Peu de temps pour écrire, d’ailleurs que dire ? Partout, je vois analysées les causes des émeutes de la faim ou du mal-être des citadins stressés. L’argent roi, la spéculation, l’utilisation des terres agricoles pour les biocarburants et non plus pour les cultures alimentaires (rappelons, pour la petite histoire, qu’au début, les biocarburants devaient être fabriqués avec les déchets agricoles, pas avec le bon grain !), l’hérésie qui consiste à élever au Viet-nam des poissons (le Pangas) qui sont poussés à pondre en masse par de l’hormone extraite d’urine de femme enceinte vendue par des labos occidentaux, nourris avec un composé supernutritif importé du Pérou, puis élevés, vidés, congelés par des petits viets payés 50 centimes d’euros par jour, tout ceci pour qu’on trouve sur les étals du filet de pangas à 12 euros le kilo alors que les pêcheurs bretons peinent à survivre. Car le kérosène des transports multiples, l’exploitation des petites mains aux yeux bridés, ça ne compte pas dans le prix.
Je sais, et plein de gens le savent, que la seule solution aux crises est de stopper le culte de l’argent et de la spéculation, de vivre plus sobrement et plus localement. Pas normal qu’en France on ait à ce point réduit le nombre d’agriculteurs. Pas normal de manger des cerises en hiver importées du Chili, on peut attendre juin, non ? C’est quoi ce caprice de vouloir tout, tout le temps et à bas prix ? Caprice de nantis, car ceux qui n’ont pas d’argent, la décroissance, ils la pratiquent déjà. Qu’on ne me dise pas avec des tremolos dans la voix qu’on ne peut pas refuser aux pays pauvres de se développer, ce n’est pas la question, on parle juste d’arrêter de surconsommer pour ceux qui le font et qui oublient qu’il existe des gens qui ne prennent jamais l’avion, n’achètent jamais de grosses bagnoles, n’ont qu’un seul téléphone mobile, et ne savent pas le goût du foie gras et du saumon fumé, si, si. (quand j’étais gamine, le foie gras c’était juste à Noël, et le saumon, pour les communions).
Donc, tout ça est évident, et le sachant, j’éteins mes lumières, j’achète local chez le maraîcher du coin, je mange peu de viande sachant que produire un kilo de viande consomme énormément de céréales, mais j’en achète de la bonne, bien élevée… Je ne gaspille pas l’eau, utilise la même voiture (non polluante, elle a été testée, niark niark) depuis 15 ans et le même téléphone mobile depuis 5 ans. Ce qui me permet d’échanger de l’argent contre du temps libre. On est de plus en plus à avoir cette envie d’une vie plus harmonieuse, moins clinquante.
Le problème est que les responsables de la disharmonie et du clinquant, eux, n’ont pas envie ni l’intention de modifier leur train de vie, c’est leur drogue. L’argent ne leur sert à rien, ils en ont trop pour le dépenser, c’est une toxicomanie, une course aux gros chiffres sur leur compte, la spéculation les excite comme le Viagra pour d’autres. Alors, faut-il tuer tous les affreux pour s’en sortir ?
Bon, j’arrête, je vais m’énerver et ce n’est pas bon pour ma santé.