« Science et décroissance : mariage impossible ou nécessité vitale ? » c’était la question posée par l’Association Sciences citoyennes le 29 novembre.
Le débat partit dans des directions bizarres : le premier orateur parla des indices de développement : PIB fondé sur la croissance économique, Indice de satisfaction de vie (World happiness database, émanation de… la Banque Mondiale) BIP 40 qui prend en compte la santé, les revenus, l’emploi, l’éducation (www.bip40.org ) et enfin indice d’empreinte écologique proposé par le WWF qui montre que les occidentaux consomment 4 à 12 fois plus que ce qu’ils devraient pour que la Terre n’en souffre pas. Et encore, cet indice n’inclut ni l’impact écologique des pollutions toxiques, ni celui du nucléaire ! Bonne nouvelle : alors que certains redoutent que stopper la croissance économique nous ramène à l’âge de pierre, il paraît que le bilan écologique de la France restait correct jusqu’au beau milieu des années soixante, période assez festive (68, âge du pavé mais pas de la pierre J )
En 2007, la science peut-elle participer à un mode de vie plus écologique et néanmoins confortable ? Oui, affirma un orateur en citant les énergies renouvelables, les voitures sobres, les habitats bien isolés, les ampoules basse consommation, Internet qui permet de communiquer en évitant des déplacements énergivores, etc. « Foutage de gueule, lança Thierry, ethnologue qui a vécu 13 ans près des indiens Wayampi d’Amazonie. Il n’y a pas besoin d’inventer quoi que ce soit, les modes de vie équilibrés existent dans de nombreuses ethnies. On y subvient à ses besoins
Exact, mais peut-on vivre comme un Amazonien hors de l’Amazonie ?
Déjà, les bouddhistes avec leur épaule nue se les gèlent quand ils viennent en France en hiver, les cornemuseux bretons se font jeter de leur studio parisien dès qu’ils soufflent dans leur instrument et les gens râlent si on élève des poules dans son HLM, alors qu’autrefois en France,
Bref, difficile de transposer un mode de vie dans un lieu pour lequel il n’est pas fait. De plus, je me méfie du mythe du « bon sauvage » depuis que j’ai vu un aborigène passer vingt minutes à allumer un feu en frottant deux bâtons jusque à ce que l’étincelle se propage à une crotte de kangourou bien sèche- pas facile à trouver sous nos latitudes, la crotte de kangourou- puis aux brindilles, puis au bois…. mais s’empresser de convertir le pourboire qu’il avait reçu en canette de coca… Enfin, ayant dû dans mon enfance allumer des feux de camp à la loupe et au soleil (épreuve scoute), j’ai une pensée émue pour l’inventeur de l’allumette.
Pourquoi consommons-nous tant de superflu ? Une sociologue expliqua que l’achat est passé d’un statut utilitaire à un statut identificatoire : « Dis-moi ce que tu achètes, je te dirai qui tu es » et même pire : « J’achète, donc je suis ». Dès lors, l’acte de consommation dépasse de
casterman/l'Internaute
C’est alors qu’une forêt de doigts se leva dans l’assistance pour lancer la complainte de l’écolo désespéré : Pourquoi les gouvernants et les décideurs économiques ne font-ils rien depuis 30 ans? » Je devais partir, j’ai vite saisi le micro : « Parce qu’ils sont arrivés là où ils sont grâce à la société telle qu’elle est ! Pourquoi voudriez-vous qu’ils aient envie de
Voilà, Lorent (pigiste éminent de Blogborygmes dont je vous recommande toujours chaudement la vivifiante lecture) le compte rendu demandé. Avec une remarque : en guise de science, on nous a parlé de technologies. Or, ce sont deux démarches très différentes, même si les technologies découlent souvent d’une découverte scientifique. La science cherche à comprendre le monde et à en saisir la complexité, pas à le dominer. La technologie utilise le monde au profit de l’homme.
Qu’aujourd’hui un colloque consacré à la science parle uniquement de technologie est à mon sens extrêmement révélateur…
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