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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 09:49
Pas le temps d'écrire un billet. Alors, petit cadeau de lecture pour le week-end, un extrait de "Autres désirs, autres hommes" que j'ai relu il y a quelques jours, et que je persiste à préférer à "Des désirs et des hommes". Moins directement érotique sans doute, mais tellement plus subtil dans la découverte de ce qui nous trouble chez vous, messieurs... ou plutôt de ce qui me trouble chez vous, messieurs.

 

LEURS SALLES DE BAINS

« Veux-tu prendre une douche ? »

Phrase la plus intime de l’amour…. Leurs salles de bains révèlent tant d’eux-mêmes…

Leurs négligences : « Attention, la douche fuit à l’entrée de la pomme ».  Leur féminité, dans la multitude des gels douches aux fragrances de vanille ou de miel, de fleurs d’hibiscus là où l’on s’attendait à des senteurs boisées. Leurs manies, à la façon dont ils rangent ou ne rangent pas cet antre.

Découvrir sur leurs étagères les shampoings pour cheveux très fins ou colorés, les traitements antirides et les gels autobronzants discrètement dissimulés derrière leurs médicaments de base, eux aussi ont leurs fragilités et leurs obsessions hypocondriaques.

Retrouver chez des hommes différents les mêmes produits de soins peu connus,  les mêmes flacons d’huiles essentielles rares, et comprendre que l’attirance pour l’un ou pour l’autre, pour l’un et pour l’autre, ne doit rien au hasard.

Remarquer trois brosses à dents dans un verre, des produits de maquillage récents ou périmés et en déduire d’autres vies, familiale, amoureuse, territoires d’autres femmes installées là comme à demeure. Le célibataire endurci ne l’est pas tant que ça… 

Certains transforment leur salle de bains en impeccable show-room où les piles de serviettes, comme l’harmonie des couleurs entre étagères, linge de toilette et ustensiles divers racontent l’importance qu’ils donnent à leur corps et une part de leur sensualité. Ceux là aiment qu’on les surprenne au bain, qu’on penche la tête sur leur corps alangui dans la mousse, que nos mains se perdent sous l’eau, saisissent leurs bites comme un narguilé érotique à savourer à l’exacte température du bain, 33°,  qu’on les savoure longuement tandis qu’ils ferment les yeux et écartent les cuisses pour nous laisser glisser un ou plusieurs doigts savonneux en eux, qu’on les apaise de caresses pendant qu’ils éjaculent dans l’eau et regardent les gouttes de leur plaisir se mêler à la mousse de surface qui peu à peu finit de se diluer. Car ces voluptueux là, bien sûr, s’attardent dans la baignoire jusqu’à ce que leur peau frise.

Il est des salles de bains austères, réduites au minimum : une savonnette, un shampoing. Souvent le flacon est presque vide, retourné sur son bouchon pour récupérer les ultimes gouttes. C’est une pièce à tout faire, sauf l’amour, un bazar incroyable : litière du chat, bâtons de ski, emballages d’ordinateurs, magazines périmés… où surnage parfois, insolite, la fragrance d’une eau de toilette de marque, seul luxe de cette virile frugalité. Ces hommes là ne vous tendent pas au sortir de la douche une serviette propre soigneusement sortie d’une pile impeccable. Depuis la cuisine, ils vous crient de prendre la leur, ou leur peignoir, « oui, le bleu, celui qui est suspendue à la porte… » Et de vous vautrer dans l’étoffe qui a touché leur dos, leur ventre, leur sexe et leurs fesses tandis que vous-même frottez votre dos, votre ventre, votre sexe et vos fesses, c’est comme si vous mêliez vos deux intimités, pénétriez un  fragment inconnu de leur vie, celle qu’ils mènent lorsque vous partez.


Et puis il y a parfois au–dessus de la baignoire un fil, sur lequel sèche une robe de fillette ou un tee-shirt taille 12 ans. Ces salles de bains là parlent de la solitude des pères divorcés qui d’un week-end à l’autre, d’une vacance à l’autre, s’essaient à être de bons pères, des pères- mères câlins, sévères, ils ne savent plus trop. Cette solitude que ne comble aucun plaisir de femme, aucun nouvel amour.

Depuis longtemps ils savent que ceux-ci peuvent exploser en vol comme une bulle de savon,  laissant le père esseulé collectionner le moindre dessin d’enfant et pleurer parfois en sortant de la machine à laver le tee-shirt taille 12 ans. Pleurer, seul, dans sa salle de bains.

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Published by Françoise Simpère - dans EROS
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commentaires

tomma_a 17/10/2009 01:49


C'est beau!


françoise 22/09/2009 19:00


à MARIE: coquine, va.


françoise 22/09/2009 18:59


à emmanuelle: oui, j'ai eu envie d'aller dejors ce week-end!
à TB: ten fais pas, j'ai un flair, un 6è sens pour dépister les bizarres et découvrir les gentils. Comme Lucky Lucke, toujours un doigt sur la gachette et un oeil vers la sortie!
à 0: intime, oui, c'est ce qui est intéressant, ce qu'il y a au-delà des apparences.
à Lulutine: à condition que le robinet ne goutte pas, ça perturbe le sommeil :)
à Juliette: il n'est jamais trop tard pour commencer.
à Andiamo: je détaille tout, chez les hommes. Leurs cuisines aussi, leurs lectures, leurs musiques. Leur enfance. Leurs fragilités.
à jm: la buée à l'avantage de rendre les corps beaux comme sur un poster de David Hamilton...


jm 21/09/2009 10:23

L'essentiel dans une salle de bain est qu'il y ait toujours assez de vapeur d'eau pour se déposer sur les glaces. Parce que les glaces sont crues et  vous renvoie dans un présent que la main sous la mousse, main branlante, main fouisseuse ou seulement main caline, oui que  cette main avait ôté le corps du temps et de l'espace, dans l'envie, dans la vie. ou alors, jsute ce qu'il faut de tansparence à cette vapeur, à cette gaze, pour nous ouater de connivence. J'aime ce texte de descente en volupté, en enfer, là où la main a âilé le rendez-vous, la où la main à ouvert la porte, là où la main a dégrafé là où la main ne tremble plus que de désir.

marie 19/09/2009 17:04

Salle de bains, où j'aime "faire mes ablutions" vite fait bien fait, douche incoontournable le matin. Lieu intime,  le temps d'un bain : mousse parfumée, lumière douce, musique calme, ambiance pour s'albandonner, moment propice pour se faire du bien jusqu'à l'orgasme... Salle d'ho ! pour  jeux d'eau, à visiter avant les jeux au lit ou après des joutes joyeuses... jouir encore... du bonheur que procure  l'eau qui coule. Ta visite guidée Françoise m'a fait rêver,  aux salles de bain, et aux hommes qui les a bite. Bon week-end Marie

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