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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 19:11

« J’ai déjeuné avec un vieux pote, me raconte un ami. Il avait une mine resplendissante, je lui ai demandé s’il était amoureux. » « Pas du tout, au contraire, tu ne peux pas savoir comme je suis heureux, j’ai enfin la paix du pantalon. - La paix du pantalon ? Tu veux dire que… tu ne peux plus ? – Si, si , je peux toujours et ça me fait toujours autant plaisir, mais ce n’est plus une obsession ! » Et le pantalon pacifié d’expliquer : « Depuis trente ans, je suis comme tous les mecs, obsédé à l’idée de séduire, pas forcément consommer mais plaire, et bander parce que je plais. Croiser les yeux d’une fille et que ce regard me fasse bander, avoir envie d’en aborder une autre et que cette seule pensée me fasse bander, me réveiller le matin en me demandant si ma secrétaire aura mis sa jupe ras le bonbon qui me fait… - bander ?  –Tout juste. Et voilà qu’enfin je suis libéré de cette obsession et de toutes les questions qui vont avec : suis-je beau ? Est-ce que je vieillis ? Ce mec en a-t-il une plus grosse que la mienne ? Et tu sais quoi ? C’est fou le nombre de choses passionnantes que j’ai le temps de faire depuis que je ne pense pas qu’à mon sexe.  (il n’a pas dit sexe, il a dit autre chose mais on va encore me reprocher mon langage cru.) Qu’est-ce qu’on se gâche la vie avec cette obsession ! J’ai l’impression d’être un alcoolique enfin capable de boire sans être dépendant ! » 

Je vois très bien ce que veut dire cet homme. Au cours de mes pérégrinations, combien de fois ai-je été fascinée de voir des hommes apparemment intelligents perdre leurs moyens juste parce que je les excitais. J’en ai joué.  Pour pas un centime, ni pour une liaison, rien d’intéressé. Juste pour constater l’effet de ma main entre les jambes d’un homme. Lui raconter quelques anecdotes excitantes et d’un coup d’œil apprécier son deux-pièces avec poutre apparente.  En jouer parfois, comme avec cet universitaire un tantinet imbu de lui-même qui m’avait avertie avant une interview : « J’ai une demi-heure, après je donne un cours particulier. » Vingt deux minutes m’avaient suffi pour l’entretien, puis cinq minutes pour le mettre en érection, une minute pour délivrer sa bite de son habitacle trop étroit, puis je m’étais levée : « Merci infiniment, au revoir. » Il gémissait, me tutoyant soudain (incroyable ce que le fait de bander rend un homme familier) « Tu ne peux pas me laisser comme ça, tu ne peux pas. » « Mais si, je peux, vous savez bien que vous avez un cours, votre élève ne devrait pas tarder. »  Une autre fois, relisant au téléphone une ITV à un professeur- la libido du corps enseignant est assez vive, j’ai déjà dit dans ce blog tout le bien que je pense de la fonction publique en la matière - j’enchaînai après l’article ô combien sérieux avec quelques propos coquins qui ne tardèrent pas à faire soupirer, haleter, puis gémir et enfin jouir ce sympathique professeur que je félicitai pour sa vitalité. 

Mort de rire à ces récits, mon cher et tendre m’avoue qu’il est exactement pareil, totalement excité à l’idée de séduire et reconnaissant à toute femme qui le fait bander, qu’il concrétise ou non ensuite. « En somme,  votre bite compte, plus que la femme en face. » Il a ri : « Tout à fait, mais si tu écris ça dans ton blog, tous les mecs vont m’en vouloir d’avoir vendu la mèche. » « Pas sûr, le rassuré-je. C’est parce que je le savais que j’ai pu aimer les hommes pour ce qu’ils sont, sans me raconter d’histoires, et sans être obsédée par l’angoisse de leur plaire. Dois-je appeler cela la paix de la petite culotte ? »

dessin offert par l'Amante poivrée

 

 En sortant de l’immeuble, les yeux de Lola se posent sur le mur d’en face, un mur tout délabré qui masque un chantier de démolition. En lettres rouge sang, quelqu’un a écrit : « tout homme vient au monde une valise dans chaque main. Dans l’une il y a sa mère, dans l’autre il y a sa bite. » Elle a envie de comprendre comment ils font pour vivre avec cette verge indomptable qui bande sans prévenir et refuse de le faire lorsque l’homme, là-haut, niveau cerveau, aimerait tant assurer avec la fierté d’un infaillible étalon. Elle veut savoir pourquoi ils mettent tant de fierté dans ces quelques centimètres. Sexe et/ou sentiments, sexe et violence, sexe et pornographie, sexe et pouvoir. Que des faux débats, d’obsessionnels tabous qui masquent la crainte révérencielle de l’être humain devant le désir…(«  Ce qui trouble Lola »)

 

 

 

 

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Published by Françoise Simpère - dans EROS
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commentaires

S@m 27/01/2008 05:17

La malé-diction du traducteur ?!? Je ne pourrais pas mieux dire le mal qui me ronge ! Mal qui quelque part fait peur parce que vous savez que toute personne ne peut vivre avec le mal qu'elle vit et qu'il faut qu'elle l'exprime. Vous n'avez pas peur de moi, mais du fait que vous savez au fond de vous qu'exprimer ce qui fait mal ne peut que faire mal puisque dès lors qu'il s'agit de l'exprimer, il s'agit de le faire ressentir. Et ce n'est pas tant d'avoir mal qui vous fait peur que de me faire mal car vous me laissez l'impression - tout ce que j'affirme n'est qu'impression - de sentir que quelque chose me fait mal, mais de ne pas voir ce qui me fait mal et cela vous affole comme un cri de douleur dans l'obscurité totale alors je vais essayer de vous éclairer.Pourquoi ai-je l'impression de contempler le reflet de ma bêtise ?!? Parce que j'ai fait la bêtise d'excuser l'utilisateur inconnue - que je crois connaître en fait - sans défendre ce qu'elle défendait !Traduire en pensée ce qu'exprime le poète peut demander cent mots, là où il n'en faut que deux tant et si bien qu'à la fin du jour, même le langage du traducteur passe pour une grossièreté plus grande que deux gros mots. Et depuis que j'écris, il en va ainsi.Chaque page que j'écris semble pire qu'une de ces insultes qui ne se relève même pas, mais qui insulte qui et la suprême insulte ne réside-t-elle pas dans le jugement gratifiant qui ne porte aucun attention au sens ?!? "Génial", cela ne permet pas de communiquer sur le sens, non ? C'est comme un 18/20, cela pourrait être le grade obtenu avec un diplôme de tourisme, non ?!? Alors autant un zéro, soyons juste si le sens n'a plus de sens ?Cela fait des années que mon pantalon me laisse en paix parce que sous le chapeau, je n'ai qu'une envie : hurler !?! Hurler de rire lorsqu'il est prêté plus d'attention à deux mots, qu'à cent et que cela puisse s'appeler le bon sens ! Mais le goût de rire me passe car il passe mal à notre époque et avec, le goût de rire, c'est le goût de tout qui me passe et je n'ai plus qu'une envie courrir dans les ronzes des malentendus et me jeter sur les barblés des sous-entendus pour avoir encore au moins la force de hurler... hurler... hurler...... reste qu'il se trouve encore des jeux de mots pour me faire rire doucement. Et oui, l'utilisateur inconnue a raison défendre le fait qu'il y a quelque chose qui puisse faire rire doucement certains, mais ne tient qu'à vous d'y voir une invitation à rire avec vous plutôt que de rire de vous... car pour ma part, qui suis de ceux qui rient doucement, je n'ignore pas que pour deux gros mots, il est aussi possible d'ignorer cents autres et que je n'ai pas besoin de vous faire sentir ce dont je vous parle, juste de vous le rappeler.

S@m 27/01/2008 01:52

Ne soyez pas désolée !?! Il est des jours au réveil où l'on n'a aucune envie de se regarder dans la glace et vous m'évitez là un bien gênant reflet ! "Salut à toi, Dame Bêtise Mais dis moi: "Comment fais-tu...Pour qu'il puisse m'arriver De croiser certains soirs Ton regard familier Au fond de mon miroir Ton regard familier Au fond de mon miroir Ton regard familier Au fond de mon miroir." Il y a des jours où ils ne fait pas bon être soi, de se supporter soi-même. Je vous insupporte ?!? Vous me faites rire, je m'insupporte bien plus que je ne vous insupporte ! Ben, tiens, c'est moi qui doit me supporter tous les jours...Je ne sais pas comment chacun s'arrange avec soi-même, mais si je n'avais pas l'autodérision... je n'aurais plus à m'arranger avec moi-même, peut-être ?!? Cherchez le problème ! L'auto-dérision ?!? Moi-même ?La paix... du chapeau ?!? Chapeau ! Chapeau, Mr Vaguant...P.S.: Vous m'avez lu, mais vous n'avez rien retenu - rien copier, ni coller. Penser n'est jamais rien d'autre qu'une manière de traduire autrement ce qui s'exprime. Traduire, traditore : trahir - tel est la malédiction du traducteur, celle d'avoir à vivre chaque jour comme un traître. Ses mots ne sont finalement que maux et si l'utilisateur inconnue - que je connais, mais ne veux pas le reconnaître, ignore mes questions - se montre si agressive, c'est juste qu'elle a vu le mal de chien qu'il y a de... pour rien.

françoise 26/01/2008 11:50

à Sam: j'ai lu et apprécié vos commentaires, mais je me vois dans l'obligation de les retirer car ils sont trop longs, vous étiez averti, ce n'est pas la première fois que je vous demande d'être plus concis. Désolée.

S@m 25/01/2008 03:04

En un seul terme : "La paix..."

utilisateur inconnue.. 19/01/2008 23:36

mais  voulez -vous un blog où tout le monde vous encense constamment? est ce vous voulez pas d'avis différents, venant de  personnes qui se consacrent  aussi à  la litterarure mais sous une façon différente ? faut il toujours être d'accord et surtout n'émettre aucunes critiques et nuances par rapport à d'autres formes de littérature..pour venir sur votre blog,

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