aimer d'autres hommes sans entrer pour autant dans le schéma « liaison adultère » qui n'était pas sa tasse de thé.

Bien sûr, elle eut, elle a et elle aura, comme toute femme qui s'aventure hors des sentiers battus, des déceptions et des incompréhensions de la part d' hommes enfermés dans leurs schémas. Ils sont assez psychorigides, problème de corps calleux entre leurs hémisphères cérébraux...  Mais elle eut aussi de grandes joies, et notamment celle de prendre confiance en elle en se connaissant mieux. Toute expérience de vie aide à mieux se connaître. 

Cette lectrice devenue amie me raconte de temps à autre comment elle continue à cultiver avec passion son « jardin d' hommes  » ajoutant malicieusement : « Il me manque encore quelques espèces rares? » J'adore cette métaphore qui rend compte à la perfection de ce que nous recherchons : des relations différentes, des sentiments uniques avec chacun, une immense patience pour cultiver les liens, et comprendre que ceux-ci, comme les graines qui semblent enfouies et mortes dans le sol, peuvent germer à nouveau bien plus tard. Concevoir les relations amoureuses comme des cycles, des saisons, et non de façon linéaire change tout. On ne se brise plus dans le chagrin, on attend que passe l'hiver. La botanique trace aussi de merveilleux portrait d' hommes  : herbe folle, plante toxique, tronc solide, charme vénéneux, bambou subtil, fruits goûteux?  

 

La preuve : pour illustrer ce post, j'ai cherché des photos de beaux hommes sur Internet. Mais essayez un peu  de taper « beaux hommes  » sur Google : vous aurez une avalanche de sites gays- les hétéros se sentent-ils si moches ?- ou alors des mecs musculeux gonflés à la testostérone qui de toute façon ne montrent que leur bite, ce qui les réduit finalement à peu de chose ! 

J'ai donc illustré ce post avec des plantes, dont chacune m'a inspiré une pensée torride. A vous aussi j'espère.

 

 

 

 

 

 

 

 

par Françoise Simpère publié dans : EROS
Mercredi 24 janvier 2007

Dernière info de France Info : l’usine Peugeot de Sochaux s’arrêtera de travailler mercredi, car les camions qui apportent les pièces sont en rade sur l’autoroute. Et comme l’entreprise travaille en « flux tendus » (autrement dit, elle commande des pièces quand il n’y en a plus, sans envisager la moindre possibilité de retard dans le transport) elle se trouve fort démunie si la météo, ou tout autre événement inattendu contrarie son absence de planification.

 

 

Le flux tendu, que pratiquent la majorité des grandes entreprises, est efficace quand tout va bien mais il suffit d’un grain de sable pour tout déstabiliser: une grève, du froid, de la chaleur, un accident du transporteur, une épidémie de gastro-entérite, une panne Internet, etc. Et alors les belles prévisions économiques s’écroulent… Bref, l’obsession de la rentabilité maximale se traduit par des pertes et du gaspillage dès que tout ne va pas pour le mieux.

 

 

Ce monde est devenu d’une extrême fragilité, d’une incapacité chronique à supporter l’inattendu à une époque où, vu les changements climatiques, l’instabilité politique et les conflits incertains, la première qualité pour survivre devrait être la souplesse et la capacité d’adaptation.

 

 

par Françoise Simpère publié dans : CHANGER
 

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