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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 14:24

J’ai changé le nom de mon blog, qui s’appelle désormais « Jouer au monde ». C’est le titre d’un de mes manuscrits, écrit en 1992 et jamais publié, hélas, mais je n’ai pas dit mon dernier mot. Les deux personnages, Antoine et Marine, « jouent au monde », mais pas pour les mêmes raisons.  Jouer au monde, c’est ça :

« On commence la journée en décidant que telle ou telle chose va se passer et on s’arrange pour qu’elle arrive. Ce peut être n’importe quoi : offrir des fleurs au président de la République, embrasser un CRS, déjeuner avec un clochard, collectionner un noir, un chinois et un arabe dans la même journée et arriver à boire un verre avec chacun d’eux ou mieux, avec les trois ensemble. Ce peut être plus simple : se rouler nu dans les feuilles mortes au parc Montsouris ou décider que la journée sera bleue. S’habiller en bleu, manger des plats bleus- pas facile, les plats bleus !- s’asperger d’Heure Bleue et déguster le soir un Blue-Gin ananas dans un bar où bien sûr n’officient que des chanteurs de blues. Jouer au Monde, petite Marine, c’est peut-être fuir la réalité comme on me l’a si souvent répété, mais c’est surtout embellir cette réalité pour mieux la supporter. Décider que le monde sera à son image ou ne sera pas, et refuser celles qui ne vous ressemblent pas… Toi, tu refuserais les signes extérieurs de richesse et t’attacherais aux signes intérieurs de détresse… »  

 

J’ai toujours été intéressée par les possibilités de fuir ou transformer ce qui ne vous convient pas. Dans « Eloge de la fuite », Henri Laborit parle des fuites destructrices : maladies mentales ou physiques, drogues, suicides, violence. J’y ai repensé en lisant les articles sur le risque de schizophrénie chez les gros fumeurs de cannabis ayant commencé vers 14/15 ans. Le problème ne se posait pas quand n’existaient que des fumeurs festifs de plus de 18 ans. En effet, l’âge précoce favorise l’addiction, car les synapses qui contrôlent la dépendance aux substances psychostimulantes ne sont matures qu’après 18/20 ans, et l’addiction, surtout avec le cannabis surdosé d’aujourd’hui, augmente le risque de schizophrénie.

La question, peu posée dans les articles n‘est donc pas tant le risque intrinsèque du cannabis, mais celle de savoir pourquoi les fumeurs de joints commencent de plus en plus jeunes et souvent sur le mode de la « défonce », comme avec l’alcool d’ailleurs. Et pourquoi les addictions sont un phénomène croissant, que ce soit à la drogue, au jeu, au sexe ou à l’argent.  

 

Partout dans le monde, il y a environ 1% de schizophrènes, et toutes les civilisations consomment des drogues depuis des siècles. Tant qu’il existe des modes d’expression constructifs pour fuir le sentiment d’impuissance face à un monde qui génère du mal-être, il n’y a aucune raison pour que cela augmente. « Jouer au monde » peut passer par l’art, la culture, la philosophie, le « travail sur soi » au niveau individuel. Le militantisme et l’engagement au niveau collectif. Le pragmatisme actuel, qui nie toute possibilité de rêver un monde différent et marginalise les utopistes et les rêveurs porte en germe le développement des fuites destructrices dont parlait Laborit, et le refuge dans la religiosité intégriste ou la recherche d’un leader tout-puissant.

 

 

 

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Published by Françoise Simpère - dans CHANGER
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commentaires

françoise 15/08/2007 20:02

Vous en avez bavé à l'aune du rêve qu'elle vous a fait vivre. Cela vaut mieux qu'une vie en électroencéphalogramme (et cardiogramme, on peut être cérébral avec du coeur! ) plat. Une vie qui préserve de tout, même des émotions, me semble une antichambre de l'an-espoir (absence d'espoir), du vide. Je regrettais justement cet après-midi que cette époque manque singulièrement de lyrisme. Merci d'en avoir exprimé ici.

Tomy 15/08/2007 19:46

Je me souviens de ce que Pascale m'avait dit quelques jours après qu'on eut couché ensemble, évidemment pour me provoquer : "Au fond, si je t'aide à faire tes premiers pas dans l'adultère, c'est surtout parce que je suis la première à t'avoir dit oui." J'étais content de ma réponse : "La vérité, c'est que tu es la première que j'ai encore désirée après qu'elle m'a dit oui..." J'étais sincère. On était dans son petit studio d'étudiante. Je l'avais rencontrée parce qu'elle finissait un mémoire sur un sujet proche de mon travail. Je lui avais donné des conseils, on s'était revu, toujours avec plaisir. Pourquoi, tout à coup, au lieu de s'ennuyer, de regarder sa montre, on se trouve bien avec quelqu'un, assis à la terrasse d'un café ? Le temps n'existe plus, on a l'impression de pouvoir rester là indéfiniment. Pascale avait 22 ans, moi 41, je n'aurais jamais imaginé pouvoir séduire cette grande fille blonde et plate – presque un corps de mec, si elle n'avait eu les hanches fines. Elle me dépassait de cinq bons centimètres – l'ami Max n'est pas un géant – et j'avais été intimidé par ce grand corps, cette impudeur qu'elle avait, se promenant à poil dans son 17 mètres carré, se fichant qu'on la regarde.
 
Au lit, on s'amusait. Libertés de geste, étreintes qui n'en finissaient pas de varier d'intensité : le corps qui s'abandonne, et puis tout à coup l'esprit qui reprend le dessus – deux cérébraux au pieu, pour qui, plus que pour quiconque, l'orgasme simultané était un heureux et rare hasard. Je la léchais avec ardeur. Rien ne me donnait plus de bonheur  que le goût de son sexe, étrangement âcre. Je ne m'en rassasiais jamais, heureux de la voir jouir et jouir encore sous ma langue. J'attrapais tout à pleine bouche : ses lèvres, son clitoris, son pubis délicieusement clair. Je l'aurais engloutie tout entier ! Et elle jouissait à nouveau quand je la penétrais, en toute fin de parcours... Pascale m'a quitté – logiquement, un homme marié avec une jeune femme qui construit peu à peu sa vie amoureuse, nous ne nous voyions pas beaucoup d'avenir. Je n'ai pas eu d'autre choix que d'accepter la sanction, mais, putain, j'en ai bavé !

Pierre 14/08/2007 23:07

J'aime beaucoup, vraiment, cette façon de "jouer au monde" qui passe par des modes d'expression constructifs ! Contribuer à ce que le monde d'approche des utopies...Parfois j'ai l'impression que c'est une grossiereté de rêver.

longuesjambes 14/08/2007 16:54

Mais vous êtes formidable ! ! ! Vivent les femmes de votre genre ! Vivent des Coline Serreau  ("la belle verte") des Syolann et d'autres femmes dont la liste est enf ait assez longue heureusement. Vivent les hommes qui comprennent le discours de ces femmes car cela permetra enfin que le Monde se joue su rle mode de la douceur et de la tendresse.

Frédéric 14/08/2007 15:57

Jouer au monde...
ce serait alors... développer ses talents... être créateur du monde... oser les émotions... dévorer la vie...
Jouer du coeur/de l'âme... de l'esprit... du corps?

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