La grève récente des caissières de supermarché qui a forcé certaines grandes surfaces à baisser le rideau a prouvé que ces dames si peu payées, si peu considérées, si surveillées, sont vitales pour que l’entreprise fonctionne (sous réserves qu’elles ne soient pas remplacées par des caisses automatiques, faites gaffe les filles. Problème : le coût en a été lourd pour elles : 16 jours de grève pour des femmes qui n’arrivent déjà pas à vivre avec leur salaire complet, c’est dur. D’où la nécessité de trouver des rapports de force plus efficaces, donc d’autres moyens d’action.
En vrac, quelques idées :
Sachant qu’un tiers du chiffre d’affaires des grandes surfaces est réalisé le samedi, programmer les grèves de caisse uniquement le samedi. 4 jours de grève qui amputent d’ 1/3 l’activité de l’entreprise devraient l’inciter au dialogue social.
Mais toi aussi, ami consommateur, tu peux agir :
Tu trouves qu’il y a trop de suremballages sur un produit ? Enlève les et jette les en vrac dans le rayon.
On veut te fourguer 4 crèmes chocolat et 4 crèmes vanille dans un lot alors que tu n’aimes que le chocolat ? Exige de n’acheter que les crèmes au chocolat. (J’ai testé : la caissière commence à dire « ce n’est pas possible », on appelle le directeur, et comme la loi interdit la vente forcée par lots, il ne peut que s’incliner. Sauf si la vente en lot est assortie d’un rabais).
Ton caddie ( marque déposée) coûte de plus en plus cher ? Exprime ton mécontentement avec le sourire et si possible une dizaine de comparses. Un jour de grosses courses et de queue intense au supermarché, laissez la caissière enregistrer vos courses, que vous laissez sur le tapis roulant ou remettez en vrac dans le caddie. Lorsque la dame annonce la somme due, soupirez : « C’est trop cher ! Désolé, je ne peux plus. Gardez tout, je renonce. » Et partez, les mains dans les poches. La panique que font dans la comptabilité des dizaines de caddies enregistrés et non payés (ce n’est pas du vol puisque vous laissez tout sur place), la panique que crée l’obligation de dégager les caddies des caisses et remettre les produits en rayon devrait inciter les responsables de la grande distribution à plus de décence dans leurs prix... et dans leur communication.
Auchan, comme Carrefour et les autres se sont targués d’une belle âme écolo en supprimant les sacs en plastique en caisse. Sauf que ces sacs, depuis des années, étaient en matière rapidement biodégradable (c’était d’ailleurs un argument publicitaire) Ils servaient aussi de sacs poubelle, indispensables par respect pour les éboueurs. Maintenant, il faut acheter des sacs poubelle… en plastique hyper solide et difficile à éliminer. Quant aux sacs de caisse verts « réutilisables en sacs poubelle », ils sont facturés 3 centimes d’euros. Et qui c’est qui s’est fait avoir au nom de l’écologie ? Le client, encore.
Côté écologie et nutrition, voici la dernière pub reçue par mail, une gamme spécialement conçue pour les enfants : du sucré, du gras, du nutritionnellement inutile et cher, de la bonne base pour faire des gamins obèses et le tout en mini conditionnement, bonjour le gaspillage d’emballages ! Je leur ai envoyé un mail furieux pour le leur dire, fais-le aussi ami de la santé et de l’écologie. info@auchandirect.com]



Enfin, n’hésite pas à boycotter les denrées inutiles : eau en bouteille (celle du robinet est excellente), sodas, plats préparés : 1,50€ le
kilo de carottes, 10,50€ le kilo de carottes râpées du rayon traiteur qui a perdu l’essentiel de ses vitamines, ça fait cher de la râpe, et yaourts à boire en petites bouteilles qui n’a d’intérêt
qu’en cas de diarrhées avérées (j’ai lu les études scientifiques). Pour les jours de transit normal, un yaourt nature tout bête a plus d’intérêt nutritionnel, pour dix fois moins
cher.
Tout ceci va faire baisser le taux de croissance, car le secteur de la grande distribution est important dans le PIB, tout en améliorant TA santé et TON pouvoir d’achat, ami lecteur. Ce qui prouve que ton bien-être ne passe pas forcément par la croissance économique mais plutôt par ton autonomie face aux forces terribles du marché J soutenues par les sirènes lancinantes de la publicité.
(casterman/l'internaute, la dernière en stock)
L’humour, politesse du désespoir ? Ou façon de mettre une juste distance avec l’événement pour éviter que les indignations
quotidiennes ne conduisent à l’infarctus ? Sourire, jouer, au lieu de s’énerver. Au lieu de répondre à une insulte en disant « Casse toi alors, pauvre con ! »- premier degré,
pas une once d’humour- se souvenir qu’à un badaud qui hurlait sur son passage « Mort au con », le Général de Gaulle répondit : « Vaste programme… ». Qu’entendant
quelqu’un crier « Connard » sur son passage, Jacques Chirac se précipita, tout sourire et main tendue : « Enchanté, moi c’est Jacques Chirac ». La classe…
Pourquoi s’énerver contre les représentants en salle de bains qui téléphonent deux fois par semaine, alors qu’il est si jouissif de les harceler de questions sur le matériau de la baignoire, la garantie attachée aux robinets et le débit de l’eau avant de conclure « C’est passionnant mais voyez-vous, j’ai décidé de ne plus me laver par solidarité avec les peuples qui manquent d’eau ».
J’ai déjà écrit ici mon agacement devant l’ostracisme contre les hommes seuls dont font preuve tant de clubs libertins. M’agace aussi le « dress code » qui interdit le pantalon aux femmes, dress code extrêmement ringard, car sur la plupart des sites, les femmes sont photographiées en guêpière ou « haut sexy », porte-jarretelles et bas résille occultant totalement l’érotisme délicat de la jupette de tennis et des socquettes blanches, de la blouse d’infirmière ou du treillis militaire (si, si, l’uniforme sur une femme excite certains hommes). Occultant en fait toute imagination, tout jeu…
A quoi bon s’énerver contre ce conformisme ? J’ai préféré téléphoner à un club pour demander si, faute d’hommes seuls, une femme seule pouvait accaparer trois maris sans que les épouses ne s’en offusquent, si en kilt écossais et ballerines vernies j’avais mes chances, si je pouvais réaliser tel ou tel fantasme (choisis parmi les plus étranges J ) le tout d’un ton badin comme si je discutais du prix des yaourts et des céréales. Plaisir exquis de déstabiliser l’interlocuteur, peu habitué à ce naturel. Le sexe en club est sécuritaire : la pub ne cesse de rassurer l’éventuel client en lui expliquant que tout est fait pour éloigner les importuns, garantir le chic de la soirée, sélectionner une clientèle choisie, permettre de réaliser en toute sécurité ses fantasmes les plus fous. C’est un peu comme le tourisme de masse, l’aventure en car climatisé et hôtels 4 étoiles all inclusive dans lesquels les seuls indigènes présents sont le personnel de service.
On s’imagine la société libérée, tolérante, mais elle l’est au sens où l’entendait
Clémenceau (ou Claudel, les avis divergent) : « La tolérance ? Il y a des maisons pour ça ». Hors les lieux consacrés, jouer au monde dans la vraie vie, débusquer les
peurs, se libérer des schémas, c’est autre chose ! Je rêve d’inverser les rôles en abordant des messieurs pour leur proposer un verre. J’en ai parlé à quelques copains qui, quasi
unanimes m’ont dit qu’ils détesteraient être abordés de la sorte. « Une fille qui m’aborderait comme ça, naturellement, je me dirais qu’elle doit le faire tout le temps, qu’elle est un peu…
spéc… enfin, tu vois… » Oui, je vois.
Envie de lui faire remarquer que si le gars nettoie dans le même temps 3 logements au lieu de 2, son rendement a augmenté de 50%, pour lequel il ne touche que 30% de plus. TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER MOINS, le summum du progrès social.
Et le type de conclure : « Ca marche, les gars sont contents, et en augmentant la masse de travail, j’ai pu réduire le nombre de salariés. » Eh oui, quand on fait faire des heures supp’ aux gens, ceux qui les font touchent plus d’argent mais ça ne crée pas un seul emploi, ça a même tendance à les réduire.
Et c’est ainsi que le fameux « travailler plus pour gagner plus » peut aboutir à faire travailler plus des gens qui gagnent proportionnellement moins et à en mettre d’autres au chômage. Glissement pernicieux de la sémantique : il y a encore quelques années « Je gagne plus » signifiait : « J’ai été augmenté ». !
Jean-Jacques Bourdin n’a pas remarqué ces détails fâcheux. Pas le temps : c’était la pause pub et l’annonce d’un jeu permettant de faire gagner… des climatiseurs aux auditeurs de RMC, à qui on demande de faire « de petits gestes pour la planète » vu que c’est la formule à la mode, tout en leur fourguant en cadeau des climatiseurs qui consomment de l’énergie et rejettent plein de calories dans l’atmosphère, merci pour l’effet de serre !
Et au fait, ceux qui gagnent plus d’argent, ils peuvent enfin payer à leurs petits nenfants les pâtes
et le lait qui ont si tant tellement augmenté ? Non, ils boivent, si l’on en croit le Top 10 des achats en supermarché : Pastis, eau en bouteille et Coca-Cola! Pour lire la suite du
classement voir www.canalblog.com/cf/fe/tb/
Les copains, on nage en pleine fiction ! Il n’y a plus de real politik, que du roman-photo, de la série B, comme le plan du même nom sur l’Europe qui a consisté à passer à la trappe le référendum, ni vu ni connu j’tembrouille ! Ce n’est pas possible que le petit Nicolas à qui on ne peut refuser l’astuce et le sens politique fasse autant de gaffes en si peu de temps. Dernière en date : l’adoption d’un petit juif mort par un petit écolier vivant sous prétexte de « mémoire ». De quoi susciter bien des vocations de victimes désirant être à leur tour adoptées. Petits Rwandais, Indiens d’Amérique génocidés, Cambodgiens, Arméniens… De quoi aussi irriter les enseignants qui sans attendre NS font depuis des années leur boulot sur l’Histoire : par parenthèse, je me souviens des cauchemars d’une de mes filles lorsqu’on lui a fait étudier les « Lettres de poilus » et « Le journal d’Anne Franck », preuve que la confrontation avec la barbarie humaine à l’âge où on croit encore que les gens sont gentils ne s’improvise pas …
Avant cette bévue le rapport Attali- dont l’anagramme est Attila- avait coupé l’herbe sous le pied du Président et depuis elle a du mal à repousser. Avant encore, toute cette faune de gauche dans son entourage, y compris sa nouvelle épouse, pas possible qu’ils aient tous virés de bord. J’avais commencé à écrire un synopsis de polar où l’ouverture se révélait être une manipulation par la gauche et le virage à droite de certains socialistes pure poudre aux yeux, infiltration des milieux du pouvoir afin de mieux les déstabiliser. J’ai renoncé à écrire le scénario, trop occupée par d’autres projets et aussi parce qu’entre l’idée et la réalisation, ce genre de sujet risque d’être démodé. Si quelqu’un a envie de reprendre l’idée, no problem.
Puis voilà que je lis le polar de Jean-Louis Debré « Quand les brochets font courir les
carpes ». (Fayard)
J’ai rencontré JLD deux fois : à
l’Assemblée nationale en 1998 (à ma droite sur la photo) lorsque j’ai initié une proposition de loi sur la Caulerpa Taxifolia où- l’ouverture, ça me connaît- j’avais fait travailler ensemble
Pierre Lellouche (RPR à l’époque), André Aschieri (vert) et
Michèle Rivasi (apparentée PS)sous prétexte qu’étant tous trois plongeurs ou écologistes, il devait défendre la mer contre cette algue invasive. « Je suis partant, la mer n’est ni de gauche
ni de droite, m’avait fièrement répondu Lellouche, car les poissons ne votent pas. » Décidément, poissons, carpes et brochets, la politique est un vaste aquarium.
En 99, j’ai revu JLD au Salon du Livre de Nice où il signait « Pièges » polar inspiré de
son passage au Ministère de l’Intérieur. Livre si bien écrit d’ailleurs, que je lui avais suggéré d’arrêter la politique pour se consacrer au roman. Il avait ri : « J’adorerais
cela, mais vous savez, dans la famille… »
Dur, dur d’être le fils du papa de la Constitution (Michel Debré) car du coup la Constitution devient votre sœur et vous devez sans cesse
défendre son honneur. Ce qu’a fait récemment JLD en rappelant qu’un Président de la République doit avoir un minimum de tenue. Certains s’en sont indignés au nom du « devoir de
réserve » alors qu’en l’espèce JLD était tout à fait dans son rôle de gardien de l’honneur de la Constitution et de son mari pour 5 ans ! (faut-il renommer Carla « Constitutione » ?)
Pour en revenir au livre, l’écriture est un peu bâclée : les personnages ne sont pas tout à fait vraisemblables, leurs dialogues sont
parasités par la voix du président du Conseil Constitutionnel fin observateur des mœurs politiques et si désireux de les dénoncer qu’il ne construit une intrigue et des caractères que dans ce
but. Et tenez vous bien : son livre émet l’hypothèse d’une conspiration « gauchiste » (il caricature d’ailleurs un peu les gauchistes…) pour infiltrer l’Elysée, via une jeune femme
tout à fait séduisante.
Décidément, hasard, réel, virtuel, fiction, les frontières deviennent floues…
Terminons par une chanson, comme c’est l’usage en France. Depuis ce matin, radios et Internet diffusent « Si tu reviens, j’annule tout », création de Jeanne Cherhal à partir du SMS réel
ou supposé de NS à Cécilia. La bougresse a tellement de talent que d’un épiphénomène people et blig-bling elle a fait une superbe chanson !
www.myspace.com/jeannecherhal
Et pendant ce temps là, la vraie vie continue... ailleurs.
Tellement triste, le garçon, quand sa copine l’a quittée, que son corps ne répondait plus à aucune caresse : « j’aurais la plus belle fille du monde entre les bras, je ne saurais qu’en faire ». Tellement heureuse la fille, quand elle a su que ses analyses étaient bonnes, que sa foutue maladie était une histoire finie, finie, finie… Elle riait : « je baiserais bien un réverbère pour fêter ça ! », elle qui depuis des mois, dans l’inquiétude des symptômes qui la minaient, n’aurait pas remarqué le plus beau garçon du monde. Désir fragile, si sensible à l’air du temps qu’il va, vient, disparaît et renaît. Pas linéaire. Fluctuant, liquide, insaisissable… Même le Viagra ne peut rien contre l’absence de désir, il se contente de rendre palpable le désir tapi dans un coin du cœur ou du cerveau.
En période d’eaux basses, les photos les plus excitantes semblent ridicules ou vaguement dégoûtantes, les textes les plus érotiques, les plus suggestifs, donnent le sentiment que le sexe, somme toute, est une activité assez grotesque. En période d’eaux basses, le désir ne manque pas. Il n’est pas là, tout simplement. On n’en meurt pas. On n’y pense pas.
En période de printemps, un soupir derrière une cloison, un talon qui claque sur un trottoir ensoleillé, un échange de regard de trois dixièmes de secondes, quelques mots, n’importe quelle image suffisent à rappeler qu’il n’y a rien de plus important que le désir, rien de plus vital, rien de plus obsédant.
Curieuse énergie dont l’absence ne crée aucun manque et dont la présence engendre aussitôt le manque.
Un réverbère, disait la jeune fille, il me faut un réverbère…