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24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 14:23

Samedi, je me disais : « faudrait que tu écrives un billet sur ton blog, le dernier date de mercredi ». Pas envie, et gênée par la formulation : « Faudrait que… » Pourquoi faudrait-il ? Faut-il se forcer à écrire juste parce qu’on a pris l’habitude d’offrir un billet deux fois par semaine aux internautes de passage ? Des gens que pour la plupart je ne connais pas, ne connaîtrai jamais.[1]  Faut-il obéir aux injonctions du masterblog qui calcule votre popularité, donne des conseils pour augmenter votre audience, vous avertit si moins de visiteurs passent ? C’est quoi, cette obligation d’Audimat ? C’est quoi ce piège qui peu à peu bouffe votre temps et vous rend dépendant de l’attention des autres ?

Alors j’ai écrit le billet sur les gourous, sans réaliser pourquoi me venait cette idée. Je venais d’en subir un, il est vrai, et surtout ses adeptes : le nombre d’allumé(e)s qu’on rencontre dans les stages de « développement personnel » est faramineux. Dommage, ça gâte l’intérêt souvent réel des techniques enseignées. Je veux bien apprendre les massages, m’entraîner à me recentrer sur les énergies cosmiques ou découvrir des techniques anti-douleurs, mais pourquoi ce besoin irrépressible de l’enseignant d’annoncer que sa méthode soigne les cors aux pieds ou la dépression en trois séances, pourquoi ce besoin des élèves d’admirer le Maître, de lui demander l’autorisation de respirer ou de capter son énergie, d’acheter les gadgets qu’il propose, de le vénérer ?

L’idée qu’on me vénère me rend… vénère. J’ai eu du mal avec les quelques amoureux fous qui ont jalonné ma carrière. A la passion je préfère, et de loin, l’amitié amoureuse : désir+ amitié, quelle plus belle définition de l’amour ? Les fous d’amour, comme les fous de Dieu ou les fous du Fric m’inquiètent.

Chaque nuit ou presque, entre minuit et trois heures du matin, mon téléphone sonne. Au bout, quelqu’un respire… puis raccroche. Ca fait trois ans que ça dure. Depuis un passage dans une émission TV. Je crois savoir de qui il s’agit. Je mets le répondeur quand je me couche, et basta. Mais quelque part, ça me gêne de penser que ce type, chaque soir, forme mon numéro avec une obstination maladive. Tout comme me gênent certaines lettres ou messages délirants.

Ca me donne envie de retourner à mes carnets à spirale et mes livres en papier. Loin des écrans qui vous font rentrer chez les gens et leur donnent l’impression que vous leur appartenez. Aucune envie d’être possédée. Aucune envie d’être un gourou…

gourou---guru.jpg

[1] J’excepte quelques belles rencontres « en vrai » qui font chaud au coeur

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Published by Françoise Simpère - dans Humeur
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commentaires

françoise 07/04/2008 01:47

Sam, la différence est que l'obsessionnel du téléphone dont je parle appelait presque quotidiennement (curieusement, depuis ce billet, je suis quasi tranquille...) et que nous n'avons jamais eu aucune histoire entre nous, donc là, ça relève du pathologiquie, alors que je comprends qu'on puisse avoir envie de prendre des nouvelles de quelqu'un qu'on a aimé, à condition de ne pas êtyre harcelant(e)SVP, Sam, soyez plus bref, je suis opblgée de faire le ménage dans vos commentaires car ils phagocytent l'espace!

S@m 06/04/2008 03:57

... l'inverse se trouve tout aussi invivable : se faire prendre pour un fou d'amour, voire un gourou qui essaie de prendre possession de l'esprit de l'autre. J'ai dégusté ce genre de rôle plus d'une fois... et cela n'avait pas l'originalité du "répondeur" de Winston Churchill. Il faut dire que cela n'avait pas une fréquence quotidienne, ni celle de l'interlocuteur de Winston Churchill. D'une part, certains événements troubles nécessitent, nécessitaient et nécessiteront les eclaircissement des points de vue des personnes impliquées et d'autre part, j'aime prendre des nouvelles des personnes qui ont compté dans mon histoire. Cela fait de moi aux yeux de nombres de personnes...... UN OBSESSIONNEL...... bien que j'aie le plus souvent plus qu'assez de mes dix doigts pour compter le nombre de fois que je sollicite ces personnes sur une année, oui, sur une année. Certains événements ne peuvent s'oublier et leur obscurité laisser en paix sans un minimum d'éclaircissement, est-ce une obsession ?!? Certaines personnes ne peuvent s'oublier, est-ce une obsession ? Sinon, je me mêlerais bien à votre compassion pour tant de passion, non seulement parce que je sais ce que c'est que d'être pris pour tel et que je n'ose imaginer dès lors ce que c'est que d'être tel. Je puis vous assure qu'être pris pour tel n'a rien d'agréable alors devoir être pris pour tel et en plus l'être... A l'occasion, laissez un message de remerciement de ma part car grâce à ce genre de personne, il m'arrive fréquement d'avoir l'impression de jouer malgré moi dans un thriller psychologique le rôle du psychopathe sans avoir la possiblité de trouver un quelconque service de réclémation où protester sur la distribution - palpitant thriller psychologique sans issue. Sachez ainsi que dans ce genre d'histoire, vous n'êtes pas la seule à en pâtir dès lors que ce genre de situation a un fort potentiel de contagion. Quiconque se voit contaminé d'une manière ou d'une autre en pâtit et le plus souvent en pâtit doublement, du fait de le subir et de devoir, en plus, subir le fait de le faire subir à quelqu'un d'autre. C'est à peine si dans ce genre de moment, il n'est pas souhaitable d'être tel histoire de juste le faire subir.Ma génération, plutôt gâvée de thriller avec des psychopathes au passé plus tortueux les uns que les autres diversifie au présent et investit dans le
futur, mais il n'y a pas de passé. Le fait qu'il n'y pas de passé n'est pas tant le fait des personnes que du registre affectif de ma génération - d'où le fait qu'il est
facile de passer pour un obsessionnel... il suffit que les souvenirs
dérangent. Et s'ils dérangent, c'est le premier qui les évoquent le
dérangé - c'est notre nouvelle version de "Je te tiens, tu me tiens...
par la barbichette, le premier qui... exprimera le passé qui le dérange sera
le dérangé."IRONIE, parmi les personnes qui me prennent pour un obsessionnel, l'une m'a reproché de ne pas être la seule et l'unique, une autre qu'elle ne m'oublierais jamais, une autre que je ne pensais jamais à elle, une autre d'écrire un roman, une autre aurait fait n'importe quoi de son cul, mais crier au viol pour un pan de la jupe de son histoire soulevée et j'en passe... VIVE la génération qu'a fait chanter Pierre BACHELET : "Quand on aura vingt an en l'an 2001..." Chaque jour, je vis en me demandant si c'est ma mémoire qui est sale ou si c'est le fait d'être constamment piétinée qui fait qu'elle est sale...... et, quelque part, des récits de vie où le souvenir est un plaisir, un plaisir qui peut - sans obligation - inviter à davantage de plaisir, oui, voilà des récits agréables. Et ne fut-ce que le fait que la mémoire prenne (une) part (importante) au plaisir... oui, cela donne des billets agréables.Merci

françoise 27/03/2008 12:52

@ tous: merci de votre amitié, j'essaie que ce blog soit un lieu où on se sente bien, tout simplement, une île, comme dit Michel, où venir passer un moment agréable. 

Dindorf Michel 27/03/2008 10:06

Bonjour.Je ne viens pas souvent vous lire... pas assez souvent. A chaque fois, je me sens mieux. Je me sens meux, ne serait ce que de savoir qu'il y a les "billets" de Françoise qui peuvent être lus au milieu de ces incendies ultra capitalistes qui dévastent tout, allant jusqu'à mettre en péril la survie de l'homo sapiens sapiens. Alors, savoir qu'il existe une ile de valeur, de bon sens, de libre arbitre, d'esprit critique, de douce liberté sur le blog de Françoise est un très grand reconfort. Merci Françoise.MD

Syolann 26/03/2008 13:24

Je ne suis pas super constante non plus sur mon blog, et ça ne me gêne pas, je veux qu'écrire reste un plaisir... si cela devait un jour tourner à la contrainte, ce ne serait plus drôle et ce serait moins "profond" je trouve... Alors fais comme tu le sens, et sache que tes mots enchantent tjs, rares ou réguliers :-). Gros bisous

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