Je suis frappée de constater que chaque fois qu’on parle de couples « libres », ce sont des couples échangistes. Aujourd’hui, ils préfèrent dire « libertins », mais leur pratique est essentiellement échangiste ou mélangiste, c’est-à-dire activité sexuelle dans des lieux faits pour ou des soirées spécialement organisées pour, où on se rend en couple et on repart en couple… le même de préférence J
Dans les émissions comme sur les sites de récits érotiques amateurs, ce fantasme du sexe de groupe mais toujours conjugal est aussi extrêmement présent. Enfin, surtout au début de ce blog, c’est fou le nombre de
Je n’ai rien contre… ni pour. Mes seules réserves sont le côté commercial de la chose- les clubs sont chers et réservés à des gens qui en ont les moyens- ainsi que le côté « mode », « phénomène de société » qui fait qu’aujourd’hui des tas de gens rêvent d’échangisme, certains passent à l’action,
Par contre, je ne trouve pas que le libertinage ait quoi que ce soit à voir avec la liberté sexuelle, notamment parce qu’il est extrêmement normatif. Que la majorité des libertin(e)s ne supporteraient pas de voir leur compagne (ou compagnon) repartir librement avec un(e) des partenaires de la soirée. Que les femmes entre elles sont une figure classique et bien acceptée d’une soirée libertine, tandis que les contacts entre
L’idée sous-jacente est bien sûr de protéger le couple. Donc sous-entend que le couple est et doit rester la norme. Que l’échangisme est juste une soupape de sécurité, ou un « piment » dans la vie conjugale, donc un moyen de préserver l’existant. En somme, il n’y aurait aucun inconvénient à jouir avec d’autres devant son conjoint (ce qui n’est pas prouvé) mais il serait tout à fait inconvenant de jouir avec d’autres rien que pour soi.
Est-ce cela, la liberté ? Ou la liberté serait-elle d’admettre que chaque sexualité est individuelle, a différentes façons de s’exprimer et a droit à des jardins secrets où nul ne devrait entrer s’il n’y a été autorisé, y compris le conjoint ; que la sexualité ne regarde que l’individu, pas le couple et encore moins la société tant que les agissements ne comportent ni violence ni contrainte.
Mais que fais-tu de l’Amour, me dira-t-on ? Ah, l’Amour… c’est bien autre chose, et c’est justement parce que c’est tout à fait autre chose qu’il faudrait arrêter de confondre sexualité et désir, et désir avec Amour.



J’ai raconté à quelques personnes l’interview que j’ai faite de Jacques Landriot, PDG de Chèque déjeuner, dont je vous ai déjà parlé. (ITV qui paraîtra début septembre dans le Nouveau Consommateur) Chèque déjeuner est une société coopérative ouvrière dont chaque salarié est actionnaire, elle est 3ème mondial de son secteur,
La réaction des trois personnes à qui j’en ai parlé a été identique : des yeux écarquillés, incrédules, et une question précautionneuse : « Cet homme dont tu parles, il est… communiste ? » C’est tout juste si elles ne se retournaient pas en frissonnant, des fois que le rouge en question, un couteau entre les dents, les auraient menacé.
Etrange, n’est-ce pas, cette société où des PDG peuvent couler une boîte et partir avec des millions d’euros d’indemnités, où les gens qui fraudent le fisc français en s’exilant à l’étranger sont considérées comme des victimes d’un système vraiment trop dur pour les riches, mais où un chef d’entreprise qui gagne 7500 euros par mois- ce qu’il estime pour sa part tout à fait suffisant pour vivre heureux avec sa





L’arrivée de Batman et Cat Woman à la tête du pays n’a rien changé à cette société, si ce n’est qu’une pensée quasi magique ou des sondages sur mesure, ont transformé les 60% de gens inquiets devant les inégalités et la misère en 66% de satisfaits de l’action présidentielle, qui n’a pas pour l’instant d’effet notable sur lesdites inégalités, au contraire.
Heureusement, il y a une jeune génération pas dupe et généreuse : j’ai rencontré un jeune entrepreneur diplômé d’une école de commerce, qui a choisi de mettre ses compétences au service du commerce équitable et d’actions de réinsertion. Ma fille aînée, dont je parle moins que de l’autre parce que je respecte son désir de discrétion, (ce qui ne m’empêche pas d’être ravie quand un de ses ex-employeurs me dit « jamais je n’ai eu une stagiaire aussi brillante et éthique »), a choisi de mettre ses diplômes et son riche CV au service de la défense de l’environnement et de la lutte contre le pillage des ressources naturelles. L’un et l’autre sont modestement payés, mais trouvent une satisfaction dans la cohérence entre leurs idées et leur vécu, ce que m’a confirmé Jacques Landriot : « Je reçois de plus en plus de CV de jeunes diplômés qui veulent travailler ici pour « donner un sens » à leur existence, pour évoluer dans un environnement professionnel où l’objectif n’est pas de tuer l’autre mais de bien bosser ensemble.»

Il fait beau : une mouche entre chez vous par la fenêtre ouverte. Comment se pose-t-elle au plafond ? En faisant un looping vertical, bascule arrière de la tête vers le plafond et mouvement tête-bêche, ou en faisant un looping horizontal, comme quand vous vous retournez dans votre lit ? Cette question peut vous occuper tout l’été et favoriser de belles observations et discussions entre
Sachant que l’homosexualité est la recherche du plaisir avec une personne du même sexe, la masturbation est-elle une activité hétéro ou homosexuelle ? Question à rapprocher de la pertinente remarque d’un journaliste du magazine Gay PREF : « Si un homme se masturbe, on le considère généralement comme un hétéro ou en tout cas on ne pose pas la question. Mais s’il s’essaie à une auto fellation, on le traite d’homo. »
Que rappelle la façon de parler de Nicolas Sarkozy, cette façon de prendre l’autre à parti dans un sourire complice, de manger ses syllabes : « J’suis venu » « Je r’marque que » « j’vais vous dire… », ce ton patelin qui séduit ou horripile selon qu’on le trouve pas fier ou vulgaire ? Ca m’a sauté aux yeux et surtout aux oreilles : avec un timbre de voix certes moins puissant, c’est exactement la diction de Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste dans les années 70/80, dont les débats et le fameux « Taisez-vous Elkabach » réjouissaient les téléspectateurs. Le petit Nicolas, d’origine hongroise, pays communiste à l’époque de sa naissance, a-t-il été nourri au bon lait de la dialectique marxiste ? Auquel cas on pourrait expliquer les ralliements des socialistes à sa bannière par une réminiscence inconsciente de l’époque de l’Union de la gauche J J J
S’il vous reste des forces après ces intenses réflexions et si vous passez à Paris, ne manquez pas l’

Ces jours ci, j’ai feuilleté du magazine féminin destiné aux trentenaires, quel que soit l’âge réel des lectrices. Car l’esprit du publicitaire, la trentenaire, c’est le marché à conquérir (ce en quoi ils ont tort, l’argent est plutôt chez les quinquas par les temps qui courent…) Dans GLAMOUR, il y avait un supplément « Sexe »- été oblige !- fort bien fait, expliquant en substance que le secret du plaisir est de désirer vraiment et de se sentir assez bien avec l’autre et avec soi pour se laisser aller : désir et lâcher prise, le message ne pouvait que me plaire…
Sauf que… sauf que… hormis dans ce supplément, tous les articles du magazine, de même que ceux d’Isa parcourus ensuite, donnaient des conseils, voire des consignes pour traquer le moindre poil, lisser sa peau, perdre des kilos, muscler les chairs forcément ramollies et indésirables et être maquillée du matin au soir (avec changement de couleurs et de textures selon l’heure du jour) toutes contraintes indispensables à qui veut séduire le mâle ! 
Quel boulot, le sexe ! Trois heures de préparation pour une demi heure de dégustation, pire que le bœuf en daube J Encore, je vous passe les articles sur l’angoisse de se dénuder, les blocages à vaincre et « que dire après l’amour ». On s’étonnera ensuite que les jeunes femmes aient des pannes de désir ! Et que les jeunes

« Apprivoiser son corps… on devrait commencer par là, l’aimer totalement pour pouvoir l’offrir totalement... Aimer l’idée que tant qu’il se passe quelque chose dans un corps c’est qu’il est vivant, ça ne dure pas bien longtemps, autant en jouir avant la fin, avant même la fin, avant ce moment qui arrive peut-être où l’on ne s’aime plus parce que la vie vous a trop abîmée, trop lassée, mais le plus tard possible. Je connais des filles de trente ans qui ne s‘aiment déjà plus, elles traquent leurs kilos, leurs défauts, leurs petites taches sur le teint, la courbe imparfaite de leurs sourcils… Il faut dire que l’environnement ne les aide pas, tout ce qu’on vend aux femmes exalte leurs défauts, des produits pour une ligne parfaite, une beauté sublimée, un corps de rêve, un bronzage impeccable, sous-entendu « qu’est-ce que vous êtes moche au naturel », mais cette perfection, à quel prix, mon Dieu, à quel prix ! Si l’amour d’elles-mêmes est payant, comment pourraient-elles croire que l’amour des autres peut être gratuit ? Il leur faudra des preuves sonnantes et trébuchantes et leur homme dira : « les femmes aiment l‘argent ». Ce n’est pas qu’elles aiment l’argent, c’est qu’elles veulent savoir combien elles valent. Baiser
Hier, j’avais une grosse colère sur ce travail qui tue, sur l’in
Paris l’été. Torpeur moite. La ville somnole derrière des stores baissés tandis que sous les portes cochères s’étalent des lambeaux de fraîcheur. ...
L’enseigne d’entreprise, la rue Française, six étages à gravir après une nuit blanche, j’avais une jupe longue de velours noir et une blouse de dentelle, tenue du soir incongrue parmi les grues immobiles. Le trou des Halles tenait lieu de grand Canyon, Marco Ferreri y tournait un western. Et sous ma jupe, sur la peau de mes cuisses, ta main impérieuse remontait. Je riais en m’agrippant à la rampe : « Arrête, tu vas me faire tomber », mais j’étais tombée depuis longtemps. Dans tes bras, dans la spirale d’un désir étrange, celui de tes cris quand tu jouis, de ton ventre sur lequel j’étale du bout des doigts ton humidité, de ton odeur sur ma paume…
Paris torpeur. Des regards posés sur moi pesants comme du plomb fondu. Ici j’errais triste, il y a longtemps, devant un manège qui me rappelait ta façon de me faire tourner dans tes bras jusqu’à ce que j’en perde l’équilibre et le souffle. A vingt ans, on croit que la vie s’arrête quand cesse de tourner le manège, plus tard on sait qu’il repart. Le propriétaire du manège agite au-dessus des enfants une peluche, il faut en saisir la queue pour gagner un tour gratuit. Petite, j’étais experte à ce jeu là. Pour le prix d’un ticket, je faisais dix tours. Je criais : « J’suis forte pour attraper la queue ! » Ce talent là ne s’oublie pas…
Bord de Seine où j’ouvris ta chemise. Tu avais des yeux dorés, des tourments pleins la tête que je me faisais fort d’effacer, ma bouche a le pouvoir d’aspirer les
Goût d’alcool dans la bouche, sourires, fous rires. D’une boîte à l’autre, d’une musique « caliente, caliente » à l’autre, nous testons toutes les couleurs du rhum, feuille verte du Mojito, soleil couchant du Sosua Mama, traîtrise laiteuse du punch coco, sensualité de la salsa, « Etes-vous content de me voir, ou est-ce votre trousseau de clés ? » C’est l’heure où l’on dit des bêtises, l’heure on l’on rit de tout. L’itinéraire se termine sur ton couvre-lit. J’ouvre ton pantalon, jamais je ne l’ai fait. « Nous passons à des jeux de grandes personnes », remarques-tu. L’expression me plaît, assez pour que je te prenne aussitôt dans ma bouche."Quand je serai grande, je veux encore jouer avec toi". Parole tenue depuis vingt ans. ..
Paris, l’été. Soleil sur les miroirs des tours du Front de Seine, lumière fragmentée. Paris, ville kaléidoscope, je secouerai tes immeubles, j’agiterai tes murs pour créer de nouveaux rêves. Paris, ville puzzle de ma mémoire, je t’éparpillerai dans les os de mon crâne, remue-méninges pour te reconstituer pièce à pièce, recommencer le jeu, te voler au temps et vivre en trois minutes les vibrations de trente ans.
