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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 11:22

 

Selon le rapport biannuel présenté à Beijing par l’organisation WWF (World wide Fund for Nature) en octobre 2006, Cuba est le seul pays au monde avec les conditions minimales pour un développement durable.
WWF a élaboré un graphique avec deux variables : l’indice de développement humain (établi par l’ONU) et « l’empreinte écologique », indiquant l’énergie et les ressources per capita consommées dans chaque pays. Cuba est la seule nation avec des indices permettant de dire que le pays « possède les critères minimum de durabilité ». « Cela ne veut pas dire que Cuba soit un pays parfait, mais c’est le seul à remplir les conditions », a répondu à l’agence EFE Jonathan Loh, l’un des auteurs de la recherche.  

« Cuba possède un bon niveau de développement humain selon les critères de l’ONU grâce à son niveau d’alphabétisation et à son espérance de vie assez élevée, et son « empreinte écologique » n’est pas très profonde du fait de son bas niveau de consommation énergétique », a dit Loh.

  La recherche met sur la liste noire les Émirats Arabes Unis, les États-Unis, la Finlande, le Canada, le Kuwait, l’Australie, l’Estonie, la Suède, la Nouvelle Zélande et la Norvège, des pays à forte consommation d’énergie. Les pays pauvres ont beaucoup moins d’impact sur la nature que les pays industrialisés, mais au fur et à mesure qu’ils se développent celui-ci augmente à des niveaux insoutenables. C’est le cas de l’Inde et de la Chine.

 

J’entends déjà des hurlements à l’idée que Cuba puisse donner le bon exemple en quelque domaine que ce soit. Une dictature, communiste de surcroît, beurk.  Sauf que le régime politique, excepté dans le fait d’avoir formé des citoyens habitués à la jouer « collectif » (auto-stop solidaire, covoiturage obligatoire, etc) ne joue pas grand rôle en l’espèce. L’idéologie communiste est plutôt productiviste et peu porté sur l’écologie. Ce qui a obligé les Cubains à réduire d’environ 75% leur consommation d’énergie, c’est la chute de l’URSS, qui a fait s’écrouler les approvisionnements en pétrole et gaz.  

Entre cette pénurie d’énergie et le blocus économique imposé par les USA depuis des décennies, ils ont dû faire fonctionner le système D pour survivre,  sans renoncer pour autant aux fleurons du régime : système éducatif, santé, culture, domaines que la mondialisation libérale a plutôt tendance à négliger.  Plus goût de la fête, du sexe et du rhum plutôt Caraïbéen que communiste[1], qui explique pourquoi les officiers soviétiques adoraient venir en stage dans l’île alors que l’inverse-  stage en Sibérie- ne tentait pas grand monde …  L’intéressant est de constater que malgré ce tsunami pétrolier, les Cubains, selon l’ONU, ont des conditions matérielles et intellectuelles supérieures à celles de beaucoup de pays en développement.

Alors, tout en préservant notre démocratie, nos vins de terroir et notre culture, pourquoi ne pas s’inspirer de ceux qui consomment moins, repérer les économies d’énergie immédiatement possibles et les gaspillages évitables avant d’être contraints à le faire. Pas à cause du prix du baril, à cause du manque de barils.

 Références réconfortantes : Alexandre le Grand, Cléopâtre, Léonard de Vinci, Christophe Colomb, Louis XIV, Blaise Pascal, Victor Hugo,  Mozart, Baudelaire, Rimbaud Pasteur, George Sand et bien d’autres ont vécu, créé, progressé, sans la domination du pétrole.  Les civilisations grecques, romaines, chinoise, inca dont les vestiges font rêver des millions de gens aussi.  Nos grands-parents également. La  dépendance au pétrole à peine plus de 100 ans.

Si tout le monde avant nous et tout le monde après nous,  pourquoi pas nous ?

 

 

Né en 1950 à Cuba, Pedro Juan Gutiérrez a exercé différents métiers - marchand de glaces, coupeur de canne à sucre, dessinateur industriel -, tout en faisant parallèlement des études de journaliste à l'université de La Havane. Egalement sculpteur et poète, il collabore aujourd'hui à plusieurs revues en Amérique latine et aux Etats-Unis, et vit toujours à La Havane. Son œuvre sensuelle, âpre et crue a été primée et internationalement reconnue. Elle reflète l’extraordinaire vitalité et diversité des cubains confrontés à de multiples difficultés..

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Lire « Trilogie sale à la Havane »,  rude mais salubre pour comprendre la vitalité de ce peuple.

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Published by Françoise Simpère - dans CHANGER
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commentaires

françoise 07/04/2008 01:38

Le colloque auquel je viens d'assister poursuit cette réflexion, avec des côtés positifs et d'autes bien décourageants. ce sera l'objet d'un prochain billet.

Philippe 04/04/2008 11:54

@ Lung TaAvoir le bourdon sur le futur ne mène pas à grand chose... et ne saurait suffire pour faire évoluer les choses dans le bon sens.Le propre des esprits intelligents est de savoir s'adapter. Il est bien évident que nos enfants et petits-enfants ne pourront plus vivre comme nous l'avons fait, à gaspiller sans mesure. Notre rôle est à présent de leur donner les clés (esprit critique, réflexion, notion de responsabilité, amour du travail bien fait, etc.) qui leur permettront d'élaborer les solutions pour vivre tout de même correctement. Et ceci peut-être en commençant par combattre l'égoïsme et l'individualisme.

Lung Ta 04/04/2008 09:31

Articles (et commentaires) intéressantce que je comprends c'est que ce bon "indice" est lié à deux choses :* une politique éducation / médicale / sociale en pointe* un blocus et un arrêt des approvisionnement du "grand frère" qui a disparule tout néanmoins dans un contexte qui n'est pas démocratique, comme tu le soulignes, car malgré tout cela donne à réfléchir sur l'avenir :le seul qui nous attend est il de vivre dans une économie récéssioniste imposée par une politique dictatoriale (serait elle à même d'imposer cela au monde libéral ???)cela n'est pas très encourageant !bon de toutes les manières, on a tous le bourdon sur le futur, pour résumer ;-)heureusement reste le présent, et comme le futur éventuel en dépend...bises et bon séjour méditerranéen

Philippe 03/04/2008 15:58

Il est bien évident qu'une économie de gestion de pénurie est bien plus proche du pillage "zéro" des ressources que nos sociétés de gaspillage. :-)La difficulté tient essentiellement, dans nos systèmes de nantis, d'apprendre à se contenter de moins, et là ce n'est pas franchement gagné.Je suis bien d'accord avec "la Poule", à quelques nuances près. Pour éviter les millions de m3 de déchets nucléaires dangereux à haute activité, une semi-solution existe : le retraitement. Les radionucléides à haute activité issus des combustibles EDF retraités depuis la mise en service de la première centrale nucléaire française tiennent (encore) dans le volume du bassin d'une piscine olympique. C'est donc maîtrisable. Le reste se brûle dans des surgénérateurs qui ne sont pas plus dangereux que les autres réacteurs, mais que l'on a sacrifiés bien à tort (nous allons rapidement nous en mordre les doigts) sur l'autel de l'idéologie et de la complaisance envers des idées un peu courtes. Mais il est vrai que dans la première moitié du 19e Siècle, nous nous passions de tout cela. Et la farine était moulue par des moulins à vent.

la Poule 02/04/2008 14:19

Je suis assez pessimiste sur cette question : tant qu'il n'y a pas une réelle volonté politique de faire cesser le gaspillage, il ne cessera pas.Les transports en commun ? j'habite petite ville au milieu de la campagne, plus un seul train ne passe en gare. Tout est fait de telle manière qu'il devient vraiment compliqué de se passer de voiture, même pour aller faire les courses.Reste l'auto-stop, le co-voiturage ou le vélo. J'en suis à 3/4 heures pour aller au bureau à la pédale, et je continue de m'entrainer.Réaprendre à vivre autrement qu'à 19°C l'hiver dans les maisons ?... tant qu'il ne faudra pas aller couper son bois soi-même pour se chauffer, qu'il suffira de tourner le bouton de la chaudière, que l'énergie restera à portée de nos bourses, inutile d'y compter.Terminons donc de manger les réserves de pétrole et de gaz, de toutes manières, qu'il n'y en ait plus dans 40 ou 50 ans, quelle différence ? il faudra bien apprendre à s'en passer à ce moment là, et alors on remettra des rails avec des trains nucléaires dessus ?Je travaille actuellement dans le bâtiment, et je suis effondrée de voir que personne, dans les marchés publics ou privés, ne renonce à la climatisation, pourvu qu'on ait assez d'argent pour se la payer.Pour entrer dans les normes de la règlementation thermique, on installe des chauffe-eau solaires ou des panneaux photovoltaïques, et on renforce l'isolation. C'est une bonne chose en soi, je suis d'accord, de chauffer l'eau avec le soleil, mais ces solutions montrent qu'il n'y a aucun renoncement au confort. Les clients n'investiraient pas dans ces installations si un chauffe-eau électrique, moins cher, leur permettait d'être en règle pour leur permi de construire.Et ils ont leur putain de clim.Par rapport aux champions de la consommation, on peut souligner qu'il est plus facile de se passer d'énergie quand on habite dans un pays chaud. Se chauffer à la main par -25° pendant 5 mois, il faut du courage quand même, plus que pour se passer de climatisation sous les tropiques.Quand nous aurons fini de consommer le pétrole, d'autres énergies prendront le relais. Le nucléaire sera sans doute très bien placé pour pallier à notre confort quotidien. Des voitures électriques, mais des voitures individuelles, toujours, pour nous donner une illusion de liberté et d'indépendance.Et des millions de m3 de déchets nucléaires qu'on entassera sous la mer, en Sibérie, là où on ne le voit pas.des éoliennes ? des turbines ? des panneaux solaires ?... sans doute, à petite échelle, pour faire joli. Ce ne seront que des épouvantails, le nucléaire est tellement plus rentable... rien qu'en regardant le rapport encombrement/énergie produite... Combien d'éoliennes pour produire autant qu'une centrale nucléaire ?

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