Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 11:56

« Ca me troue le cul ? » Etait-ce « Zazie » (pas la chanteuse, celle de « Zazie dans le métro ») qui répétait cela chaque fois qu’elle était stupéfaite ? Non, à la réflexion, c’est trop trivial pour l’époque de Zazie, ça doit être plus récent. N’empêche que tant de choses me le trouent en ce moment qu’il pourrait faire office de salière.

Ca me le troue, donc de voir des peuples se débarrasser de dictateurs au prix de dizaines de vies perdues et se doter trois mois plus tard de dirigeants encore plus réactionnaires que les précédents.  Quoique il faille être lucide : 100 000 manifestants sur une place ça semble faramineux, mais si le pays compte 10 millions d’habitants, ça ne fait jamais qu’1%, les autres n’ont pas forcément la même veine libératrice.

D’entendre des journalistes sur France Info dire ce matin à propos du procès de Jacques Chirac : « Tout de même, si le président est condamné, n’est-ce pas un problème pour la démocratie, ça atteint la fonction présidentielle. » Heureusement, l’interlocuteur a répliqué : « Le vrai problème pour la démocratie, c’est la corruption des dirigeants. »

A propos de démocratie, ça me le troue très,  très grave, le coup d’état financier et silencieux qui consiste à NOMMER à la tête de deux pays (la Grèce et l’Italie) des dirigeants issus de la banque Goldman Sachs, celle là même qui a montré à la Grèce comment falsifier ses comptes et a ensuite spéculé sur la dette grecque. D’une part, cela consiste à demander à confier l’incendie aux incendiaires, d’autre part, c’est passer par-dessus la démocratie. Berlusconi et Papandréou, si contestables soient-ils, avaient été ELUS : dans une démocratie, ce n’est pas à des technocrates de nommer les dirigeants d’Etats souverains.

Et n’oublions pas le nouveau directeur de la Banque Européenne, Mario Draghi, lui aussi ancien dirigeant de Goldman Sachs, banque poursuivie aux Etats-Unis pour sa responsabilité dans la crise financière. Sur ce coup, les USA sont plus combatifs que l’Europe.

Ca me le troue toujours d’entendre Merkozy Sarkel ne parler que de surveillance des Etats, contrôles,  Sanctions… (‘Surveiller et punir », vous vous souvenez ?) sans dire et encore moins faire quoi que ce soit contre la pourriture du système financier : en 2007, les paradis fiscaux représentaient  11 000 milliards de dollars, je n’imagine même pas une telle somme. En 2011, après des rodomontades sur « la moralisation du système », ils représentent 20 000 milliards de dollars (enquête « Envoyé Spécial »)

Un trou de plus en entendant les medias affirmer que not’ président a acquis une stature présidentielle (il serait temps, après 4 ans !) en gérant la crise, alors que chaque plan annoncé est aussitôt suivi d’une baisse de la Bourse et d’une attaque des marchés financiers qui en veulent toujours plus pour eux, moins pour les populations.

Seuls les vieux qui n’ont plus rien à perdre osent enfin dire la vérité. Michel Pebereau, ex de BNP Paribas avoue enfin que « ce fût une grave erreur d’avoir mis toute sa foi dans la régulation par l’économie de marché » et VGE rappelle que l’euro reste une monnaie forte et que la crise actuelle est entretenue et manipulée par les medias, avec la bénédiction des Etats-Unis qui ne rêvent que du démantèlement de l’Europe.

Cela dit, ça me gonfle- ça change des trous- que l’argent soit devenu un objectif en soi, une idéologie et non un simple outil de gestion. Il y a infiniment plus de richesses créées dans le monde qu’il y a vingt ou trente ans, mais beaucoup plus d’inégalités et de misère, cherchez pourquoi…

Comme disait récemment Patrick Viveret, citant je ne sais plus qui : « l’homme s’obstine à créer l’enfer sur une planète paradisiaque ». Et pire, fait croire qu’il n’y a pas d’autre choix. Heureusement, de plus en plus de gens commencent à penser le contraire.

De tout cela et de bien d’autres choses nous parlerons samedi 17 décembre de 5 à 7h du matin (faut-il qu’on vous aime pour se lever aussi tôt avec le froid qui vient !) à l’émission  de Laurence Garcia, sur France Inter. 

coccinelle.jpg

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

marin 21/12/2011 10:15


Comme d'hab, cette émissio n le samedi matin st excellente et pleine de libertés. Ce uiq metroue le cul , moi, c'est la fascination des gens à choisir le pire et ne jamais oser le r^ve et l'utope
comme inspiration. Le reste  n'est qu'anecdote. Exemple il fait que ce soit martin hirsch, valet du capitalisme par ses postes exercés et ses maitié comme celle de mr Woerth (on a les amis
qu'on mérite), annoncé que moins de 50 % des bénéficiaires possible demande leur RSA : faut il quece soit ce genre depersonnage qui annonce cela pour quecela soit entendu ? voire  
écoutable ?


En cette période de souhaits : Je vous souhaite, Madame, de jolis jeux, de jolis rêves et un joli monde. >.

Reynald 18/12/2011 12:15


La volonté de quelques-uns à monopoliser le fric va devoir généraliser l'esprit de débrouille, la solidarité et une autre façon de courir après le bonheur.
Après les grandes questions exitentielles: qui suis-je? d'où viens-je? où vais-je? (que Pierre Dac avait résolu en une phrase: "Je suis Moi, je viens de chez-moi et j'y retourne.)
L'homme s'invente de nouvelles problématiques:
- Peut-on vivre sans posséder le dernier I-phone?
- Doit-on impérativement récupérer la prime à la casse d'une voiture amortie pour s'enfoncer un peu plus dans la spirale du crédit à la conso?
- Le prix d'un sourire ou d'une caresse les rendent-ils inaccessible?
- ETC.


Ma problématique se résume ainsi:
- Comment pourrait-on exploiter un peuple sans sa propre complicité (ou lâcheté)?
On a encore beaucoup à apprendre des indignés du Maghreb qui continuent de mourir sous les balles de gouvernements qui ont d'autant plus facilement reçu l'assentiment de nos régents qu'ils ont
livrés en pâture les biens qui étaient nationalisés.
L'Irak et la libye avaient la même tare (la seule qui les différenciaient de certains autres pays): Le pétrole y était nationalisé. Le crime impardonnable était là.

La Poule 17/12/2011 18:13


Je t'ai entendue ! Un hasard, je n'avais pas encore lu ce billet :) Mais dis donc, c'était pas évident d'en placer une avec les zigotos qui t'accompagnaient !


Gonflée avec des trous... ça doit être possible avec quelques rustines :)

Andiamo 16/12/2011 10:08


"ça me troue le cul" est la réplique favorite de Clotilde Courau dans le film "Elisa" de Jean Becker sorti en 1995.


Concernant ton billet, il est hélas vrai, mais c'est tellement banal de le dire : riches de plus en plus riches et pauvres.... 

Tant-Bourrin 15/12/2011 18:46


Peut-on être gonflée après avoir été trouée ? Voilà une question intéressante ! :~)


Blague à part, tout cela me troue également le cul (n'était-ce pas Gainsbarre qui employait cette expression à tout crin ?), et grave de chez veugra ! J'écouterai donc avec intérêt l'émission...
mais sûrement en différé sur internet ! :~)

Présentation

  • : JOUER AU MONDE
  • JOUER AU MONDE
  • : "Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
  • Contact

AUTRES MONDES

Depuis le 31/12/2013, le site Autres Mondes n'est plus actif, mais vous pouvez toujours aller y voir   la superbe vidéo d'Himlico

et la non moins superbe vidéo sur "Aimer plusieurs hommes",  toutes deux réalisées par Douze Films Prod (www.douzefilms.fr) 

Pour être informé de la disponibilité de "Aimer plusieurs hommes"et de "Himlico et autres contes", contacter: simpere.autresmondes@gmail.com 

  "Autres désirs, autres hommes" étant épuisé en version papier, il a été réédité en ebooks regroupant les nouvelles par thèmes: Que vous aimiez le sexe entre amis (sex-potes), les aventures insolites (Belles rencontres) la transgression (Jeux et fantasmes) vous y trouverez votre compte.  En vente chez IS éditions   et sur la plupart des plate-formes de livres numériques, plus FNAC, Amazon, etc. Sexe-potes.jpg

 
 

 

 


 

Recherche

FAN-CLUB

Françoise Simpère (nouvelles de)

ma vie, mon oeuvre, mais surtout mon oeuvre

LIVRES QUE J'AIME

                                                                                                 lien-guide.jpg  

                                          
                                                                    des questions, des réponses, l'ouverture des possibles

L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture