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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 14:56

revenge.jpgLors d’un dîner, la mère d’un jeune homme, auteur d’une version d’un célèbre système d’exploitation « libre », raconte que son fils est en train de devenir riche.   Je saute sur l’occasion pour demander comment on devient riche en proposant des produits « gratuits », même si j’ai ma petite idée... Il ne m’a pas échappé en effet que les fondateurs de Google et  Facebook, d’accès libre et gratuit, sont aujourd’hui millionnaires…  La dame confirme mon intuition : « C’est simple. Le système de base est  effectivement téléchargeable gratuitement. En revanche, beaucoup d’entreprises souhaitent des aménagements spécifiques du système et payent très bien celui qui les conçoit. (Rien à redire).  A cela s’ajoutent les dons : certains utilisateurs du système, ravis « de comprendre enfin l’informatique », envoient à son concepteur des dons qui peuvent dépasser 500 €. (Joli pourboire, mais pourquoi pas, si les gens sont contents) ?  Cependant, l’essentiel des revenus est généré par des liens  commerciaux : chaque fois qu’un internaute  arrive sur Google ou n’importe quel site commercial en utilisant un système donné, l’inventeur du système perçoit un revenu. Parfois moins d’un centime d’euro par « clic », mais multiplié par des dizaines de milliers, ça chiffre vite. C’est ce qui a fait aussi la fortune de Google : chaque « clic » via Google apportant un client à un site rapporte un « dividende » au moteur de recherche. Qui se fait aussi payer l’honneur d’être référencé en tête de page. 

adresse.jpgCe système participe directement à l’essor du e-commerce et constitue une incitation à consommer d’autant plus efficace qu’elle est plus invisible et plus indolore que la publicité. On croit s’informer alors qu’on est discrètement orienté vers tel ou tel site. Cliquer sur un site de voyages, par exemple, vous fait aussitôt identifier  comme amateur de voyages, dont les coordonnées sont vendues à d’autres tour-opérators via des listes payantes. (je viens d’être sollicitée pour acheter une liste d’acheteurs potentiels pour « Autres Mondes »)

 

amis.jpgDernière source de revenus pour les chantres de la gratuité: l’idée de « communauté de geeks » qui  échangent et se tutoient dans une ambiance de chouettes chics copains permet aux auteurs d’un système de disposer d’un vivier de forts en informatique qui les aident gracieusement à l’améliorer … et à mieux le vendre. « A présent qu’il gagne plus que bien sa vie, conclut la dame, j’ai suggéré à mon fils qu’il pourrait partager ses revenus avec ces collaborateurs bénévoles. Il m’a répondu, presque choqué : « tu n’y penses pas ! Ce n’est pas du tout l’esprit du logiciel libre… » 

La confusion généré par l’anglais où « free » signifie à la fois « libre » et « gratuit », fait que quantité de gens s’imaginent que tout ce qui est sur le Net doit être gratuit, au nom de la liberté… d’accès à la culture, de communautés d’intérêts, de l’impression aussi jubilatoire que fausse que le Net est une réunion mondiale d’amis. Et entre amis, on ne compte pas, n’est-ce pas ?

Entre « amis » réels, sans doute. Mais sur le Net, rien n’est gratuit, pas plus que les journaux papier « gratuits » ne sont gratuits. Tout est financé par la pub, conçu pour inciter à consommer. J’ai connu la pression de la publicité, genre : « N’écris pas que ce gel douche agresse la peau, le fabricant est un annonceur »  dans des magazines payants. Pour les supports gratuits, la dépendance à la pub, seule source de revenus, rend extrêmement fragile, et pousse les responsables des medias non-payants à équilibrer leur budget… sur le dos de ceux qui bossent pour eux. Quantité de sites d’information sur Internet sont alimentés gratuitement par  des internautes à qui l’on fait miroiter qu’ils seront « visibles, lus, éventuellement célèbres un jour ». Lorsqu’elles existent, les rémunérations sont de l’ordre du ridicule- indemnité de stage à 300 € par mois pour des surdiplômés en informatique devenus Webmasters,  ou piges miséreuses à 10 € la page pour des surdiplômés en journalisme.

Encore heureux sont-ils lorsqu’on les paye en salaires, avec un peu de couverture sociale, mais de plus en plus, les annonces précisent que le postulant doit être auto-entrepreneur (ce qui met toutes les cotisations sociales à sa charge et ne lui donne aucun droit au chômage en cas de licenciement)  ou qu’il bénéficiera d’une part des recettes publicitaires. En d’autres termes, on ne rémunèrera pas son travail, mais son aptitude à générer des recettes publicitaires, ce qui l’incitera à écrire dans ce but et non pour informer. Parfois inconsciemment… La gratuité et les prix cassés sont un leurre. Il y a toujours quelqu’un qui morfle au prix fort : le producteur de cacao ou l’ouvrier du textile chinois sous-payés dans le commerce classique, les vendeurs bénévoles dans les boutiques de commerce équitable, les journalistes exploités et soumis à la publicité  dans les medias réels ou virtuels.

Dans tous les cas, c’est la reconnaissance de la valeur du travail qui disparaît. Avec son corollaire : le cocu de l’histoire est définitivement celui qui espère gagner sa vie en travaillant.

première couvimage-sites-400pxVoilà pourquoi, je vends les livres que je produis, au grand dam de quelques (rares) internautes) qui voudraient les télécharger gratuitement: pour payer correctement l’imprimeur, les auteurs, la graphiste, le webmaster (et peut-être un jour moi, une fois couverts ces coûts), c’est-à-dire reconnaître que leur travail mérite rémunération. Et aussi parce que je pense qu’il vaut mieux payer pour de la culture indépendante que la faire financer par la publicité. En revanche, ce blog reste gratuit et sans pub, parce que c’est un espace d’échanges qui n’engage que moi et ne rapporte à personne.couv century3 copie

 

 

LA MINUTE ECHAPPEE

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Published by - dans Humeur
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commentaires

françoise 28/11/2010 11:24



à Marie-Pierre: I agree with you;



Marie-Pierre 28/11/2010 10:45



All I can say in my best French : there is no free lunch in this world...  



Françoise 25/11/2010 11:33



à Denis: cela n'empêche pas d'ailleurs d'offrir à voir ou lire des peintures ou des écrits, comme sur ton blog ou le mien.


à SF: j'ai été sollicitée, mais comme les blogs plein de panneaux pub clignotants et laids m'énervent, j'ai refusé. De +, vu ma réputation, j'aurais risqué d'être assaillie par les vendeurs de
cul :). Ce qui marche fort, ce sont les blogs de cuisine. l'un d'eux, créé par une fille de om j'habite, lui a été racheté un bon prix par un site, je suis allée voir: on patauge dans les pubs
pour la viande C... ou les yaourts D


à TB: et pour la culture, il existe plein de "restos du coeur", ça s'appelle les bibliothèques municipales (auxquelles j'offre systématiquement quelques-uns de mes livres), les musées, les
concerts et les spectacles de rue gratuits. (enfin, pas gratuit, financés par les impôts, mais ça fait partie de la redistribution des revenus, c'est plus sympa que financer un sous-marin
nucléaire)


à Andiamo: la propriété intellectuelle est un concept  juridique français très intéressant. Quoi que tu fasses, même si tu vends ton oeuvre à un éditeur, tu conserves ton droit moral sur ton
oeuvre, tu ne cèdes que le droit d'exploitation de l'objet livre. Ce qui interdit à l'éditeur de modifier ton texte sans autorissation par exemple. Mais faut bien lire le contrat avant de
signer...


à Andiamo bis: fais pas ton modeste, tu écris très bien, je te lis toujours- mêe quand tu fais pervers pépère. Mais tu as raison: écrire en amateur, ça veut dire aimer écrire, et c'est le plus
important.


à Marin: il y a certes des péteux et des spéculateurs dans le monde culturel. Plus des blocages institutionnels. Plus des gens qui honnissent les artistes, marginaux par définition. Mais on
rencontre aussi des tas de gens- dont vous êtes semble-t-il- qui arrivent à apporter de la culture mêpme dans des lieux isolés et sans gros moyens. Les festivals organisés par de petites communes
sont parfois des merveilles, j'en ai parlé ici même. (festival "cultures du monde" à Gannat, dans l'Alllier notamment, et il y en a des dizaines...


 



Marin 25/11/2010 10:27



Tout travail mérite salaire. Tout y es t dit, rien à ajouter. Cependant, la culture doit être élitiste ? Car quand on veut rendre quelque chose de pas populaire et de l'entre soi, il faut
pratiquer des prix chers. Et la culture est hors de prix : moi, ça me fait chier de voir les sa laires de certains acteurs de cinéma, qui , c'est amusant, on le même  discours justicatif que
les footballeurs.


Dans nos campagnes nous avons de nombreuses salle mutli culturelles. Fianlement, seuls les artistes "pro" on accès vériatablement à l'exposition, les amateurs qui ne voudrait que montrer leurs
production, sont relayés à de sombres couloirs peu fréqentés donc pas visibles. Là, qui détiens le messages artistique ? celui qui paie des taxes ou  ....vastre débat, mais véritable
rélexes  coorporatistes. Après , on se plains que même à petits prix le sgens  n'iront pas voir un spectacle et préfèreront rester devant leur poste de télévision-anesthésiant.


Pareil, étant mêlé activement au social et au culturel par chez moi, il est toujour sdificile d'aller vers les gens du spectacles et des arts. Ils se pensent au dessus et ne cherchent pas à se
démocratiser,, ou à s'exposer à la population ; cela n'est cela visible en off, en réunion où les choses se décident ... dehors, face à la presse, au population le discours devient autre. C'est
consternant et affligeant, que sous prétext ede démarche culturel, c'est en vérité la course au gâteau.


On peut m'opposer que c'est pas partout, mais là, c'est du vécu, du vu. Nous on ne cherche qu'à offrir la culture aux gens, on cherche la médiation. Avec ces restructuration des politiques
publiques, je me demande ce  à quoi on va assister avec ces gens là ... j'ai déjà ma petite idée, les marchands de ratelier vont prospérer.


Mais là où vous avez raison, seu l la valeur travail a sa place et le prix des chose n'est que là ; beaucoup trichent. J'avoue toujours avoir détesté l'odeur de la spéculation, et l'esprit
de la bourse, aux choses de l'Art.



Andiamo 25/11/2010 09:33



J'ajoute que lorsque je parle d'écriture je ne m'implique pas, car d'abord :


1) je scribouille


2) ça n'est pas mon métier, et  il est bien trop difficile pour que je m'y risque ))



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et la non moins superbe vidéo sur "Aimer plusieurs hommes",  toutes deux réalisées par Douze Films Prod (www.douzefilms.fr) 

Pour être informé de la disponibilité de "Aimer plusieurs hommes"et de "Himlico et autres contes", contacter: simpere.autresmondes@gmail.com 

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