JOUER AU MONDE

 

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Vendredi 29 juin 2007

Le Global Survey annuel de Durex donne toujours la palme aux français pour le nombre de rapports sexuels annuels (120, alors que la moyenne mondiale est à 106, je suis sidérée que les gens sachent aussi précisément combien de fois par an ils font l’amour !). Par contre, seulement 25% des français sont satisfaits de leur sexualité, et, je vous le donne en mille : ce n’est pas une question de manque d’orgasme ou d’érection prématurée. Pas du tout. Ils (car les hommes sont plus insatisfaits que les femmes !) voudraient plus d’attentions, de tendresse, et d’imprévu. Plus de jeux aussi. 

Waouh, c’est exactement ce que je prône depuis des années : de la sensualité joueuse, tendre, attentive à l’autre, et qui, de ce fait, mène au plaisir. Sans qu’on l’ait cherché comme une performance. 

Oui… sauf que… les réponses sont sans doute sincères, mais la réalité bien différente, un peu comme les gens qui disent « oui, ils faut réduire la pollution automobile », mais prennent leur voiture pour parcourir 1 km. 

En effet : les sites de sexe d’Internet, plutôt génitaux que tendres et érotiques remportent un formidable succès. Le sexe commercial axé sur la performance, le nombre de partenaires et le « satisfait ou remboursé » aussi. Tout récemment, un ami m’ a dit que mon dernier livre était « moins bon » que les précédents. En fait, il avait juste parcouru les textes- bien la peine que je me donne un mal fou pour ciseler chaque mot L, et il avait été moins excité que d’habitude. C'est vrai, j’avais eu envie pour ce livre d’histoires pas simplement masturbatoires,  d’histoires d’érotisme au quotidien, avec tout le contexte qui le rend soudainement heureux… ou qui peut tout gâcher. 

C’est la difficulté du genre : le fait de la classer « érotique » fait que nombre de lecteurs et lectrices attendent de cette littérature une excitation correspondant à leur propre libido. Or chacun sait qu’il y a autant de libidos que d’individus. Le best-seller « Des désirs et des hommes  » était paradoxalement le plus facile à écrire,  avec des ressorts psychologiques simples pouvant toucher à peu près tout le monde.  Le plus difficile a été « Ce qui trouble Lola », parce qu’il aborde les rivages troubles et troublants de l’inconscient, ce qu’on ose à peine s’avouer à soi-même. « Autres désirs, autres hommes  » est le résultat de ce que j’ai glané en écoutant les autres, en les regardant vivre aussi. Les latitudes amoureuses des souvenirs enjolivés de voyages… 

 

Mon tiercé personnel est, dans l’ordre : Ce qui trouble Lola, Les latitudes amoureuses, Autres désirs, autres hommes Et vous ? J’aimerais bien connaître votre ou vos préférés, et les raisons de votre choix…

 

 

par Françoise Simpère publié dans : Lectures
Jeudi 28 juin 2007

Coucou me revoilou… sur l’angoissante question : comment financer le budget social de l’Etat, jusqu’ici assis sur les revenus du travail ? Suggestion : l’économie étant de moins en moins basée sur la production et de plus en plus sur la finance, pourquoi ne pas chercher l’argent là où il se trouve en taxant les revenus du capital ? 

J’entends déjà hurler à la mort : taxer les profits, les revenus boursiers ?  Les entreprises vont délocaliser ! Les capitaux vont fuir à l’étranger !   

Ce sera vrai pour quelques unes, mais pas général, car certaines entreprises restent forcément sur le sol national : la grande distribution, dont les super, hypermarchés et grandes enseignes (Darty, FNAC, Printemps…) doivent rester proches du client. L’hôtellerie/restauration, fréquentée à la fois par les habitants et par les touristes qui viennent dans notre beau pays : la France, 1ère destination touristique du monde. Les medias : journaux, TV, audiovisuel qui, même si une part de leur activité peut se faire hors de France, ne peuvent pas tout délocaliser.  

Par ailleurs, c’est faire bien peu de cas du civisme d’une entreprise que d’imaginer qu’une taxe, disons de 3%, sur les revenus boursiers la ferait fuir. Quant à la fuite des capitaux, elle existe déjà : beaucoup de capitaux sont placés sur des comptes à l’étranger, quand ils ne sont pas carrément étrangers. Quantité d’entreprises apparemment françaises appartiennent pour partie à des fonds de pension américains ou autres. 

Comme dirait Nicolas Sarkozy à propos de la TVA sociale : « C’est peut-être pas une bonne idée, mais il faut l’expérimenter pour en voir les résultats. » Je lui demanderais volontiers d’appliquer le même souci de l’expérimentation à une taxe sur les revenus financiers, dont l’étude a déjà été largement faite par moult économistes (la fameuse taxe Tobin) 

Autre idée : vous avez remarqué le nombre de spots TV en ce moment qui promeuvent la voiture et notamment les 4x4, alors qu’on nous enjoint de réduire la pollution automobile et la consommation de carburant ? Les spots qui vont à l’encontre de la noble réhabilitation du travail comme celui de Canal + le bouquet, avec pour slogan « Tout, tout de suite, sans rien faire » ? Ceux qui vendent de la clim’ alors que les climatiseurs consomment beaucoup d’énergie et aggravent l’effet de serre en rejetant dans l’air extérieur les calories absorbées dans les locaux ? Ceux qui insultent et jettent leur téléphone mobile tout à fait capable de téléphoner pour en acheter un qui fait vidéo/grille pain/baladeur?  Pourquoi ne pas faire une taxe pollueur/payeur sur tous ces messages qui soutiennent une société de surconsommation, dont chacun admet aujourd’hui qu’elle est nocive ?  

Enfin, je trouve très intéressant que soit qualifiée « d’avancée » la négociation entre les étudiants, les universitaires et les gouvernants, qui a incité ces derniers à revoir leur copie sur la réforme des universités. Intéressant parce qu’on ne parle plus en termes de combat, genre « reculade » ou « victoire », on s’aperçoit tout simplement que faire discuter ensemble des gens pas du même avis peut être fructueux (ce qui, par parenthèse, était le leitmotiv de François Bayrou pendant sa campagne ) . C’est rafraîchissant, face aux déchirements navrants du PS. Je reste profondément de gauche pour l’envie d’une société où le culturel, l’écologie, les solidarités et la tolérance auraient autant d’importance que l’économie, mais sur ce point, je dis bravo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Françoise Simpère publié dans : CHANGER
Mardi 26 juin 2007

Envie de retrouver un jour à Bruxelles  tous ces bloggers Belges qui laissent ici des traces d'humour et d'amour.

Envie de faire un pique-nique avec des gens que j'aime sur le Pont des Arts quand les soirées seront plus chaudes (fait frisquet en ce moment) et qu'on regarde ensemble le soleil se lever.

Envie de profiter de l'été pour reprendre mon roman préféré- celui que je n'ai jamais publié- et d'en faire un scénario que tournerait un réalisateur plein de fougue et de poésie.

Envie de prendre du temps à ne rien faire d'autre que laisser les pensées voleter au dessus de ma tête, puis y entrer...

Envie que cette année la fameuse phrase "t'es là au mois d'août? Faut qu'on se voie"  engendre de jolis moments, de beaux souvenirs à engranger pour l'hiver.

Envie que le mécène qui ne s'est pas encore manifesté apparaisse.

Envie de mettre le pied dans l'eau en arrivant sur mon île grecque et de reconnaître la sensation exacte que j'ai eue il y a douze ans en y arrivant, celle de me lever avec bonheur et de me coucher heureuse.

par Françoise Simpère publié dans : Humeur
Mardi 26 juin 2007

A force d’entendre des âneries sur la TVA sociale, mon cœur d’ex-Inspecteur du Trésor se serre J Comment discuter d’une question aussi cruciale sans rappeler quelques fondamentaux qu’apparemment certains débatteurs patentés ignorent ? 

Principe de la TVA (taxe à la valeur ajoutée) 

Les entreprises facturent à leurs clients la TVA et la reversent ensuite au service des impôts, déduction faite de la TVA qu’elles ont elle-même payée à leurs fournisseurs. Le mécanisme fonctionne ainsi : 

 TVA collectée sur les ventes 

A chaque fois que l'entreprise facture une vente de biens ou de services, elle mentionne un montant HT auquel elle ajoute la TVA pour obtenir un prix TTC.
  TVA récupérable 

L'entreprise règle ses propres fournisseurs TTC.  La TVA qu’elle a ainsi payée est déductible de la TVA collectée sur les ventes. Ainsi, à chaque stade de la chaîne de production, l’entreprise récupère en aval sur son client la TVA qu’elle a payée en amont à son fournisseur. C’est un impôt dit « récupérable »  

 

Le consommateur, qui arrive en fin de chaîne , paye la TVA sur ce qu’il achète, mais ne peut pas la récupérer, puisqu’il ne vend rien. C’est donc lui qui supporte la charge de la TVA, et non les entreprises qui concourent à la production du bien ou du service. 

Voici d’ailleurs l’avis de Nicolas Sarkozy sur l’augmentation de la TVA, piqué sur le site de l’UMP : 

Commission des finances 4 mai 2004
"M. Nicolas Sarkozy a relevé que les études économiques dont il disposait montraient que l'impact le plus récessif d'une hausse de la fiscalité des ménages provenait de la TVA, dont une hausse d'un point pouvait donner lieu à 0,9 point de croissance en moins, alors que l'impact d'une hausse de la CSG et des charges patronales était respectivement de 0,5 point et 0,4 point sur la croissance. Il a ajouté que l'accroissement du taux normal de la TVA serait problématique pour la compétitivité française, à l'heure où certains des nouveaux Etats membres de l'Union européenne proposaient des taux d'impôt sur les sociétés allant de 10 à 19 %. Il a enfin rappelé que l'Etat ne
contrôlait pas le niveau des prix, et qu'il était donc à craindre qu'une hausse de la TVA, malgré la diminution des charges, ne fut intégrée dans la marge, et donc intégralement répercutée sur le prix de vente, à l'image de ce qui avait déjà été constaté dans la grande distribution."
  

 

Quant à l’idée de faire payer la TVA sociale aux entreprises étrangères pour faire augmenter leurs prix, elle est illusoire.  Ceux-ci resteront de toutes façon inférieurs aux prix français, tant la main d’œuvre est sous-payée dans certains pays. Les entreprises visées pourraient même être tentées de baisser leurs salaires, pour réduire encore la part du travail dans leur prix de revient, ce qui accroîtrait la misère d’ouvriers déjà sous-payés. 

Reste une question non résolue : comment financer le budget social de l’Etat quand le financement par le travail devient insuffisant,  parce qu’il n’y a plus assez d’emplois salariés, donc de charges sociales versées, et qu’il y en aura de moins en moins puisque que la majorité de l’économie, aujourd’hui, repose non sur le travail, mais sur les échanges financiers? C’est ce que nous verrons au prochain épisode…

 

 

par Françoise Simpère publié dans : En vrac
Dimanche 24 juin 2007

Vous aimez le théâtre, les acrobates, le music hall,  le rire et l’émotion ? Allez voir la nouvelle création colective de la Compagnie Aleph : « Kaléidoscope ». (Espace Aleph, 30 rue Chris tophe Colomb 94 Ivry sur Seine, métro Pierre et Marie Curie ligne 7)- 06 08 58 80 29. www.compagniealeph.com )

 C’est l’histoire d’une femme, Petrushka, que la mort vient chercher et qui use de tous les stratagèmes pour ne pas la suivre. Elle convie ses souvenirs à ressurgir : son père, musicien rugueux et tendre, ses amours, ses amis , ses ennemis… Petruschka traverse  le siècle avec un enthousiasme « Améliepoulinesque[1] » On saisit des allusions à la révolution bolchevique, au nazisme…  allusions suffisamment détournées pour qu’elles deviennent une critique universelle de tous les faux lendemains qui chantent et de tous les totalitarismes absurdes, dans une mise en scène baroque et pleine d’humour. 

Les comédiens de la Compagnie Aleph-  voir l’article dans le Nouveau Consommateur, page « Initiatives solidaires »- considèrent le théâtre comme un mode de vie et d’expression qui dépasse largement la scène : ils utilisent leur talent pour moult initiatives sociales dans un style pas du tout « animateur sociocul compassionnel», mais plutôt énergique, dynamique, vibrant du bonheur de faire et d’exister. Ce n’est donc pas un hasard si le père de Petrushka lui donne une seule leçon de vie : « Il faut t’enivrer, Petrushka. Avec du vin, de la nourriture, des amours, des plaisirs, des étoiles ou du vent… il est toujours l’heure de s’enivrer ». S’enivrer, quel bonheur, quand l’ivresse est synonyme d’enthousiasme, exaltation, transport, griserie (Petit Robert)  Le bateau ivre, l’ivresse des profondeurs, qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse… 

 

Dans un monde où le mot « pragmatique » tend à supplanter le mot « idéal », où on vous enjoint de tout « gérer » : amours, travail, « capital santé », famille  qu’il est bon de s’enivrer d’un spectacle plein de vie, et de le commenter ensuite au bar en trinquant avec les comédiens. Allez y de ma part, ils vous accueilleront chaleureusement. ( jeudi et vendredi à 21h jusqu’au 13 juillet, puis à la rentrée de septembre.)

 

 

 


 


 

 

 

 

[1] La comédienne qui l’interprète a d’ailleurs le même regard vif d’écureuil qu’Audrey Tautou

par Françoise Simpère publié dans : bonheur
 

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