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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 00:27

amours.jpgUn garçon de 21 ans qui  présente son second long-métrage dans la sélection « Un certain regard «  au Festival de Cannes après avoir, l’année d’avant, eu son premier film également  remarqué à Cannes, ça stimule la curiosité. Je suis donc allée voir « Les amours imaginaires » de Xavier Dolan, réalisateur Québécois qui en a écrit le scenario et les dialogues, fait le montage et la réalisation, a joué dedans et conçu les costumes. En voilà un que le boulot n’effraie pas et que la passion du cinéma démange. Tellement qu’évidemment, on remarque dans ses images des références à Wong-Kar-Wai, Almodovar,  Truffaut, Gus Van Sant, etc.  Signe qu’à 21 ans, ce garçon a une vaste culture cinématographique et qu’il sait l’utiliser, ce serait mesquin de lui reprocher d’avoir des maîtres, à son âge ! Seuls petits reproches : un excès de fondu au noir, comme s’il n’avait pas appris d’autres modes de transition,  et un amour immodéré pour la version italienne de « Bang-bang », niaiserie sentimentale cependant cultissime.

dolan.JPGL’histoire est simple : deux amis- Francis, homosexuel, Marie hétéro- tombent amoureux du même garçon, Nicolas, doté d’un charme et d’une beauté assez ambigus pour que l’un et l’autre puisse espérer le séduire. Ce qui les rend à la fois rivaux et complices. Le film joue sur l’imaginaire des deux amis, cette passion qu’ils construisent à partir de rien, prenant chaque geste câlin de Nicolas pour un signe… comme le font tous les amoureux du monde, tandis que ce dernier, avec une perverse innocence,  les aime comme des amis tout en jouant de sa séduction.

niels.JPGPendant toute la projection, je me disais que les Québécois ont décidément la niaque. J’imaginais un cinéaste français de 21 ans présentant un scénario où les gens fument comme des pompiers, où Francis se masturbe en respirant le tee-shirt de Nicolas, où deux hommes s’embrassent tendrement, où la sensualité affleure à chaque regard, à chaque geste, dans chaque lumière, sans une seule « scène de sexe » : il se ferait virer, le français ! Trop inclassable. Trop iconoclaste. Trop vrai. A mille lieux des tournage_martine_003.jpgfilms franchouillards avec coucheries, séparations, chagrins et dissertation sans humour sur l’amour. Car Xavier Dolan a aussi de l’humour. Humour Québécois, que j’ai cent fois eu l’occasion d’apprécier avec mes caribous préférés, Martine, Olivier et Patrick.  Un humour fait d’une intense vitalité mêlé à un recul intelligent qui les fait ne jamais se prendre au sérieux, y compris et surtout quand ils sont sérieux.

J’ai aimé ce film malgré ces imperfections, parce qu’il montre une maturité rare. Les dialogues sont très réalistes et pourtant ciselés et bien écrits. Lorsqu’il répond aux journalistes, Xavier Dolan utilise également une langue précise et un vocabulaire d’une richesse qu’on n’a pas souvent l’occasion d’entendre. Avec une réflexion et une confiance en lui étonnantes, mais pas frimeuses. Il sait ce dont il est capable et le fait.  Question d’éducation sans doute.

caribou.jpgPar hasard, deux semaines avant d’aller voir ce film, j’avais lu un essai de Valerie Lion, journaliste française « tombée en amour » avec le Québec, "Irréductibles Québécois" passionnant pour qui souhaite sortir des idées reçues sur les "cousins français qui ont un si charmant accent".  Elle y montre un pays – une province du Canada, en fait- grand comme trois fois la France mais peuplé de seulement 7 millions d’habitants, 4 au km2, qui a su trouver une identité forte malgré l’influence du voisin américain et la force des racines européennes. Qui sait allier la recherche du consensus et l’individualisme.

Qui résiste au froid (« ce rimouski.jpgpays, c’est l’hiver » ) avec chaleur : j’ai vu à Montréal un passant donner spontanément une écharpe à un touriste qui ne s’apercevait pas que son nez était en train de geler. Qui passe directement de l’envie au projet et du projet à la réalisation. « Au Québec,  dit un français qui y a émigré, quand tu proposes quelque chose, on te dit « pourquoi pas ? ». En France, on te dit « pourquoi faire ? »

Et dans les parcs de Montréal, dit Valérie Lion, on reconnaît tout de suite la nationalité des mères. Les françaises disent à leur gamin qui monte sur un toboggan : « Fais attention, tu risques de tomber ! », les Québécoises lancent : « Vas-y, tu vas y arriver ! »

 


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commentaires

John M. Sinox 11/11/2010 21:15



Je vis aux USA. L'autre jour, dans une sorte de superette, j'ai eu droit a une caisse automatique qui parlait francais avec l'accent quebecois. Un regal. faudrait que j'enregistre et que je fasse
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Françoise 07/11/2010 00:28



à Caroline: Je serai ravie de rencontrer votre voisin :) le jour olù je viendrai vous voir à Montréal


à Andiamo: quand je raconte à mes filles qu'aux guides (les scouts filles) on faisait des jeux de nuit dans la forêt, et on cuisinait sur des feux de bois qu'on allumait nous-mêmes à 11 ans,
elles sont scotchées de la liberté (vigilante) qu'on nous laissait. Et il n'ya pas eu un seul accident les 4 ans que j'y étais.


à Olivier: moi aussi j'ai adoré ces deux phrases qui résument si bien deux mentalités.


à Martine: j'aime uniquement les caribous que j'aime...


à Blutch: Y a l'hiver... mais il y a aussi les moustiques l'été!


à Marin: à une des manifs, j'ai aperçu un gros lard à moto sanglé dans son blouson, qui essayait de passer au risque d'écraser des gens. C'était Depardieu.


 



Marin 04/11/2010 09:30



JE ne connais pas assez le cinéma canadien opur faire une étude comparative. J'ai seulement l'impression qu'ils écrivent des histoires qui s'inscrivent dans toutes les couches de la société


Chez nous, le cnéma se déroule toujours dans le dpt 92, dans le 6ème et dans les dépendances estivales ou du week-end. Et biensûr tous le s français roule en Range Rover, mercedez et autres
bolides à chier plus milles milles euros. Les histoires sont souvent plus des montages des idées caricaturale de la vie, sinon, un nombrilisme du petit monde de cette branche de lard français.


Il manque en Fance des punk du cinéma ou des gens comme la formidable Sabina Guzzanti. Et puis enfarnce le peuple n'est vu dque de façon caricatural. Et en plus en France, on ne veut pas que le
peuple aille au cinéma au ragard du prix des places. Et oui il faut bien rénmunérer des gens comme Depardieau qui crache sur les 70 % des gens en mal de retraite ... remarque, il ne crache pas
dans la soupe, c'est déjà cela, mais delà à faire la pute.


Le France est une chose, sont image une autre. Quelque soit le support.



Blutch 03/11/2010 20:39



Décidément, le seul défaut du Québec, c'est le froid,.... mais c'est probablement pour çà qu'ils ont le coeur chaud. Rien n'est parfait en ce bas monde....
Blutch.



Martine 02/11/2010 14:00



Je reconnais bien là ton amour des caribous :)


 



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