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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 11:38

Internet regorge de vidéos politiques rigolotes. C’est bien, ça plaît aux jeunes, premiers concernés par l’avenir qui se prépare. Mais au-delà de la rigolade, se souvenir que chaque décision est une pièce d'un puzzle, d’un projet de société précis qui ne date pas d’aujourd’hui, même si l'actualité le contrarie parfois. Que ce soit l’encadrement de plus en plus prégnant des libertés individuelles, le projet de dépénaliser la délinquance financière,  la part de plus en plus menue des salaires dans la redistribution des richesses, la lecture considérée comme une punition (sauf depuis Harry Potter, dixit le grand timonier lors de la remise de la Légion d’honneur à J.K. Rowling) et la recherche jugée inutile ou trop coûteuse si elle n’a pas d’application économique immédiate (un député UMP sur Europe 1 ou RMC), tout ceci résulte non pas d’un seul homme mais d’une idéologie obstinée, aussi nocive que le fût en son temps la planification Stalinienne poursuivie malgré ses échecs.

Dès 2004, Renaud Dutreil, alors ministre de la fonction publique, annonçait la couleur des années suivantes :
« Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. La pension d'un retraité, c'est presque 75% du coût d'un fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème. (ça veut dire quoi ? Il veut les euthanasier ?)

A l'heure actuelle, nous sommes un peu méchants avec les fonctionnaires. Leur pouvoir d'achat a perdu 4,5% depuis 2000. Comme tous les hommes politiques de droite, j'étais impressionné par l'adversaire. Mais je pense que nous surestimions considérablement cette force de résistance. Ce qui compte en France, c'est la psychologie, débloquer tous ces verrous psychologiques. (En termes moins choisis : dresser les uns contre les autres différentes catégories de français, notamment fonctionnaires contre salariés du privé, culpabiliser les premiers  de ne pas risquer d'être jetés comme des kleenex et faire régner la peur du kleenex chez les seconds)
Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure - c'est ce que fait très bien Michel Camdessus , mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là, ils se recroquevillent comme des tortues. »

Privatiser les services publics est donc bien une option idéologique, puisque, comme l’admet lui-même le Ministre de la fonction publique en 2004,
ceux-ci marchent bien. Alors, pour convaincre les français que la privatisation est nécessaire, il faut asphyxier ces services publics, les empêcher de bien fonctionner. Par une réduction des crédits, des effectifs, de leurs prérogatives. Quand les gens auront trop poireauté aux urgences faute de personnel, quand les cours de collège seront devenues des jungles faute de personnel de surveillance, quand les policiers seront plus occupés à réprimer les manifestants qu’à traquer les grands criminels, quand les juges ne pourront plus instruire correctement les dossiers complexes faute de moyens et de liberté d’action…. On dira au bon peuple que décidément, la privatisation est la seule voie- comme jusqu’à il y a peu, on prétendait que la régulation de l’économie par les marchés était la seule efficace, hi, hi-… en oubliant que les pays qui ont privatisé leurs services publics (Grande-Bretagne, état de Californie par exemple) s’en mordent les doigts. Comme dit la sagesse populaire : « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. »
Dans le même ordre d’idées, s
i vous vous demandez quelle mouche pique les enseignants chercheurs et pourquoi, comme disent les medias officiels, ils « défendent vigoureusement leur statut », visionnez la vidéo ci-dessous : http://www.youtube.com/watch?v=iyBXfmrVhrk    le discours présidentiel  sur la recherche, commenté et annoté.  Edifiant et instructif. Cela me rappelle une BD de Claire Bretecher d’il y a longtemps, où elle avait dessiné un Valery Giscard d’Estaing faisant un discours émaillé de chiffres, sous les yeux admiratifs d’une téléspectatrice : « lui, au moins, il connaît ses dossiers », tandis que son mari prenait des notes. A la dernière image, le mari refermait son carnet, rigolard : « Il a tout faux ». Le procédé n’a pas changé d’un pouce, d’où l’intérêt d’aller vérifier si ce que la voix de son maître a dit est vrai ou pas, comme l’a fait le Canard Enchaîné après la dernière émission « Je vais tout vous expliquer et je le dis comme je le pense ». Le débat démocratique, ça consiste à entendre des avis différents  et en tenir compte, non ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DEMAIN 22 FEVRIER, JULIEN COUPAT EN SERA A SON 100è JOUR DE DETENTION TOUJOURS SANS AUCUNE PREUVE QU’IL AIT COMMIS LE MOINDRE FAIT DELICTUEUX. IL DOIT TROUVER LE TEMPS LONG. POUR LUI ECRIRE: Prison de la Santé, Julien Coupat, n° d'écrou 290173, 42 rue de la Santé, 75014 PARIS.  

 

 

 

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Published by Françoise Simpère - dans CHANGER
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Ménalque (Alias Emile Tusmal) 27/02/2009 23:50

Yep, vous avez saisi le sens de mes propos."Horreur, enfer et damnation !", je vais prendre une référence biblique pour appuyer l'impôt négatif sur le revenu : la parabole des talents. Au début, il y a six talents et à la fin, il y en a onze. (Tout le monde n'est pas capable de faire fructifier les richesses, mais il est avéré que la sécurité sociale telle qu'elle fonctionne actuellement ne les fait pas moins circuler par le biais de la consommation. Donc, même ceux qui n'arrivent pas à faire fructifier les richesses n'y participent pas moins.)Sinon, c'est justement pour éviter la violence d'affrontement entre capitaliste et anti-capitaliste que je me suis amusé à une subversion de "La richesse des nations" d'Adam SMITH : subversion et non compromission. Cette subversion, l'impôt négatif me semble en proposer le... logiciel ?!? Un logiciel qui mise sur les personnes humaines sans attendre de condition préalable pour miser sur eux le crédit d'une monnaie sonnante et trébuchante ?(Ce sera mon dernier message sur ce post.)

françoise 27/02/2009 11:45

à Ménalque: ah oui, sous cet angle, je suis d'accord avec vous. Le terme Etat-Providence genre "faisons la charité aux pauvres mais ne changeons surtout pas les fondamentaux, c'est-à-dire l'accaparement des richesses par quelques-uns" est néfaste, c'est un coussin social pour éviter la révolution, la vraie. Cela dit, le grand problème reste toujours de passer d'un logiciel de pensée à un autre, de trouver les passerelles permettant de le faire en évitant au maximum la violence comme les compromissions.

Ménalque (Alias Emile Tusmal) 27/02/2009 07:02

Pour ce qui est de l'impôt, je dois avouer n'avoir jamais dû faire la grimace. Pendant mes études, je mettais : "Fait : Néant !" - et je touchais pas loin de 100 Euros. Et si je devais payer un jour plus d'impôts que je n'en paie actuellement, c'est que je gagnerais plus :)Et toujours pour ce qui est de l'impôt, si cela ne tenait qu'à moi, je dégraisserais la sécurité sociale du minimum vital, de l'assurance chômage, des pensions et d'une bonne part de l'assurance santé avec l'impôt négatif sur le revenu puisque l'impôt semble définitivement susciter un a priori négatif. Certes, dans le même temps, je dégraisse la fonction publique, mais je dégraisse le travail des fonctionnaires d'une logique de travail fondée sur la suspicion à l'égard de leurs concitoyens dès lors qu'une bonne partie de leur travail consiste à établir des dossiers sur le bien fondé de la jouissance de leurs droits civiques les plus élémentaires.Voilà un allègement de la fonction publique qui me plaît : fini les calculs d'apothicaires sur les droits élémentaires. Reste que chaque fois que j'en parle je dois me farcir l'a priori des profiteurs, bref l'a priori majeur de la logique de suspicion qui anime l'état providence, mais qui sont les profiteurs ?

Ménalque (Alias Emile Tusmal) 27/02/2009 05:30

Le problème, ce n'est pas la richesse, mais la misère et cela ne s'appelle plus de la misère, mais une injustice sociale au regard des droits de l'homme. Le problème, ce n'est pas qu'il y ait des riches, mais que des personnes ne jouissent pas de leur droit et que cette réalité passe pour du réalisme du style : pour qu'il y ait des riches, il faut des pauvres.Je n'ai aucun problème avec votre position dès lors que je pense la partager sur le fond, c'est juste une question de forme ou encore de formulation.

Ménalque (Alias Emile Tusmal) 27/02/2009 04:11

@ Françoise : Il ne s'agit pas de supprimer l'état, mais d'arrêter de considérer la sécurité sociale comme une fonction providentielle de l'état, fonction providentielle qui fait que chaque élection ressemble par exemple à la recherche de la figure politique providentielle. Soyons clair, la sécurité sociale ne se fonde pas sur la providence, mais sur les droits de l'homme et ne s'agit-il donc pas de providence, mais de droits. Par exemple, dans le cas de la Guadeloupe, je vois des revendications en termes de droits et des réponses en termes de droits qui se confondent en gesticulations providentielle. Et ce que je reproche à la providence, c'est de secourir la pauvreté et de se limiter donc à des situations d'urgences et donc à des logiques du court termes alors qu'en termes de droit, il s'agit de logiques à long termes : pas question de changer les lois tous les six mois. Reste que, en général, là-même où l'état à adopter cette logique du long terme propre au droit en matière de sécurité sociale, cela reste dans les mentalités comme un acte de providence et non comme un droit et non simplement un droit - comme je le suggère en lien - mais une simple question de bon sens : la misère est contreproductive. En termes de circulation des richesses, conditions de possibilités de la production des richesses, la misère constitue des déserts de cette même circulation des richesses - c'est une des facettes possibles de "La richesse des nations" qu'aucun capitaliste ou anti-capitaliste ne me semble vouloir voir. (Cfr. Lien ci-dessous !)De ce fait, l'état providence, cela me fait bien rire : "Robin Wood" institué - car cela cache une logique biaisée..._______________________________________________________________@Dido :... et plus d'une. Pourquoi ceux qui investisse du temps n'ont-ils aucun droit sur la plus-value du capital ?!? Parce qu'ils n'investissent pas de capital ? Sans l'investissement du temps travail, il n'y a qu'un capital sans état dynamique, à l'état statique. Reste que plutôt que d'être traité en termes d'investissement, le temps de travail est traité à l'instar du coût des matières premières et du matériel de transformation des matières premières. La critique (marxiste) la plus pertinente des syndicats qu'il m'ait été donnée d'entendre faisait entendre que les syndicats ont purement et simplement échoués sur la question de l'appropriation des moyens de productions. Un siècle et demi et la plus-value se trouve encore et toujours dans les seules mains des actionnaires, exception faites des primes mises en places dans les systèmes de cadres.Le temps de travail est exclusivement considéré comme un coût de production et jamais comme un investissement ?!? Logique ? 

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