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Jeudi 22 mars 2012 4 22 /03 /Mars /2012 11:55

Port-Gentil-1952.jpgComme dit souvent mon petit frère (excuse, JM, jusqu’à la fin des temps tu seras mon petit frère de 1m85) nous sommes de purs produits de la colonisation, et heureux d’exister. Or il est vrai que si Saigon et Pondichéry n’avaient pas été des colonies, jamais le métèque indo vietnamien qu’était notre père n’aurait été envoyé en France faire ses études, et jamais, donc, il n’aurait rencontré en France une adolescente Vichyssoise qui n’avait pratiquement jamais franchi de frontières avant de le connaître. Donc, ça n’a pas eu que du mauvais, la colonisation, d’autant plus qu’être sang-mêlé et vivre sur des continents très différents montre la relativité de chaque culture : « Vérité en deça des Pyrénées, erreur au-delà ».

benin03janvier06.JPGEnfants, ne nous effleurait pas une seule seconde l’idée que nous étions supérieurs parce que nous étions blancs, en témoigne cette réflexion d’un petit garçon de l’école de Ziguinchor (Sénégal) : « Maman, je me suis fait un nouveau copain ! –Un blanc ou un noir ? –Euh… j’ai pas regardé. » Ce n’est pas qu’on ne voyait pas la couleur de la peau, évidemment, c’est qu’elle nous importait peu. En 12ème (CP), il y avait dans ma classe une trentaine d’africaines pour deux blanches, et encore j’étais un peu jaune. On jouait toutes ensemble sans se poser la moindre question, et si j’avais remarqué que j’étais parfois « la chouchoute », je pensais que mon jeune âge en était la raison- j’avais 5 ans et demi, certaines dans la classe avaient 14 ans et étaient déjà mères- et pas du tout ma couleur de peau. En revanche, j’en suis encore choquée, je ne supportais pas de voir les « bonnes soeurs» attraper par les cheveux deux élèves qui chahutaient et cogner leurs crânes l’un contre l’autre en disant : « Ca donne creux là-dedans, y a pas de cervelle », ou frapper une élève parce qu’elle avait enlevé ses chaussures en récré, vu qu’elle courait beaucoup plus aisément pieds-nus. J’avais été horrifiée de cette punition, et tendais la main comme les autres pour recevoir un coup de bâton en cas de punition collective.

Je me souviens de mes équipées avec mon frère aîné dans les cases où les mères africaines cuisinaient des sauces écarlates qu’elles nous faisaient goûter, des dîners où mon père invitait son greffier africain et était pour cela regardé bizarrement par certains colons racistes qui pensaient plus malin de ne pas se mélanger. Je me souviens de notre boy, André, à qui j’avais décidé d’apprendre à lire, car lorsque je lui envoyais des mots pour qu’il ne dise pas à maman que j’avais fait une bêtise, il les lui portait illico, ne sachant pas les déchiffrer. Je me souviens de ses pleurs quand nous sommes repartis en France, et de nos pleurs car nous avions envie qu’il vienne avec nous. Je me souviens de maman expliquant à un quémandeur de nourriture une nuit de ramadan qu’elle n’avait que du jambon et ne pouvait le lui donner parce que c’était du porc. « Non, c’est du veau » affirma le quémandeur affamé. –C’est du porc. – Non, c’est du veau ! » Devant cette insistance, maman lui avait donné une tranche de jambon en pensant qu’il n’y a que la foi qui sauve et que ventre affamé n’a pas d’oreilles.

bernard et abdoulayeBref, c’était simple de vivre ensemble, et pourtant nous n’étions pas « politiquement correct » avec la peur permanente de commettre un impair. Le « politiquement correct » qui aboutit à dire « personne à mobilité réduite » pour handicapés moteurs, « minorités visibles » pour peaux noires ou basanées, « non-comprenants » pour cons est une horreur. On n’est pas raciste quand on est capable de se moquer d’autrui quelle que soit la couleur de sa peau, tout simplement parce que se moquer, c’est le considérer comme un égal. Ne pas oser rire avec lui, c’est se sentir coupable d’un racisme qui n’ose se dire…

Quand ma mère s’exclamait dans un village d’Afrique non éclairé « il fait noir comme dans le derrière d’un nègre », tous les noirs alentours éclataient de rire. Eux-mêmes ne manquaient jamais de nous dire : « Nous, les noirs, on sent l’homme, vous les blancs vous sentez le cadavre ». Au lieu de se dissimuler derrière un racisme honteux niant les différences physiques,  nous en faisions un sujet de plaisanterie. Un chef de village s’était gentiment moqué de maman, qui dégraissait les morceaux du méchoui avant de les manger : « Ah vous, les blancs, vous avez peur du gras ! »

Face au débat actuel des gens qui se demandent si les races existent ou non, je reste bouche bée, car se poser cette question sous-entend que si races il y a , elles hiérarchisent les humains et que face à ce danger, il faut nier la notion de races. Un peu comme les féministes qui nient toute différence biologique et hormonale entre hommes et femmes au nom de l’égalité. Eh bien non ! Egalité, oui, identité, non ! Le terme d’identité nationale a vraiment des relents nauséabonds. Arrêtons de parler de « communauté juive », « communauté maghrébine » « communauté asiatique », arrêtons de définir les gens par leur origine ou leur religion, arrêtons de nier que nous sommes différents et battons-nous pour faire reconnaître que ces différences nous enrichissent et que nous sommes tous EGAUX.


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Publié dans : Humeur
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Commentaires

C'est un magnifique hymne à la vie que tu nous offres, comme toujours. Connaissais-tu Brassens pour qu'il ait écrit:"Tout est bon chez-elle y a rien à jeter....."
Bises
Reynald

Commentaire n°1 posté par Reynald le 22/03/2012 à 13h33

Normaux.

A La Réunion nous somme tous "normaux".

Ce n'est pas de notre faute si en Afrique, en Europe, en Asie, les gens ont statistiquement tendance à avoir la peau un peu plus noire, la peau un peu plus blanche ou les yeux un peu plus bridés, et ce n'est pas de leur faute non plus.

Bises

 

Gardien de Volcan

 

Commentaire n°2 posté par Gardien de Volcan le 22/03/2012 à 14h27

Et nous cherchons d'autres vie dans l'espace intersidéral. Quand  ils en trouveront, ils lanceront la guerre des mondes, avec un monde sup et un monde inf. Mais là aussi nous serons issu de la même matrice. Tous issus de la même bouillie primitive.

Déjà la façon dont  on nous enseigne l'Histoire, dont on la farique même. Tous les manuels offrent une histoire centrés sur le monde occidental, comme si les autres civilisations n'ont pas une lecture originale du temps et aussi pertinente. De ce point de vue, il est intresant de suivre les tentatives des archéologues africains de relecture des choses au travers de leurs cultures ; je sus impatient de voir la confrontation prochaine entre ceux  d'ici et ces révolutionnaires.

MAis quand la peau est douce, elle est douce.

 

Commentaire n°3 posté par marin le 22/03/2012 à 14h45

Et puis toi Princesse tu ne ressembles à personne. Les races existent bien sûr, elles sont différentes les unes des autres, aucune n'est inférieure ni supérieure, sauf peut-être la race des cons, nettement inférieure sans aucun doute ];-D

Commentaire n°4 posté par Andiamo le 22/03/2012 à 17h05

Bravo françoise

Commentaire n°5 posté par jean-paul sanchez le 22/03/2012 à 17h36

Egaux en droit comme à l'envers ! Je plussois ! Je multipliois même ! :~)

Commentaire n°6 posté par Tant-Bourrin le 22/03/2012 à 20h40

Les races n'existent pas chez les humains, contrairement à ce qui existe chez les autres animaux.

Simplement parce que pour qu'une race existe, il faut qu'on la crée, en faisant se reproduire entre eux des individus qui ont des caractéristiques communes.
C'est comme cela qu'ont été créés le basset et le berger allemand, par exemple.

Chez les humains, heureusement, il y a des mélanges qui ont toujours eu lieu.

Oui, il y a des différences physiques, le nier serait stupide. Mais ces différences apparentes cachent parfois des ressemblances cachées. On peut être bien plus proche génétiquement (système sanguin et autres) de quelqu'un qui semble pourtant complètement différent de nous par sa peau, la forme de ses oreilles ou de son nez.
D'ailleurs, même si on se contente des différences visibles, à partir de quand on prend un nombre de critères plus élevé que 3 ou 4, on se rend compte qu'on doit quasiment faire autant de groupe que d'individus.

La diversité existe dans l'espèce humaine et c'est une richesse. point besoin de "races" pour expliquer la diversité.

(voir notamment des livres d'Albert Jacquard qui l'explique plus scientifiquement que moi)

Commentaire n°7 posté par Nurja le 22/03/2012 à 20h57

Les racistes existent, ils sont même, et heureusement, condamnés, mais on se demande au nom de quoi, si les races n'existent pas d:^) ?

Il y a eu des mélanges, Françoise en est un beau fleuron mais pas encore assez pour que le concept évident de races, cause de nombreuses discriminations qu'il est ridicule de nier, disparaisse. Comment lutter contre quelque chose qu'on aurait pas le droit de nommer ?

 

Le but est l'égalité en droits et en devoirs de tous les êtres humains et il existe un mot pour parler de ce grand espoir : l'Espèce humaine. Et une preuve que cet espoir est possible par delà les couleurs, les interdits religieux, les traditions et les habitudes : l'amour et la reproduction fonctionnent avec plaisir et efficacité entre tous les membres de l'Espèce.

Commentaire n°8 posté par Saoul Fifre le 22/03/2012 à 22h17

Les racistes exitent, c'est sûr. Ce qui ne signifie pas que ce sur quoi ils se basent pour être racistes existe.

Les croyants existent aussi, ce qui ne signifie pas que c'est une preuve que dieu existe (la preuve de sa non-existence n'étant pas non plus donnée par l'existence des athées).

Le racisme repose surtout sur de la bêtise. Le concept "race" existe. Mais il ne s'applique pas (scientifiquement) à l'espèce humaine. Il n'est pas rare qu'un concept soit transféré d'un domaine où il est valide à un domaine où il n'est pas valide.

Françoise est un mélange comme chacun d'entre nous. On peut être issu de deux parents qui ont le même "type" extérieur (couleur de peau, de cheveux, d'yeux...) et être pourtant un mélange niveau sanguin.

Je ne me sens pas ridicule de faire remarquer qu'appliquer le concept de "race" à l'espèce humaine est scientifiquement infondé. Ca n'empêchera pas certains de continuer à l'appliquer, n'empêche.

On peut lutter contre les discriminations notamment en faisant remarquer qu'elles n'ont pas de sens que si j'ai l'air si différent de Bianca, 6 ans, Rwandaise, elle a pourtant un système sanguin plus proche du mien (O+) que ma petite soeur (belge, comme moi et A+).

Nommer qqch, c'est aussi lui donner une existence. On peut faire remarquer que les races n'existent pas pour les êtres humains et que c'est d'autant plus grave que des discriminations existent, se basant sur qqch de non-existant.

Les dictionnaires ne sont pas les plus progressistes, en général. Pourtant, je me souviens d'avoir fait une recherche dans un dictionnaire datant des années 50, un des années 80 et un des années 2000. On y passait de "il y a x races humaines, la blanche, la jaune, la noire..." à "le concept de race ne peut s'appliquer à l'espèce humaine"

Il est possible de remplacer le concept erroné par diversité. Et la biodiversité, c'est vachement important. Alors, si on parle de biodiversité humaine, c'est peut-être d'autant plus facile de se rendre compte de la richesse que cela représente.
Commentaire n°9 posté par Nurja le 22/03/2012 à 22h34

On a besoin des mots pour exprimer les idées. Je constate que toi aussi tu fais appel aux mots de remplacement "type" "diversité". Certains utilisent le mot "ethnie", qui est encore une sous-classification du concept de "race" et qui ne correspond pas bien à ce que l'on veut dire.

 

Parler du racisme, et donc des races, c'est évidemment parler d'apparence, de tout ce qui peut rebuter, freiner, gêner la relation égalitaire et naturelle entre deux individus. On ne demande pas une prise de sang ou une carte chromosomique avant de commettre un acte raciste. La race existe à partir du moment où une différence physique est captable au premier coup d'œil. C'est pour parler de ce niveau de réalité que le mot est nécessaire. Que l'on insiste sur les ressemblances profondes entre les individus, que l'on fasse de l'éducation, que l'on affine la science pour prouver que les différences entre les races sont finalement beaucoup plus superficielles que l'on croit, très bien, je te suis tout à fait sur ce terrain !

 

Mais supprimer un mot d'un trait de plume dans la Constitution me semble hypocrite et dangereux. Ça me fait penser à 1984. Ça ne suffit pas à changer la réalité : que des gens se croient supérieurs et d'autres complexés à cause de leurs origines. Aux Antilles, par exemple, où on ne peut pas dire qu'il y ait des blancs et des noirs, mais uniquement des mélanges, on peut constater un racisme irrationnel basé sur le degré de mélange, tout le monde souhaitant avoir le plus possible de "sang d'anciens esclavagistes" dans les veines.

 

Ya du boulot, moi je vous le dis d:^)

Commentaire n°10 posté par Saoul Fifre le 22/03/2012 à 23h28

Tout à fait d'accord avec toi pour dire qu'on a besoin de mots pour communiquer. Cela dit, tous les mots n'ont pas le même impact.

La définition zoologique du terme race est la suivante : « subdivision d'une espèce qui hérite des caractéristiques la distinguant des autres populations de l'espèce. Au sens génétique une race est une population qui diffère dans l'incidence de certains gènes des autres populations, conséquence d'une isolation, le plus souvent géographique ». Le concept de race semble, aujourd'hui, difficilement définissable dans l'espèce humaine.

Utiliser un mot qui a un sens scientifique, juste pour décrire une apparence me semble dangereux, parce qu'on donne du crédit à qqch qui est en réalité erroné.

Les actes racistes, comme tu le dis, sont également commis contre des personnes qui ont la même apparence que l'auteur mais qui, simplement, ont des croyances différentes, ou des origines, ou une langue...

"La race existe à partir du moment où une différence physique est captable au premier coup d'œil." J'ai des yeux bleus, je suis de la race des yeux bleus, alors? Parler de différences physiques (notamment de couleur de peau ou de forme de visage) me semble suffisant pour parler de la réalité.

Mon copain Perrin, qui a été refusé dans un dancing l'a été parce que sa peau est noire (et pas parce qu'il est d'une certaine race). Il a été victime de racisme: oui. Il est de telle race: non.

Utiliser un terme scientifique est une façon de rendre les choses plus normales, de les justifier. "Oui, ils sont d'une autre race, donc normal qu'on se méfie"...
Je trouve tellement terrible que des défenseurs de l'égalité entre tous les humains et même des victimes d'actes racistes continuent à promouvoir le concept de race.

Je ne propose pas de supprimer le mot "race" mais de rappeler à quoi il s'applique et à quoi il ne s'applique pas. Et faire ce rappel peut aider les personnes complexées à sortir de leurs complexes. je l'ai vécu parfois. Et peut-être permettre à des gens qui se pensent supérieurs de se rendre compte qu'on est tous égaux. Je l'espère en tous cas.

Commentaire n°11 posté par Nurja le 23/03/2012 à 00h19

Nous sommes en tout cas d'accord pour communiquer contre le racisme d:) Mais, je me répète, il faut des mots pour communiquer. Tu sembles accepter la définition zoologique. Je te rappelle que nous sommes des mammifères. Perso, moi qui suis éleveur de mammifères et aussi passionné de l'humain, j'observe plein de points communs entre eux et nous. S'il est vrai que les races animales sont souvent le résultat d'une intervention humaine, elles résultent aussi, comme pour l'Homme, d'isolement sur une île ou sur un continent. De nombreuses populations humaines n'ont pas voyagé pendant des générations, se sont mariées de préférence "dans leur rue", comme dit le proverbe. On ne peut non plus nier une réticence raciste, encouragée par les lois, les familles et les religions, à se marier avec l'étranger, l'infidèle, le goy... Les religions (qui n'ont a priori rien à voir avec une population précise), en interdisant fermement à leurs membres d'aller fricoter "à l'extérieur", encouragent une consanguinité, de la même façon qu'un éleveur d'animaux domestiques en race pure.

 

Je reconnais humblement que mon métier en contact étroit avec la nature influe sur ma vision des choses sur ce sujet d:)

Commentaire n°12 posté par Saoul Fifre le 23/03/2012 à 02h02

Si l'on admet que, comme pour les animaux,  les apparences différentes sont des critères raciaux, alors oui, il y a des races. Par contre, il  faut alors aussi admettre que l'on est tous des bâtards, et c'est tant mieux lorsqu'on voit les tares que se véhiculent les chiens pure race...

Je retiens des propos de Françoise que ce sont les conditions sociales et les préjugés éducatifs qui créent les clivages, pas les apparences physiques, les nationalités ou les sexes. Ces clivages ne sont là que pour diviser et permettre à un petit nombre de se goberger.
Bongo, Hariri, Chirac (liste abrégée) ont beaucoup sont beaucoup plus identitaires entre-eux que chacun d'eux avec leur postier. Et eux ne s'y trompe pas, hélas.
Reynald

Commentaire n°13 posté par Reynald le 23/03/2012 à 10h27

je recopie, sans les coquilles:je suis très embarrassée par votre échange sur la notion de race car il n'y a aucune certitude scientifique dans un sens ou dans l'autre. Une certitude: pour la majorité des gens, on en reste à la notion de race définie par la couleur de peau: caucasienne, noire, asiate, etc. Une histoire d'apparence. Alors, c'est vrai que le groupe sanguin peut rendre compatible un blanc et un noir et incompatible deux blancs. Mais ça ne veut pas dire que la notion de race n'a rien de biologique. Il y a actuellement un procès contre les activistes qui refusent les prélèvements d'ADN. Une généticienne est venue les soutenir en expliquant que certains fragments de l'ADN prélevé "codent" pour la couleur de la peau et certaines caractéristiques génétiques qui peuvent faire déduire l'origine des personnes, et donc que ces prélèvements présentent un danger de discrimination raciste. C'est donc un argument en faveur de la réalité de la notion de race. On sait d'ailleurs que beaucoup d'asiatiques sont dépourvus (ou en déficit) de lactase, ce qui les empêche de digérer le lactose et les rend intolérants au lait, que l'hypertension d'origine génétique est plus fréquente chez les noirs, etc. Que certains scientifiques nient la notion de race ne signifie pas que ce soit scientifique.  Les chercheurs aussi sont influencés par leur idéologie. Une chercheuse féministe m'a soutenu récemment qu'il n'y avait aucune différence biologique entre comportements féminins et masculins, que tout était culturel. Or, toute femme ayant subi des stimulations par oestrogènes, tout transsexuel ayant subi des injections de testostérone peuvent témoigner que les hormones féminines comme masculines influent sur le comportement.

En fait que les races existent ou non est un faux problème. Le problème, le seul, c'est de hiérarchiser les gens selon leur race (ou leur sexe, ou leur origine sociale) bref de les prédéterminer pour établir une domination sur certains.

Commentaire n°14 posté par françoise le 23/03/2012 à 18h38

com'14 pour SF et Nurja, bien sûr. Voici pour les autres.

Ouh la la! Pour réveiller les foules, faut parler de racisme... (et bientôt je sens qu'on va avoir des débats sur la peine de mort, ça aussi ça galvanise les foules et les com')

à Reynald: tu me fais bien de l'honneur, très cher. Mais je le mérite puisque j'ai même des amis suisses :)

à Gardien du volcan: judicieuse remarque!

à Marin: même les écailles des petits hommes verts sont douces si on les caresse dans le bon sens

àAndiamo: le problème, c'est qu'on est tous de temps en temps le con d'un autre. Tiens, j'ai aussi un ami italien, décidément je suis une mauvaise française...

à TB: égaux recto et ego verseau pour ma part

à Reynald: l'identité sociale plus forte que l'identité de couleur permet à certains blancs de sussurer "j'ai un excellent ami sénégalais, il est avocat."

Commentaire n°15 posté par françoise le 23/03/2012 à 18h43

Eh bien, pour une fois, je ne suis pas d'accord avec Françoise!

Toute la première partie du texte, oui, je l'approuve. Ce n'est pas en niant les différences qu'on les abolit. Il y a des Noirs, des Blancs, des Jaunes, etc. On peut en parler, en rire, il faut en rire!

MAIS: dire que les différences entre les Noirs et les Blancs, c'est comme la différence entre les hommes et les femmes, là, chère Françoise, vous vous trompez lourdement! Entre les hommes et les femmes, il y a une différence fondamentale, sexuelle, irréductible, qu'il n'y a pas entre un homme noir et un homme blanc, puisqu'entre ces deux hommes, il y a tout une palette de couleurs et de morphologies différentes.

La différence sexuelle existe, les races n'existent pas!!! Pour dire les choses plus simplement: on peut mettre l'humanité dans 2 boîtes différentes: les "hommes" et les "femmes". Mais on ne peut pas mettre l'humanité dans des boîtes comme "les Blancs", "les Noirs", "les Jaunes", etc. car il y a mille nuances de couleurs entre eux!

Nier que les races existent, ça ne veut pas dire qu'on nie les différences: oui, il y a des hommes blancs, des hommes noirs, des hommes café au lait ou jaunes, mais les "races" elles n'ont aucun fondement scientifique!

Je comprends bien cela dit le fond de votre papier, mais je voulais préciser ce point.

 

Commentaire n°16 posté par Miller le 26/03/2012 à 13h41

à Miller: je vois ce que vous voulez dire. Il y a un chromosome de différence entre homme et femme, et c'est énorme. Aucun mâle humain, quelle que soit sa couleur, aucune femelle humaine, quelle que soit sa couleur n'a autant de différence avec une personne de même sexe que lui (ou elle). Si la race se définit par une différence de chromosome, il n'y a effectivement pas de races. (mais va--t-on dire que les trisomiques, qui ont un chromosome en plus, sont d'une autre race?) En revanche, il existe dans l'ADN des fragments codants qui permettent de déterminer l'origine ethnique et/ou la couleur de peau de l'individu. Ces différences génétiques suffisent-elles à parler de races ou non? Certains disent oui, d'autres non. Mais vous l'aurez compris, Miller, mon propos n'est pas de dire que les races existent ou non, il est de dire que le seul vrai problème est de hiérarchiser les individus selon leur origine ethnique ou leur couleur de peau. A part ça, qu'il y ait des petits hommes verts avec des antennes sur le dos ou des humaines violettes en forme de méduses m'importerait fort peu, si on n'en tire aucune conclusion sur leur capacité à être dominant(e)s ou soumis(e)s.

Commentaire n°17 posté par françoise le 26/03/2012 à 14h40

Bien sûr j'avais compris, s'il y a une personne au monde à qui ça n'irait pas du tout d'être raciste ou intolérante, c'est bien vous! :-)

Je dis juste que, en ce qui me concerne, j'approuve le projet de supprimer le mot "race" des documents officiels, car c'est un mot trop ambigu, trop chargé de sous-entendus et sans véritable signification scientifique. C'est le discours de l'extrême-droite, d'Eric Zemmour, de dire: "mais enfin vous voyez bien que les races existent: il y a les Blancs, les Noirs, etc. Un peu de bon sens!" Comme ils auraient dit il y a quelques siècles: "mais enfin vous voyez bien que le Soleil tourne autour de la Terre, vous n'avez qu'à regarder le ciel: le matin le Soleil se lève et le soir il se couche!" Oui, sauf que les conclusions sont fausses...

Si c'est être "politiquement correct" que de défendre ce point de vue, alors va, je veux bien être politiquement correct!

Commentaire n°18 posté par Miller le 27/03/2012 à 10h27

Qu'il est dangereux de convoquer la biologie et la génétique à de tel débat. Non pas qu'on risuqe de trouver des races chez les humains, ce débat est définitvement clos, et il n'y a derace  que humaine. De toutes façons, les raciste trouveront tous les sophismes et autres artfices pour justifier tout et n'importe quoi - pour illustration , repenser à l'expérience qui reproduisait un mini trou-noir en labo et toutes les conneries lues et entendues à ce sujet à ce moment là.

Deplus, nous en sommes qu aux balbutiements de la génétiques. Le professeur de médecine marseillais qui est à l'origine de la découverte des mégalovirus travaile justement sur la génétique et les rapports entre bactéries, virus et nos cellules. Jusqu'à maintenant nous pensions que ces êtres étaient séparés, distincts ... on s'apreçoit que cette définition de type frontière dounière semble plus qu'erronée, fausse. Ces discours biologico-phylosophiques me permettent de vivre une époque où je n'étais pas né : l'époque où laphysique a découvert que Newton, c'était pas cela, l'époque où l'on a démontré qu'un grain de matière pouvait passer par deux portes en même temps (dualité onde-corpuscule) ... Voilà plus de 100 ans cela et nos contemporain ont toujours uen vision mécaniste du monde et non relativiste ; de même avec les avancées en comportement et intelligence des animaux, on reconniat maintenant que les animaux ont de la culture dans le sens le plus humain du terme.

La science est surtout un questionnement, la vie humaine ne dépend pas de la science, mais de choix responsables à assumer. Dans ce domaine du champ social, la science est ce qu'est l'outil à l'Art. Ce que je crains, c'est qu on avance une idée vraie avec une argumentation fragile, quand l'argumentation tombe quid du postulat ?

Les discours racistes portent en eux-mêmes leurs non-sens, leurs contradictions. Ils sont auto-immunisant, juste ouvrir les yeux.

Et viventles écailles de martiens !

Commentaire n°19 posté par marin le 27/03/2012 à 15h03

Je vois un défaut technique évident à poser un "tabu" sur le mot "race", c'est qu'une personne charmante et ouverte d'esprit comme Françoise pourra se voir condamner pour l'avoir employé. Le raciste devient "celui qui emploie le mot race" ! C'est plus simple à identifier ! Il est autrement plus difficile de prouver que Zemmour (puisque Miller en parle) est raciste. Zemmour est une espèce d'obsédé de la culture bourgeoise française classique. Il déteste le rap et toute la world music en général et tout ce qui ressemble à de l'influence étrangère. Mais je suis certain qu'il traite d'égal à égal avec quiconque joue le jeu de l'intégration, a acquis une culture gauloise, quelle que soit la couleur de sa peau.

 

L'urgence, c'est évidemment de prendre des mesures concrètement anti-racistes, passer des documentaires édifiants en prime-time à la télé, diminuer la ghettoïsation, l'isolement culturel des quartiers, y injecter des moyens. Le racisme, ce n'est souvent que la méconnaissance de l'autre, le refus a priori de le rencontrer.

Commentaire n°20 posté par Saoul Fifre le 27/03/2012 à 15h04

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