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Lundi 26 novembre 2007 1 26 /11 /Nov /2007 17:55

Rangeant des papiers bancaires, je tombe sur une chemise cartonnée marquée PER, qui me rappelle que j’ai versé sur un Plan d’Epargne Retraite 300F par mois (environ 46 euros) de 1986 à 2006. Et maintenant, ça me rapporte quoi, ce truc qu’on m’a vendu en me disant : « Le journalisme, c’est précaire, constituez-vous donc un complément de revenus pour vos vieux jours. » ? 

J’interroge mon banquier. Galamment, il me fait remarquer que je suis trop jeune pour penser à la retraite, mais accepte de faire une simulation pour savoir ce que je toucherai à partir de 60 ans. Deux jours après il me dit, un poil honteux : « J’ose à peine vous le dire: votre rente s’élèvera à 57 euros par mois, calculée sur une espérance de vie de 83 ans. » (Celle des françaises actuellement.)  

En gros, si j'ai la chance de vivre jusqu'à 83 ans, je serai remboursée de mes cotisations, augmentées du loyer moyen de l’argent. !  Mon banquier tente de se justifier : « Les PER sont intéressants pour les déductions fiscales, pas pour la rente. » Pas de chance, celui-ci n’en bénéficiait pas. « Ca vaut le coup si vous l’ouvrez quand vous êtes jeune et cotisez longtemps ». Il se trouve que je l’ai ouvert jeune et que j’ai cotisé le maximum autorisé : 20 ans ! Je suis même estomaquée d’avoir songé à prendre un PER à une époque où je vivais comme une cigale.  « C’était un PER sans risques, donc sans gros rendement » tente ultimement le banquier. Aujourd’hui, nous avons des fonds de placement plus intéressants ». Du genre des fonds à risques basés sur les subprimes qui s’effondrent aux Etats-Unis, avec à la clé des milliers de retraités sans le sou ? 

Et puis, lui dis-je pour l’achever, quand vous me l’avez vendu, ce PER, vous m’aviez promis monts et merveilles et avenir douillet, non ? »

C’est la différence entre répartition et capitalisation. Avec une retraite par répartition, deux ou trois salariés et leurs patrons cotisent ensemble en ce moment pour une seule personne à la retraite. Avec la capitalisation, un travailleur épargne seul aujourd'hui pour sa retraite dans vingt ou trente ans, sans visibilité sur l’avenir. C'est plus risqué et moins intéressant. Comme quoi, la solidarité a du bon.

Idem pour les assurances privées par rapport à la sécurité sociale : aux Etats-Unis, si vous n’avez pas la "couverture maximum" finançant le traitement efficace pour votre cancer, on vous en fait un « adapté à votre contrat » mais pas forcément à votre cancer. (ça paraît dingue, mais c’est vrai). En France, la collectivité vous prend en charge et fait les comptes après.

" Vous trouvez les charges sociales élevées, dis-je à mon banquier,mais quand votre femme aura un cancer du sein ou votre fils un accident de voiture, vous serez rudement content qu’on les hospitalise sans leur demander leur carte de crédit. 

Ce chantre bancaire de l’économie libérale me prédisant l’inévitable privatisation des services publics cinq minutes plus tôt a reconnu, lorsque je lui ai parlé de sa femme et de son fils, que la solidarité nationale, somme toute, ça a du bon.   

Jusqu’ici, avec un sourire en coin et de fines allusions, il me prenait  pour une écrivaine vaguement érotomane. A présent, je suis à ses yeux une redoutable gauchiste. Pas grave, il y en a que ça excite. J

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                    Casterman/l'Internaute 

 

 

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : CHANGER
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Commentaires

En plus historiquement, il suffit de se rappeler le crack des années 30 (celui ci existe, car depuis il est interdit apparemment dans les médias d'appeler crack les effodnrements de la bourse) pour voir les dégâts que cela a fait


mais c'est pas grave, la mémoire n'étantpas le fort des humains on recommence

Commentaire n°1 posté par Lung Ta le 27/11/2007 à 06h20

Je ne résiste pas...


à l'envie de vous faire partager ces initiatives "locales"... ben oui, la Belgique reste le pays du surréalisme ;-)


http://www.procroissance.com/index.html

Commentaire n°2 posté par Frédéric le 27/11/2007 à 11h13
La démonstration est presque belle avec quelques bémols toutefois.

Vous rêvez dans l'illusion qu'il y a encore 3 cotisants pour un retraité. Lorsque vous aurez 83 ans, ce sera un cotisant pour trois retraités. Nous avons cotisé à entre 5 et 10% pour nos parents, ne vous attendez tout de même pas que nos enfants cotisent à 90% de leurs revenus pour nous. Le système par répartition est donc moribond sans réforme profonde.
Vous vivez apparemment aussi dans l'illusion que les "patrons" cotisent pour vous. Mais les charges dites patronales, c'est le salarié qui les paient. Elles sont bien bien financées sur la valeur du travail fourni qui n'est que la masse salariale globale. Pas à partir d'une hypothétique caisse noire ou une quelconque mane céleste. Et encore moins de la poche de l'employeur.
Enfin pour nous en tenir à l'essentiel, voyons aussi l'assurance maladie. Pourquoi toujours nous asséner l'exemple américain ? Le système d'assurance individuel fonctionne partout ailleurs en Europe et connaissant bien les exemples allemand et suisse, je n'ai pas l'impression que l'on y est plus mal soigné et pour plus cher qu'ici en France; et on n'y commence pas chercher la carte de crédit de l'accidenté quand il arrive aux urgences.
Commentaire n°3 posté par Philippe le 27/11/2007 à 12h00

Il y a des années qu'on dit ce système condamné et qu'il tient, malgré l'allongement de la durée de vie. Une ou deux canicules et le problème sera réglé! (je plaisante, mais cela dit, n'est-il pas incohérent de faire de l'acharnement thérapeutique sur des vieillards si on ne peut pas leur verser de retraites?


OK avec vous, les charges "patronales" ne sont qu'une appellation administrative. Pour l'Europe, ma soeur a vécu trente ans en Allemagne, ma nièce vit en suisse et bien que bardée toutes deux d'assurances privées, elles préfèrent se faire soigner en France quand c'est grave, pour des raisons financières et pour la qualité des soins versus leur coût.


Le problème n'est pas le manque d'argent:  il n'y a jamais eu autant de richesses peroduites en France et dans le monde, mais elles sont mal utilisées et mal réparties. Ce n'est donc qu'une question de choix de société. Si nous étions pauvres, vraiment pauvres, bien sûr que je me plierai à la nécessité de survie.


Au fait, trouvez vous normal qu'un président qui se proclame écolo aille promener en Chine sa mère, son fils, ses ministres et ses industriels préférés, en tout trois avions affrétés pour ce voyage? Bonjour lebilan carbone! Quand ceux qui nous gouvernent  auront une conduite décente, alors ils auront le droit de demander des efforts aux autres. Sinon, cela relève de l'arrogance.

Commentaire n°4 posté par françoise le 27/11/2007 à 15h12
Le problème est que depuis 30 ans on a joué l\\\'assistance contre l\\\'emploi.

La redistribution de tout ce que possèdent les "riches" entre les "pauvres" n\\\'aiderait ces derniers à subsister tout au plus quelques mois. Et tout sera dilapidé. Tant que l\\\'on n\\\'aura pas compris qu\\\'il faut mettre tout le monde au travail, il n\\\'y a aucune solution envisageable. Dans une démocratie avancée moderne, tout le monde devrait subvenir à ses besoins. Il n\\\'est pas raisonnable que tant d\\\'assistés vivent aux crochets de si peu de contribuables.

Les français veulent du pouvoir d\\\'achat. Mais à supposer qu\\\'ils obtiennent une rallonge par je ne sais quel tour de passe-passe, qu\\\'en feront-ils ? Les fêtes approchant, ils se précipiteront pour acheter des conneries fabriquées en Chine, alors qu\\\'ils devraient savoir que chaque billet de 100 euros dépensé en Chine supprime un emploi en France.

Pour en revenir à votre PER, "daube" de 1re classe, ce n\\\'est pas votre banquier qui l\\\'a inventé mais bien quelques élus qui en ont fait voter le principe par d\\\'autres élus. Nous français, par veulerie, par médiocrité, par méconnaissance des règles de base de l\\\'économie, nous ne cessons de nous tirer des balles dans le pied. C\\\'est ainsi que les syndicats et la gauche ont refusé voici plus de 20 ans la création de fonds de pension à la française aux grands cris de "Refusons de ruiner la retraite par répartition". Si ces fonds de pension avaient été créés à l\\\'époque, les entreprises et la recherche françaises pourraient disposer aujourd\\\'hui d\\\'abondants capitaux bien français d\\\'une utilisation maîtrisable et ne devraient pas dépendre pour leur financement de fonds de pension étrangers auxquels nous sommes maintenant liés, pieds et mains. Au lieu de cela, on a inventé des conneries de PER, reconnaissant implicitement qu\\\'il y avait urgence de monter en parallèle un système de financement de la retraite par capitalisation qui ne devait pas dire son nom. Mais comme le système a été "inventé" par des énarques et qu\\\'il s\\\'agissait avant tout de ne pas léser Bercy, il a été inventé une de ces usines à gaz dont seule la France a le secret pour aboutir à la catastrophe financière que vous évoquez. Or ce sont bien les députés que vous avez élus qui ont voté des lois débiles qui vous spoliaient à l\\\'avance du fruit de votre épargne, compte tenu des conditions imposées par la loi pour le fonctionnement de ces plans.

Quant à notre Président, il est écolo comme vous et moi. Il en cause comme tout le monde, mais qui est vraiment prêt parmi les Français à assumer le coût d\\\'une véritable politique écologique ? Personne. Ou si, à la condition que ce soit le voisin qui paye. Un simple exemple : Le dernier choc pétrolier remonte à 1983, soit un quart de siècle. Qu\\\'avons-nous fait depuis pour isoler les habitations, installer des appareils de chauffage économes,  apprendre à coucher dans une chambre dans laquelle il fait 17°Cet enfiler une petite laine à la mi-saison ? Rien. Parce que le Français ne fait rien s\\\'il n\\\'est pas subventionné ou incité fiscalement. Comme si l\\\'État était un entonnoir récupérant des paquets de liasses de billets de 500euros tombant du ciel pour les redistribuer au bon peuple. Parce que le Français n\\\'a toujours pas compris que lorsque l\\\'État lui donnait 1 euro, c\\\'est qu\\\'il venait de lui en piquer 2 dans la poche.
Commentaire n°5 posté par Philippe le 27/11/2007 à 17h11
Vous avez écrit concernant le système de retraite par répartition :
"Il y a des années qu'on dit ce système condamné et qu'il tient, malgré l'allongement de la durée de vie."

Oui, il tient... avec une ardoise impayée de plus de 30.000 euros que nous présentons à tout nouveau-né qui vient au monde.

La retraite à 60 ans a été la plus grosse escroquerie sociale du siècle dernier, car l'évolution démographique montrait à l'évidence qu'elle n'était pas finançable, même dans des condtions de plein emploi. Or la démographie ne prend personne en traître en ce qui concerne les conséquences de son évolution. Le préavis est de trente ans. Qui se met la tête dans le sable depuis 30 ans ? Avec pour devise : "Après moi le déluge !"
Commentaire n°6 posté par Philippe le 27/11/2007 à 17h18

Philippe, je ne sais pas quels français vous fréquentez pour les mépriser à ce point. Moi, j'en connais ( j'en suis) qui ont isolé leurs maisons, mettent des pulls  au lieu de pousser le chauffage, gardent leur voiture plus de dix ans et prennent les transports en commun, boivent l'eau du robinet plutot que celle en bouteilles, ne se précipitent pas sur les derniers gadgets venus et travaillent avec ardeur. On ne doit pas avoir les mêmes fréquentations :-)


POur le travail, je suis d'accord, c'est infiment plus gratifiant de gagner sa vie que d'être assisté, comme le dit mon pote R... licencié à 54 ans ou D... parti avec un bon parachute mais inactif à 54 aussi. La retraite à 60 ans n'est même pas appliqué puisque l'âge moyen de départ est 57 ans et demi dans le privé, à cause des licenciements et pré-retraite. Comme je le disais dans un autre post, la retraite couperet est du reste assez inepte, mieux vaudrait des retraites "à la carte" tant les situations sont diverses.


Et si on disait aux gens que la réalité, c'est qu'on a de moins en moins besoin d'actifs dans une économie financière où 97% des mouvements d'argent ne proviennent pas de l'économie productive? Et où la production grande utilisatrice de main d'oeuvre est délocalisée?

Commentaire n°7 posté par françoise le 27/11/2007 à 17h33
Je ne suis que travailleur indépendant et je travaille maintenant depuis 35 ans sans avoir réussi à constituer le moindre patrimoine. Ma voiture à 18 ans, je ne maîtrise pas les dates de chauffage imposées à tout l'immeuble, je devrais travailler jusqu'à 70 ans pour ne pas crever de faim avec ma maigre retraite, je prends les transports en commun et je bois aussi l'eau du robinet. Et j'alimente accessoirement abondamment l'URSSAF. Les "Français" dont je parle et pour lesquels vous me faites le mauvais procès de les mépriser, c'est "Monsieur tout le monde" abondamment "interviewé" par les médias et qui n'a de cesse de se plaindre et qui brûle le jour J ce qu'il a adoré le jour J-1.
Commentaire n°8 posté par Philippe le 27/11/2007 à 18h30

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