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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 15:20

Une copine du Nord me racontait qu’au collège, dès la sixième, y avait la bouteille de Valstar d’un litre sur la table de la cantine.  Au dîner familial, on lui servait de l’eau rougie : un doigt de vin, cinq doigts d’eau.

Puis il y eut les premières campagnes pour lutter contre l’alcool au volant : « Un verre, ça va… trois verres, bonjour les dégâts »,  ça restait raisonnable.

Puis les campagnes pour la santé : pas plus de trois verres par jour pour un homme, deux verres pour une femme sous peine de terribles maladies. Là, c’est déjà plus discutable car les cancers comme les maladies cardiovasculaires sont multifactorielles et on devrait incriminer tout aussi bien les graisses, les pesticides, les cancérogènes professionnels, les hormones en excès, l’embonpoint, le manque d’exercice, le stress, les gènes favorisants et le hasard de la vie qu’on appelle « pas de chance ».

Ensuite vint la campagne « pas une goutte d’alcool pendant la grossesse », sous peine d’engendrer que des dégénérés, ah mais ! Moi qui ai conçu l’une de mes filles après un réveillon du 6 janvier- oui, chez nous, on célèbre Noël du 24 décembre à fin août, c’est plus festif- et l’autre après une bouteille de champagne offerte par l’hôtel Ibis pour s’excuser d’un lit défectueux, pas si défectueux que ça à la réflexion, je me suis dit- en émérite journaliste médicale - que cette recommandation était quelque peu exagérée. Comme me dit un ami vivant en Russie : « Quand je pense que toutes ces superbes filles de l’Est sont en grande majorité issues d’un père et d’une mère alcoolisés à la vodka de sciure de bois, la plus dure pour les neurones, ça m’interpelle »  Mon médecin de famille me l’a confirmé : « Le danger, c’est l’alcoolisation massive qui attaque fort le fœtus. Il est plus dangereux de prendre une ou deux cuites pendant sa grossesse que de boire un verre de vin par jour. Cette campagne est donc doublement mal ciblée : elle va culpabiliser et effrayer nombre de femmes que l’alcoolisation ne concerne pas, et par contre ne prévoit aucun suivi des femmes enceintes alcooliques,  qui ne peuvent pas arrêter seules de boire et devraient être aidées pendant leur grossesse. »

Dernière salve en date : une étude affirmant que le risque de cancer augmente avec seulement un verre de vin par jour.  Vingt ans de journalisme médical m’ont montré les limites et les biais des enquêtes dites scientifiques. D’ailleurs, une étude danoise avait conclu que le vin- à raison de un ou deux verres par jour- protégeait des cancers versus une population de buveurs d’eau, une autre avait trouvé que les antioxydants contenus dans le vin protégeaient les cellules du stress oxydatif, première étape vers la cancérisation.  Bref, on peut toujours trouver une étude qui conclut dans le sens souhaité,  sans parler de celles dont la conclusion est donnée avant l’étude, à charge pour ses responsables de sélectionner les résultats qui vont dans le sens souhaité. C’est ainsi que pour promouvoir la vaccination massive contre l’hépatite B, on avait sorti d’effarantes statistiques faisant croire à une maladie quasiment toujours évolutive vers un cancer ou une cirrhose (ce qui est rigoureusement faux) et sévissant de façon endémique en France (tout aussi faux). Depuis, les pendules ont été remises à l’heure mais voici qu’on nous remet ça avec le vaccin contre le papillomavirus, très discutable également, p’têt ben que j’en reparlerai.

Donc, un verre de vin= risque de cancer accru est une donnée bien douteuse, car le risque de cancer est très difficilement évaluable. On ne dispose même pas en France de statistiques complètes sur tous les cancers déclarés, alors sur les individus à risques !!! De plus, si on peut étudier le risque de cancer lié à l’alcool chez un rat génétiquement modifié pour être « neutre » et vivant dans une cage sans autre facteur de risque, comment évaluer celui d’une personne dont un parent proche a eu un cancer, qui a fumé dans sa jeunesse, mange des conserves bourrées de E… quelque chose, a respiré de l’amiante à  la fac Jussieu, téléphone une heure par jour avec son cellulaire, est stressé par la crise,  bouffe des légumes plein de pesticides, réchauffe ses plats dans des barquettes en plastique cancérigènes, inspire l’air pollué des villes et des campagnes et les vapeurs de Super 95 (bourrées de benzène, grand cancérigène) en faisant le plein, décape son moteur de voiture au trichlo,  et utilise des teintures pour cheveux pleines d’éthers de glycol.

Alors qu’ils nous lâchent la grappe, par Bacchus ! Y en a marre de reporter « la responsabilité » des cancers sur les individus alors qu’on en aurait évité quelques milliers en interdisant l’amiante dès les années 1950 où il était prouvé que c’était un cancérigène grave (l’interdiction a été totale et définitive en France en 1997), que le lobby de l’industrie chimique freine l’application du plan REACH sur l’évaluation des 10O 000 molécules chimiques commercialisées sans que leur effet à long terme sur la santé ait été le moins du monde évalué, que les fabricants de téléphones cellulaires jugent « non crédibles » les études qui suggèrent un effet néfaste des ondes électromagnétiques sur les rats, alors qu’on utilise les mêmes rats pour nous dire d’arrêter de boire un verre de vin quotidien qui fait moins de mal aux neurones que les antidépresseurs et anxiolytiques prescrits larga manu par les médecins. Comme m’a dit l’un d’eux : « Bizarre : la consommation de vin baisse depuis 40 ans, tandis que les cancers augmentent. Ce qui a augmenté en parallèle, ce sont les traitements chimiques de la vigne. Bois du vin bio ou provenant de pays qui ne traitent pas ou peu. »  Toutes ces recommandations sanitaires me rappellent l’histoire du type qui voulait vivre longtemps. Son médecin lui a interdit l’alcool, le tabac et les femmes. « Et comme ça, je vais vivre longtemps ? » interroge le patient. –Je n’en ai aucune idée, avoue le médecin, mais ça va vous sembler long.

PS : par contre, je suis OK avec la lutte contre la recherche du coma éthylique par certains ados. Quoique il serait indispensable - en plus de l’interdiction des bars ouverts- de se demander quel désespoir les pousse vers des comportements toxicomanes, et pourquoi nous avons fait une société où l’addiction à l’argent, au pouvoir, à Internet, au jeu, au sexe,  à la TV, au pétard a remplacé la saine consommation de tous les plaisirs de la vie, sans dépendance.

 

 

DEPUIS LE 15 NOVEMBRE 2008, JULIEN COUPAT, n°d’écrou 290173, RESTE EMPRISONNE A LA PRISON DE LA SANTE. LES JUGES D’APPEL DOIVET STATUER SUR SA DEMANDE DE REMISE EN LIBERTE LE  13 MARS. CROISONS LES DOIGTS !   

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Published by Françoise Simpère - dans Humeur
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commentaires

lunairia 18/03/2009 21:57

Pour l'alcool tout dépend de l'état du foie.Pour ma part je ne peux pas boire une goutte d'alcool, mon foie est devenue trop fragile, je dois le ménager au maximum.Au début c'est un peu difficile de se faire à ce "no alcool"

Philippe 13/03/2009 16:28

Un bravo en tout cas pour le PS (post scriptum bien sûr) !Mais quand on voit ceux qui sont en charge des jeunes depuis 40 ans, faut-il s'en étonner ?

antoine 12/03/2009 12:01

pour continuer sur cette éxégèse un peu hors normes, Marie-Madeleine, une femme (très belle), amoureuse du Christ (et la réciproque semble vraie dans les textes), choisie par lui, est décrite comme une quasi pute, une salope, par le "groupe de potes" qui raconteront l'histoire. C'est le coup de Zoe raconté par Françoise. Comme quoi l'homme repasse dans les mêmes ornières malgré toutes les mises en garde.

françoise 12/03/2009 09:37

à tous: le Christ, qui a changé l'eau en vin aux Noces de Cana, et multiplié les pains serait aujourd'hui pourchassé, sans parler de son "Chassez les marchands hors du temple" et de son amitié pour les prostituées qui en font un dangereux anarchiste libertaire jouisseur. Aujourd'hui, on le mettrait sous neuroleptiques ou en prison!

sanson 12/03/2009 08:56

Merci pour ce beau plaidoyer en faveur des plaisirs. Ancien enfant de choeur, je sais pourquoi les curés me font gerber: plaisir = péché = enfer. Alors pourquoi choisissaient-ils le meilleur vigneron du village pour le sang du Christ ?  Et marre de tous ces ayatollahs. Je crois aussi très fort que tout ce qui procure du plaisir est bon pour nous et notre entourage. Pour les ados, quand il sortent de la superette chacun avec son pack de 24 bières, ils ont l'air aussi tristes que s'ils allaient se pendre et c'est bien là le problème. Remettons du sourire sur nos petites têtes blondes ou brunes. 

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