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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 17:22

Les blogs tiennent souvent lieu pour leurs auteurs de journaux intimes, qui y racontent en détail leur vie et leurs ressentis. La différence est que le blog n’est pas intime, il est PUBLIC. Les journaux intimes, les vrais, fermaient avec un cadenas, ou s’ouvraient sur une phrase menaçante « Malheur à qui lira ce cahier ! »  Leur propriétaire s’y réfugiait face à lui-même, ses faiblesses, ses doutes, ses revirements, comme on se cache pour pleurer. Librement. Sans chercher à donner une image de soi, sans devoir se justifier.  

 

Comme le journal intime, le roman s’écrit dans la solitude. Il ne devient public qu’une fois publié. C’est indispensable pour conserver sa liberté d’écrire, sans risquer de biffer ou modifier une phrase à cause du « regard de l’autre ».  L’autre qui, lorsqu’il le lira, aimera ou n’aimera pas le roman en fonction de sa propre identité, mais n’ira pas exiger de l’auteur qu’il se justifie. La littérature reste un espace de liberté, malgré les coups de genou des merchandisers qui souhaiteraient lui appliquer les règles du marketing.

 

A l’inverse, le blogger écrit pour lui, certes, mais aussi (surtout) pour les internautes. Pour tester l’intérêt qu’il suscite, loi de l’Audimat d’ailleurs revendiquée par les hébergeurs qui donnent des « conseils pour booster votre audience » alors même que celle-ci ne rapporte pas un centime à l’auteur.

 

Ainsi, aussi bien écrits soient-ils, les blogs ne sont pas de la littérature mais de la communication. Avec le risque inhérent à la com’ : on n’exprime correctement que 60% de ce qu’on pense, et les lecteurs ne saisissent correctement que 60% de ce qui est exprimé, ce qui fait au final 36% de compréhension mutuelle. C’est peu. D’où des débats à n’en plus finir sur des problèmes qui n’en sont intrinsèquement pas, mais reflètent simplement des différences de sensibilités et des malentendus.

 

Depuis quelques jours la discussion fait rage sur un post intitulé « le goût des africaines » http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/  dont je suis sûre que l’auteur n’avait aucune intention malveillante. Pour avoir discuté ailleurs avec lui, c’est un bon bougre, pas raciste pour deux sous, qui voulait juste exprimer un enthousiasme enfantin suscité par ses aventures avec ses amantes africaines qui ont été séduites par lui sans se ni lui « prendre la tête ». C’était négliger le fait qu’associer le SEXE, sujet ô combien sensible, et l’AFRIQUE, quasiment taboue dans un pays tiraillé entre relents colonisateurs pour ne pas dire racistes et propension forte à la repentance et au politiquement correct  était assez casse-gueule. D’autant plus que Georges a maladroitement fait de quelques aventures réussies une généralité : toutes les africaines ne sont pas comme celles qu’il a rencontrées, et s’ils avaient subi moult râteaux, il aurait peut-être conclu de façon tout aussi excessive : « les africaines sont coincées et arrogantes. » Sa formulation « les africaines ne corticalisent pas » voulait vraisemblablement illustrer leur joie de vivre spontanée. Mais il est évident que pour certains, cette phrase a été comprise comme « ne pensent pas », les uns s’en indignant en traitant l’auteur de raciste, les autres se réjouissant de voir confortés leurs préjugés.

Bref, les mots dits peuvent être maudits quand on écrit sur la place publique et que l’auteur est identifié du fait de ce qu’il écrit comme un séducteur obsessionnel alors que, j’en suis sûre, il a mille autres facettes tout aussi intéressantes. On a vite fait de vous cataloguer de façon réductrice, j’en sais quelque chose. L’avantage du roman est de pouvoir exprimer les choses avec plus de nuances.

 

« En quinze ans d’Afrique, du Togo au Sénégal, en passant par le Congo, le Bénin puis la Côte d’Ivoire, Simon est devenu mordu des  femmes de ce continent. Les autres lui en veulent. Lorsqu’il arrive dans un cercle de blancs - des coopérants à l’esprit aussi colon qu’ont pu l’être leurs grands-pères- il sait que leurs épouses murmurent sur son passage qu’il est « le blanc qui aime les négresses » un pervers pour les coincées, un exploiteur pour les tiers-mondistes qui n’imaginent pas qu’un occidental puisse tout simplement désirer une femme noire. D’ailleurs Simon n’aime pas « les noires », il aime l’Afrique, l’esprit africain, cette immense capacité à vivre dans un joyeux désordre qui déconcerte nos esprits rationnels et sans laquelle ce continent  serait en totale misère. Les femmes africaines lui apportent ce même joyeux désordre amoureux : la capacité à vivre sans schéma, à savourer le présent sans penser à demain, puisque demain, quand on n’a rien ou pas grand-chose, est un autre jour.

 

Simon a 62 ans, sa dernière compagne en avait 30. Jamais elle ne lui a parlé de la différence d’âge comme d’un handicap ou d’un signe particulier de leur couple. Elle l’appelait « le vieux », au village tout le monde l’appelait « le vieux », mais ici, c’est un surnom affectueux. Respectueux. Simon se dit souvent qu’en Afrique, la vieillesse n’est pas un naufrage. Surtout pour un blanc qui a de l’argent. Double prestige. » (extrait de « Noir désir » in Autres désirs, autres hommes  »)

 

 

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Published by Françoise Simpère - dans Humeur
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commentaires

françoise 21/11/2007 09:52

Madame, j'accepte vos excuses, mais souhaite vous dire que je passe des heures sur une phrase, parfois même un mot jusqu'à ce qu'il me semble "juste". La justesse de l'expression, le rythme de la pensée sont un art très difficile. L'écriture fluide et simple de mes livres est le résultat de mois de travail, mais comme me disent mes éditeurs "c'est tout l'art de l'écrivain de faire oublier l'effort qu'il a mis dans ses livres". C'est encore plus ardu avec l'écriture érotique, où il faut faire paraître merveilleux, unique, un acte que tout le monde fait avec sensiblement les mêmes gestes, donc traduire des émotions au sens propre "indicibles" comme le désir; Je sais de quoi je parle: j'ai écrit un essai sur l'urbanisme, un roman classique, plusieurs autres romans (encore non publiés) et l'écriture en était infiniment plus simple que l'écriture dite érotique. Mais- comme pour  les polars au départ ou la science-fiction- un reste de pudeur veut qu'on cantonne cette littérature à un étage inférieur, alors qu'Apollinaire, Baudelaire, Victor Hugo,  Boris Vian, Rimbaud... tous s'y sont essayés, avec plus ou moins de bonheur.
Je vous laisse, je travaille actuellement sur un livre, et depuis hier je bute sur un problème de transition que je n'arrive pas à résoudre.

nathalie 21/11/2007 01:19

madame,
je tiens à m\\\'excuser, ma remarque était déplacée, arrogante, hors de propos, en effet  si je suis passée chez vous, c\\\'est que quelque chose dans votre travail m\\\'interpelle, or j\\\'aurais simplement souhaité vous soumettre un retravail de votre texture et matière textuelle..je ne saurais être habilitée à qualifier vos arguments ,  bien que ceux-ci se prêtent à une longue  réflexion, et sous cet angle, je suis novice..cependant je ne puis m\\\'empêcher d\\\'avoir le sentiment que votre écriture d\\\'un point de vue strictement formel pourrait être encore plus aboutie, et faire sens à travers sa poétique propre, un flaubert, passait des heures sur une phrase même qu\\\'il corrigeait sans cesse, des brouillons et des brouillons,
très cordialement,

S@m 20/11/2007 17:55

Pour faire simple, les auteurs de références cités ont pour la plupart fait carrière d'écrivain, carrière d'écrivain dans un contexte où la société du point de vue culturel était extrêmement dépendante de la littérature. A cette époque, les journaux diffusaient de nombreux feuilletons. Or cette possibilité de vivre du travail d'écrivain n'existe plus aujourd'hui et même si l'écrivain d'aujourd'hui disposent de moyens techniques sans précédents, comme les blogs, le désintérêt de la littérature est quant à lui sans précédents aussi. Devenir un auteur à part entière, pouvoir se consacrer entièrement à la littérature comme l'a fait Proust ou d'autres, résulte certes d'un choix de l'auteur, mais aussi de la possibilité de l'auteur de pouvoir le faire. Par ailleurs, l'expérience d'un auteur actif dans la société n'est pas la même que celle d'un auteur qui ne l'est qu'en qualité d'auteur. Françoise Simpère pose questions dans les institutions académiques ?!?  Les promesses de son travail d'auteurs laisse certaines institutions académiques ? Qu'est-ce que ces institutions attendent pour lui dire souhaiter la voir embrasser à plein temps la vie d'auteur et lui donner les moyens de l'embrasser !?! La qualité d'un auteur ne dépend pas seulement de sa plume, mais aussi de ses lecteurs ! Certains regrettent de ne pas avoir de Simpère qui atteignent la qualité stylistiques des auteurs de références ?!? Ceux-là ferait peut-être bien de se rappeler que ces auteurs pouvait compter sur la participation d'un certain lectorat autrement disposé à la littérature et de prendre acte qu'ils ont leur à joué ! Ces lecteurs érudits connaissent-ils les oeuvres de commandes ?!? Certes, une commande est toujours délicates, notamment lorsque ceux-ci qui font la commande souhaiteraient mettre à disposition des outils conceptuels d'écritures et les voir adoptés ! Ce genre de situation s'exposent à une certaine cristallisation des manières de penser, mais c'est de la sorte que se sédimente les pierres précieuses et c'est en fonction de cette strucutre cristallinne que se taille la pierre. La pierre brut se rebiffe toujours à certaines formes et sa forme brute impose le choix des formes qui lui conviennent le mieux. Dans la littérature érotique, il est une figure très intéressante : Anaïs Nin. A propos des pierres, de l'art de sculpter celles-ci qu'elle que soit leur valeur, elle rapporte une manière toute féminine de les taillers dans son dernier journal. La forme de la pierre ne s'impose pas à la pierre, c'est la pierre qui impose sa forme. Ainsi Anaïs Nin rapporte l'art de sculpter d'une femme. Celle-ci se laissait attirer par la matière des pierres et après une longue observation où elle se laissait aller à toutes les formes auxquelles se prêtait la pierre, il y en a toujours une plus évidente que les autres qui se dégageait. Assurément, la matière que propose Françoise subjugue et laisse sur sa faim, mais n'est-ce pas là mettre en appétit, l'appétit de vivre avant toute chose. Personnellement, même si la forme me laisse sur ma faim, je ne lui en tiens nullement rigueur car le travail de la forme nécessite souvent des conditions de vie que la vie active ne permet pas. Le travail de la forme est un travail d'auteur à temps plein qui nécessite un soutien inconditionnel et l'audace d'oublier un temps les contraintes de ventes à court termes pour miser sur le long termes. Le plus intéressants dans tout cela, notamment avec "Pour lire au lit", c'est que non seulement l'écriture s'enracinne dans l'expérience de la vie, mais qu'elle se prête à l'oeuvre collective, chose quasi inédite. La matière proposée est intéressante, mais garde également le flair pour d'autres matières. Et ma question est simple : "Quand est-ce que l'on va arrêter de faire des stars de la littérature, de perpétuer le mythe des grands auteurs, pour se pencher sur la matière et ceux qui sont capables non seulement de lui donner le jour, mais de la travailler ?!?"Cette époque a de plus en plus besoin de grandes oeuvres littéraires, mais chercher un auteur qui seul puisse le faire tient du mythe. Je doute ainsi que Françoise rêve d'appartenir à ce panthéon où chacun des grands auteurs vit seul dans ses petites cases. Le corps est chez un langage qui se partage sans se soucier de la performance. L'écriture collective ?!? Je doute que l'acte d'écriture sorte un jour le nez de l'isolement auquel la tradition l'a réduit ! Cà et là, surtout dans le milieu académique, quelques ouvrages collectifs voient leurs auteurs s'effacer derrière le propos, mais...

S@m 20/11/2007 17:13

Pour ma part, moi qui ait le verbe alambiqué, je remarque différentes qualités littéraires non compatibles entre elles le plus souvent, à moins que, non pas ô génie, d'un travail acharné sur la charnellité de la langue à vous décharner. Ce que j'ai lu de Françoise ne m'a pas procuré un plaisir du sens des mots à chaque tournure de phrase, mais l'accessibilité du style conjuguée au choix de contenu, un autre plaisir du sens de la langue ponctué cela et là, de phrase joliment tournée. La conjugaison de l'accessibilité et du choix du contenu m'ont souvent laissé l'impression d'une certaine humilité conjguée à la proximité vis-à-vis du lecteur là, où le verbe alambiqué a - malheureusement - tendance à prendre malgré lui de haut son lecteur étant l'exigence et l'intransigeance d'un tel style pour le lecteur. Reste que, qu'il s'agisse de romans, de nouvelles ou d'essais que j'ai pu lire de Françoise, le choix du contenu, son ordre et son rythme propose une pensée souterraine où se retrouve les qualités littéraires que j'apprécie car ces choix sont loin d'être gratuits. Quid ?!? Le rôle principale de la culture me semble être de cultiver la liberté d'expression en ce sens qu'une liberté qui n'a pas les moyens de sa liberté n'en est pas une or il me semble y avoir différent moyens de cultiver la liberté d'expression. Du plus consensuel au moins consensuel, voir au dissensuel. Du plus accessible au moins accessible, sans que l'un ou l'autre dénote plus d'intelligence. Favoriser une écriture difficilement accessible incite à la réflexion, mais consiste aussi à toucher à un sujet sans avoir l'air d'y toucher. Proust, me fait bailler, mais me met dans un état d'onirisme favorable à une réflexion tout en décantation. Si Proust me fait bailler, c'est que l'aspect directe de son style est d'une neutralité insipide qui dissimule avec facétie - car je crois l'auteur facétieux -des positions très claires par rapport à ces contemporains. Je pense ici particulièrement à sa position vis-à-vis de Bergson sur la question du temps, soit implicitement de la narrativité : "Un spécimen vivant d'histoire naturelle". A peu de chose prêt, voilà, ce que pense le petit Marcel sur l'influence du bergsonisme dans la conception littéraire de son temps quant au temps. L'allusion à Bergson est bien évidement masquée, mais je puis vous garantir que les développements d'une telle allusion peuvent s'avérer de l'ordre du dissensus incendiaire. Sous ses airs timides, le p'tit Marcel cache une pensée audacieuse et irrévérencieuse dans son art formel de la révérence, mais sa cruauté à l'égard de son propre narrateur, malgré les dissolutions impressionnistes de sa phraséologie paragraphique, ne devrait pas laisser dupe le lecteur. Le narrateur proustien est un héros des valeurs morales bien pensantes de son époque dans l'expression, mais tout d'un anti-héros dans l'impression qu'il distille au compte goutte : un traitement littéraire de la jalousie digne de l'homéopathie. La position de Françoise est quant à elle beaucoup plus directe quant à la jalousie, directe, mais beaucoup moins incendiaire. Certaines formules ont tout pour déplaire au sens commun, mais s'éviter dans le même temps ses foudres. Je pense notamment à son expression de la fidélité, située bien au-dessus de la ceinture, soit dans le soutien mutuel dans les épreuves de la vie et dans la fidélité de la mémoire du passé et des liens affectifs dont elle est la trame - fidélité toute proustienne dans le fond, mais non dans la forme. De tels liens affectifs, dans le choix de l'action ne consiste nullement en une addition de liaisons classiques, mais une véritable trame où se tisse l'évolution affective tant des personnages que de la personnalité pour ce qui est des essais. Chaque liaison ou non liaison cristallise l'histoire d'une évolution ou d'une régression des dispositions affectives propre à la personnalité ou au caractère du personnage. Quant à lui, le narrateur proustien n'évolue pas ou fort peu, pointant par défaut la nécessité d'une telle évolution au-delà des premières impressions. Cette obstination proustienne à faire régresser son narrateur plutôt que de lui faire bénéficier de l'évolution des dispositions affectives et sociales d'un Swann stigmatise une volonté d'anti-héros où sa fascination pour l'héroïsme wagnérien tient, du point de vue des moeurs, lieu de leurre. Proust reste indéniablement attaché à la volonté d'un art total, d'une médication artistique de l'esprit propre à la pensée wagnérienne, mais cette adhésion n'est que formelle. Plus attaché au fond que la forme, le narrateur échoue en tant qu'héros wagnérien et triomphe, malgré lui, en anti-héros des valeurs morales wagnérienne. Evidement, du Simpère, ce n'est pas du Proust, mais du point de vue du fond, le champ des moeurs qui est cultivé et les positions qui y sont cultivée, partage une intention de signification convergentes. Proust eu cette délicatesse de soumettre à la lecture chacune de ses épreuves aux personnes susceptibles de s'y sentir concernées. Reste que cette délicatesse donne lieu à quelques facéties ou le petit Marcel dissimule sa position réelle, cherchant à tout prix à éviter la confrontation directe. Et là où le petit Marcel se protège d'avoir à répondre publiquement de ses positions, certes, par sa délicatesse, mais aussi avec un style dont la richesse dissimule la fuite de cette responsabilité public, la limpidité du style de Françoise assume cette responsabilité. L'accessibilité du style expose ici son auteur à répondre de sa position plutôt que de la dissimuler dans le style de sorte à se protéger d'avoir à le faire. La docilité proustienne aux moeurs de son époque est indéniablement teintée d'une hypocrisie de bon aloi. Les discussions de salon, voire les confidences d'alcôves , aurait exposé l'auteur autant que ses contemporains à de sévères désagréments sociaux si ces propos étaient arrivés sur la place publique. Cette humilité se retrouve chez Françoise dans une forme similaire à celle de Proust. Sous la forme de généralités neutre et impersonnelle, Françoise répond à Georges et répond de Georges qui se ponctue sous la forme d'un clin d'oeil littéraire beaucoup plus personnel et extrêmement pudique et délicat avec l'extrait de la nouvelle : "Noir désir". Cette correspondance de forme est ici le recours à l'art comme mode de relation social, soit comme mode de cultiver les relations sociales. Bref, la question de la qualité du style ne me semble pas seulement être de l'ordre du raffinement du travail littéraire de la langue, d'autant plus que la simplicité exige parfois autant de travail de raffinage que la complexité. Indéniablement, la question du style me semble inséparable de la position la plus appropriée à adapter entre son public et ses contemporains. Certes, il peut y avoir une différence d'érudition, mais il faut prendre en compte le fait que la culture est aujourd'hui beaucoup plus vastes et dépasse la culture académique avec une culture underground beaucoup plus riche que par le passé, une culture principalement entretenue par les réseaux de relations plutôt que par les institutions. L'une n'est pas meilleure que l'autre, elles sont différentes du point de vue de la temporalité. L'une appartient à un temps passé et l'autre, à un temps présent en train d'avoir lieu. Et là où la culture est déjà sédimentée d'un point de vue académique, c'est la culture d'une époque qui est en train de se sédimenter. Or un style proustien, à n'en pas douter, constituerait un réel anachronisme dans le travail de sédimentation de l'esprit de notre temps. Rien n'empêche un tel style, mais un tel style ne travaille plus alors à la sédimentation de l'esprit du temps présent, mais à la culture de ses racines passées de sortes à ne pas priver le temps présent de la richesse de l'histoire qu'il continue. Une chose est de sédimenter l'esprit d'une époque, une autre de préserver le fil de l'histoire d'époques en époques.

françoise 18/11/2007 21:31

Merci Sam pour cette analyse quasi encyclopédique du mot "bougre" un peu longue mais fort bien documentée.
A Nathalie: je ne sais lequel de mes livres vous avez lus. Sur les 14, tous ne sont pas littéraires, mais certains le sont, incontestablement, et pas forcément ceux étiquetés "romans". Un texte écrit par moi a d'ailleurs été choisi il y a une vingtaine d'années pour l'épreuve de commentaire littéraire de futurs professeurs, dans une université dont je tairais le nom, comme vous. Loin de moi l'idée de me comparer à Flaubert, ni de me comparer à qui que ce soit. La littérature n'est pas comparaison entre tel ou tel écrivain, surtout en comparant une page de l'un et une page de l'autre, car un roman est une construction, pas une suite de pages, même bien écrites. Quant à comparer: peut-on comparer Stendhal, Le Clézio, Proust et Albert cohen? Sûrement pas, et pourtant tous les quatre sont d\authentiques littérateurs, ce qui n'empêche pas certains lecteurs de bailler devant Proust ou de détester Stendhal. Pour ma part, j\attends que le temps fasse son verdict. Un succès ponctuel ne signifie rien, être lue trente ans après si, mais je ne publie pas depuis assez longtemps pour avoir ce recul.

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