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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 13:11

J'ai revisionné il y a quelques jours cette vidéo qui me met les larmes aux yeux et la colère au cœur. (le lien mène à la version longue)

 

Ce qu'on voit là, c'est l'essence même de la crise morale qui va de pair avec la crise économique : le non-respect de la parole donnée, la cupidité, la loi du plus fort. Plus le coup de poignard dans le dos, le cynisme largement positivé versus l'honnêteté et la générosité dont on se moque comme de « qualités Bisounours » vous rendant incapables de survivre dans ce monde cruel.

Les larmes ne viennent pas seulement à cause de la fermeture des hauts fourneaux et de l'avenir de la sidérurgie. Elles jaillissent face à la détresse du syndicaliste- et de tous ses camarades- qui se battent depuis des mois, des années, et se voient promener par des mensonges et de fallacieuses promesses. Edouard Martin n'est pas un gamin trop sensible, c'est un bosseur, un combatif, un costaud... tout comme Xavier Matthieu chez Continental, aujourd'hui moralement cassé par ce qu'il a subi d'humiliations successives. Au-delà de la perte d'emploi et des problèmes matériels qui suffiraient déjà à briser nombre de travailleurs, il y a le sentiment d'impuissance, parce qu'on ne peut plus croire en personne. (je veux dire on ne peut plus croire dans les décideurs, il reste heureusement des millions de gens honnêtes!) et que même les syndicats, toujours enclins à moyenner et tergiverser parce que leur survie financière dépend entre autres du MEDEF, n'aiment pas trop ces gens qui défendent, en sus de l'emploi, leur dignité.

Dans le même temps, un documentaire sur ARTE montre comment les lobbyistes, ces hommes au carnet d'adresses précieux et au sourire permanent, portent à Bruxelles- c'est à dire à l'Union Européenne- les messagse d'une association de chefs d'entreprises pour que soit voté le démantèlement progressif de tout ce qui rend le monde plus vivable pour les travailleurs. Bruxelles est la plus grande place de lobbying après Washington. Ce ne serait pas grave si les entreprises se contentaient de créer de la richesse avec des activités utiles et bénéfiques à tous, la richesse en soi n'est pas une tare. Malheureusement, la cupidité transforme l'enrichissement en addiction financière pathologique, à satisfaire à tout prix, que ce soit par des décisions désastreuses pour l'environnement, des investissements hasardeux se soldant par un krach boursier ou des décisions désastreuses pour les travailleurs sommés de se soumettre au nom de la « compétitivité ».

couverture long-cours-2 moyenneEt puis, à force de reporter sur les États la prise en charge des faillites bancaires comme celle des travailleurs licenciés (même dans des entreprises viables ou florissantes) on endette ces États, qui sont alors gangrenés par l'argent sale de la corruption, des narcotrafiquants et autres mafieux. Une récente enquête de deux économistes Colombiens, citée par Roberto Saviano dans l'excellente revue « Long Cours » a révélé que 97,4% des bénéfices des narcotrafiquants colombiens sont ponctuellement recyclés dans les circuits bancaires des États-Unis et de l'Europe. Le blanchiment d’argent sale comme remède à la crise de la Dette, un mélange des genres détonnant... qui ne favorise pas une lutte efficace contre les trafiquants, le chien ne mordant pas la main qui le nourrit.

Voilà que je m'aperçois que j'ai écrit trois fois le mot « travailleurs » dans ce billet, je ne vais pas tarder à me faire appeler « Arlette » ! Cependant je maintiens, car le choix des mots influe sur la pensée et modèle les sentiments comme les idéologies.

Ce n'est pas par hasard qu'on nous parle en oxymore : « développement... durable » ou « flexi-sécurité », c'est juste une astuce pour faire croire qu'on peut poursuivre une croissance effrénée sans dommages et utiliser les salariés comme des « variables d'ajustement » sans qu'ils en souffrent. Ce n'est pas par hasard que les chômeurs sont devenus « en recherche d'emploi » sous-entendant que s'ils ne trouvent pas, c'est qu'ils cherchent mal. Revenons aux mots vrais : nous dénonçons le « cynisme » qui n'est pas du « réalisme », nous ne sommes pas des « partenaires sociaux » du patronat, plutôt « des adversaires respectueux mais déterminés », nous ne sommes pas dupes de « réformes » qui signifient « régression sociale » et savons qu'un point de croissance en + ou en – ne signifie rien quant à notre bonheur ou bien-être, puisque les accidents de voiture favorisent le PIB vu les dépenses qu'ils génèrent, alors que se déplacer sans encombres à vélo a une valeur économique quasi nulle.

La langue de bois fait rire, mais ne perdons jamais de vue qu'elle a une fonction idéologique. Parlez de droit du travail, de nationalisations, de prestations sociales, on vous traite d'archaïque accroché à une vision des années 60. Ce qui semble tout de même moins archaïque qu'une modernisation qui rêve de conditions de travail dignes du 19ème siècle, et pourquoi pas ? D'un retour à l'esclavage.

 


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commentaires

Blutch 16/02/2013 19:55


@ SF: Purée, pour imaginer limer dans la caillasse, il ne faut pas s'être rétamé en moto sur du gravillon.....
@ Françoise: Méfie-toi d'un certain socialisme.... La vaseline pour les Français, c'est comme pour la balle des condamnés à mort en Chine, tu paies de ta poche...

Il ne faut pas tout voir en noir. Il y a manifestement de l'évolution pour les politiciens:
Ils étaient aveuglés par les richesses de leurs donneurs d'ordres, et maintenant, ils ne sont plus que non-voyants de la misère qu'ils ont engendré chez leurs électeurs...

françoise 16/02/2013 12:43


Gay, justement, en voilà un euphémisme, alors que mes potes homos (moi je dis homos) insistent pour que je les appelle "pédés", considérant que tant qu'on n'ose pas dire "pédés" c'est qu'on a une
réticence vis-à-vis d'eux. Comme disait Senghor: "Nègre, nègre, je répéterais ce mot..." et il a raison: pourquoi dire "black", ça fait plus blanc? Ou alors africains, tout simplement. J'aime
bien aussi Coluche qui disait: "autrefois on disait "con", maintenant on préfère "mal-comprenants". Un des plus étranges: les élèves, devenus des "apprenants". On vit un monde surprenant!

Andiamo 16/02/2013 12:35


Petit exemple :


Pays sous-développés  (années 60)


Pays en voie de développement (années 80)


Pays émergents (actuellement)


Ce sont les mêmes ils sont toujours dans la merde... Sauf que la merde a changé de nom !


Autre exemple :


Une famine 


Une disette, c'est nettement plus gai ! Quand je dis gai je ne veux pas attiser une vieille polémique ];-D


 

françoise 16/02/2013 11:02


à Blutch: certes, mais nouspayons le tube de vaseline


à Laurent: merci Alain/Olivier/Jean-Luc... Franck Lepage devrait être diffusé dans toutes les écoles et notamment à l'ENA


à SF: toi, tu as des perversions érotiques.

Saoul-Fifre 15/02/2013 17:01


Blutch< Oui mais de la vaseline au gravier alors d:-(

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