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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 23:07

Invitation à l’Ambassade de Cuba en France pour fêter l’anniversaire de l’attaque de la caserne de la Moncada à Santiago de Cuba, premier acte de la révolution cubaine initié par un jeune avocat nommé Fidel Castro le 22 juillet, date devenue Fête Nationale de l’ïle, comme la prise de la Bastille le 14 juillet, acte de la révolution française, est la Fête Nationale célébrée en France.  Comme quoi, les révolutions se fêtent sous toutes les latitudes J

Surprise : pas un contrôle d’identité, pas une fouille de sacs à l’entrée de l’Ambassade, on y entre plus facilement qu’à France-Télévisions ou au Louvre. C’était pareil à l’Ambassade du Burkina-Faso peu après le 11 septembre 2001. L’ambassadeur m’avait répondu avec un bon sourire : « Qui voudrait nous attaquer ? Nous sommes si pauvres que nous n’intéressons personne ». Effectivement, les grillages électrifiés clôturent plus souvent de belles villas que des favelas… Mais là, c’est Cuba, décrite en permanence comme une dictature policière où même les feuilles des cocotiers ont des oreilles. En fait d’oreilles, c’est plutôt de la voix. Dans le hall où sont exposées des œuvres d’artistes cubains, les invités s’embrassent, s’exclament et rigolent dans un joyeux charivari hispanique.

Au moment du cocktail, je vais me présenter à l’attaché d’ambassade. Il s’exclame : « Françoise ! C’est vous qui avez eu un accident à Cuba avec votre famille ! » Je n’en reviens pas : sept mois après, il se souvient parfaitement du dossier, me présente les excuses de Cuba et du peuple cubain pour la mauvaise image qu’a pu nous donner le conducteur qui a frappé mon mari, nous parle des fax et messages qu’il a envoyés pour résoudre l’affaire … Je le rassure : nous avons apprécié la courtoisie de la police locale et la compétence des médecins cubains et n’allons pas juger un peuple à l’aune d’un habitant indélicat…  Pour finir, il se penche vers moi : « Je vais de temps à autre sur votre blog. C’est très intéressant… »  Je me demande ce qu’il apprécie le plus…

Avant le cocktail, un sociologue historien avait rappelé les grandes dates de l’histoire de l’Amérique Latine. Dernier événement historique : la création en janvier dernier de l’ALBA, banque de l’alternative bolivarienne pour les Amériques, à l’initiative de Hugo Chavez, président du Venezuela, qui réunit le Venezuela, Cuba, la Bolivie et le Nicaragua. Cette banque, dotée d’un milliard de dollars grâce au pétrole Vénézuélien, est destinée à « favoriser le développement économique, social, scientifique et culturel en faveur des populations et à devenir un instrument de lutte contre le capitalisme » a dit Chavez.

Je n’ai pas souvenir, excepté sans doute dans le Monde Diplomatique et peut-être Courrier International, que la presse de chez nous ait donné un grand écho à cette nouvelle, qui montre cependant que certains pays cherchent d’autres voies que l’économie ultralibérale, et que l’argent du pétrole peut être investi pour les populations.

L’un de mes « amis de trente ans » a épousé une Venezuelienne. Il m’a plusieurs fois parlé de cette alternative Bolivarienne qu’il étudie avec curiosité, sans a priori ni parti pris. Je n’ai pas eu le temps de m’y plonger, mais j’ai envie de le faire. Toujours intéressant de comparer les modes de pensée, de diversifier les logiques politiques et économiques, de réaliser qu’il n’y a pas qu’une seule approche possible.

Conclusion de l’attaché d’Ambassade dans son discours de bienvenue : « On me demande souvent quelles seront les luttes du futur. Cela dépend des pays et des contextes, mais dans certains pays,  il faudra reconquérir les droits sociaux que les générations passées avaient obtenu au prix de beaucoup d’énergie et même de leur vie, et qui ont été démantelés parfois en quelques mois. »

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Published by Françoise Simpère - dans CHANGER
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commentaires

françoise 10/08/2008 11:04

à Philibo: exactement, tout n'est pas si simple. Et, en Martinique et Guedeloupe, les privilèges matériels se paient d'une crise d'identité des habitants qui ne se sentent ni tout à fait français, ni tout à fait autres, et- notamment en Guadeloupe- développent des ressentiments vis-à-vis des "métro", même des métros Guadeloupéens qui reviennent au pays. Et à la Réunion, où cohabitent pourtant tant de couleurs et de cultures, on voit une subtile hiérarchie entre les gens selon leur origine. Le sens du mot dignité: c'est une vraie question, qui se pose dans tous les pays qui ont été occupés ou colonisés, autant dire presque tous! Un ami grec m'a dit un jour: "dans l'Antiquité, les Grecs ont été plusieurs fois colonisés, mais ils ont gardé leur dignité, car c'est l'occupant ( Romain notamment) qui a adopté leur mythologie et leurs valeurs!" Reste à voir si l'Euro et l'Europe vont ou non altérer l'identité grecque!

philibo 10/08/2008 05:05

Elle se défend bien la Françoise dans sa tite robe toute courte et ne s'en laisse pas compter par Merdealors!Je ne connais pas Cuba et je ne donnerai pas d'avis sur ce sujet.J'habite la Martinique et je sais par des dominicains, des sainteluciens et aussi des cubains que nous sommes des privilégiés et que tout n'est pas rose dans leur pays.J'ai séjourné 3 mois à Grenade en 83 ou 84 quelques mois après le départ des cubains.Certains avaient des regrets et me disaient que le régime institué par les cubains leurs avait permis de découvrir le sens du mot dignité.Tout n'est pas si simple...Philippe

françoise 05/08/2008 15:47

Moi aussi, je l'aime, sinon je n'y serai pas retournée cinq fois. 100% d'accord avec vous sur les dérives qu'a apporté le tourisme de masse et la course au dollar. Mais il est dommage de jeter le bébé avec l'eau du bain. Même si la révolution rêvée est bien différente de la réalité, même s'il existe des apparatchik (la corruption par le pouvoir est hélas assez universelle) il suffit d'aller en Afrique ou même dans d'autres îles Caraïbes, ne serait-ce que la Rép. Dom voisine, pour constater que Cuba a donné  à son peuple des droits à l'éducation à la culture et à la santé rares dans les pays pauvres. Et par ailleurs, dans les villages où je suis allée, la course au fric n'est pas aussi vive qu'à la Havane.

Merdealors II 04/08/2008 22:06

Je me suis relu le plus objectivement possible et nulle part il ne me semble avoir décrété que c'était de la faute du communisme. Du régime certainement. C'est un problème de nature humaine. Cuba n'est pas un pays communiste. Jamais de ma vie je n'ai eu tant le sentiment de ressentir ce que pouvait être le capitalisme sauvage et oppressant qu'en parcourant les deux kilomètres de la Rampa du malecon à l'hôtel Habana Libre. Tout ce qui a un prix peut s'y acquérir. Avant '59 L'île était le bordel bon marché des Américains de la côté est, aujourd'hui les avions y déversent au quotidien des énergumènes dégoûtants qui viennent se soulager à prix modiques, exploitant le désarroi de ces générations sacrifiées par une "révolution" qui leur avait promis liberté et indépendance. Il y a un demi siècle déjà...Ceux qui sont au pouvoir et ceux qui entretiennent leurs invités occidentaux dans leurs jolies ambassades à l'étranger sont la petite classe bourgeoise de nos pays à nous. Une clique de nantis, d'imposteurs et usurpateurs qui salissent la mémoire de ceux on défendu leurs idéaux au prix de leurs vies.Et non Françoise, "drôle" ne me semble pas le terme le plus approprié en l'occurrence. J'aime trop ce pays pour qu'il le soit...Bonsoir, Juan

françoise 03/08/2008 23:53

C'est drôle l'interprétation différente qu'on peut avoir d'un même fait: Merde alors attribue la corruption et la prostitution au régime communiste qui a appauvri les cubains. Ayant vu exactement les mêmes choses en Côte d'Ivoire, en Thaïlande ou en République Dominicaine, qui ne sont pas communistes, j'ai plutôt tendance à attribuer ces dérives au choc entre touristes friqués et populations miséreuses. En 1986, date de mon premier séjour à Cuba, alors que l'île était largement aidée par l'URSS, il n'y avait pas de prostitution et de corruption. Non pas parce que tout allait bien pour la population, loin de là, mais parce que la mendicité et la prostitution était sévèrement réprimées et surveillées par les fameux CDR (comités de défense de la révolution) ce qui n'était pas très top, tout ce qui est fichage et surveillance des populations, dans quelque Etat que ce soit, étant l'antichambre de la dictature. La tolérance de la prostitution et la course au dollar prouvent que le pouvoir cubain relâche un peu sa surveillance et laisse faire des choses autrefois pénalement punies, mais est-ce vraiment réjouissant? Vous voyez que les choses ne se résument pas au caractère communiste ou non communiste du régime, mais à une alchimie subtile entre les forces en présence: Etat, population, touristes, argent... et à ce qu'en disent les medias, qui influencent largement notre perception. Tout comme notre origine. Beaucoup d'africains envieraient sans doute le niveau de vie des Cubains, alors que les occidentaux, le trouveront misérable en le comparant au leur. Pour moi qui suis née en Afrique d'un père indo-vietamien, les notions de liberté ou de niveau de vie sont sans doute différentes...

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