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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 12:48


J’avais fait mon bagage trop vite : « Zut, m’écrié-je le soir, j’ai oublié mes culottes ! Pas grave, je vais laver celle que je porte. » Sauf que, temps maussade oblige, j’ai dû l’enfiler humide le lendemain matin, ce qui est d’un désagréable !!! J’ai donc acheté une petite culotte de secours, et mon séjour s’est fort bien passé en les lavant alternativement. Le vital, c’est donc 2 petites culottes.   Pareil pour la toilette : le vital, c’est le minimum que j’emporte en voyage qui me permet de rester propre et même avenante
sans alourdir mon sac.  Voyager ramène aux besoins élémentaires. Les nomades ont le sens du vital, c’est en devenant sédentaire que l’humain  est devenu possédant.

Ainsi, chez moi,  j’ai une collection de petites culottes, car n’ayant ni le goût ni l’usage des soutiens-gorge et autres guêpières, je place ma coquetterie intime dans les culottes achetées en solderie ou sur les marchés. (Ailleurs, le prix au centimètre carré de tissu dépasse largement le cours du pétrole). Ce n’est pas vital mais essentiel dans le rapport coût/plaisir que j’entretiens avec la Vie.  Tout comme, même si je n’en mourais pas, je trouverais la vie bien terne sans livres, huile de massage ou carnets à spirale alors que j’ai la même voiture depuis 15 ans,  ma combishort fétiche depuis 37 ans (je rentre toujours dedans, yeah) ma chaudière depuis 21, et mon téléphone mobile qui ne sait que téléphoner vient de fêter ses 5 ans.

La parabole de la petite culotte nous amène donc à distinguer :

« Les besoins vitaux » sans la satisfaction desquels on meurt à plus ou moins brève échéance » : alimentation, soins médicaux, logement (avec ou sans chauffage suivant la latitude), quelques vêtements. La planète a largement les moyens d’assurer à tous la satisfaction de ces besoins. Elle ne le fait pas.  Un enfant sur 3 en Afrique meurt avant d’être adulte, faute de nourriture ou de soins.

« Les besoins essentiels » qui font que la vie vaut la peine d’être vécue, même si leur absence ne tue pas. Ils varient d’une culture à l’autre, d’un individu à l’autre. Livres,  films, œuvres d’art, téléphone, vêtements, cosmétiques, repas au resto, voiture, ordinateur, voyages…   A noter, en ces temps où on sucre les subventions culturelles :  l’art semble universellement essentiel. L’homme préhistorique, malgré la fatigue après une journée de chasse au mammouth, prenait le temps de faire des dessins sur les parois de la caverne, sans même l’espoir de les vendre J, les enfants dessinent sur le sable des œuvres par essence éphémères, les peuplades les plus primitives inventent des instruments de musique.  Le statut des artistes, loin d’être une préoccupation de « nantis », me semble essentielle tant l’art est ce qui nous éloigne de la sauvagerie et nous fait humains, sensibles. De même la mer, qui devrait appartenir à tout le monde. Hippocrate disait : « pour rester en bonne santé un homme ne doit avoir que trois pas à faire pour voir la mer. »

« Le superflu » : tout le reste.

Réfléchir à ce qui nous est essentiel pour réduire ou éliminer le superflu donne du pouvoir d’achat pour le vital et l’essentiel, supprime le surendettement, le casse-tête des déménagements où on se demande comment on a pu s’encombrer de tant d’inutilités, les états d’âme des héritiers devant les  tonnes de bibelots entassés par leurs parents décédés et qu’ils n’osent pas jeter,  l’épuisement prématuré des ressources de la Terre, l’arrogance  des possédants, l’envie des pauvres, le snobisme des cons et surtout la dépendance aux objets. Oublier le superflu donne de la liberté, du temps, de l’espace, toutes choses devenues rares et qui ne s’achètent pas.  Toutes choses qu’ont les peuples nomades.

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Published by Françoise Simpère - dans CHANGER
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commentaires

françoise 29/07/2008 23:28

Un tee-shirt pas lavé et plus de petite culotte, on est en train d'atteindre à un saint dépouillement, sur ce blog:). à Dominique03: avant de le mettre en plein vent, j'aime bien le rincer à l'eau, même sans savon, mais s'il n'y a pas d'eau,  le vent fait l'affaire.

dominique03 29/07/2008 11:54

Un de mes petits cousins, devenu pharmacien, et très propre sur lui, lorsqu'étudiant, il faisait les livraisons de médicaments l'été, utilisait 5 T-shirts par jour, (que sa mère devait laver ! Et elle était très fière que son grand garçon soit si propre.) J'avais donc scandalisé tou le monde en expliquant que quand moi je partais en voyage avec juste un sac à dos qu'il me fallait porter sur mon dos 8 à 10 heures par jour, je voyageais léger et que j'avais trouvé un truc pour éviter que mes T-shirts ne sentent la transpiration : c'était de les mettre sur un fil, en plein vent : au matin, ils sont comme neufs !!! 

le chat huant 03/06/2008 17:46

se contenter des besoins vitaux , et nécessaires c'est apprendre la décroissancemais si le vital nous est commun, oui , l'essentiel varie non seulement selonles cultures, mais diffère entre deux individus d'une même culture. L'essentiel devant répondre à nos singularités .il n'empêche, plus j'avance, plus mon essentiel se restreint, le dépouillement, la sobriété donnent une autre dimension , une autre intensité à ce que nous tenons alors pour essentiel. Cela en devient jubilatoire. Un ressenti que le superflu ne suscite jamais.la petire culotte ? le plaisir et le trouble de ne pas en porter s'évanouiraient si elle était réellement inutile  et disparaissait totalement de la panoplie féminine, non ?

Fiso 01/06/2008 17:20

Bonjour Françoise,J'ai souri en lisant vos histoires de petites culottes .. J'aimerais bien moi aussi, parfois, ne pas avoir l'usage du soutien-gorge et rentrer encore dans mes v$etements d'il y a 10 ans (parce que 37 c'est presque mon âge ;)En dehors de l'humour, j'aime votre note et je réfléchis à ce qui m'est essentiel. Je vois autrement mon incapacité à acheter du matériel (meubles par exemple). Nomade, je suis dans l'âme, je crois. Comme vous, j'ai depuis 5 ans un téléphone qui ne sait rien faire d'autre que l'essentiel et justement je me demandais hier à quoi me servait ma télé ...Bises

Georges 31/05/2008 11:53

Ce qui est bien avec l'art, et qu'avait bien vu Gautier d'abord, et ensuite Bourdieu, c'est qu'il renverse l'ordre des valeurs: ce qui est inutile est précisément ce qui (nous) devient nécessaire, ce qui a le moins de valeur au départ (dessin sur un coin de table), ce qui en aura le plus sur le marché... Juste retour (revanche) des choses. Merci de ces distinctions qui nous ramènent à la raison, Françoise.

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