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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 15:04

mari_5.jpg« J’emprunte les hommes mariés et je les rends en bon état ». C’était le titre d’un papier écrit pour  Cosmo il y a longtemps. De fait, jamais je n’ai eu la moindre idée de « voler » un mari.  Pas par vertu, mais parce que leur façon d'être ne me donne pas souvent envie. J’aime les artistes, les sensibles, les indépendants, les joueurs, les hommes libres, les déjantés, mais pas ceux qui pointent à la daube tout en se plaignant de leur épouse et en rêvant d'ailleurs dans leur costard/cravate,  c'est fou ce qu'il en existe. Or autant j'adore les vieux couples pleins de tendresse l'un pour l'autre, autant l'hypocrisie de certains maris me glace la libido.

fran_oise_1007_aquarelle.jpgD’ailleurs, je corrigerai aujourd’hui le titre de mon article. Je n’emprunte pas les hommes mariés, ce sont eux qui me contactent, à propos de mes livres, bien sûr.  Avec le naturel que vous me connaissez, si un homme souhaite me rencontrer, j’accepte généralement, parce que j’adore découvrir des gens nouveaux, et je propose un dîner parce que les déjeuners coupent trop la journée de travail. Immédiatement, gêne du monsieur : « C’est-à-dire… un dîner… ça ne va pas être possible… ma femme est très jalouse… - Où est le problème ? Dites-lui que vous dînez avec moi, il vous arrive parfois,  j’imagine, de dîner avec une copine ? »  Alors là, surprise !  Outre la réponse « Non, cela ne m’est pas arrivé depuis notre mariage » qui me scotche littéralement à l’idée que le conjugo soit un tel enfermement, certains répondent « Oui, mais si je dis votre nom, elle ira vous « googleliser », et en voyant ce que vous écrivez, sûr qu’elle refusera. »

cartable.jpg Bien sûr, où avais-je la tête ? Une femme qui écrit « Aimer plusieurs hommes » et des romans érotiques ne peut être qu’une saute-au paf  de nature à éveiller la jalousie de toutes les épouses convenables ! Sauf, mesdames, que la jalousie ne vous préserve en rien de l'adultère. Elle est d'autant plus inutile que ces maris effrayés- mais aussi, disons-le, flattés par la jalousie de leur épouse- sont les plus prompts à chercher l’aventure sans aucune réflexion.  A proposer la botte sans ambages à l’hôtel ou dans leur bureau, avant ou après déjeuner, comme une pulsion irrésistible qui en dit long sur leurs frustrations. Les hôtels du 8ème arrondissement- celui des bureaux- sont nombreux à louer leurs chambres entre 12 et 15h à des maris qui payent en liquide  pour ne pas être trahis par un ticket de carte bleue indiscret. Bonne affaire pour l'hôtelier, autant qui échappe aux impôts… (sauf lorsqu'un inspecteur des Impôts comme j'en ai connu un, pense à comparer les notes de blanchisserie et le nombre de serviettes théoriquement utilisées par les clients déclarés, et trouve un écart qui prouve la location des chambres au noir.)

pinbio2.jpgInterdire le dîner par jalousie est donc aussi inutile que de dire à sa fille « rentre avant minuit », comme si minuit sonnait l'heure où le carrosse devient souris et la pucelle femme déniaisée. Il n'y a pas d'heure pour faire l'amour. Les sites de rencontre regorgent d’hommes mariés se prétendant tous cadres supérieurs ou PDG gagnant + ou – 100 000 € par an, à croire qu’ils imaginent toutes les femmes vénales. Moi, c’est le genre d’arguments qui me ferait courir d’emblée à l’autre bout de la planète auprès d’un type sans le sou mais plein d’autres atouts ô combien plus convaincants. Ces traders du sexe, donc, proposent un verre en fin d'après-midi dans un bar d'hôtel et plus si affinités. Ils rentrent chez eux à 19h30, 20h, harassés par « cette réunion de brainstorming qui n'en finissait pas... »  Ceux-là croient prendre toutes les précautions pour que jamais l’épouse ne les soupçonne mais sont d’une imprudence incroyable. Une copine qui s’était inscrite à un site sous un pseudo, avec une adresse mail et un numéro de mobile réservés à ce petit jeu, eut la surprise de recevoir une demande de rencontre discrète de la part de son propre époux, qui avait certes pris un pseudo mais carrément publié des photos de lui sur sa fiche ! Par jeu, elle lui demanda son mail et son téléphone, et le bougre lui donna ses vraies coordonnées, au risque, comme elle le lui expliqua, de se trouver en butte au harcèlement s'il tombait sur une maîtresse possessive. (Pour la petite histoire, tous ces échanges se passèrent à distance et jamais, jamais le mari ne sut qu'il avait dragué sa propre femme).

u14353277.jpgQuand la testostérone les travaille, ils perdent tout bon sens. Comme cet homme qui ouvrit de grands yeux alors que je lui rappelais l’obligation du préservatif : « Tu peux  avoir confiance en moi, je suis un homme fidèle », à quoi je répondis qu’il se trouvait présentement tout nu et en bonne disposition face à une femme- moi- qui n’était pas son épouse, ce qui me semblait en contradiction avec la notion classique de fidélité.  Il soutint sans rire que j'étais la première depuis son mariage, mais je restai inflexible et nous nous contentâmes d’un thé, durant lequel je lui expliquai qu’au cas improbable où j’aurais réellement été sa seule tentation, lui n’était pas la seule mienne et qu’il se devait donc de prendre des précautions pour protéger son épouse.  Incroyable qu’il faille leur rappeler ces élémentaires choses, mais c’est ainsi. J’ai dû faire davantage pour la promotion de la capote que moult campagnes de prévention télévisées.

fou4.jpgParlons aussi des maris surexcités d'être « célibataires » pendant que madame est en vacances de neige avec les enfants, et qui emmènent leur conquête chez eux, sans imaginer qu’une maîtresse malicieuse peut abandonner négligemment sa petite culotte sous le lit, juste pour le fun.  Ou parce qu'elle est jalouse de l'épouse, cela arrive aussi.  Un des épisodes les plus hilarants fût cette soirée de ma coloc avec son amant, énarque et polytechnicien mais dépourvu de tout sens pratique, qui, voulant lui préparer un café  afin de célébrer leur premier dîner en tête-à-tête chez lui, oublia de mettre le couvercle sur le moulin. (Véridique ! Quand on pense que le pays est dirigé par des types de ce genre, ça fait peur...) Les deux amants passèrent la soirée à nettoyer la cuisine constellée de café moulu, l'époux étant pétrifié à l'idée que sa femme puisse découvrir son infidélité.

Je me souviens d’un  copain qui me racontait à longueur de déjeuner- « dîner ? Impensable, ma femme n’accepterait pas » - ses aventures galantes qui le poussaient souvent, c’était un sentimental, à envisager de quitter femme et enfants pour une exotique donzelle. Je passais mon temps à lui répéter qu’il était dans une phase hormonale  irréaliste ne justifiant aucunement de mettre en péril son foyer, d’autant que l’exotique donzelle, 9 fois sur 10, aurait été bien embêtée de le voir débarquer chez elle, ses valises à la main. C’était hilarant d’entendre ensuite son épouse se gausser de telle ou telle amie « cocue »  et affirmer « mon Nestor, lui, est un homme fidèle, je suis tombée sur le bon numéro. » (Il ne s’appelait pas Nestor, évidemment.) Ce fût moins drôle lorsque, m’ayant entendue à la télévision, l’épouse décida que j’étais infréquentable, même à midi, et interdit à son époux de me revoir… ce qu’il accepta. Je m’en consolai en me disant que je ne perdais pas un ami, puisqu’il avait été incapable de révéler à sa femme que sans moi, il l’aurait sans doute quittée dix fois et que sa jalousie était donc fort mal placée.

L’amant fringant a parfois peu de rapport avec le mari, c’est ainsi qu’une romancière dont j’ai oublié le nom éloigna de son compagnon une jeune maîtresse. Elle avait emprunté le téléphone de ce dernier et envoyé un message à la demoiselle: « Ma copine est absente, viens chez moi ce soir ». Joie de l’amoureuse, qui se précipita et fut accueillie fort gentiment par la légitime qui l’amena face au monsieur avachi en survêt’ sur le canapé, le nez rouge et gonflé et la peau luisante, pour cause de gros rhume : « Tu reconnais ton Prince charmant ? Tu le veux ? » Ben non, elle n’en voulut pas et s’enfuit à jamais.

Que cette anecdote console toute  maîtresse « back street » qui se lamente à l'idée que son merveilleux amour va être indisponible jusqu'au 2 janvier, pour cause d’obligations familiales. Qu'elle l'imagine quittant en catimini la table du réveillon pour lui envoyer un texto « Joyeux Noël, ma chérie », qu'elle imagine son air coupable quand sa femme le cherchera « Nestor ! Où es-tu ? Viens découper le chapon ! », qu'elle visualise sa hâte à enfouir son mobile dans sa poche et sa crainte que quelqu'un lise malencontreusement son message alors qu'elle-même peut lui en envoyer un très torride sans aucun risque, qu'elle imagine la grasse matinée qu'elle va faire le 26 décembre après un réveillon d'enfer entre potes, tandis que l'époux/amant, terrassé par la gueule de bois et la dinde aux marrons trop sèche, sera réveillé à l'aube par les hurlements de ses enfants ouvrant leurs cadeaux de Noël...  Qu'elle imagine... Tiens, ça va mieux, là, non ?


P1000856.jpg

 

ASCENSEURSi vous avez l'excellente idée d'offrir des livres "Autres Mondes" pour les fêtes, sachez que les dernières commandes servies seront celles arrivées au plus tard le 23 décembre à 14h, et que les livraisons seront interrompues jusq'au 30 décembre, oui, on s'offre une petite trêve. Dépêchez-vous de commander!

 

 

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patcool 03/04/2012 06:54


blog hyper sympa..........


patrice


croisierenaturisme.centerblog.net

Françoise 08/01/2012 18:07


à Aurélie: Vallisneria a raison, la "pauvre vie sexuelle" conjugale n'est pas autre chose que la résultante des années ensemble avec tous les soucis inhérents à la vie quotidienne: argent,
boulot, enfants... Ces soucis affrontés ensemble approfondissent le lien d'amour mais nuisent souvent au désir, d'autant plus qu'un homme stressé voit son désir s'effondrer pour des raisons à la
fois psychologiques et physiologiques. De façon plus large: le désir relève de l'irrationnel, la vie quotidienne exige d'être rationnel, d'où conflit entre les deux. Bref, être mari (ou femme)
n'a rien à voir avec être amant ou amante. C'est tellement peu comparable que ça ne devrait pas engendrer de jalousie...


à Liza: bien sûr, la majorité des hommes qu prétendent "jamais je ne pourrais dire à ma femme que j'ai envie de dîner avec une autre" projettent sur leur compagne leur propre peur, ou leur
propres préjugés (eux-mêmes seraient jaloux de voir leur compagne dîner seule avec un inconnu). Souvent, des hommes m'ont parlé de la jalousie de leur épouse (que je connaissais, car elles me
parlaient de leur envie d'amours extérieures, envie impossible en raison de la jalousie de leurs conjoints) Bref, il demeure sur ces sujets un manque de communication et une masse d'a priori
étonnants.


à Vallineria: on est d'accord!


 


 

Liza 05/01/2012 16:06


Est-ce qu'un homme qui prend prétexte de la prétendue crise de jalousie que sa femme ferait si jamais il lui disait vouloir penser imaginer dîner avec une copine a réellement, ne serait-ce qu'une
fois, exprimé ce désir devant sa femme ? Est-ce vraiment la femme qu'il faut blâmer, ou le manque de communication ? Il ne dit pas "La dernière fois que j'ai essayé (tati-tata, description de la
terrible crise)", mais "Il ne faut pas que j'essaye". Est-ce qu'il ne s'imagine pas à la place de sa femme, pensant qu'elle réagirait comme lui serait tenté de réagir ?

Vallisnéria 28/12/2011 08:42


@ Aurélie, je me sens moins seule ..


"la pauvre vie sexuelle", dites-vous ? alors que ce n'est que le quotidien, la fatigue de la routine. Pour l'épouse ce n'est pas facile non plus car elle voit "l'autre face" de l'Amant, et le
désir sans cesse renouvellé c'est un exercice fastidieux ne serait ce qu'au bout de 10 ans de vie commune.. comme dans la belle chanson d'Aznavour, "tu te laisses aller.." oui, mais ce sont les
2, souvent, qui se laissent aller.... et ça nous les amantes on ne le voit pas forcément !

Aurélie'S LAND 25/12/2011 15:02


Il m'est arrivé aussi d'emprunter les maris des autres et je les ai toujours rendus en meilleur état ! C'est incroyable de voir parfois la pauvre vie sexuelle qu'ils acceptent de vivre avec leur
légitime. Certains ont du mal à accepter que je ne leur réserve pas "l'exclusivité" ! Je suis polyamoureuse comme j'aime dire sur mon blog. J'aime les relations qui durent, même si comme tu dis
les rencontres sont parfois très espacées dans le temps, style une fois par trimestre mais depuis plusieurs années. Toutes les combinaisons sont possibles. Pourquoi pas ?

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et la non moins superbe vidéo sur "Aimer plusieurs hommes",  toutes deux réalisées par Douze Films Prod (www.douzefilms.fr) 

Pour être informé de la disponibilité de "Aimer plusieurs hommes"et de "Himlico et autres contes", contacter: simpere.autresmondes@gmail.com 

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