Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 19:13

C’est une infirmière dévouée travaillant dans un service de soins palliatifs, présidente d’une association de parents d’élèves, militante contre la misère sociale et qui trouve encore le temps d’aider ses voisins et de faire la quête pour diverses ONG. Une femme solide,  mère de deux fils, mariée à un militant aussi actif qu’elle. Qui un jour la trompe avec une étudiante rieuse et écervelée dont elle dit : « Ce n’est pas qu’il la baise qui me navre, il a connu d’autres écarts, c’est de penser qu’il a craqué pour une écume de fille qui ne lui apporte rien que du vent léger. Est-ce donc cela dont il avait besoin ? »

Et elle ajoute : « Je travaille dans un service où il meurt deux patients par semaine, je m’occupe de cas sociaux à la mairie où je côtoie d’épouvantables misères, je lis le bulletin d’Amnesty International où on raconte d’horribles atteintes aux droits de l’homme. Tout ça me hérisse, me révulse, me révolte, mais la seule chose qui m’a fait mordre mon oreiller en pleurant,  avec l’envie de mourir là, tout de suite et sans regrets, c’est l’idée que mon mec en aime une autre. Non, même pas, je dis une bêtise. C’est l’idée qu’il a manqué de quelque chose que je n’ai pas su lui apporter. Dérisoire, non ? On ne souffre vraiment que lorsqu’on a son petit ego mis en cause. »

J’ai créé ce personnage dans un roman (non encore publié) à force d’entendre ce genre de récits. Le chagrin d’amour a ceci de particulier, me disait le dessinateur Reiser, qu’on souffre comme un malade sans l’avoir mérité. On ne comprend pas pourquoi on a été aimé et pourquoi on ne l’est plus. Parce qu’il n’y a aucune explication. On n’a rien fait de merveilleux pour être aimé, rien fait d’épouvantable pour ne plus l’être. Généralement. (Il y a des exceptions).   

« Le premier chagrin d’amour est une abomination parce qu’il oblige à faire le deuil de l’absolu à un âge où on est généralement épris d’idéaux. Certaines personnes poursuivent cet idéal impossible toute leur vie. Pour l’adolescente que j’étais, ce fût comme lorsqu’on révèle à un enfant que le Père Noël n’existe pas. Il n’y croit plus jamais mais continue d’aimer Noël, la fête et les cadeaux. Au sortir de ce chagrin, je ne croyais plus au Prince charmant, mais j’ai continué à aimer l’amour et ses cadeaux…. Je suis en fait tombée très vite amoureuse d’un autre, puis d’un autre, et d’un autre encore… et cela me ravissait à chaque fois de constater que le cœur, que l’on croit blessé à mort au moment du chagrin, ressuscite si vite, avec un enthousiasme intact… Je me suis émerveillée de ma capacité à rebondir et au fil des chagrins, j’ai appris à ne pas lutter contre le désarroi, à le laisser m’envelopper comme un manteau d’abord très lourd, puis de plus en plus léger, jusqu’à ce que tout simplement il s’envole…. (Aimer plusieurs hommes p. 19/20)

Voilà Caroline, ce que vous pouvez dire à votre amie : « On croit souvent mourir d’amour, mais on survit généralement ».  Et dans un mois, dans un an, elle se demandera comment elle a pu se mettre dans un état pareil pour un homme qui ne LA méritait pas.

Partager cet article

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans EROS
commenter cet article

commentaires

Philippe 20/05/2008 14:36

De retour de voyage, je trouve ce billet et les nombreux commentaires déjà exprimé.Je suis tout à fait de l'avis de la Poule... Car je suis intimement convaincu que pour Dieu, le pire des péchés, ce n'est pas de commettre le péché de chair (comme essaient de nous le faire croire depuis la nuit des temps tous les prophètes et les théologiens qui se succèdent...) mais c'est de dire à une personne que l'on a aimé : "Vas, je ne t'aime plus!".Et effectivement, losque l'on réfléchit un peu, on arrive irrémédiablement à la même conclusion : Lorsque l'on est capable de répudier ainsi quelqu'un de son cœur, c'est qu'en fait, on ne l'a jamais aimé.Ce qui me fait aussi rejoindre la remarque de Françoise qui est atterrée comme moi à la vue de ce spectacle des jeunes qui pratiquent cet incroyable zapping amoureux. Il s'agit bien là du signe le plus évident d'un manque total de maturité affective et de maturité tout court. C'est le résultat de s'engager beaucoup trop vite et beaucoup trop jeune dans des relations "exclusives", ce qui a pour effet de les couper du groupe, donc d'autrui, avec ce long travail de maturation des relations sociales, d'amitiés et affectives qui ne se fait pas ou plus. Avec pour conséquence ces zombis solitaires à qui tout est dû, égoïstes, incapables de réflexion, incapables de mesurer la portée d'une décision responsable d'engagement sur le long terme et incapables de comprendre que lorsque l'on aime vraiment, c'est pour toujours. Et que dans ce domaine plus que tout autre, abondance de bien ne nuit pas. Car parmi les tares majeures de nos sociétés modernes, c'est bien le manque d'amour, d'attention et de respect envers autrui qui porte la responsabilité de bon nombre de dérèglements dans les relations sociales dans nos temps modernes.

élise 16/05/2008 19:01

moi je dis que la litterature est bien la plus profonde des passions, plus que toutes amours humaines, elle les écrit, les rythme, sans sa poésie,nos amours ne seraient ils pas inodore, elle s'offre à tous et reste fidèle jusqu'au tombeau, berce nos amours en silence...et quand les amours humaines sont lâches et impuissantes, elle s'invente indéfiniment ...

élise 16/05/2008 18:56

au fond moi je dis "levons nos verres à la litterature..." n'est pas le plus profond amour d'une vie parfois, qui supplante , tous les amours humaines...parce qu'au fond c'est grâce à l'écriture que nous vivons nos amours, et elle s'offre à tous, bien qu'elle soit fidèle jusqu'au tombeau..

Andiamo 16/05/2008 18:10

On guérit de tout, même de l'amour, il m'est arrivé, il vous est arrivé à tous de croiser un jour, un être pour qui on se serait damné, et puis se dire : c'est pour "ça" que j'ai eu tant de peine ! Le "ça" est intentionnel, pour en faire bondir certaines, et certains !

16/05/2008 16:08

la poule a dit "Les hommes que j'ai aimé, je les aime toujours aujourd'hui, le sentiment ne s'est pas éteint, et il ne s'éteindra pas." je tiens à souligner cette phrase ..elle me semble vraiment l'expression de ce que vous désirez exprimer françoise, dans sa plus simple intimité ..son plus simple appareil, sa nudité..la nudité de votre pensée deshabillée dont il ne reste que sous la peau la pensée..

Présentation

  • : JOUER AU MONDE
  • JOUER AU MONDE
  • : "Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
  • Contact

AUTRES MONDES

Depuis le 31/12/2013, le site Autres Mondes n'est plus actif, mais vous pouvez toujours aller y voir   la superbe vidéo d'Himlico

et la non moins superbe vidéo sur "Aimer plusieurs hommes",  toutes deux réalisées par Douze Films Prod (www.douzefilms.fr) 

Pour être informé de la disponibilité de "Aimer plusieurs hommes"et de "Himlico et autres contes", contacter: simpere.autresmondes@gmail.com 

  "Autres désirs, autres hommes" étant épuisé en version papier, il a été réédité en ebooks regroupant les nouvelles par thèmes: Que vous aimiez le sexe entre amis (sex-potes), les aventures insolites (Belles rencontres) la transgression (Jeux et fantasmes) vous y trouverez votre compte.  En vente chez IS éditions   et sur la plupart des plate-formes de livres numériques, plus FNAC, Amazon, etc. Sexe-potes.jpg

 
 

 

 


 

Recherche

FAN-CLUB

Françoise Simpère (nouvelles de)

ma vie, mon oeuvre, mais surtout mon oeuvre

LIVRES QUE J'AIME

                                                                                                 lien-guide.jpg  

                                          
                                                                    des questions, des réponses, l'ouverture des possibles

L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture