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L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture
Dimanche 20 janvier 2008

Plus de publicité sur les chaînes TV publiques. Joli cadeau de NS à ses amis de TF1 et M6,  dont les actions en chute libre sont brusquement remontées à la perspective du report sur elles des budgets publicitaires.  Avec une telle manne, les deux chaîne s privées auront d’immenses moyens pour réaliser leurs programmes, tandis que le service public , sommé de faire de la qualité et du culturel avec trois francs six sous peut se trouver fort démuni et voir s’évaporer son public.

Cela dit, la manne publicitaire ira peut-être aussi irriguer la presse écrite qui en a bien besoin, exsangue comme elle est, et stimuler les radios ou de petites chaînes TV qui pourront enfin produire leurs propres programmes au lieu d’acheter de vieux rogatons pas chers, ce qui donnera du travail à maints intermittents au chômage … Par ailleurs, si la qualité exige un minimum de moyens financiers, il n’y a pas forcément corrélation entre le coût d’une émission et sa qualité.  Avec beaucoup d’argent, on peut faire du beau et du bon, mais aussi du clinquant et du racoleur, surpayer des animateurs-vedettes qui surenchérissent dans la vulgarité et la facilité,  élaguer tout esprit critique pour vendre à l’annonceur du temps de cerveau disponible, et s’incliner devant les diktats desdits annonceurs qui n’admettent aucune allusion antipub. (voir l’émission sur les fromages, censurée par l’industriel laitier ne supportant pas qu’on révèle qu’il y a plus de cas de listériose avec ses fromages pasteurisés qu’avec ceux au lait cru).

La BBC, souvent citée en exemple, n’a pas de publicité. Elle est financée par une redevance supérieure à la nôtre (l’équivalent de 180 € contre 119 € je crois) et sans doute une meilleure gestion. Quant aux programmes référence, ceux qui font encore rêver (Cinq colonnes à la Une, Apostrophes, Belphégor, la caméra explore le temps, etc) ils sont nés à une période où la TV n’avait pas de pub. Celle-ci est apparue… en octobre 1968, quelques mois après les slogans de Charlie-Hebdo : « La publicité vous prend pour des cons, la publicité vous rend cons. » On est bien peu de choses…

L’avenir dépend de nous. Imaginons que tous les gens qui clament que TF1 et M6 sont nuls en chantant les louanges d’Arte et France 5  regardent REELLEMENT ces deux chaînes, que France 2,  France 3, et France 4 soient soutenues massivement par moi, vous, vos voisins, vos amis … nous tous qui avons tant pesté contre la multiplication des tunnels de pub et le sponsoring systématique des émissions (la météo vous est offerte par D…)  imaginons que le service public obtienne des taux d’écoute supérieurs aux chaînes privées ! Que ce serait réconfortant de démontrer que le pouvoir, le vrai, appartient finalement au citoyen qui choisit de ne pas consommer, ne pas regarder, ne pas lire les produits formatés qu’on lui propose/impose… Au lieu de se lamenter sur la dérive « bling-bling » de notre société, si nous refusions d’acheter les magazines qui titrent sur les idylles des vedettes du show-bizzz et de la politique réunies, si nous négligions les appels incessants à consommer plus et travailler plus ? Si nous restions insensibles à leurs discours ?  Vivre non pas en s’opposant - c’est épuisant de s’énerver en permanence- mais avec une superbe indifférence à leur vacarme, en étant à côté, ailleurs, dans un monde autrement plus joyeux quand on se désintéresse des personnages et des choses toxiques pour se recentrer sur ce et ceux qui font du bien. Ca n’a l’air de rien, mais ça changerait tout. 

 

 

Pour commencer, lundi, c’est mon anniversaire et je rends mon manuscrit: ça va me reposer les yeux fatigués par trop d’ordinateur. Puis dans la semaine je revois une copine de Terminale et des hommes rencontrés quand j’avais 17ans, 23 ans et 28 ans, autant dire pas hier ...  Amours qui durent et ne s’usent pas, ne se jettent pas, ne se remplacent pas. Pur bonheur. Peut-être en plus fera-t-il beau. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : CHANGER
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