Marrant comme ce mai 68 qu'il fallait paraît-il "liquider" est mille fois plus célébré cette année qu'en 78, 88 ou 98, avec toujours les mêmes mots: "D'un seul coup, on se parlait, on s'exprimait". Je pars ce week-end au Festival du film engagé de Beaumont/Clermont-ferrand qui fait la part belle au joli mois de mai. Pas le temps d'écrire un billet, mais j'ai pondu ce petit texte (à mettre en musique plus tard) pour les bébés de 68 devenus à 40 ans cadres stressés et pressurés
40 ans, le bel âge
Ton père portait les cheveux longs
Ta mère une jupe gitane
Ils ne fumaient pas de « chichon »
On appelait ça Marie Jeanne
Ils défilaient
sous des drapeaux
Qui ne parlaient que de plaisir
Sous les pavés le sable chaud
Et sur les murs tous les délires
Cours camarade, le vieux monde
Est derrière toi, crochu
Comme un reste de bête immonde
Qui te colle encore au cul
Toi t’as quarante ans, un Ipod
Un patron mis en examen
Ta femme est une bête de mode
Elle travaille pour TF1
Le soir dans un club échangiste
Vous payez 50 euros le whisky
Pour baiser en chœur sur la piste
Tes parents faisaient ça gratuit.
Où sont leurs rêves, où est leur monde
Pour que t’en sois arrivé là
Dans cet ennui de riche immonde
Où tu te fais chier en Prada.
Parfois tu regardes les coupures
De leurs vieux journaux tout jaunis
Toi, ton unique aventure
C’est de rouler en Cherokee
Tu as une montre… indécente
Qui te donne l’heure de Pékin
La caméra la plus récente
Pour filmer en gros plan ton gamin
Cours camarade fais toi un monde
Où tu te sentiras enfin libre
Ne laisse pas la bête immonde
Geler ton cœur, ton corps, ta fibre…
Open your mind, your life and change
Tes tristes habitudes
Même si parfois ça te dérange
La vie sans
certitudes…
40 ans, c’est le bel âge
Pour vivre un monde plus pêchu
Alors décide, crie ta rage
Pour ne plus l’avoir dans le cul.
Commentaires
Reste plus qu'à trouver un Donizetti, un Mozart ou un Verdi pour mettre cela en musique; :-)
Je n'ai pas compté le nombre de pieds, ni vérifié les rimes, mais c'est joliment troussé... Avec une certaine indulgence envers les femmes... qui ne sont toquées que de mode. :-))))))
beau texte bravo!
mouette
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Super !