Partager l'article ! FIDELITE PROSTATIQUE: Je ne peux vivre que seul, répétait-il à ses amis et amies, fier de sa liberté, dont il disait qu’elle était ...
Je ne peux vivre que seul, répétait-il à ses amis et amies, fier de sa liberté, dont il disait qu’elle était son bien le plus précieux, tel Lucky Lucke. « Le couple, quelle horreur, je veux vivre sans contrainte », répétait cet autre à sa presque compagne, son amante la plus régulière, à qui il avait même refusé durant des années de dire où il habitait par crainte qu’elle ne s’incruste dans son gîte de Zorro sauvage et ténébreux…. ou le découvre avec une autre.
Lucky Lucke est aujourd’hui en ménage, sa dame a fait le vide autour de lui, tous deux passent des après-midi devant des documentaires sur la fabrique du jus de betteraves en Roumanie orientale, car elle n’aime pas sortir et ne supporte pas qu’il mette le nez dehors sans elle. A 62 ans, Zorro « s’est engagé dans une vie de couple » avec sa compagne, clôt sa maison et filtre ses appels de peur qu’elle ne découvre le secret de polichinelle de ses aventures passées.
Est-ce une épidémie ? Un séducteur de 64 ans, que j’aurais volontiers surnommé le fusil à six coups tant il cumulait d’amours tumultueuses m’avoue l’incroyable : « Je suis fidèle depuis huit mois », tandis qu’un dernier tombe amoureux à l’automne de son existence et s’étonne de n’avoir plus qu’une femme dans sa vie, lui qui avait acquis une réputation justifiée de collectionneur.
Rien d’étonnant, c’est hormonal, tout comme la passion amoureuse. Les hommes
se rangent lorsque leur testostérone s’amenuise. Fidélité prostatique, doublée pour certains d’un sens inné
du confort : c’est rassurant d’avoir à domicile une femme capable de vous porter secours en cas de malaise. Après 55 ans, surtout chez les ex-fêtards, les taux de cholestérol et
triglycérides, l’hypertension et le surpoids multiplient les risques cardiovasculaires, et ce n’est franchement pas drôle d’avoir un infarctus en solitaire. Sans même parler de maladie, quand la
fatigue fait s’endormir dans son fauteuil, qu’il est doux d’entendre une voix féminine murmurer : « Tu devrais aller te coucher, chéri, viens, je vais t’aider à monter … » Les
dernières compagnes, tout comme celles qui ont patienté quarante ans pour que leur élu s’assagisse, profitent pleinement de ses 60 à 80 ans ou plus.
« Tu vois bien, ton histoire de Lutinage, de polyamour, d’amours plurielles, c’est pour les jeunes, ensuite les hommes retournent dans
« le droit chemin ». Que non pas, mes seigneurs… Car le Lutinage, contrairement au libertinage et à l’adultère furtif, a une base hormonale très faible, et une base amicale très forte.
Découvrir l’Autre et s’intéresser à lui (à elle) plus qu’à la conquête, se séduire en mots, en regards, en affinités électives, en tendresses et en sensualité donne au coït à dominante hormonale
la place qu’il mérite : c’est bon, ça fait du bien, mais ce n’est qu’un élément du lien entre deux êtres, fussent-ils de sexes différents. Un lutin peut séduire et aimer à tout âge, et
garder toute sa vie des liens très forts avec des femmes qu’il « ne baise plus » mais qui continuent à le toucher.
Ecoutez RMC demain, jeudi 21 janvier. Pour mon anniversaire, mais ce n’est qu’une coïncidence, deux hommes Tristan et Guilain, vont y parler du polyamour. Leur discours est mille fois plus troublant qu’hormonal. Ils parlent des relations qui durent et du plaisir de la rencontre, considérant que l’objectif n’est pas de conclure mais de flâner librement sur la carte fournie des plaisirs amoureux.
Conclusion :
A Zorro qui ne veut que la baise
Le temps est un couperet fatal
Dès que se calme l’animal
Zorro s’endort en charentaises.
Tandis qu’un Lutin malicieux
Curieux de tout, gourmand de vie
Trouvera encore mille jeux
Quand s’amenuisera son vit.

« Ben les femmes aussi, vous vieillissez ». Oh que oui, mais différemment. Les jeunes femmes conditionnées par les contes de fées et les magazines féminins, plus les oestrogènes qui les poussent à se reproduire cherchent l’homme de leur vie, l’amour-toujours. Leur rapport oestrogènes/testostérone est franchement en faveur des hormones femelles. A la ménopause, celles-ci se tarissent peu à peu, inversant le rapport au profit de l’hormone mâle (d’où la pilosité et la voix plus grave de certaines) qui leur donne un regain de vigueur. Les enfants sont élevés, elles n’ont plus rien à prouver sur le plan professionnel, elles ont entretenu leur corps pour plaire au Prince Charmant et en touchent les royalties aujourd’hui, où les quinquas débordent de vie et de charme. Gestionnaire de la vie quotidienne depuis des décennies, elles n’ont besoin de personne au quotidien. « J’adore la compagnie des hommes, se réjouit l’une d’elles, mais pas tous les jours. » Ma mère disait qu’on a envie de vieillir auprès d’un homme aimé si on l’a connu très tôt, le regard infrarouge de l’amour permettant de retrouver les sédiments de toutes les époques traversées avec lui (elle ne le disait pas aussi poétiquement, je traduis…) mais qu’une fois veuve, pas question de se remettre en ménage « pour servir de bonne à un homme vieillissant ». Une de ses voisines veuve et octogénaire affirmait ne s’être jamais sentie aussi légère que depuis qu’elle pouvait décider seule.
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Françoise Simpère (nouvelles de)
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