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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 12:03

 

 

285000 morts, 130 milliards de dollars, c’est le bilan record des catastrophes naturelles de 2010. D’après la compagnie d’assurances Munich Re, neuf dixièmes de ces catastrophes naturelles sont dues au climat. L’événement le plus meurtrier reste cependant le séisme en Haïti, avec près de 223 000 morts, sans parler des décès par choléra ou agressions…Mais comme les pauvres sont rarement assurés, Munich Re remarque que « cet épouvantable bilan ne se solde, sur le plan financier, que par  des pertes négligeables pour l’industrie de l’assurance »… Ouf!  

haiti3C’était il y a un an, et on allait voir ce qu’on allait voir : grâce à la générosité des citoyens, l’Occident allait reconstruire Haïti et la moderniser. Douze mois après, les Haïtiens vivent toujours dans la mouise, le choléra et la misère, et on se demande à quoi ont servi les millions de dons. En janvier 2010, après le séisme, j’avais écrit : « Les dons qui affluent sont sans doute indispensable dans l’urgence, mais relèvent de la charité comtesse de Ségur qui avait « ses pauvres » mais ne les fréquentait pas. Opter pour des échanges équilibrés entre individus et nations sauverait infiniment plus de vies. Au sens physique et moral. »  Je maintiens.

J’avais aussi envie de réagir aux propos sur Cuba de Jean-Luc Mélenchon, premier homme politique que j’entends avoir un avis nuancé sur le sujet. D’ordinaire, entre les apôtres béats de Castro- peu nombreux- et les ennemis jurés de ce qu’ils appellent « une dictature féroce »  alors qu’ils considèrent le sanglant régime Tunisien comme « une dictature éclairée » (si, si, je l’ai entendu !), il n’y a guère de place pour une analyse plus subtile, et notamment le fait, souligné par Mélenchon, qu’il faut regarder Cuba dans son contexte des Caraïbes et du blocus qui mine l’île depuis 50 ans et non avec nos critères à l’emporte-pièce de démocraties confortables. 

IMG_0071.jpgJ’ai déjà parlé ici et de mes voyages à Cuba : six, dont deux à titre professionnel où j’ai pu aller où je voulais, photographier partout et interviewer des cubains chez eux ou dans des lieux publics où ils ne se gênaient pas pour critiquer le régime à haute voix, tout en se déclarant attachés « aux acquis de la révolution ». Rien à voir avec les regards apeurés des vietnamiens à qui, en 1994,  je demandais simplement mon chemin ou s’ils étaient catholiques… Une de mes cousines a vécu 4 mois à Cuba pour y parfaire ses études artistiques, un ami y a travaillé 12 ans. Ils ont une vision bien plus positive du régime que les français restés en France informés par les medias d’ici, et ceux qui ne connaissent de l’île que les hôtels de Varadero et les cars d’excursion. 

img_0102.jpg

Pour ma part, j’en ai expérimenté les soins à la suite d’un accident de voiture. L’hôpital du village aurait fait fuir bien des gens tant il semblait sale, mais ayant vécu en Afrique et connu les dispensaires de brousse (notre mère nous a raconté cent fois l’opération chirurgicale d’un de mes frères, à la lueur d’une lampe tempête qu’elle tenait elle-même au-dessus de la table), je me suis assise par terre dans le couloir, attendant que mon mari se fasse soigner, et ai pu apprécier la qualité des médecins cubains… J’ai déjà raconté cet épisode.

 

 

Finalement, c’est intéressant de remonter dans le temps, on découvre des choses qui parlent après coup. Comme cette remarque d’un lecteur : « Je ne ferai aucun commentaire sur Cuba que je ne connais pas, mais je suis parfaitement d’accord avec vous en ce qui concerne le Burkina, à un détail près : « Chaque fois qu’un pays africain a voulu se libérer sans la tutelle de l’Occident, son chef a été tué. » Pour l’instant, Laurent Gbagbo a réussi à échapper aux nombreuses tentatives d’assassinat à son encontre. »

gbagbo-ouattara.jpgAujourd’hui, Laurent Gbagbo est pourfendu par la « communauté internationale » au profit d’Alassane Ouattara. Un ami, qui connaît bien l'Afrique, m’a dit :

« Gbagbo n’est pas un ange, loin de là, mais Ouattara non plus. Le soutien massif qu’il reçoit des « blancs » n’est pas un soutien à la démocratie, mais à l’homme qui leur convient aujourd’hui, pour leurs intérêts personnels. » Notons cette appréciation, et relisons la dans trois ans…

 

cuba_006.jpg 

 

La citation du jour revient sans conteste à Alain Madelin, dans l’intéressante émission d’hier  sur la crise économique et financière (France 2) : « Le capitalisme va d’erreur en erreur mais globalement il va dans le bon sens. » Et au bord du gouffre, fera-t-il un pas en avant ?

 

 

 

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Published by - dans Humeur
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françoise 18/01/2011 19:21



à Nicocerise: oui, aussi. ce n'est pas un hasard si un séisme à Haïti fait des milliers de morts alors que le même au Japon ne fait que quelques victimes. Les constructions anti-sismiques
existent, tout comme l'entretien intelligent des haies des digues limitent les dégâts d'une inondation.



nicocerise 15/01/2011 14:54



La nature tue plus que la politique, plus que l'économie. Mais derrière les chiffres des tués par catastrophe naturelle est-ce que ce n'est pas aussi la politique et l'économie qui tue?



françoise 14/01/2011 16:03



à Denis et Reynald: Madelin, il fait poussiéreux et dépassé, il est d'un autre temps, lui qui parle tant de modernisation.


à Andiamo: l'idéologie tue, quelle qu'elle soit- voir les martyrs et les kamikazes dans les religions- mais ce peut être avec les armes, ou en affamant, appauvrissant, laissant les gens sans
ressources. C'est plus lent mais efficace.


à Marie: merci, je suis touchée. Et surprise du nombre de lecteurs adultes des contes "Himlico" qui y trouvent non pas leur enfance mais quelque chose qui les émeut et les émerveille. Je sais,
j'en suis...



Marie 14/01/2011 07:24



Bonjour à vous très chère Françoise, j'aime retrouver vos commentaires,   je me sens comme un peu plus éclairée à chaque fois, merci d'être là au rendez-vous, Michel Serres et "l'Art
des ponts" Stéphane Hessel et son "indignez-vous" et vous, avec vos "amours pluriels", je me nourris, j'ai envie comme beaucoup d'autres de tendre vers plus de  solidarité, plus
d'informations, plus d'ouverture d'esprit, malgré tout la vie est belle, je dis  à ceux que j'aime, que je les aime, il ne faut pas perdre de temps.   J'ai acheté 2 "Him li co" un pour
moi et un à offrir à la première occasion, ai lu  les contes, et vais les relire en les dégustant. je vous embrasse. Marie.



Andiamo 13/01/2011 16:54



Les dirigeants de l'ex l'URSS  déclaraient : bilan globalement positif !


Forcément quand on passe à le trappe les millions de morts éxécutés pour : déviationnisme.


De toutes façons l'histoire ne retient que les morts qui l'intéresse, pour les autres elle fait avec.



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