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L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture
Vendredi 19 octobre 2007 5 19 10 2007 13:17

Est-ce l'automne? En trois jours, plusieurs ami(e)s m'ont fait part de leurs doutes sur leur vie privée, qu'il s'agisse de s'évader d'un couple classique ou de s'interroger sur les vertus de l'amour libre. Avec généralement l'envie de trouver "le" bon modèle. J'ai fouillé dans mes archives et trouvé ce texte de 2005, écrit après une période d'incertitudes multiples, qui ont mûri mon équilibre d'aujourd'hui.

Mai 2004, j’interviewe une brillante universitaire. Avant la fin du repas, alors que nous parlons d’un tout autre sujet, elle me confie : « J’ai lu « Aimer plusieurs hommes  ». Il y a six mois, je vous aurais dit que c’était exactement moi. Et puis j’ai changé d’avis. Je change de vie. »

Elle avait fait ses études au cours de la décennie 70/80, parenthèse enchantée des libertés en tous genres, avec la pilule et sans le SIDA. Après leurs études, son mari et elle se sont installés et ont opté pour une vie amoureuse très libre « Pour nous, ça allait de soi. Nous nous aimions, nous avons eu deux enfants, et nous menions des relations amoureuses en toute liberté. Sans tout nous dire, mais sans rien nous cacher. Comme vous. Autour de nous les gens restaient incrédules, ils guettaient le moment où ça allait craquer. On a passé vingt ans de bonheur et de liberté, avec des enfants bien dans leur peau… »

J’attends le « Et puis… », le récit de l’instant où tout a basculé. Un déclic étonnant, avec un vieux copain de fac, nommé là où elle travaille. Retrouvailles chaleureuses, puis de plus en plus tendres. M. passe une soirée chez cet ami, comme elle a passé de multiples soirées depuis vingt ans chez des hommes , rentrant au petit matin chez elle. Mais cette fois ci, elle ne rentre pas. Pendant un mois, lorsqu’elle va chez cet homme que nous appellerons H. elle ne retourne chez elle que le soir suivant et perçoit bientôt chez son mari un reproche muet, un silence attristé. Il sent qu’un grain de sable est venu enrayer cette mécanique si bien huilée. H. est de plus en plus amoureux, M. l’est moins que lui et pourtant, au bout d’un mois, elle appelle son mari pour lui dire qu’elle désire une séparation. Le grain de sable est devenu montagne. « Qu’est- ce qui vous a amenée à changer de vie, d’avis ? »

 

 

Ce n’est pas l’amour, elle a connu des passions autrement plus torrides qu’elle a su « gérer » de main de maître, navigant sans faillir entre ses nuits brûlantes, son travail, la tenue de la maison avec deux ados à nourrir, et son mari. Autour d’elle, chacun vantait sa vitalité, les hommes de sa vie l’épiaient avec une admiration non dissimulée, beaucoup avaient essayé de l’entraîner dans une classique liaison s’achevant par un divorce, « comme les copains  ». En vain. Elle tenait boute au vent.

 

 

« C’est de cela que j’ai eu assez, de cette image d’extra-terrestre de l’amour, capable de garder le beurre et l’argent du beurre, de mener mille vies quand d’autres peinent avec une seule. J’ai été parfaite, et c’est épuisant d’être parfaite. J’ai mené une vie extraordinaire mais avec le sentiment qu’on m’attendait sans cesse au tournant, qu’on guettait la faiblesse… J’ai lutté, mais je suis fatiguée »

 

 

M. se tait, dessine des ronds sur la nappe, hésite : « Je ne sais pas si j’ai raison, si cet amour va durer. Je fais de la peine à mon mari qui ne comprend pas ma volte-face, à mes enfants si fiers de leurs parents, à bien des amants vexés qu’un autre ait réussi ce qu’ils avaient tenté en vain. Ma seule motivation, c’est de m’inscrire dans un schéma tout simple de couple fidèle, où on ne se pose pas de questions et surtout les autres cessent de vous en poser. »

 

 

Les autres, dont beaucoup doivent se réjouir de l’échec de ce couple libre qui a tenu vingt ans, plus que bien des couples classiques, car ils vont pouvoir décréter que « cela ne marche pas », tout comme une étude négative sur l’homéopathie est généralement annoncée sous le titre « l’homéopathie, ça ne marche pas », tandis qu’un échec d’un médicament quelconque ne fera jamais titrer : « la médecine ne marche pas. » Le modèle dominant bénéficie toujours de plus d’indulgence que le modèle marginal, qui n’a pas droit à l’erreur. L’erreur est sans doute de passer d’un modèle à un autre, de s’imposer une théorie du comportement si rigide qu’elle enferme autant que les petites cases d’antan.

Longtemps, j’ai tenté de modéliser ma façon de vivre, sans y arriver, car elle est par essence fluide. A l’inverse de la monogamie, qui interdit les escapades hors du couple, la notion de fidélités plurielles, si elle laisse la porte ouverte aux désirs, n’impose pas d’être en permanence « plurielle ». La vie n’y est pas construction sur plans, mais mouvance perpétuelle.

 

 

Lors de la parution de « Aimer plusieurs hommes  », je me référais encore à la notion de couple, comme le centre d’une galaxie autour de laquelle tournaient d’autres amours. Aujourd’hui, je placerais plutôt la personne seule au centre de la galaxie, comme un électron libre auxquels s’accrochent d’autres électrons qui génèrent des relations plus ou moins intimes et non codifiées selon le degré de projet et de complicité communs. Lorsque la sexualité n’est plus « le point où tout bascule » mais devient un langage, elle cesse de dominer la relation et  c’est pourquoi les soirées du type « on dîne, on baise » ne m’intéressent plus guère. Peut-être aurais-je un jour envie de renouer avec ces séductions légères, ou au contraire un accès de monogamie ou de chaste solitude. Quoi qu’il en soit, je ne me dirais pas que je change d’avis ou de modèle. Je respecte les mouvements de la vie, qui sait souvent mieux que nous. Mais tout ceci demande d’avoir confiance en Elle, confiance en soi. Apprendre à s’aimer, soi, pour ne plus dépendre du regard des autres, et pour que l’autre ne soit plus un besoin mais un désir, cela exige de cultiver à la fois le détachement et l’amour. L’intimité et la juste distance. En ne craignant ni les incertitudes ni, parfois, un peu de solitude.

 

 

 

 

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : EROS
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Commentaires

Exemple d'une tension qui s'est plus ou moins dissipée :

"Où des hommes et des femmes réinventent une nouvelle conjugalité"

Tel est le sous titre de "Aimer plusieurs hommes". Ce livre, l'ami avec lequel j'ai découvert vos ouvrages, lui qui travaille dans une librairie, je lui ai demandé de me le commander en cinq exemplaire. "Bonne technique de drague !" - m'a-t-il fait avec un clin d'oeil de second degré.

A qui offrir tous ces exemplaires ? Une personne que je savais avoir une vie similaire et une autre avec qui j'avais vécu ce genre de discussion dans notre histoire. Là, la drague passe encore, mais dès lors qu'il s'agissait en plus de ma soeur et son époux, d'un de mes meilleurs amis et de sa futur épouse, à moins que de vouloir me faire ma soeur et la futur épouse de cet ami, voir mon beau frère et cet ami, le trait d'humour de Samy ne pouvait que révéler tout son second degré, mais quel second degré ?

"Où des hommes et des femmes réinventent une nouvelle conjugalité"

Conjugalité ?!? Conjugalité ? Pourquoi alors que la tendresse est si belle peut elle devenir aussi laide lorsque l'un des deux amants n'en a plus l'exclusivité ?!? Voilà une question qui m'a toujours horrifiée ! Imaginer que cela puisse arriver à ma soeur et son époux ou à mon ami et son épouse, cela m'horrifiait. Les époux ne sont-ils pas amants, comme vous le faites remarquer ?!? On l'oublie souvent ajoutez vous ! Connaissant leur volonté d'une fidélité exclusive, je n'avais qu'une envie leur mettre ce livre entre les mains en leur disant : "Pourvu qu'il ne vous serve jamais puisque tel est votre souhait, mais si une histoire que l'un(e) d'entre vous pourrait avoir mettait en péril l'histoire que vous souhaitez, lisez ce livre avant de tout détruire !?! Lisez-le, le péril vous apparaîtra moins périlleux, voire au contraire riche en possibilité de réinventer votre histoire ! Mieux n'attendez pas que cela arrive pour le lire, lisez-le maintenant !?! Pourquoi ? Je ne sais pas pourquoi." Reste que ce livre, je ne le leur ai jamais offert et je ne sais toujours pas... pourquoi.

Plein de possibles ?!? Plein d'histoires ? Des envies qui viennent envenimer de question la fidélité, la remettre en question. Cela aurait été un peu comme offrir un superbe couteau de cuisine qui plutôt que de servir à une fine cuisine des idées conjugales, servirait de meurtre : faire miroiter des possibles qui ruinent leur couple. Offrir part toujours d'une bonne intention, mais il y a l'art et la manière d'offrir de sorte à ce que la cadeau prenne tout son sens sans qu'il soit détourné. Je ne sais pas si vous pouvez vous imaginer votre livre séparer des familles alors que justement vous l'avez écrit pour montrer que la question du tiers n'oblige nullement les familles à se séparer. Au contraire, la véritable fidélité ne se situe plus en dessous de la ceinture, mais dans le soutien mutuel dans les épreuves.

J'ai vaguement dit à ma soeur que je comptais lui offrir ce livre, mais elle n'avait pas le temps de le lire. Reste qu'un jour, elle m'a tendu une perche volontairement ou involontairement. Elle prenait la voiture avec sa petite alors que j'étais sur le seuil de sa maison avec l'homme de ses nuits, lorsqu'elle lança dans la conversation une boutade sur les frictions quotidiennes inhérente à toute vie commune comme elle en a l'habitude :

"En tous cas, si un jour on doit divorcer, tu feras un très bon avocat pour lui !"

Sur ce, je lui répondu :

"Ne t'inquiètes pas !?! Avec moi, quoi qu'il arrive vous passerez encore de merveilleux moments !"

Et l'homme de ses nuits, beau comme un diable au demeurant, de prendre des postures de pin-up qui séduire irrésistiblement son sourire et son rire. Enfin, la voilà cette tension qui s'est dissipée... partiellement... de quelques traits d'humour où chacun a brillé à sa manière. Reste que je ne le leur ai toujours pas offert votre livre. Pourquoi ?!? Je ne sais toujours pas pourquoi !

Enfin si, mieux que jamais, mais...

Plein de possibles ?!? L'horizon merveilleux de plein d'histoires possibles ? Certes, oui, mais pour moi, votre livre a surtout signifié un horizon où le tiers ou la tierse ne sont plus une menace pour la tendresse !?! La tendresse est si belle alors pourquoi faut-il qu'elle devienne si laide lorsque l'un des deux amants n'en a plus l'exclusivité ? Horrible question où j'ai non pas trouvé, mais retrouvé les mots qui m'on soulager de son horreur. Se sentir libéré de la peur du tiers, d'un horizon où chaque tierse personne est une menace, mais cela suffit déjà à un horizon merveilleux : quelle libération ! Que je puisse représenter une menace pour d'autres, que pour d'autres les autres reste une menace, le fait d'être quant à soi libéré d'un horizon aussi menaçant m'a suffit à voir se lever quelque horizon merveilleux. Je ne verrai peut-être pas son zénith ou son aurore, mais diable, qu'elle merveille qu'une telle libération si minime soit-elle. Et quand bien même je m'étais libéré d'un horizon si menaçant avant de vous lire, c'est tout autre chose de retrouver les mots qui libèrent ailleurs que dans ses pensées, que dans des conversations avec de rares proches, soit dans un livre. Là, il y a un certain sentiment d'être libéré de l'isolement de ses pensées ou de quelques conversations isolées : la publication d'un livre donne un caractère public à ces mots.

Autre libération à la lecture de votre livre lorsque je me suis dit. : "Enfin, je ne vais pas devoir me répéter et me répéter encore à des personnes qui ne sont pas toujours disposée à parler avec moi ou à me taire face à des personnes qui ne le sont pas : j'ai un livre à portée de main à offrir... le moment venu." C'est un peu comme avoir une clé qui libère du boulet de se répéter ou du boulet du silence. Après deux ans, je ne sais toujours pas comment la tourner pour que les idées tranchantes de ce livre à même d'affiner la pensée de la fidélité ne se retourne en lames meurtrières dans l'histoire des personnes qui le lisent, mais cela viendra... si j'arrive peut-être simplement à faire confiance à vos mots pour donner tout leur sens sans se laisser détourner.

Enfin soit, merci à vous et au passage à Caroline dont j'avais à l'origine manqué la pertinence des interrogations de son commentaire. Certes, mes propos ne recouvre qu'une part minime de cette pertinence. Au passage, je m'excuse auprès d'Artémis pour la susceptibilité de mes propos en matière de distance, mais çà, c'est une autre histoire.
Commentaire n°1 posté par S@m le 31/10/2007 à 17h08
Merci pour ce très beau témoignage . Denis
Commentaire n°2 posté par denis seignez le 19/10/2007 à 18h07
Comme toujours je ne peux qu'être d'accord avec vous. Il faut se garder de toute normativité, fut-ce dans l'anormal même...
Mais lorsque vous parlez de cette femme, j'ai l'impression que c'est surtout la pression sociale qui l'a fait céder. Cela ne fait que me conforter dans l'idée de garder secret notre "mode de fonctionnement", ne serait-ce que pour ne pas avoir d'envieux guettant le moindre déraillement ou essouflement de notre couple.
Commentaire n°3 posté par Madeleine le 19/10/2007 à 14h14
Absolument d’accord avec vous, Madeleine. On a une fâcheuse tendance à porter notre sexualité en étendard ces temps ci. Comment peut-on se définir par quelque chose d’aussi fluctuant que sa ses désirs sexuels, comme nous l’explique si bien Françoise. Pourquoi vouloir se mettre dans une case, se coller une étiquette ? Socrate a sans doute eu des relations homosexuelles mais il ne viendrait à l’idée d’aucun philosophe de le définir comme tel, tout au moins je l’espère… À propos, ma note de demain traitera de la fluidité des désirs et des liens "indissolubles" du mariage. Bon débat !
Commentaire n°4 posté par Vagant le 19/10/2007 à 14h43
Eh oui, la pression sociale... J'ai publié14 livres, seulement 5 érotiques, ceux dont on me parle toujours! J'ai pris le parti d'en rire en faisant même un peu de provoc'. Autre attitude sage, celle de Bertrand Delanoë à qui un stupide journaleux demandait: "Vous avouez (!!!) être homosexuel. Qu'espérez-vous que les parisiens en pensent? " et qui a répondu: "Moi? j'aimerais qu'ils s'en foutent, je suis homosexuel, c'est une composante de ma personnalité mais heureusement ce n'est pas la seule." Vous avez raison Madeleine, cultivez votre jardin en privé. On peut le faire en restant secrète ou, avec un métier médiatique comme le mien, en parlant beaucoup sans révéler grand chose.
Commentaire n°5 posté par françoise le 19/10/2007 à 15h24

Contrairement à mon mari qui prêche par un excès de discrétion et d'intériorité, je ne peux m'empêcher de parler constamment de notre mode de vie.  Je crois que j'ai besoin d'en parler pour trouver chez les autres une forme d'approbation ou d'envie, probablement pour me rassurer.  Je suis pourtant très heureuse mais je suis aussi très sensible à ce que pensent les autres de moi.  Actuellement, seul mon mari fréquente une autre femme: j'ai aussi besoin de parler de notre mode de vie dans mon entourage par peur qu'on croit que je ne suis pas au courant et que mon mari me trompe.  Alors qu'en réalité, c'est une entente que nous avons tous les deux, et même si je ne fréquente personne, je profite de ce mode de vie en ce que tout est possible.  Je m'autorise à désirer d'autres hommes en toute liberté et c'est surtout ça qui me procure une joie de vivre.


Dites-moi que ce besoin de plaire et de ne pas être jugée s'estomp avec l'âge!  J'ai 33 ans et j'ai parfois l'impression d'en avoir encore 16...  J'aimerais avoir l'élégance de la discrétion.


 

Commentaire n°6 posté par caroline le 19/10/2007 à 16h45
Effectivement, il s'estompe avec l'âge, quand on est en paix avec son ego. Après le prosélytisme enthousiaste des débuts, après la défensive face aux attaques, questions... vient un moment où on s'en fiche, où on fait le tri, où seul le regard des gens qu'on aime vraiment importe. Et celui là, même s'ils n'adhèrent pas forcément à tout, reste bienveillant. Vient aussi un moment où on s'attache plus aux actes qu'aux mots: agir plutôt que vouloir convaincre ou dénoncer. Pas seulement en matière amoureuse, mais dans tout ce qui tient à coeur.
Commentaire n°7 posté par françoise le 19/10/2007 à 17h06

Comme d'habitude je trouve votre article très intelligent, bref j'aime bien vous lire, je crois même que je vous admire, enfin ça se dit ça ??


 

Commentaire n°8 posté par florence le 19/10/2007 à 21h39

"Apprendre à s’aimer, soi, pour ne plus dépendre du regard des autres, et pour que l’autre ne soit plus un besoin mais un désir, cela exige de cultiver à la fois le détachement et l’amour. L’intimité et la juste distance."


Je sais , ça va faire long à graver sur ma tombe....


Et pourtant cela résume si bien toute ma pensée!


Cordialement


Arthémisia

Commentaire n°9 posté par Arthémisia le 26/10/2007 à 18h40
Ce n'est pas le terme "regard de l'autre" qui est important, c\est le mot "dépendance". Bien sûr, les regards qu'on échange sont primordiaux, sous réserves de ne pas dépendre d'eux pour se sentir exister. Regarder l'autre parce qu\il ou elle vous intéresse, pas comme un miroir qui doit vous rassurer...
Commentaire n°10 posté par françoise le 28/10/2007 à 15h41

L'admiration qu'on a pour quelqu'un tombe lorsqu'on s'aperçoit que cette personne ne s'intéresse pas à nous.  Je trouve très difficile d'apprécier quelqu'un que je laisse indifférend.  Et si cette indifférence se transforme en rejet, je n'y trouve aucun intérêt.


Il faut beaucoup d'intelligence pour "aimer " ou "désirer" malgré le fait que l'autre ne nous aime pas ou ne désire pas.  En cela, je trouve que Laborit a raison lorsqu'il affirme que le plaisir vient de la gratification et que "moi, c'est les autres".


Il ne s'agit pas de me rassurer mais ça fait quand même tomber le désir si ce n'est pas réciproque... et ça fait drôlement du bien d'être rassurée!

Commentaire n°11 posté par Caroline le 29/10/2007 à 17h59
Ah, Caroline, si ce que vous dites était vrai, il n'y aurait quasiment pas de films, de romans ou de chansons: quand l'un aime et l'autre pas, c'est  la base de notre culture: passion contrariée!  :) Plus sérieusement, vous avez raison: s'il y a rejet, il est préférable de partir en courant, mais cela n'empêche pas de désirer, on dit même que le désir peut naître de cette frustration! Par contre, l'admiration que je peux avoir pour quelqu\\\'un ne dépend pas du désir qu'il a pour moi, mais de ce qu'il est, lui, qui me charme. Et c'est un tel plaisir d'être charmée par quelqu'un!  A l'inverse, il peut arriver que le désir trop pesant d'un homme me donne envie de fuir. Bref, je ne pense pas que le désir est un "donnant/donnant", c'est infiniment plus compliqué que ça.
Commentaire n°12 posté par françoise le 29/10/2007 à 18h37

Comme c'est le cas pour vous, 'l'admiration que je peux avoir pour quelqu'un ne dépend pas du désir qu'il a pour moi".  Je peux admirer ou désirer quelqu'un sans même qu'il ne me connaisse. Mais si je sais que cette personne ne m'aime particulièrement pas, que je ne suis pas le genre de personne qu'il apprécie, ça me laisse froide.  Le désir n'est pas un donnant-donnant mais il doit tout de même y avoir un échange, sentir que l'on apporte quelque chose à la personne.  Sinon, ça reste dans l'ordre du fantasme, ce qui n'est pas si mal non plus!

Commentaire n°13 posté par Caroline le 29/10/2007 à 19h31
Je reviens souvent à ce billet que j'ai bien aimé. Malgré mon couple polyamoureux, j'ai souvent l'impression de revenir à la case départ à la moindre difficulté. Des moments de jalousie et des remises en question lorsque l'on est mis en face de la réalité que l'on a pourtant acceptée. Vous dites qu'au départ, votre relation polyamoureuse était centrée autour du couple alors que maintenant, elle est plutôt centrée autour de l'individu. Est-ce parce que le lien fusionel (qui peut exister dans une relation polyamoureuse) s'est rompu? Je trouve seulement triste de devoir renoncer au couple fusionnel, à l'âme soeur. Est-ce possible de tout partager avec l'autre tout en explorant ailleurs? est-ce qu'en bout de ligne on ne finit pas par s'éloigner et devoir par la force des choses accepter la solitude de l'âme...
Commentaire n°14 posté par caroline le 13/03/2008 à 17h50
Il est naturel d'avoir des hauts et des bas, des doutes et des questions dans toute relation, qu'elle soit monogame ou polyamoureuse. La seconde encore davantage parce qu'elle ne bénéficie pas d'un consensus général, qu'il faut en permanence inventer. Cela étant, vous ne pouvez pas être fusionnelle et polyamoureuse, car si vous ne formez qu'un avec un partenaire- mettons votre conjoint- cela veut dire qu'il partagerait vos autres amours! J'ai eu des liens passionnels, mais jamais fusionnels avec quiconque, si je dis que je pense à présent plus en termes de personnes que de couple, c'est justement parce que je n'aime pas l'idée d'une cellule- couple autour de laquelle graviteraient des individus subalternes. Aimer, ce n'estpas ne faire qu'un, c'est rester deux et regarder l'autre comme une personne entière, pas votre moitié. Enfin, il me semble...
Commentaire n°15 posté par françoise le 13/03/2008 à 20h40

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