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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 10:05

C’est encore un peu l’été et ça donne l’impression que tout va bien, que tout est calme. On respire mieux quand les politiciens sont en vacances et calment leur furie « réformatrice » : 63 lois votées à la dernière session, inefficaces tant qu’elles n’ont pas leurs décrets d’application, inutiles quand elles font double emploi avec ce qui existait déjà, parfois incohérentes si on les met les unes à côté des autres : l’hyperactivité ne permet pas le recul nécessaire à la sérénité que devrait avoir tout responsable politique. Avant la rentrée qui nous remettra face aux dures réalités, quelques paradoxes glanés de ci de là.

Paradoxe de voir des parents demander une webcam dans la crèche municipale afin qu’ils puissent vérifier ce qu’y fait leur enfant (confié à du personnel compétent), et dans le même temps d’autres laisser leur enfant seul dans un jardin public, ou seuls dans une voiture en plein soleil.
Paradoxe de réclamer la revalorisation du métier d’enseignant et le respect par les élèves de leur professeur, et de condamner à 500 € d’amende le prof qui a giflé l’élève l’ayant traité de « connard ». Paradoxe de n’avoir pas estimé que le père dudit enfant, en mettant son uniforme de gendarme pour aller se plaindre au proviseur, n’a pas commis d’usage abusif d’autorité et de « port illégal d’uniforme en dehors de l’exercice de sa profession. »
Paradoxe de multiplier les dossiers judiciaires, ce qui coûte très cher (enquête ouverte pour la mort naturelle d’une femme de 98 ans racontée dans le Canard Enchaîné, enquête sur la mort d’un cochon d’Inde (la bête aurait-elle été maltraitée ???) racontée par une amie juge) et dans le même temps de supprimer des tribunaux pour réduire le budget de la Justice.

Paradoxe d’obliger les conducteurs à s’équiper d’un gilet jaune et d’un triangle de signalisation sans vérifier que ledit triangle ne s’envole pas au premier coup de vent. Paradoxe de limiter la vitesse maximale à 130km/h et de continuer à construire des voitures qui vont à plus de 200.
Paradoxe d’exiger des voitures toujours plus sûres et de tolérer la commercialisation ( 4x4, et d’autres) de véhicules impossibles à ouvrir de l’intérieur si le contact n’est pas mis ou est endommagé, transformant ces bagnoles en cercueil pour les passagers en cas d’immersion, d’incendie, de froid polaire ou de chaleur torride si le conducteur est parti avec la clé de contact.

Paradoxe de commencer une guerre en plein Jeux Olympiques, manifestation planétaire destinée, souhaitait Pierre de Coubertin, à favoriser la fraternité entre les humains. Paradoxe de transformer chaque médaille obtenue en symbole de la puissance du pays, loin de toute idée de fraternité. Paradoxe d'entendre des occidentaux prendre fait et cause pour, ou contre, l'Ossetie du sud dont ils se fichaient royalement il y a huit jours, et en ignoraient souvent l'existence.

Paradoxe d’augmenter le prix de la baguette il y a quelques semaines en raison de la hausse du prix des céréales, et d’annoncer aujourd’hui qu’il n’est pas question d’en baisser le prix alors que le blé se fait abondant et moins cher, au motif que le prix de la baguette, c’est plus du carburant que de la farine.

Paradoxe d’obliger les chômeurs à accepter un travail jusqu’à une heure de transport de chez eux alors que l’économie comme l’écologie exigent qu’on économise le carburant et qu’on réduise les distances travail/emploi.


Paradoxe de vouloir se libérer du stress du téléphone en vacances, et de paniquer parce qu’il n’y a aucun cybercafé dans le bled où on séjourne. « J’vais voir Mémelle » dit avec une mine réjouie n’annonce pas une aventure coquine avec la tenancière du bistro, mais la découverte d’un relais Internet soulageante comme celle d’une pissotière publique en cas d’urgence.

Paradoxe d’entendre tant de gens autour de soi analyser avec justesse les paradoxes de cette drôle de société en affirmant « qu’on va dans le mur », et de voir qu’on continue à y aller. Comme disait je ne sais plus quel président africain : « Nous étions au bord du gouffre et nous avons fait un grand pas en avant. »

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Published by Françoise Simpère - dans Humeur
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commentaires

françoise 21/08/2008 23:08

à andiamo, Pierre, Philibo, TB: la conclusion un peu souriante ne visait qu'à alléger ma rancoeur face à tant de paradoxes affligeants. Je ne m'y fais pas, je n'arrive pas à m'y résigner.à Blanche: deux autres personnes m'ont raconté des mésaventures avec des voitures qui n'ouvrent pas de l'intérieur. Idée: si on écrivait au ministre de la Consommation, qui veut justement alléger les contrôles (voir le canard Enchainé de cette semaine) pour lui en toucher deux mots et demander l'interdiction de ces système de soi-disant sécurité.à Sam et Longues jambes: il y a bien évidemment de la responsabilité du citoyen dans l'état psychiâtrique de la planète et de ceux qui nous gouvernent!

longuesjambes 21/08/2008 11:08

excellent, excelent, en quelques mots, l'essentiel est dit.Cela parce que nous savons surtout faire "bêêêêê" derrière les gros moutons qui nous disent "bêêêêê"

S@m 20/08/2008 12:22

Le paradoxe est un puissant stimulant pour la réflexion. Il nous révèle
soit les faiblesses de l'esprit humain et plus précisément son manque
de discernement, soit les limites de tel ou tel outil conceptuel. (Wikipédia) C'est surtout la question des lois qui me sidèrent car d'un point de vue littéraire, s'il y a bien une oeuvre dont la cohérence est toujours à revoir, ce sont les lois. Quelque part, les lois écrivent la vie de tout un chacun, bref, font oeuvre romanesque à même l'existence. Reste que les lois s'écrivent davantage dans un "soucis" de sécurité que d'une existence cohérente. Non seulement, elles s'accumulent, mais elles s'accumulent très souvent sans soucis de cohérence entre elles, notamment du point de vue des moyens dont la justice dispose pour les appliquer et de la facilité d'y recourir pour les citoyens.

Blanche 19/08/2008 22:22

Je le confirme pour la voiture "cercueil", j'ai enfermé mon fils il y a 9 ans dans une mondeo dernier cri, toutes options. Il avait 16 ans, était endormi, nous l'avons laissé pour aller acheter des billets pour une traversée en bateau, à l'ombre et  fenêtres légèrement entrouvertes bien sûr.Nous sommes revenus une demie heure plus tard, un attroupement autour de la voiture nous a intrigués.Il ne pouvait en sortir seul et commençait à paniquer, d'autant que nous étions en Grèce et qu'autour de lui, les gens ne parlaient pas sa langue.Nous avons appris ce jour là que le systme de sécurité tant vanté par Ford était aussi pour les passagers !! Un comble.

Tant-Bourrin 18/08/2008 21:02

Paradoxal de voir qu'on va dans le mur en plongeant dans le gouffre ! (mais blague à part, quel beau, quel tristement beau billet !)

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