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Samedi 30 décembre 2006

Avant 2007, je vais voir ma maman, mes frères et mes sœurs et m’arrache donc quelques jours à votre affection.

 

Plein de bises et de tendresse aux gens que j’aime, merci à ceux qui, nonobstant ma joyeuse luronnité qui les ravit, savent que j’aime aussi les mots tendres et les attentions et prennent le temps de m’en adresser (merci Jean-Luc pour ton adorable mail …), Et à ceux qui ne le savent pas, je le fais savoir. L’humour et la distance face aux sentiments amoureux n’est souvent que l’habillage pudique de mes émotions.

 

Enfin pour clore cette année, une photo bien chaleureuse- comme disent les québécois- de ma louloute numéro 2 animant un Noël de petits n’enfants peu favorisés parce qu’elle y trouve autant de plaisir qu’elle leur en donne. Encore une chouette d’jeune !

 

par Françoise Simpère publié dans : Humeur
Vendredi 29 décembre 2006

J’ai eu mes deux filles sans péridurale ni épisiotomie- ni douleurs excessives- ce qui m’a permis d’observer en détail le séisme des contractions sur l’écran de contrôle. Je me disais que le bébé devait avoir l’impression d’entrer dans une sanibroyeuse au moment de naître, jusqu’à ce que je lise une étude m’indiquant qu’au contraire, pendant que la mère s’escrime à souffler puis pousser, le futur nouveau-né… dort.

 

Une toute récente étude (INSERM U. 29) montre qu’en fait de sommeil, le fœtus est sous anesthésie grâce à une hormone, l’ocytocine, sécrétée par la mère juste avant l’accouchement. Ses neurones ainsi anesthésiés sont beaucoup moins sensibles aux souffrances- merci pour eux- et surtout beaucoup moins sensibles aux privations d’oxygène qui se produisent parfois lorsque la naissance est difficile. Bref, la nature prépare le fœtus à affronter d’éventuels accidents de naissance.

 

D’où la question posée par les chercheurs : les médicaments qui inhibent les récepteurs de l’ocytocine qu’on utilise pour retarder les accouchements ne risquent-ils pas de favoriser des accidents à la naissance ? Comme quoi, perturber le cycle de la nature n’est jamais anodin…

 

Mais quand tout se passe bien, la naissance est un passage voluptueux, glissement indolore vers le monde extérieur du bébé quasi shooté ! On comprend qu’il pousse un cri d’horreur à l’arrivée, mais ce cri aussi a une utilité : déplisser ses poumons pour passer du stade poisson au stade terrestre.

 

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que je trouve que c’est rudement intéressant, la biologie est une merveille, la complexité du fonctionnement cellulaire (qu’on devrait s’abstenir de modifier génétiquement comme des apprentis sorciers) m’émerveille, surtout quand je pense que même un con, un sombre crétin a des cellules complexes !

 

Dans « Ce qui trouble Lola », un jeune homme faisait l’amour pour la première fois : « Dans une seconde ce garçon va découvrir l’intérieur du sexe d’une femme. Lola se demande quel effet cela leur fait de retrouver ce paradis perdu, cette grotte originelle, s’ils en reconnaissent la chaleur, la souplesse des parois… »

 

Mon éditeur m’a appelé, tout ému : « Tu as raison, nous les hommes , on remonte à nos origines chaque fois qu’on baise ! »

 

L’homme est comme les saumons : toute sa vie il cherche à remonter à la source, en s’épuisant parfois. Et comme le saumon, il n’en a pas toujours conscience, sinon il resterait émerveillé, ému, respectueux, devant cette merveille de la nature.

 

par Françoise Simpère publié dans : Humeur
Mercredi 27 décembre 2006

Vous vous souvenez du projet de dépistage précoce des troubles du comportement en vue de prévenir la délinquance ? 

L’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale)  vient de faire son mea culpa en disant que l’étude corrélant la turbulence des gamins de 3 ans avec la délinquance future avait été exploitée politiquement et que c’était pas bien. Il a fallu pour cela plus de 200 000 signatures sur une pétition. Ouf ! 

Il reste cependant (cf le Canard Enchaîné de la semaine dernière) 

Le fichier AD N des délinquants sexuels et criminels, évidemment justifié.  

 

Mais aussi… le fichier des personnes admises en hôpital psychiatrique,  discutable, car toutes ne sont pas dangereuses, loin de là, ni malades mentales à vie, loin de là, alors que ce fichage peut les empoisonner toute leur existence. 

Il y a le fichier des clandestins en instance d’expulsion et de leurs enfants, auquel s’ajoute le fichier… de leurs amis, ceux qui vont  dire au revoir à un expulsé ou en hébergent un. Quant au STIC (système de traitement des infractions constatées) il fiche les délinquants, ce qui est logique… mais aussi les victimes! Absurde et bien gênant pour leur avenir professionnel si un employeur avant d’embaucher demande un extrait de STIC vierge. 

Dernière idée en date : utiliser le numéro de sécurité sociale  pour centraliser tous les dossiers relatifs à la santé d’une personne, ce qui en rendra la consultation plus aisée… mais la confidentialité fort compromise. Raison invoquée : simplifier la gestion, réduire les fraudes, améliorer la transparence. Une pétition lancée par la Ligue des Droits de l’homme circule contre ce projet. 

Simone Veil, grande dame de la politique, déportée avec toute sa famille pendant la guerre 39/45, répondait un jour à la question : 

« Comment le fascisme peut-il s’installer dans un pays démocratique ? »   

 

« Cela vient progressivement, avait-elle répondu en substance. On commence par recenser certaines populations (à l’époque les juifs) pour des questions administratives, des octrois de logement, savoir s’il y a beaucoup de médecins parmi elles, etc. Puis on  les inscrit dans diffétrents fichiers. Personne n'y trouve à redire, puisqu’on vous jure que c’est pour améliorer la gestion, dans un souci de transparence, ou de sécurité. Et puis un jour on demande aux populations visées de porter une étoile jaune, et un autre jour on les déporte pour les éliminer. Le fascisme n’arrive que parce qu’on accepte ses premières manifestations sans réagir. C’est pourquoi il faut réagir tout de suite. » 

Dans le même ordre d’idée, un jour où je demandais à un ex combattant de la guerre d’Algérie si c’était difficile de tuer quelqu’un, il m’a répondu : « La première fois que j’ai tué, j’ai vomi toute la nuit, le deuxième jour j’étais indifférent et ensuite ça m’a amusé. C’est pour cela, Françoise, qu’il ne faut jamais commencer. »

 

 

 

 

 

 

 

par Françoise Simpère publié dans : Lectures
Lundi 25 décembre 2006

Reçu les photos de la fête organisée par Magali, la sœur de Fred, pour son retour de l’archipel Vanuatu. (Quelle gentille sœur il a, ce Fred, sympa et jolie comme tout, en plus !), 

A cette fête, comme vous voyez, il y avait plein de potes de leur âge, 25/35 ans, Pas  du tout le genre à se lamenter ou à se la jouer. Tout naturellement fêtards, sympas et passionnés par ce qu’ils font, études ou boulot. Preuve qu’on peut être fêtards et convenablement neuronés, fêtards et joufflus du cœur.  

 

J’ai écouté Florie, futur prof d’histoire géo, parler des élèves, surtout ceux en difficulté, à qui elle souhaite apporter des références et de la culture pour mieux les armer dans la vie. Accessoirement, elle s’occupe aussi de SDF à qui elle porte des cafés chauds en hiver, en se posant plein de questions sur la façon dont ceux qui sont dans la misère peuvent recevoir ou mal prendre ces petits gestes.  Sans les juger, juste parce que ce n‘est pas simple… Florie expliquait à Candy que, ayant eu une éducation qui lui a donné un regard optimiste sur la vie, il lui semblait normal d’aider ceux qui ont eu moins de chance. 

Voilà qui change du discours médiatique sur « tout va mal », « c’est le déclin » « les jeunes ne croient plus en l’avenir », « tous des feignasses », etc.  

 

A propos de jeunes… Hého, les filles pompettes du métro (cf post « Brèves de métro), j’ai reçu les épreuves de mon prochain bouquin, et comme promis,  l’une de mes histoires met en scène une Ambre et un Aziz. J’espère que tu liras ces lignes, Ambre. Si oui, mets un commentaire !!!

 

 

par Françoise Simpère publié dans : Humeur
Dimanche 24 décembre 2006

Un dernier coup de gueule avant Noël ? Allez, un pour la route….   

Je viens d’entendre que l’Eglise a refusé des obsèques religieuses à ce malade Italien, souffrant depuis des années sans espoir d’amélioration, qui avait maintes fois demandé à mourir et que son médecin a enfin « débranché ».   

En revanche, pas de problème pour offrir des funérailles religieuses à Augusto Pinochet, dictateur décédé tranquillement après avoir renversé Salvador Allende, président régulièrement élu par le peuple Chilien, puis assassiné plus de 30 000 personnes, sans compter les disparus, torturés et emprisonnés.   

Alors bon… je n’ai rien contre un Dieu, à supposer qu’il existe, qui pousserait à la générosité entre les humains, encore que je reste persuadée que la générosité peut se vivre sans intermédiaires divin ou politique.   

Mais j’ai beaucoup contre les religieux censés représenter ce ou ces dieux bons et charitables, et qui se montrent cruels, intolérants, plus souvent du côté des puissants que des pauvres, plus intéressés par l’emprise qu’ils prennent sur les populations que par le bien qu’ils pourraient leur apporter, plus enclins à punir et maudire qu’à comprendre et pardonner.   

A part cela, JOYEUX NOEL avec les humains que vous aimez.

 

 

 

par Françoise Simpère publié dans : Humeur
 

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