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Mardi 29 janvier 2008 2 29 /01 /Jan /2008 22:40

Apparentements terribles aux infos : En sujet principal (LCI 13h) : un rapport dénonce la saleté dans les toilettes des écoles françaises. « Sujet tabou, enfin on ose en parler » et nia nia nia, les petites filles n’osent pas faire pipi, elles se retiennent et risquent de faire des infections urinaires.  Un crédit « PQ et serpillière », ça serait pas plus efficace et moins cher qu’un rapport pleurnichard ? En bas de l’écran, pendant le sujet pipiroom, défile un titre : « En Irak, 19 personnes ont été assassinées et coupées en morceaux. » Ca calme…  

 

JT France 2, 20h : tout le gratin politique et financier fait le point sur le scandale de la Société Générale (il semblerait que le trader Kerviel ne soit plus seul en cause, d’ailleurs il a donné les noms de petits camarades qui jouaient aussi à « qui kaura la plus grosse prime, plus grosse prime, plus grosse prime… ») Voilà ce qui arrive dans un monde où on glorifie l’excellence, et où l’excellence consiste à fabriquer des milliards avec du vent, bref, à spéculer sur l’économie financière, tandis que les travailleurs de l’économie productive trinquent. Mais pas de panique, comme dit Fillon, la Société Générale est une GRANDE banque française et doit le rester. Ca va coûter quelques milliards au contribuable, mais on a l’habitude, on a déjà donné chacun plus de 1000 € pour sauver le Crédit Lyonnais il y a quelques années. 

Juste après, autre apparentement terrible, reportage sur la vie d’un sans abri. Un journaliste a vécu une journée de SDF, cherché à se loger (les centres où soi-disant ils refusent d’aller sont archi-pleins, faut vraiment être dans la misère pour s’y rendre parce que c’est froid, inhumain, ça sent la pisse -on y revient, mais là, pas de rapport indigné sur les infections urinaires des SDF- et on les chasse à 6h du matin en allumant la lumière plein pot dans les yeux). Un type constate tristement « je viens là depuis trois semaines : je n’ai pas dormi depuis trois semaines. » Ensuite, il part au boulot. Eh oui, beaucoup de ces sans abri bossent en CDD, en intérim, et même parfois en CDI. Comme dit Chris tine Boutin, « c’est terrible cette situation, tout cela parce qu’on n’a pas assez de logements sociaux. » Ca coûterait pourtant moins cher que le sauvetage de la Société Générale. 

Faut dire que Nicolas Sarkozy, au hasard, quand il était maire de Neuilly, refusait de respecter la loi SRU qui impose 20% de logements sociaux dans chaque commune : préférait payer l’amende, dérisoire. Il n’était pas le seul. 

Olivier Besancenot a proposé un truc tout simple : « Puisque NS n’arrête pas de dire « je ferai respecter la loi, je serai intraitable, tolérance zéro », pourquoi ne pas décider que les maires qui ne respectent pas la loi SRU deviennent inéligibles ? Ainsi on se débarrasserait de politiciens qui ne servent pas le bien public. Il est bien ce petit, cultivé, sympa, cortiqué…  y en a sous sa coiffure toute ronde qui le fait ressembler à un Playmobil.  

 

 

Très étrangement, quand on tape "Clochards" sur Fotosearch, on a la photo du haut et celle du bas. Encore un apparentement terrible, ou deux conceptions du "sans abri". On vit décidément dans des mondes parallèles.

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : En vrac
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Commentaires

La seconde photo se veut peut-être métaphorique de la merde dans laquelle on se retrouve quand on est à la rue ? (à moins que ce ne soit, plus vraisemblablement, le nom du photographe)
Commentaire n°1 posté par Tant-Bourrin le 30/01/2008 à 05h46
Mais jusqu'à quand pourra-t-on vendre du vent? Sans doute tant que nos politiques auront un courant d'air dans la tête!
Commentaire n°2 posté par Andiamo le 30/01/2008 à 10h54
Bonjou Madame Simpère, je trouve admirable votre capacaité toujours renouvellée d'indignation. J'avoue humblement éprouver la nécessité de me protéger face au monde tel qu'il va, surtout depuis que la droite et son idéologie envahissent tous les compartiments de  la vie sociale. Merci donc à vous de poursuivre le combat :-)
Commentaire n°3 posté par Blacknano le 30/01/2008 à 11h50
Ca n'a rien d'admirable, je ne peux pas faire autrement. Périodiquement, je me promets de ne plus m'occuper de ce monde absurde, de vivre dans mon cocon protégé, et puis je repars au combat sous l'oeil ironique de ma fille qui me dit depuis des décennies "tu seras toujours utopiste, maman?" Ben oui...
Commentaire n°4 posté par françoise le 30/01/2008 à 17h56
Je crois que l’utopie consiste à penser que notre monde de fous peut contourner à tourner comme ça. Par ailleurs, j’en profite pour vous dire que deux de vos liens sont cassés dans votre rubrique « Désir de lecture »
Commentaire n°5 posté par Vagant le 30/01/2008 à 18h41
Alors que je pédalais sur un vélo stationnaire dans une salle d'entraînement, j'ai vu par la fenêtre un clochard se déplaçant avec peine sur son vélo et traînant derrière lui dans un petit chariot à roulettes ses multiples sacs de platique remplis d'objets personnels.  Moi qui pédalais dans le vide avec l'unique objectif de raffermir mes fesses, j'ai vu défiler devant moi ce monde parallèle.  Et je me suis sentie bien ridicule.
Commentaire n°6 posté par caroline le 30/01/2008 à 18h50
Il y a tout de même quelque chose qui me turlupine dans cette histoire des 20% de logements sociaux imposés dans chaque commune. Pour moi, dans toute démocratie moderne, chaque citoyen a la responsabilité et le devoir d'assumer lui-même ses dépenses en matière de logement, de soins médicaux, de nourriture, etc. pour ne parler que des besoins vitaux. S'il est momentanément dans l'impossibilité de le faire, il doit tout mettre en œuvre pour se sortir rapidement de ce mauvais pas, et il est normal que la société l'aide si nécessaire. Or voter une telle loi, c'est aussi graver dans le marbre qu'il y aura toujours au moins 20% de la population qui estimera pouvoir être logée gratuitement ou à moindre coût aux frais des autres, c'est-à-dire de ceux qui paient gros d'impôts et sont débités par ailleurs chaque mois de traites ou de loyers d'un montant important. J'ai ainsi le sentiment diffus qu'avec ce consensus à la guimauve et ces indignations très PC, le risque est grand de basculer progressivment de la solidarité dans l'arnaque. J'ai été souvent dans la mouise et personne ne m'a jamais aidé; il a bien fallu que je m'en sorte tout seul, ne serait que pour régler mes 20.400 euros annuels de loyers. Je ne demande rien à personne. Exerçant une petite activité indépendante, je demande simplement de pouvoir travailler régulièrement au prix de la valeur de mon travail et de ne pas être racketé au taux de la taxation des revenus du travail tel que pratiqué en France. On devrait plutôt pouvoir taxer la veulerie, la bêtise, l'incivisme et l'irréponsabilité (à tous les niveaux). Le gisement à exploiter est considérable et quasi inépuisable dans cette société de médiocrité généralisée.
Commentaire n°7 posté par Philippe le 31/01/2008 à 12h06

Merci Vagant de m'avoir avertie, je réparerai cela la semaine prochaine.


Pas ridicule, Caroline, décalée... Il y a tellement de mondes parallèles que parfois on tombe dans une faille absurde, mais ce n'est pas grave puisque vous l'avez perçue!


Philippe, je crois qu'en démocratie,- tous les économiste même de droite en conviennent, la paix sociale est menacée lorsque l'écar de revenus dépasse 1 à 40, ce qui est déjà beaucoup, mais en France elle atteint 1 à 300 ou 400 suivant les modes de calculs. Les logements sociaux, l'école, les soins médicaux et les aides sociales sont juste une modeste redistribution tendant à réduire ces inégalités, par solidarité d'abord (j'y crois, à la solidarité, vous c'est plutôt au chacun, pour soi), et aussi pour éviter des révoltes sociales éventuellement sanglantes, la misère parfois pousse à des extrémités et ça se comprend. J'ai enquêté auprès des organismes sociaux: la fraude aux aides sociales existe, mais elle est ultra minoritaire, même si les journaux adorent en parler en ces temps régressifs où le pauvre est redevenu dangereux, sale et méchant. La majorité des gens, je vous assure, rêve de travailler, de payer un loyer bien plus que de toucher le RMI et de coucher dans un foyer du Samu social. Quant à ceux qui paient "gros d'impôts", comme vous dites, c'est qu'ils gagnent gros de sous, puisque, vous le savez, l'impôt sur e revenu est par tranches progressives, et avec le bouclier fiscal, les plus hauts revenus ont été encore allégés dans leur contribution.  Quant à lutter contre l'irresponsabilité, vous avez raison, il y a fort à faire en ce moment dans le milieu des marchés financiers...

Commentaire n°8 posté par françoise le 31/01/2008 à 13h35
Écrire que l'écart de revenus atteint 300 ou 400 en France n'a pas grand sens. C'est ce genre d'information sensationnelle imprimée à la une pour faire vendre le titre ou pour déclencher des réflexes d'indignation chez les mal-informés, mais elle est fortement trompeuse. Trompeuse pourquoi ? Parce qu'elle est calculée sur les déciles extrêmes. Et les déciles extrêmes concernent qui ? Pas grand monde... Sûrement moins de 10.000 personnes, et à l'extrême, seules deux personnes, celle qui gagne le plus et celle qui gagne le moins. Le Mont Blanc culmine à plus de 4800 m, cela ne permet pas de dire que les Gaulois vivent 4000 m plus haut que les Bataves.
En matière de solidarité, je n'ai pas beaucoup de leçons à recevoir. Si je n'ai rien aujourd'hui, c'est en large partie dû au fait que je me suis surtout occupé des autres... Mon indignation va surtout à la médiocrité généralisée dans laquelle se complait la France. S'il n'y a pas suffisamment d'emplois correctement rémunérés et s'il y a une crise du logement, c'est bien parce que l'on a tout fait pour depuis des décennies... Et quel que soit le bord politique qui gouverne, il ne se passe rien. Nous venons de vivre 30 années d'idéologie et de gouvernement de gauche et il y a toujours des pauvres, des mals-logés, etc. Je doute donc que les Français désirent vivre autrement que dans une république bananière marxisante. Ils font mine de s'indigner contre ceux qui s'en mettent plein les poches dans les allées du pouvoir, de la politique et de l'économie, mais ils sont aussi les premiers à rechercher les passes-droit, les prébendes, les "parts de fromages", les décorations, la resquille et j'en passe. Ils ne supporteraient sûrement pas longtemps (d'ailleurs le Français ne supporte pas grand chose et jamais plus de huit jours) une rigueur à la scandinave. Ils ont coupé la tête du Roi, mais sont indignés que le Président de la République ne se comporte pas comme un digne monarque, mais comme un batteur d'estrade de kermesse. Personne ne réclame la suppression des ors et des pompes de la République. Je n'en ai encore entendu aucun réclamant que les ministres rentrent chez eux par le métro ou l'autobus, comme cela se fait dans bon nombre de pays d'Europe. En Allemagne, les logements de fonction n'existent pas; je n'ai jamais entendu aucun politique ici, de quelque bord que ce soit, qui ait proposé de les supprimer. Et je vous fiche mon billet que cela ne se fera jamais... Il y a donc bien un consensus pour perpétrer l'inégalité chez nous.
Non, j'en reviens toujours à cette médiocrité dans laquelle nous nous sommes enfoncés après le désastre humain de la Première guerre mondiale et dont nous n'avons jamais eu le courage de sortir, préférant perdre notre énergie et nos richesses pour des âneries. Le plus souvent en votant toutes ces lois de circonstances qui ne se révèlent être après coup que des balles tirées dans le pied, parce que plus personne ne veut réfléchir, ne sait réfléchir ou ne sait prendre le temps de réfléchir. C'est bien moins une question d'argent qu'une question de mentalité. Il existe une petite frange de nos concitoyens qui se battent au front pour maintenir le pays la tête hors de l'eau, mais il faut bien constater qu'il n'y a pas grand monde pour les suivre et les soutenir. La grosse masse s'en moque et a toujours préféré les médiocres aux vraies élites.
Commentaire n°9 posté par Philippe le 01/02/2008 à 16h16
le petit besancenot, s'il arrive à gommer un peu de son coté trotskyste pur et dur , je vais finir par voter pour lui :))
Commentaire n°10 posté par lorent le 01/02/2008 à 20h17

Je me suis trompé de post !


<iframe src="http://www.lesenfantsdedonquichotte.com/v4/bandeau250_250a.html" width="250" height="250" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no" frameborder="0"></iframe>


 

Commentaire n°11 posté par S@m le 16/02/2008 à 06h07

Voyons voir si cela marche comme cela !


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Faire une fois supprimer à côté de l'URL pour éliminer la surbrillance en bleu si celle-ci apparaît !

Commentaire n°12 posté par S@m le 16/02/2008 à 06h11
Le site web est ci-dessous.
Commentaire n°13 posté par S@m le 16/02/2008 à 06h12

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