JOUER AU MONDE

 

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Mercredi 31 octobre 2007

Y a des fois, y a souvent, je fais conseillère conjugale pour des flippés de l’amour, conseillère littéraire pour des aspirants romanciers qui bloquent ma messagerie avec leurs fichiers de XXL megaoctets, conseillère santé pour des malades, + copine de jeux, plus ANPE d’intermittents sans spectacles ou de journalistes sans piges, plus, plus plus… Entre les amis de longue date, les connaissances Webiennes et les lecteurs/trices, ça en fait du monde ! 

Je ne m’en plains pas, j’aime créer du lien, c’est la seule chose intéressante de la vie: créer du lien, é changer , apprendre au contact d’autres cerveaux, d’autres affects, d’autres peaux, découvrir les trésors que certains cachent derrière la façade sociale. ( y en a pas toujours, mais qui ne cherche rien ne trouve rien, j’ai une mentalité d’orpailleuse à  l’affût des pépites qui brillent au fond des yeux de sable).  

Cela prend du temps. Pas du temps immédiat, du temps dans la durée. C’est-à-dire être capable de ne pas se perdre de vue même si on se voit rarement. De temps à autre, prendre et donner des nouvelles. Je tiens cette fidélité de ma mère qui le faisait au moins une fois l’an, pour les vœux, et c’est ainsi qu’elle a gardé sa vie durant des amis dont elle suivait l’évolution, les mariages, divorces, enfants, deuils, métiers…. L’amitié se nourrit notamment de l’intérêt porté aux parcours de ceux qu’on aime. 

Cet état d'esprit disparaît peu à peu, au profit d’une mentalité de consommateur de services : «  merci  » (quand il y a un merci ) puis pfuittt !... silence radio. Avatar décevant d’une société de consommation éphémère. Longtemps, j’en ai été attristée. Et puis l’été dernier, un ami à qui je faisais remarquer sa mine resplendissante- il approche 60 ans- m’a dit avec son accent banlieusard : « Te leurre pas, Françoise, passé 50 ans, on entame la dernière ligne droite ». Eh oui, contrairement au vin, la vie ne se bonifie pas avec les années. Ca aurait pu me déprimer, ça m’a dopée, donné l’envie de peaufiner ces années là comme une épure. 

Ce matin, j’ai donc fait un tri que je qualifierais d’écologique puisqu’il va m’économiser beaucoup d’énergie et de stress: j’ai effacé les coordonnées de plein de solliciteurs, de gens qui n’appellent jamais, de faux amis . Ca fait de la place pour de futurs vrais. Ceux dont on sait qu’ils vous aiment, comme une évidence . Qui ne vous jalousent pas dans vos hauts et ne vous abandonnent pas dans vos bas. Qui vous veulent du bien et ne vous feront jamais de mal. Qui partagent des souvenirs et des fous-rires comme autant de « private joke ». Et tout ceci réciproquement, bien sûr. Et au fur et à mesure que j’effaçais des noms, je me sentais plus légère… 

Le téléphone a sonné : un ami de longue date, que je vois peu car il bosse comme un fou. On s’aime, on se comprend au premier mot. Je lui ai parlé de mon tri : « Toi aussi ? s’est-il exclamé. C’est drôle, je suis moi-même dans une phase où j’ai décidé d’aller à l’essentiel. »  L’essentiel ? Refuser les situations et les gens toxiques, ne pas se disperser et utiliser le temps ainsi récupéré pour des activités créatives et pour les vrais amis . Coïncidence ou synchronicité ?

Aujourd’hui, plusieurs d’entre eux m’ont laissé des messages.  

 

 

 

par Françoise Simpère publié dans : bonheur
Dimanche 28 octobre 2007

Un 4x4 qui renverse une vieille dame et finit dans un mur fait monter le taux de croissance : achat du véhicule, coût du carburant,  hospitalisation (ou frais d’obsèques) de la vieille dame,  réparation du mur, réparations du 4x4 ont un impact économique réel, alors qu’un piéton qui rentre chez lui sans polluer ni endommager qui ou quoi que ce soit = 0 pour le taux de croissance. 

C’est ainsi : les activités polluantes, dangereuses voire immorales et/ou illégales rapportent plus à l’économie que les autres.  Les plus gros marchés mondiaux sont celui des armes, de la drogue et de la prostitution.  Puis, à quelques encablures, l’exploitation du pétrole et des gisements miniers. 

Une économie basée sur le taux de croissance doit donc investir sans complexes dans ces activités qui rapportent, expliquaient doctement les fondateurs de la ACE Bank,  consortium international basé à Bruxelles, en présentant à leurs futurs clients trois fonds : l’un qui finançait des entreprises faisant travailler à bas prix des ouvriers ou des enfants du tiers-monde, un autre investissant dans le pétrole et les mines, un troisième dans les armes. Avec un leitmotiv : notre job  est de vous faire gagner de l’argent, pas de faire du sentiment.  

Un discours bien reçu par certains clients plutôt rassurés par ce franc cynisme, mais rapidement épinglé par la CBFA, organisme qui surveille les établissements bancaires en Belgique. Les responsables de ACE Bank, outrés, organisèrent une conférence de presse pour expliquer qu’ils ne faisaient que dire clairement ce que nombre d’établissements bancaires font tous les jours sans le clamer.  Journalistes et clients approuvaient, conscients qu’après tout, peu d’entre eux s’inquiètent de savoir ce que les banques font de leurs économies. 

En fin de conférence de presse, le secret fût dévoilé :  ACE Bank était un canular monté par une ONG belge Netwerk Vlaanderen, qui milite pour une utilisation éthique de l’argent et veut mettre en évidence les dessous pas très nets de l’économie financière. Pour savoir qui investit dans quoi, visitez leur site, il vaut la peine.   www.netwerkvlaanderen.be/fr  

POUR VISIONNER LE FILM DU CANULAR, VRAIMENT ETONNANT:

TAPER SUR GOOGLE "YOU TUBE ACE BANK" :  

PS. Soucieuse d’investir “propre”, j’avais demandé à la Caisse d’Epargne de me trouver un fonds éthique. Il y en avait un. J’ai demandé quelles entreprises en faisaient partie : en majorité des pétroliers, des sociétés d’assurance et des géants de l’agroalimentaire et de la pharmacie !!!  Il suffit qu’une société crée une fondation pour l’Environnement pour qu’elle se targue d’être éthique, quels que soient ses agissements en Birmanie, au Congo, en Nouvelle-Calédonie ou ailleurs. (relire le post « Corail vivant », l’un des premiers de ce blog, sur la destruction du littoral Néo Calédonien par les exploiteurs des mines de nickel).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Françoise Simpère publié dans : CHANGER
Vendredi 26 octobre 2007

Les blogs tiennent souvent lieu pour leurs auteurs de journaux intimes, qui y racontent en détail leur vie et leurs ressentis. La différence est que le blog n’est pas intime, il est PUBLIC. Les journaux intimes, les vrais, fermaient avec un cadenas, ou s’ouvraient sur une phrase menaçante « Malheur à qui lira ce cahier ! »  Leur propriétaire s’y réfugiait face à lui-même, ses faiblesses, ses doutes, ses revirements, comme on se cache pour pleurer. Librement. Sans chercher à donner une image de soi, sans devoir se justifier.  

 

Comme le journal intime, le roman s’écrit dans la solitude. Il ne devient public qu’une fois publié. C’est indispensable pour conserver sa liberté d’écrire, sans risquer de biffer ou modifier une phrase à cause du « regard de l’autre ».  L’autre qui, lorsqu’il le lira, aimera ou n’aimera pas le roman en fonction de sa propre identité, mais n’ira pas exiger de l’auteur qu’il se justifie. La littérature reste un espace de liberté, malgré les coups de genou des merchandisers qui souhaiteraient lui appliquer les règles du marketing.

 

A l’inverse, le blogger écrit pour lui, certes, mais aussi (surtout) pour les internautes. Pour tester l’intérêt qu’il suscite, loi de l’Audimat d’ailleurs revendiquée par les hébergeurs qui donnent des « conseils pour booster votre audience » alors même que celle-ci ne rapporte pas un centime à l’auteur.

 

Ainsi, aussi bien écrits soient-ils, les blogs ne sont pas de la littérature mais de la communication. Avec le risque inhérent à la com’ : on n’exprime correctement que 60% de ce qu’on pense, et les lecteurs ne saisissent correctement que 60% de ce qui est exprimé, ce qui fait au final 36% de compréhension mutuelle. C’est peu. D’où des débats à n’en plus finir sur des problèmes qui n’en sont intrinsèquement pas, mais reflètent simplement des différences de sensibilités et des malentendus.

 

Depuis quelques jours la discussion fait rage sur un post intitulé « le goût des africaines » http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/  dont je suis sûre que l’auteur n’avait aucune intention malveillante. Pour avoir discuté ailleurs avec lui, c’est un bon bougre, pas raciste pour deux sous, qui voulait juste exprimer un enthousiasme enfantin suscité par ses aventures avec ses amantes africaines qui ont été séduites par lui sans se ni lui « prendre la tête ». C’était négliger le fait qu’associer le SEXE, sujet ô combien sensible, et l’AFRIQUE, quasiment taboue dans un pays tiraillé entre relents colonisateurs pour ne pas dire racistes et propension forte à la repentance et au politiquement correct  était assez casse-gueule. D’autant plus que Georges a maladroitement fait de quelques aventures réussies une généralité : toutes les africaines ne sont pas comme celles qu’il a rencontrées, et s’ils avaient subi moult râteaux, il aurait peut-être conclu de façon tout aussi excessive : « les africaines sont coincées et arrogantes. » Sa formulation « les africaines ne corticalisent pas » voulait vraisemblablement illustrer leur joie de vivre spontanée. Mais il est évident que pour certains, cette phrase a été comprise comme « ne pensent pas », les uns s’en indignant en traitant l’auteur de raciste, les autres se réjouissant de voir confortés leurs préjugés.

Bref, les mots dits peuvent être maudits quand on écrit sur la place publique et que l’auteur est identifié du fait de ce qu’il écrit comme un séducteur obsessionnel alors que, j’en suis sûre, il a mille autres facettes tout aussi intéressantes. On a vite fait de vous cataloguer de façon réductrice, j’en sais quelque chose. L’avantage du roman est de pouvoir exprimer les choses avec plus de nuances.

 

« En quinze ans d’Afrique, du Togo au Sénégal, en passant par le Congo, le Bénin puis la Côte d’Ivoire, Simon est devenu mordu des  femmes de ce continent. Les autres lui en veulent. Lorsqu’il arrive dans un cercle de blancs - des coopérants à l’esprit aussi colon qu’ont pu l’être leurs grands-pères- il sait que leurs épouses murmurent sur son passage qu’il est « le blanc qui aime les négresses » un pervers pour les coincées, un exploiteur pour les tiers-mondistes qui n’imaginent pas qu’un occidental puisse tout simplement désirer une femme noire. D’ailleurs Simon n’aime pas « les noires », il aime l’Afrique, l’esprit africain, cette immense capacité à vivre dans un joyeux désordre qui déconcerte nos esprits rationnels et sans laquelle ce continent  serait en totale misère. Les femmes africaines lui apportent ce même joyeux désordre amoureux : la capacité à vivre sans schéma, à savourer le présent sans penser à demain, puisque demain, quand on n’a rien ou pas grand-chose, est un autre jour.

 

Simon a 62 ans, sa dernière compagne en avait 30. Jamais elle ne lui a parlé de la différence d’âge comme d’un handicap ou d’un signe particulier de leur couple. Elle l’appelait « le vieux », au village tout le monde l’appelait « le vieux », mais ici, c’est un surnom affectueux. Respectueux. Simon se dit souvent qu’en Afrique, la vieillesse n’est pas un naufrage. Surtout pour un blanc qui a de l’argent. Double prestige. » (extrait de « Noir désir » in Autres désirs, autres hommes  »)

 

 

par Françoise Simpère publié dans : Humeur
Mercredi 24 octobre 2007

Une habituée de ce blog a remplacé son gel douche par une savonnette riche en huiles végétales et essences naturelles après avoir lu le post : « tous maîtres du monde » et s’en est trouvée fort bien : rinçage plus facile et plus économique, peau plus douce, moins sèche.  « Vous n’auriez pas d’autres trucs de ce genre ? » Oh que oui, ma mie. 

Si vous étiez fervente de San Antonio du temps où Frédéric Dard les écrivait (quel talent, ce type, une maîtrise notamment de l’utilisation des temps pour donner du rythme ou de la tension à un récit, j’ai beaucoup appris en le lisant…), vous vous souvenez sans doute que l’inspecteur Pinaud, dit Pinuche, dit la Pine, avait fait fortune. Comment ? En vendant à un fabricant de cosmétiques un truc lui permettant d’augmenter ses ventes d’after-shave, sur lesquelles Pinuche demandait juste un pourcentage. Le truc consistait tout simplement à élargir l’orifice du flacon. L’homme fraîchement rasé se saisissait de son flacon, le secouait comme d’habitude, et l’after-shave coulait, plus abondamment avec ce trou plus large. Et voilà le travail ! 

En regardant les publicités pour brosses à dents, vous remarquerez que si les dentistes recommandent des brosses à petite tête capable de se faufiler au fond de la bouche sans   agresser les gencives, la majorité des modèles ont au contraire des grandes têtes… qui poussent à la consommation de dentifrice !

Le réflexe du quidam, favorisé par les belles images publicitaires, est en effet d’étaler le dentifrice SUR TOUTE LA LONGUEUR DE LA BROSS E.   Alors même que l’intérêt pour les dents, c’est d’abord le brossage, le dentifrice apportant juste plus d’agrément et de fraîcheur à l’opération. Mieux vaut se brosser deux minutes avec une brosse nue que trente secondes avec 3cm de dentifrice.

 

 

Mais comme il n’est pas question non plus de se faire violence, offrons-nous la fraîcheur du dentifrice, très présente avec la valeur d’un petit pois de produit. Pour le faire sans y penser, deux solutions : acheter une brosse à petite tête, ou alors une brosse longue avec une tête incurvée, où l’on dépose un petit pois de dentifrice dans le creux. 

Deux fois moins de dentifrice, ça vous fait des économies, et aussi des économies d’aluminium sur les tubes, de pétrole pour les tubes en plastique. Au train où s’envole le prix des matières premières, ce n’est pas rien si on estime qu’à peu près 50 millions de personnes se brossent les dents deux fois par jour. Laissons une marge de 12 millions pour ceux qui ne se brossent pas les dents ou préfèrent le gros sel, le bicarbonate, l’argile  ou le jus de citron à un dentifrice du commerce.  

 

ATTENTION : il ne s’agit pas ici d’un « petit geste pour sauver la planète » même s’il joue aussi ce rôle. Je commence à être saturée de ce slogan qui réduit l’écologie à une question de comportements individuels. Agir localement, c’est bien, à condition de ne pas oublier que l’écologie demande aussi de penser globalement le choix de société :  sur un plan environnemental, certes, mais aussi économique, social, culturel, international…  

 

La brosse à dents, c’est juste pour s’amuser à démonter nos automatismes, et s’exercer à vivre aussi bien, voire mieux, en dehors de ces automatismes. C’est le fun, comme disent nos amis caribous, et ça donne l’agréable sentiment de « Jouer au monde » en dehors des clous. J

 

 

 

 

 

 

par Françoise Simpère publié dans : CHANGER
Lundi 22 octobre 2007

Pour faciliter les recherches et la lecture, j'ai reclassé les posts publiés dans ce blog, car la rubrique "humeur" où ils rentraient quasiment tous ne permettaient pas de s'y retrouver facilement. Désormais, sous le titre EROS, les posts sur le plaisir, le désir, la sexualité, les hommes et les femmes... En rubrique CHANGER, tout ce qui concerne l'écologie au sens large: l'environnement, la pollution, la santé, mais aussi le conditionnement mediatique, le travail sur soi, les conditions de travail, la mondialisation, bref tout ce qui permet de réfléchir à la seule question importante: quel monde voulons-nous pour être heureux? Images, ce sont des photos ou des dessins, lectures, des livres ou articles qui m'ont plu, publications ce que je publie ici ou là. Bonheur, des petits instants goûteux, en vrac, des infos multiples et courtes. Et humeur, ce qui ne rentre dans aucune des catégories.

Le blog étant ainsi plus limpide, plus simple, plus diversifié, ce post rentre dans la rubrique écolo CHANGER.

  01,01... on commence quand?

 

par Françoise Simpère publié dans : CHANGER
 

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