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L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture
Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /2007 10:25

Extrait d’un roman  commencé, jamais achevé. Du désir sans prononcer le mot, ni dire sexe, mouiller ou bander. Ce pourrait être un jeu : écris un texte érotique sans utiliser tel ou tel mot.  Histoire de titiller son imaginaire et de sortir des bites triomphantes, chattes humides, fentes voraces et autres queues longues et  dures. J 

 

« En ce temps là, l'été avait de luxuriantes libéralités. Je veux dire par là qu'il ne livrait pas chichement quelques rayons de soleil, sitôt payés d'un orage ou d'un incendie de forêt. Il savait s'épanouir dans des chaleurs lourdes qui nous baignaient de torpeur la journée durant. Mais à la nuit montante,  à l'heure où les cigales se font moins lancinantes  et la lumière plus douce, la chaleur emmagasinée sur la peau nous rendait sensuelles. C'était l'heure où, jeunes filles, nous étions prêtes à tous les abandons. Blottie à l'avant de la voiture, entre Jean et Benoît, je sentais leurs corps se crisper à l'entrée des virages et j'aimais le mouvement de leurs muscles à travers le fin coton des chemisettes. Les crissements des pneus, qui me faisaient à chaque fois redouter un dérapage fatal dans le ravin, m'incitaient à serrer mes cuisses très fort l'une contre l'autre. Je me sentais partagée entre l'appréhension de l'accident et l'excitation de mon corps, sans arriver à bien démêler les deux sensations

Je fus cependant soulagée lorsque Jean ralentit et emprunta un chemin en pente qui descendait sur la plage. La nuit était claire et douce, la lune aux deux tiers. Je regrettai un peu qu'elle ne fût pas pleine, pour la perfection de l'image.  Nous fîmes quelques pas. Nos pieds s'enfonçaient dans la fraîcheur du sable. La mer était très calme, à peine frangée d'une écume silencieuse. Les deux garçons m'avaient gardée entre eux deux et nous marchions, bras dessus, bras dessous, sans un mot. Tous deux se regardèrent, et je compris. »  

 

A lire aussi, « Les Vaisseaux du cœur » de Benoîte Groult, un des romans les plus vrais et les plus libres sur le désir féminin, désir joyeux, impérieux et subtil. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : EROS
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