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L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture
Mardi 9 octobre 2007 2 09 /10 /2007 00:58

Jeux de conquêtes : « L’extrême plaisir de séduire quand on est jeune et qu'on découvre le pouvoir infini que donne sur un homme socialement arrivé une jambe désirable, un sein à peine voilé ou un regard appuyé. Observer les visages tendus des autres joueurs et se sentir soi-même parfaitement calme… (« Le jeune homme au téléphone ») 

Jeux de rôles: « Lia voulait savoir comment baise un sexologue… Ce serait comme un jeu où on a le droit de faire tout ce qu’on veut pendant un quart d’heure. Notamment baiser dans un cabinet médical avec un professionnel du sexe » (Des désirs et des hommes

Mystère du désir : « Elle ne le trouvait pas vraiment beau : dans une foule elle ne l’aurait pas remarqué. Il ne ressemblait à aucun des hommes qui l’avaient troublé dans le passé. Mais en se penchant sur lui, en respirant sa peau, elle sentit le désir la submerger. Son cœur s’accéléra lorsqu’elle commença à parcourir son ventre et ses cuisses de baisers tout légers, jusqu’aux jambes, jusqu’au bout des pieds. » (L’algue fatale) 

Evidence du désir : « Il a baissé la lumière, s’est assis en tailleur sur le matelas et m’a fait signe de m’asseoir face à lui dans la même position. Puis il a pris ma main, l’a posée sur son sexe qui était mince et dur. J’ai souri : « Je croyais que tu n’avais plus envie… - Je sais, mais tu émets des vibrations particulières. Il y a longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Caresse-moi, fais-moi du bien. » Il avait un pantalon de toile fluide, un peu comme un saroual, fermé par un lacet que je n’ai eu aucun  mal à desserrer. En dessous, il ne portait rien et ma main a senti tout de suite sa peau, la chaleur de sa bite légèrement humide à l’extrémité. Nous ne disions pas un mot. Je caressais sa verge, je caressais ses couilles qui roulaient et gonflaient entre mes doigts, si absorbée par le trouble qui me gagnait que j’ai à peine réalisé que ses doigts à son tour me fouillaient. (Les latitudes amoureuses) 

Intimité: Elle s’assoit sur la chaise de la cuisine tandis que Matteo prépare le café. Il est nu, il a des fesses superbes, elle le  lui dit. Il rit, tourne la tête et lui jette un regard affolant de fille, le même regard qu’Adrien, qui la trouble à nouveau.  Il s’en rend compte, recule vers elle, lui met le cul à hauteur du visage, ondule à deux centimètres de ses lèvres. Lola veut l’esquiver, lui ordonne d’arrêter, mais il se frotte à elle, lascif, voire lascive. Elle éclate de rire : « Matteo, tu es une allumeuse, une petite salope d’allumeuse, arrête tout de suite » […] Il la regarde dans les yeux, joueur : « N’est-ce pas que je te plais ? »  Sa bouche est mutine, son sourire provocant. En riant,  Lola le prend à la taille, le force à se lever et lui claque les fesses avec un plaisir extrême, puis elle les lui écarte et y entre la langue. A cet instant, elle aime tout de lui. (Ce qui trouble Lola) 

Imaginaire sans tabous: Elle-même découvrit qu’une clé à pipe porte bien mal son nom mais peut servir à d’autres usages pénétrants, que le silicone liquide destiné à lubrifier les dérailleurs de vélo ouvre à des sports de glisse autrement plus profonds… Bref, du gant de bricolage en fin latex jusqu’aux serre-joints, en passant par les pinces crocodile capables de mordre voluptueusement ses seins, ou le film plastique- d’ordinaire vendu aux pressings pour emballer le linge propre- dont elle emprisonna bien serré Damien, ne laissant à nu que sa verge devant laquelle elle s’agenouilla, la quincaillerie paternelle s’était transformée en antre du plaisir où l’imagination remplaçait avantageusement le côté « hyper realistic » des godes de sex-shop. (Autres désirs, autres hommes ) 

Suppression des « petites cases » : « Tu ne m’as pas enculé… » […]  « Et alors ? Tu n’as pas joui ? -Oh si ! C’était géant…  

-J’avais envie de ça, te montrer qu’un pédé n’est pas qu’un enculé, te sortir de la tête ces préjugés de sexualité primaire dont les hétéros nous affublent et que tu as forcément puisque tu viens, par définition, d’une famille hétéro : tout homosexuel est né d’un couple hétéro, preuve que ce n’est pas héréditaire ! Jouir entre hommes , Stéphane, c’est pouvoir tout faire : se caresser, se pénétrer, chacun son tour prendre ou être pris, se faire mal pour se faire du bien, être tendre ou brutal. C’est goûter nos odeurs et nos jus dont on n’a pas peur parce qu’on a les mêmes. On est semblables, donc on n’a peur de rien. »  (Autres désirs, autres hommes

Découverte de soi : Je n’avais pas peur de grand-chose, excepté de moi, et tu m’as délivrée de cette peur de moi, rendu mes excès adorables. Pourquoi toi ? Parce que. Moment propice, j’y étais prête, mes pérégrinations sur la planète des hommes m’ont autant appris sur moi que sur eux, la vie est une savante alchimie d’instants vécus qui complètent peu à peu le puzzle.  J’ignore ce que sera l’image achevée,  tant mieux. Si je la connaissais, si je la programmais, je crois que je n’aurais plus envie de vivre, les certitudes m’angoissent … (Ce qui trouble Lola) 

Pourquoi tous ces bouts de texte ? Pour répondre à l’étrange question d’un  ami : « Finalement Françoise, ce que tu aimes, c’est baiser ou rencontrer des gens ». ?  Si le sexe n’était que baiser ou jouir, on s’en lasserait vite. Certains s’en lassent vite à cause de cela.  Mais lorsqu’il permet d’affronter les mystères de l’autre et ses propres mystères, ombre et lumière, désirs et répulsions, tendresse et agressivité… quand il ouvre le mental autant que le physique, comment penser « en faire le tour » en une vie ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : EROS
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