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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 14:18

L’artiste  m’avait invitée dans son atelier. J’appréciai ses œuvres baroques et joyeuses, le dîner qu’il avait pris la peine de cuisiner pour moi et sa conversation. Bref, tout semblait aller pour le mieux, quand il s’écria : « Je te trouve super ! J’espère qu’on va niquer  ensemble parce que tu es vraiment super. » Trois fois au moins il exprima cette envie de niquer. Palsambleu ! Je déteste les mots « forniquer » et « niquer » qui ont pour moi des relents de péché et d’urine, ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça, les méandres de ma libido me surprennent encore. Du coup, elle s’affaissa comme une meringue mal cuite dans un soupir: « Euh, il se fait tard, je vais rentrer chez moi. » L’artiste fût parfait, me raccompagnant jusqu’au RER et m’appelant une demi-heure plus tard pour s’assurer que j’étais bien arrivée Je me sentais confuse de lui expliquer le lendemain que son insistance à me parler de « niquer » m’avait refroidie.  Mais ne le fût plus du tout quand  ce coup de fil signa la fin de cette rencontre.  Pour l’artiste, c’était « niquer » ou « rien du tout ».

Tout récemment, parlant à un ami du site www.polyamour.info , je l’entendis s’exclamer : «C’est le genre Meetic, un bon site pour tirer ? ». Il me raconta que sa fréquentation de Meetic s’était soldée par un nombre appréciable de « coups » mais peu de vraies rencontres, et ne me crut pas quand je lui assurai que sur polyamour, c’était l’inverse. Pourtant, c’est la vérité.

Les Lutins et Lutines ne sont ni chastes ni prudes, au contraire, mais ils ont tellement apprivoisé le sexe que celui-ci cesse d’être « le » critère d’appréciation de la séduction. Conclure ou pas conclure n’est plus la question : ils savent qu’ils le feront s’ils en ont le désir réciproque, qu’ils ne seront pas obligés de réitérer à chaque rendez-vous, qu’ils pourront partager non seulement de beaux et francs coïts (coït vient du latin co-ire : aller avec, c’est charmant, non ?) mais aussi des sourires, des massages, des jeux érotiques ou non, des fantasmes, des plaisirs de bonne chère et de vins, des discussions sur la vie, la mort, les espoirs et les désillusions, sur l’amour aussi.

Une telle liberté relationnelle est  rare. Dans quels dîners d’amis se sent-on assez en confiance pour exposer sa vie intime ou proposer un massage à celui qui est fatigué? Les filles encore, c’est connu, se racontent leurs plaisirs et leurs chagrins d’amour. Les mecs entre eux, rarement… sauf entre lutins. Comme si le fait de ne plus chercher à être le seul, le vrai l’Unique d’une femme les délivrait de l’éternelle compétition des mâles et leur permettait de parler enfin de l’intime. Avec un plaisir évident, si j’en crois ce que je lis sur le site et les lettres que je reçois.

Les Lutins et Lutines se délivrent de l’angoisse : « niquer or not niquer » parce qu’ils savent que cela vient tout  seul quand la situation s’y prête et que si cela ne vient pas ou ne vient pas tout de suite ce n’est pas grave. Cette joyeuse confiance faite à la vie et à eux-mêmes, qui les rend joyeux, légers, attentionnés mais pas pots de colle (adjectifs déclinables au féminin pour les Lutines)  explique sans doute leur charme…

La chute de l’indice Niqué, paradoxalement, entraîne une hausse de la valeur des bourses.

 

 

 

Il y a pile un an, Lauranne et moi nous envolions vers l'Australie pour un long périple. Nostalgie, nostalgie... et une chanson pour vous la faire partager:

 YouTube - AUSTRALIA IS ANOTHER WORD FOR FREE


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Published by Françoise Simpère - dans EROS
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commentaires

longuesjambes 27/09/2009 10:26


haaaaaaa! Trop vrai ce que tu dis ! ! ! !


françoise 13/09/2009 17:33

à Andiamo: meuh non, tu es un gamin, on le sait bien :)à jm: dans le lutinage, je crois que c'est cela l'essentiel: la douceur qui rend chaque mot, chaque geste plus aisé, plus désirable.à Camille: tout est OK maintenant?à vitca: vous allez vouis débrouiller très bien, car vous vivez une réalité heureuse. Différente dela norme, certes, mais vivante et ô combien naturelle.à Tony: bienvenue ici. Le vocabulaire érotique est très délicat car les mêmes mots peuvent enflammer ou refroiddir, selon qui on est, qui est l'autre et selon la saison, le lieu, les circonstances.

Tony 12/09/2009 21:39

Enfin, puisque je suis encore là, voici quelques articles qui pourront vous intéresser sur l'origine du sentiment de supériorité de l'homme sur la femme et sur la possibilité de vivre autrement que dans le mariage, et plein d'autres choses sur les femmes :Le Yin et le Yang Un peuple sans mariage ni pèresLe rapport des sexesLa Belle au Bois DormantHommes et FemmesLe Jeu de la SéductionUne femmeLes seinsPoème "Le jeu à l'envers" de Taslima NasreenLivres de Taslima NasreenTony

Tony 12/09/2009 21:17

Juste un dernier mot sur "niquer".Comme "baiser", "niquer" est machiste quand transitif : je l'ai baisée, je l'ai niquée, c'est le mâle qui se vante d'avoir eu une femelle, et de l'avoir jetée ensuite. Mais si on dit : "nous avons baisé/niqué comme des fous", il n'y a plus cette domination.Il n'en reste pas moins que le mot "niquer" est triste et laid...  car associé à l'adultère, donc au péché, donc à la connerie religieuse mono-théiste. À éviter.Tony

Tony 12/09/2009 21:10

Bonjour,Le mot "forniquer", d'où est tiré le mot "niquer", vient du latin "fornix", qui veut dire voûte, et d'où vient le mot "four" des boulangers. Au temps des Romains, les prostituées se tenaient sous les voûtes... Donc, effectivement, le mot "forniquer" semble peu engageant... Mais il faut savoir aussi que, pour les Romains, aller voir une prostituée faisait partie de l'hygiène : rien que de bien naturel, donc. À part, bien sûr, que c'était l'homme qui payait une femme... Mais peut-être bien qu'ils étaient moins machistes que les hommes d'aujourd'hui. Quoique... Un romain pouvait ainsi prêter l'utérus de sa femme à un ami dont la femme était stérile ! Imaginez donc cela aujourd'hui...Sinon, pour vous rafraîchir, je vous propose la lecture de l'un de mes quelques poèmes, le seul érotique ! Je pense qu'il vous plaira : http://trex58.files.wordpress.com/2009/01/femmesjevousaime2.pdf . Hélas, il n'est pas terminé... pressé d'arriver à l'essentiel, il me manque tout le début (seins, fesses, ...). Un jour peut-être... Mais l'alexandrin est difficile...Allez, j'ai "Guide des amours plurielles" à lire ! Hélas, j'ai déjà 50 livres au moins qui attendent... Enfin, je pense que je le lirai avant "Le livre tibétain de la vie et de la mort" et avant les deux bouquins de Darwin qui m'attendent !Cordialement,Tony

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