Partager l'article ! 5. Jolies rencontres et bonnes adresses: A Sérifos, j’ai abordé des vacanciers à l’accent du sud (Albi) en leur demandant s’ils pouvaien ...
A Sérifos, j’ai abordé des vacanciers à l’accent du sud (Albi) en leur demandant s’ils pouvaient garder mon sac le temps que j’aille me
balader sur la colline proche. Des retraités de l’Education nationale. Pas très rock and roll a priori, sauf que ces gens là, en plus d’être tout à fait joyeux, ont passé une bonne
part de leur vie professionnelle à essayer de sortir de l’ornière des jeunes en danger social ou en déficit de neurones. Des efforts surhumains pour en sauver peut-être 10 ou 15%, mais quel
bonheur quand ils y arrivent !!! « Ils ont parfois 40 ans et me sautent au cou en m’appelant Maîtresse », rit Claudine. Je leur explique que « Maîtresse», à leur
âge, ça peut avoir une connotation mais rien à faire : je reste maîtresse, celle qui leur a donné confiance en eux. »
Les quelques secondes où je me suis assise sur le sable pour échanger quelques phrases se sont transformées en un ouzo/mezzés le lendemain car je voulais
leur faire connaître le petit bar de la jetée- tout à côté de l’embarcadère du ferry- où les mezzés sont somptueux et le serveur adorable. Claudine et son mari, le couple d’Albi, ont crapahuté au
Yemen, à Cuba, en Grèce, en Asie… tout en résistant à l’ordinateur (ils n’en ont pas chez eux) au téléphone mobile et jusqu’à il y a trois ans à la carte bancaire. « Pas besoin
de mail, soutient Claude, quand je veux des nouvelles de quelqu’un, je lui écris ou je vais le voir. » Ils sont de gauche, la vraie rouge qui tache, et débordent de joie de vivre
et de générosité.
Autre découverte, un estivant solitaire faisant des mots croisés. Je suis sûre qu’il est français, les mots croisés sont un truc de français. Je
l’aborde, lui parle de Serifos, de son ancienne mine de cuivre, du cimetière avec vue sur mer que lui-même a trouvé superbe… En fait de solitaire, il est venu avec des amis en voilier et repart
le lendemain. On nage ensemble, il va dîner avec ses amis, on se recroise sur le port et en quelques pas dans le village baigné du parfum nocturne des chèvrefeuilles se crée une complicité que
d’aucuns mettent des années à acquérir. Musicien, ingénieur, voileux, sculpteur… un touchatout comme je les aime avec qui je passe une exquise soirée comme si je le connaissais depuis des
lustres, sans savoir si je le reverrai un jour mais qu’importe : il existe quelque part.
J’allais oublier : à Serifos, j’avais été accueillie le 6 juin à la sortie du Ferry par ma copine Marina et son ami. Il y a 6 ou 7 ans à Milos, je mangeais seule dans une
taverne, comme d’hab’ et j’avais entendu un couple derrière moi parler de détendeur et de niveaux 2 ou 3. Je les avais abordés : « Vous êtes plongeurs ? » Ils étaient, moi
aussi, et on s’était retrouvé le lendemain au Milos Diving Center de Yannis dont j’ai déjà parlé. Marina est devenue une amie, même si on ne se voit pas
souvent à Paris, boulot oblige. Périodiquement, on s’envoie des courriels pour se raconter nos vies, nos amours (et relativement peu nos emmerdes) ou on se propose impromptu un concert, un
dîner, une soirée pyjama…
En Grèce, j’ai
aussi le plaisir infini de retrouver depuis des années des visages familiers qui s’éclairent d’un sourire en me revoyant, même quand il s’est passé deux ans entre deux voyages. Madame Bouris,
épouse de Minas Vas. Bouris qui tient l’hôtel ARETI, areti@serifosisland.fr
avec des fleurs partout dans le jardin, et des balcons avec une sublime vue, m’a sauté au cou en m’apercevant.
A la taverne STAMATIS, loin au bout de la plage, là où la route est de terre battue- cherchez, ça vaut la peine- j’ai revu le patron et ses deux serveurs fidèles, un chauve souriant (sans jeu de mots) et un pince-sans-rire qui parle de mieux en mieux le français et vous conseille avec assurance d’excellents plats grecs à prix doux et arômes méditerranéens. Cette année, ils étaient parmi les rares à avoir des clients chaque soir, moins que d’habitude cependant, et leur offraient le dessert. A Serifos, on peut boire du vin local qui change de la retsina. Un blanc sec pas mal du tout, et un rouge légèrement madérisé, parfait en apéritif.
A
Hydra, ambiance beaucoup plus mondaine. Ce qui n’empêche pas de dénicher des chambres toutes mignonnes, avec terrasses ombragées, comme celle que j’ai louée chez Glaros. J’y ai aussi fait la connaissance de Carolina, française de la Rochelle mariée à un Grec, qui
m’a permis de mieux comprendre l’île où elle vit depuis 7 ans avec un double, voire sextuple regard puisqu’elle parle 6 langues. Elle fabrique des bijoux et des céramiques et vend les créations
d’artisans locaux. Plaisir de trouver de jolis objets abordables et pas « made in China » ou « India ».
Pour tous ces cadeaux inattendus, ces rencontres qui durent ou pas, mais qui toutes font vibrer, je garde confiance en la vie. Sur le ferry, j’ai passé un bon moment à contempler un homme d’une beauté stupéfiante – enfin, à mon goût- en train de lire avec un évident plaisir. Après l’épidémie d’obèses de 40 berges que j’avais déplorée ces derniers jours, ce mec où il n’y avait rien à jeter, tout à admirer, m’a procuré plaisir des yeux et du cœur. Comme quoi, emporter sa libido partout avec soi garantit de ne jamais s’ennuyer !
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Françoise Simpère (nouvelles de)
ma vie, mon oeuvre, mais surtout mon oeuvre
des questions, des réponses, l'ouverture des possibles
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