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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 22:59

Venus_de_Milo_Louvre_Ma399.jpg"Ce qui vient de se passer (le référendum) n'a aucune conséquence, c'est nul et non avenu [...] La seule élection qui vaudra, c'est celle du 25 mai, le reste n'est qu'un faux semblant". Qu'il est sidérant ce Hollande ! Des milliers de personnes ont participé à cette consultation, et qu'il soit ou non d'accord avec le résultat, ce résultat est là. Affirmer que le scrutin est nul parce qu'il ne lui plaît pas, n'est-ce pas une ingérence dans les affaires intérieures d'un pays étranger et un déni de démocratie ?

Mais j'y pense : n'est-ce pas en France que le peuple, au cours d'un scrutin tout ce qu'il y a d'officiel et d'organisé a voté en 2005 à 55 % contre le projet de Conctitution européenne et qu'il n'en a été tenu aucun compte ? (précision: voter contre n'était pas « être contre l'Europe », mais contre la ligne économique ultralibérable qui transpirait à chaque page du Traité). Plus tard, quand des députés ne votaient pas selon la ligne attendue par l'exécutif, n'est-ce pas en France qu'on les a fait revoter pour obtenir la réponse souhaitée ? Et le président de cette France là ose donner des leçons de démocratie à l'étranger ?

N'est-ce pas les économistes de 2008 qui affirmaient doctement « la crise est derrière nous » « il n'y a aucun risque que les banques soient touchées l'une après l'autre », "le capitalisme, il n'y a que ça qui marche" qu'on retrouve sur les plateaux TV en 2014, toujours pédants et sûrs d'eux alors qu'ils ont eu faux sur toute la ligne tandis que ceux qui avaient vu juste et mis en garde contre « l'argent fou » sont peu ou pas invités ?

N'est-ce pas le Ministère de la Culture, préposé au rayonnement de la culture française, qui a supprimé en 2013 toute subvention au « Monde Diplomatique », magazine français le plus lu sur la planète, tandis qu'il octroie de l'argent public (le mien, le vôtre) à Télé 7 jours, Gala ou Closer et surtout au Figaro de Dassault (premier journal subventionné par le Ministère de la Culture, 16 millions en 2013) qui engrange par ailleurs des millions de recettes de pub via ses magazines (Fig-mag, madame Figaro), et fustige en permanence les « assistés » qui vivotent du chômage ou avec le RSA.

Quant au fils à papa Pierre Gattaz, président du MEDEF de père en fils (son père Yvon présidait aux destinées du Centre National du Patronat Français, ancêtre du MEDEF, dans les années 80) il vient de s'octroyer 25 % d'augmentation de salaire tout en proposant d'instituer des contrats de travail en dessous du SMIC. L'idée d'un salaire minimum lui semble insupportable, mais celle d'un salaire maximum acceptable ne l'effleure même pas.

Quand se taieront enfin les éditorialistes perroquets qui répètent en boucle: « Croissance, il faut de la croissance, la croissance n'est pas au rendezz-vous"? Qu'ils aillent vivre en Afghanistan ou en Sierra Léone, ils y trouveront des taux de croissance de 12,5 à 15 % (chiffres 2012.) Ça veut dire quoi d'ailleurs la croissance ? En Libye, qui du temps de Khadafi avait un taux de croissance oscillant entre 2 et 4,5 % (à la louche), il y a eu en 2012 un taux de croissance de … 104,5 %, venant après une chute de croissance en 2011 de … - 62,1 %. Ça sent bigrement les chantiers de reconstruction sur lesquels, comme des charognards, se sont précipitées les entreprises de BTP du monde entier !

La croissance n'est pas un bien en soi, mais la photo d'une situation économique conjoncturelle qui ne préjuge en rien du bonheur des habitants du pays, au contraire. Les pays développés ont naturellement peu de croissance parce qu'ils débordent déjà de biens de consommation... qu'ils n'arrivent d'ailleurs plus à vendre, et c'est la crise !

Comme le remarque sagement le site « statistiques mondiales » le taux de croissance ne mesure que la croissance du revenu humain et non la valeur du patrimoine de l'humanité. Si cette croissance s'obtient en puisant dans l'actif de l’humanité ( ressources et énergies non renouvelables, NDLR) celui-ci se dévalorise et le bilan comptable réel devient négatif. Ce pourrait être le cas depuis les années 1970/80. En d'autres termes l'obsession de la croissance enrichit quelques individus mais appauvrit le monde.

Qu'on cesse de harceler les gens avec la dette.  Si, comme dans d'autres pays, une banque centrale avait prêté à taux bas aux Etats européens au lieu, comme la Banque centrale européenne, de prêter à 1 % aux banques privées des milliards que celles-ci ont prêté ensuite à des taux pouvant atteindre 7 % pour des pays comme la Grèce, aucun pays d'Europe ne serait accablé par sa dette. Par ailleurs si la comptabilité publique faisait comme les comptabilités d'entreprises- amortissement de la dette sur plusieurs années et prise en compte des actifs dans le bilan- on découvrirait qu'un pays qui s'est endetté pour éduquer les jeunes, investir dans la recherche, garantir une bonne santé aux habitants et entretenir son patrimoine est en fait un pays riche en patrimoine et ressources humaines de qualité, alors que le même pays s'appauvrit quand il emprunte pour pouvoir consentir des réductions de charges à des entreprises qui les utilisent à 65, voire 80 % pour rémunérer leurs actionnaires au lieu de les investir dans la recherche et leur activité d'économie réelle.

Le surprenant, le sidérant, le désespérant, c'est que l'analyse de la situation est faite depuis longtemps, de façon très détaillée, dans moult livres, articles et excellents documentaires sur l'argent fou, la faillite des banques, l'évasion fiscale, les liens douteux entre finance et politique et même les projets alternatifs qui marchent. Nul ne pourra dire comme en 45 : « Je ne savais pas ». Mais alors pourquoi rien ne bouge-t-il alors que cette situation mériterait... n'ayons pas peur des mots, une Révolution ?

J'ai posé la question autour de moi, avec souvent pour réponse : « Les  gens pensent que ce système va dans le mur, mais ne savent pas quoi mettre d'autre à la place ? » La propagande selon laquelle le communisme est une horreur, l'écologie est utopique, les alternatifs des marginaux, les pays d'Amérique Latine pauvres et violents, l'Afrique toujours mal partie et jamais arrivée fait que l'idée même de changer angoisse ceux qui entendent à longueur de journée ces litanies dépressives.

La crise, c'est peut-être cela : préférer un monde fini, usé, qui va dans le mur mais on connaît le mur, plutôt qu'oser explorer des horizons nouveaux, où le regard se perd avec volupté.

Ah oui, le titre de ce billet : je suis la Vénus de Milo, car face à cela... les bras m'en tombent.

 

 

 

 

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Published by Jouer au monde - dans CHANGER
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commentaires

Luco 23/05/2014 22:57


D'abord: on peut jouer au monde seulement quand on s'ouvre au monde, en ne se referme, emprisonne pas derriere des frontiéres nationales.


En ce qui concerne l'opposition au "ultra-neo-liberalisme" - je suis d'accord, mais voter NON dans le referendum du 29 mai 2005 pour cette raison était se laisser prendre par des illusion, de
tomber dans le piège de l'extreme droite, qui notamment triche les gens par une propagande populiste, comme ont déjà exercer les fascistes italiens et allemands dans les années 1920 et 1930. Et
toujours.


Je suis certain que pour chaque préscription de mésures anti-ouvrier et "neo-liberal" dans le Traité de Rome de 2004 (la soi-disante constitution) je peux trouver l'equivalant dans le Traité de
Nice en vigueur au moment du referendum.


Dans ce temps là je l'avais exercé avec un camarade d'Argentine qui motivait son NON au nouveau traité par les réglements colonialistes qu'il avait lu dedans. Mais je pouvais lui citer les mêmes
reglements dans le traité de Nice avec just quelques formulations differentes.


Le changement le plus imporant était de mettre terme à l'exigence du vote unanime dans le conseil, ce qui devenait trop difficile avec l'enlargement de l'EU (ils sont 28 maintenant), et de
remplacer l'unanimité avec cette fameuse "double majorité", c.a.d. qu'un vote, pour passer avec une majorité, nécessitait et une majorité qualifié du nombre des etats membres, et une majorité des
populations des états membres votant pour telle et telle mésure. Mais cela genait surtout les nationalistes de tout bord et toutes les nations.


Moi, je ne suis pas concerné du mode d'operation de la coalitions des mes ennemis, les états bourgeois, mon combat n'est pas pour "une autre Europe", mais pour un autre monde, de former
l'union de tous les opprimés et exploités pour un monde sans frontières. Sans s'ouvrir au monde, et ouvrir le monde, on ne peut pas vraiment jouer au monde en toute liberté. N'est ce
pas?


Ben, c'est juste mon opinion...


 


 

Jouer au monde 23/05/2014 17:27


Oups! C'était effectivement la ratification du traité de 2004 ouvrant la porte à la constritution européenne. En revanche, je ne sujis pas d'accord avec votre phrase: "le NON à ce referendum
était bel et bien un vote pour le maintien du traité en vigeur au moment du referendum, et ainsi aussi un vote POUR la même "ligne économique ultralibérable qui transpirait à chaque page du
Traité". D'abord parce qu'un tas de gens ont voté "non" ou "oui" sans avoir lu une ligne de n'importe quel traité européen,ensuite parce que plein de gens ont voté "non" à cause de, comme dit
wikipedia, "L'inscription « dans le marbre » de choix politiques et économiques, en particulier du libéralisme économique. L'inscription d'orientations de politiques, notamment
économiques, dans un traité constitutionnel a été critiquée. Le « marché libre » et la « concurrence libre et non faussée » réaffirmés dans ce texte prenaient une valeur
politique, juridique et symbolique plus forte, figeant les politiques économiques et rendant impossible leur éventuel retrait des objectifs de l'Union. L'emploi fréquent du terme
« consommateurs » plutôt que du mot « citoyens » confirmait cette orientation.


Quand j'en discutais, ce motif revenait souvent, mais c'est vrai que je fréquente sans doute des gens éloignés de l'ultra libéralisme

Saoul-Fifre 23/05/2014 16:09


Ce Non à la constitution européenne n'est franchement pas résumable : les motivations des opposants venaient de toute la gamme politique, du FN à l'extrème gauche en passant par les partis
classiques qui avaient chacun leurs rebelles, et par les Verts. Ce patchwork m'avait paru éminemment sympathique à l'époque, très dans le style "gaulois toujours à ronchonner". Tenez, je vous ai
exhumé ma réaction de l'époque, je n'y changerais pas une syllabe :


 


http://blogborygmes.free.fr/blog/index.php/2005/06/02/16-as-tu-oui-le-non

Luco 23/05/2014 14:46


Une remarque juste sur ce detail: le referendum du 29 mai 2005 ne portait pas sur le Traité de Lisbonne, mais sur le Traité de Rome de 2004, la soi-disante constitution européenne. Le traité de
Lisbonne fut signe en 2007, après ce réferendum de 2005.

Et il faut être clair: le NON à ce referendum était bel et bien un vote pour le maintien du traité en vigeur au moment du referendum, et ainsi aussi un vote POUR la même "ligne économique
ultralibérable qui transpirait à chaque page du Traité" en vigueur de la même manière que tout les autres traités de l'Union Européene depuis la "Communauté Economique Européene" adopté en
1958.

La seule alternative possible a été l'abstention, un vote blanc, une campagne pas pour "une autre Europe", mais pour un autre monde, un monde sans frontières.

Le vote NON au réferendum de 2005 était plutot motivé du peur des delocalisations et du fameux "plombier polonais", une impulsion de de retrancher derrière des frontières nationales re-haussées,
protegée par un état bourgeois, imperialiste, colonialiste, anti-ouvrier. Un état qui, il y a quelques jours, a encore une fois célebré la mémoire de la signature de la capitulation de
l'Allemagne nazi le 8 mai 1945, mais a gardé son silence sur le massacre de troupes colonialistes françaises le même jour en Setif, contre des Arabes manifestant pour leur liberté et
l'autodetermination d'Algerie.

A part de cela, l'article m'a plu.


 

Reynald 20/05/2014 22:10


Je suis étonné que la réaction de Flamby puisse surprendre...
Depuis le coup d'état de de Gaulle en 1958, la France en est revenue au fait du Prince, comme du bon temps des Louis.
Lorsque le Parlement fronde, l'autocrate sort son carton rouge à l'attention des députés désobéissants qui très vite prennent conscience qu'il ne faut pas déplaire au Prince pour avoir des
chances d'être réélus... Que veux-tu, il est plus facile de se prosterner le ventre plein que rester droit dans ses bottes en crevant la dalle.
Flamby n'a connu que ça comme "démocratie". Devenu l'autocrate de sévice, il suit les exemples qu'il a eu... Comment dès lors pourrait-il respecter une décision populaire?
Démocrate, ça s'apprend à coup de pompes dans le cul à chaque débordement autoritaire. Or la France manque de distributeurs de pieds au cul, dommage...

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