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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 19:24

HISTOIRE D’AVANT LA CHUTE DU MUR :

Deux petits garçons se parlent de part et d’autre du  mur de Berlin.

Celui de l’est : Je t’entends machouiller, qu’est-ce que tu manges ?

Celui de l’Ouest : une  banane, toi tu n’en as pas, na na nè-reu.

Le petit de l’est- appelons le Franz, va pleurer près de son père :

« Papa, papa, à l’ouest ils ont des bananes !

-Oui mon chéri, mais nous, nous avons le communisme.

Franz  se précipite vers Peter (celui de l’ouest) :

« Mon papa a dit que tu manges des bananes, mais que nous on a le communisme, nana nè-reu.

Peter va pleurer près de son père : « Pourquoi à l’Est ils ont le communisme et pas nous ? »

Le père lève les yeux de son journal : « Ah, mon chéri, hélas, j’ai bien peur qu’un jour on ait le communisme.

Peter se précipite et lance à Franz : « Mon papa a dit comme ça qu’un jour on aura le communisme aussi, nana nè-reu.

Peut-être,  répond Franz, mais alors vous n’aurez plus de bananes. »

 

Finalement, le mur est tombé. A l’époque- année du bicentenaire de la Révolution française aussi- on a cru que ce vent de liberté qui soufflait allait  engendrer un monde plus juste et plus heureux. Sauf qu’un monde sans alternative- toute critiquable que soit cette alternative- devient un monde sans contre-pouvoir, forcément tenté par le totalitarisme. On ne l’appelle pas comme cela, mais la mondialisation économique  est attentatoire aux libertés : qu’est-ce que la liberté lorsqu’on n’a pas de travail, qu’on ne sait pas où loger, qu’on ne peut plus se soigner, que deux milliards d’humains sont malnutris, qu’on trafique de faux médicaments, de vraies armes et des enfants prostitués ? Qu’est-ce que la liberté quand une poignée de financiers décident de la vie de millions d’autres ? On ne les  appelle pas Politburo, ils sont polis dans leurs bureaux, mais carnassiers, ça oui, et pas franchement émus par la misère.  

 

L’histoire aurait pu se raconter ainsi :

Deux petits garçons se parlent de part et d’autre du  mur de Berlin.

Franz, celui de l’est : Mon papa a du travail et pas le tien, nana nè-reu.

Peter, celui de l’Ouest, va pleurer près de son père :

« Papa, papa, à l’est ils ont du travail !

-Oui mon chéri, mais nous, nous avons le capitalisme.

Peter se précipite vers Franz:

« Mon papa dit que le tien a du travail, mais nous, nous avons le capitalisme, nana nè-reu.

Franz va pleurer près de son père : « Pourquoi à l’Ouest ils ont le capitalisme et pas nous ? »

Le père lève les yeux de son établi : « T’en fais pas, mon chéri, un jour le mur tombera et on aura le capitalisme aussi.

Franz se précipite et lance à Peter : « Mon papa a dit comme ça qu’un jour on aura le capitalisme aussi, nana nè-reu.

Peut-être,  répond Peter, mais alors ton père n’aura plus de travail. »

 


OK, ça fait mauvais esprit un  jour de commémoration, mais c’est énervant que ce qui devrait être une fête de la liberté et de l’unité retrouvée devienne dans plusieurs commentaires une ode au capitalisme, vainqueur du communisme.  Au lieu de les opposer, un mélange de l’esprit d’entreprise (je dis bien esprit d’entreprise, pas spéculation financière) capitaliste et des lois sociales du communisme, ça aurait pu le faire, non ?  Ben non, apparemment.


Il nous reste à créer la société écologique, érotique et libertaire, pour laquelle ni le communisme ni le capitalisme ne semblent très doués.

 

 

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Published by Françoise Simpère - dans CHANGER
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commentaires

françoise 13/11/2009 11:25


à Paul: je n'ai jamais écrit que vous alliez être d'accord avec ces textes, j'ai dit qu'il vaut mieux les lire pour discuter et définir ce qu'est être libertaire ou anar. Ensuite, on est ou non
d'accord, c'est la liberté de chacun.


paul 11/11/2009 15:04


qu'est-ce qui vous fait croire que l'on va être en accord et en adhésion avec des textes libertaires et anarchistes ?

j'en ai lu très tôt, et pendant longtemps, et j'ai lu aussi beaucoup d'autres sources.

quant à ma "réaction" à l'égard du peuple, elle est enracinée effectivement dans mon vécu familial et social bien plus que dans le contraste culturel et la confrontation à la culture d'opinion
commune dont le discours de reynald est typique et dont il ne se rend pas compte qu'il correspond à ce que j'entends dans les milieux populaires ayant voté pour l'innommable... et bien sûr, je ne
suis pas prof.


françoise 11/11/2009 14:39


à Paul: à Cuba, si décrié dans les medias européens,; j'ai été aussi frappée par le niveau culturel des cubains grâce à la gratuité dd l'enseignement. Offrir de l'instruction et de la culture c'est
donner la possibilité de réfléchir, de critiquer, et  ils le faisaient d'ailleurs (en vérifiant qu'aucun informateur n'était dans les parages évidemment)
à SF: il existe un mur entre Irlande du nord et du sud, entre Israel et les terroires palestiniens, entre les USA et le Mexique... et dans des millions de cerveaux.
à TB: contre le mur de l'argent, les pioches sont impuissantes et les tanks... ce sont les riches qui les ont. Là encore, restent les cerveaux à libérer du culte du fric.
à JM: tout à fait d'accord. Les deux articles donnés en lien par Paul  et le com' d'Evelyne sont également très intéressants pour se faire une opinion.
à Roudou: oui, "on" nous formate, mais personne ne peut nous empêcher de penser, il faut juste en prendre le temps et la peine.
à Andiamo: excellent résumé, mon Prince :)
à Philippe: je serais curieuse d'avoir votre version de cette petite blague
à Dindorf: exactement! De même que liberté n'est pas laxisme!
à Evelyne: voilà des informations qu'on aurait aimé entendre sur les chaînes qui commémoraient de façon presque indécente l'avènement de la liberté pour les allemands de l'Est! Je me demande aussi,
sur un plan plus "psy"  les conséquences d'une réunification qui a consisté non à réunir, mais à absorber et à effacer. Quand on pense à l'importance de l'enfance et de l'adolescence, que
doivent ressentir les allemands de l'Est dont on a effacé tout ce qu a entouré ces périodes de vie? J'ai vu il y a deux ans un documentaire fait par une cubaine de 30 ans sur son enfance en
"dictature castriste": une enfance heureuse, avec des colonies de vacances qu'elle trouvait géniales, des parents mus par un idéal, assez à manger jusqu'à la chute du bloc communiste, le soleil, la
mer... Et, même si elle abvait conscience des critiques à faire au régime, elle disait qu'il ne fallait pas "jeter le bébé avec l'eau du bain."
à Reynald et Paul: que d'invectives, que de piques personnelles pour un débat loin d'être simple mais qui ne mériye pas qu'on se déchire! Paul, vous vivez visiblement mal le décalage entre votre
bagage intellectuel et votre niveau social, ce qui vous amène à avoir une sorte de mépris pour le peuple (qui n'est aps toujours alcoolique et brutal, vous savez). Reynald, vos savez que nous
partageons l'idéal d'une société libertire, mais je vous ai déjà dit que mes expériences d'autogestion et de communauté m'ont laisée dubitative sur la capacité des humains à s'affranchir des
relations de pouvoir et d'argent.  Ce qui veut dire que, parfaite sur la papier, la société libertaire dont je rêve ne se fera pas sans un travail sur nops comportements reptiliens. Cela dit,
Pauil, lire des textes anarchistes et libertaires ( il y en plein sur Internet) vous permettrait de quitter l'invective pour la discussion.


reynald 11/11/2009 14:09


@Paul,       
          votre réaction vexée et violente prouve que vous êtes bien dans l'enseignement, et de la pire des façons, puisque vous faites partie des profs
qui dans leurs échecs n'ont que de mauvais sujets.
Sous un verbiage pseudo académique, vous démontrez n'avoir rien compris d'une tripolarité de la politique (dans son sens originel), vous réfugiant dans des poncifs éculés, tantôt de gauche, tantôt
de droite. Cà s'appelle de la masturbation intellectuelle, et j'abhorre cette forme d'onanisme.


paul 11/11/2009 13:13


ce qui m'a intéressé dans les petites histoires de françoise, c'est qu'elle fait ressortir deux types de choses essentielles dans toute culture : la relation à l'altérité, et le rapport aux besoins
primaires.

de chaque côté du mur les deux gamins sont les révélateurs des projections culturelles de leur environnement donc du rapport à l'altérité de leur culture. dans les deux cas il y a non connaissance
de l'autre et projection.

dans les deux cas il y a définition du rapport à l'essentiel besoin primaire : et les différentes versions de l'histoire mettent en scènes différentes façons de  concevoir le rapport aux
besoins primaires : la bouffe ou la culture ? le travail, ou l'absence de contrainte ? l'idéal ou le réalisme ? chaque terme pouvant être défini de façon très différente selon... le même rapport à
l'altérité.

l'histoire montre la communauté d'un élément essentiel, de racine, de la construction des deux cultures séparées par un mur, symbole de la non communication et marque de l'inconnu pour l'un comme
l'autre. en apparence opposées, ces deux cultures font partie d'une même communauté anthropologique, elles ont les mêmes racines et ne sont opposées que parce que précisément elle partagent les
mêmes racines, le même inconscient collectif. elles sont donc rivales et ne peuvent que conduire à leur perte, l'une s'effondrant avant celle qui s'autodétruira par manque d'opposant rivalitaire
lui assurant sa force, son dynamisme, sa cohésion... sans rival, une culture dont le rapport à l'altérité est oppositionnelle, se retourne contre elle-même en cherchant parmi ses propres membres
l'opposition définissante.

ce qui est très grave dans l'actuelle démarche des pays capitalistes, c'est qu'ils ne sont pas plus capables dévolution que d'approfondissement de leur inconscient collectif et continuent à
fonctionner en système clot culturellement : hors d'eux, point de salut ! ce qui me saute aux yeux dans les exemples donné par reynald, c'est qu'il ignore complètement que dans son camp opposé on a
les mêmes bonc-émissaires, les mêmes définition de termes de références comme la liberté et la même incapacité à conceptualiser des mécanismes, des  lois, des projets, à partir d'une recherche
des fonctionnements culturels, donc au delà des apparences, de sorte que ces termes de projets puis de lois soient suffisamment généraux pour être applicable à la généralité collective. cette
incapacité radicale de conceptualisation se traduit par le  rejet de tout discours en le qualifiant d'élitiste (et  ça s'entend à droite comme à gauche) et en le rejetant sur un corps
culturel méprisé,  parce que communément très malaccepté dans le vécu commun :  le prof, c'est l'autorité culturelle que le système social impose et qui remet chacun dans sa vie en
position de non omniscience... c'est vieux comme le monde : dans des tablettes sumériennes, on a trouvé le journal d'un précepteur racontant  ce qu'il vivait à l'époque de cette façon...

les deux articles que j'indique plus haut, font état de témoignage de gens d'ex pays communistes ayantcompris une bonne partie de l'échec du monde contemporain : l'un donne des exemples de gens
dont le parcours témoigne de la recherche de  solutions autant pratiques qu'idéologiques, l'autre témoigne de cette prise de conscience que l'enfermement dans les certitudes
superficielles  d'une idéologie reproduite mécaniquement conduit dans un auto-anéantissement.


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