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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 16:57

Quelle foutaise que cette « affaire Mitterrand » qui prétend opposer les libertaires sexuels aux pudibonds du cul, la gauche à la droite ! Que n’a-t-on entendu : « on se croirait revenu à l’affaire Russier », « si on est de gauche, on doit défendre Frédéric Mitterrand contre Marine le Pen »... Or, rien à voir avec la gauche ou la droite, les politiciens des deux bords sont réputés pour leur appétit sexuel.  Rien à voir non plus avec l’affaire Russier : le jeune amant avait 18 ans (la majorité était alors à 21) et aimait sa professeure de français sans que Gabrielle Russier ait déboursé le moindre centime pour le séduire.

Peu importe l’âge des protagonistes, s’ils sont pubères et biologiquement aptes à faire l’amour. Tout adolescent ou adolescente sait que le désir existe dès que les hormones pulsent. Le hic, c’est que du côté Polanski ou Mitterrand, le désir de leurs juvéniles partenaires n’est absolument pas pris en compte. L’un fait avaler de l’alcool et des drogues à la jeune fille qu’il convoite pour qu’elle cède facilement, l’autre va à l’étranger dans des bars à prostitués et admet d’ailleurs que ce sordide marché du sexe participe aussi à son excitation : grâce à l’argent, il peut s’offrir ce qu’on ne lui donnerait pas spontanément.  Comme si on pouvait acheter le désir…

Ce qu’on occulte dans ces deux histoires, c’est que l’immoralité ne vient pas du sexe mais de l’argent et du pouvoir. De l’insupportable prétention qu’ont certains parvenus vieillissants, malgré leur bide flasque, leur haleine chargée, leur peau tavelée et  leurs fesses molles, de s’offrir de jeunes pousses, tandis qu’ils traitent une séduisante quinquagénaire de « vieille peau ».  De cette certitude que l’argent et/ou le pouvoir donne tous les droits sur l’autre, y compris celui de forcer son désir.  Tout homme, toute femme devraient se demander « cette fille, ce garçon… coucherait-il avec moi si j’étais pauvre et/ou sans pouvoir ? »

 « Les danseuses descendaient de scène après chaque numéro et évoluaient au milieu des spectateurs sirotant des alcools forts d’un air blasé. Les maquignons évaluaient la chair douce proposée à leur convoitise. Chair fraîche, ces filles ont toutes moins de vingt ans… De temps à autre, un convive occidental murmurait quelques mots à l’oreille d’un de ses homologues thaï, qui levait aussitôt la main en direction d’un serveur, en dressant un ou plusieurs doigts. « Le nombre de doigts désigne le numéro de la danseuse que désire le client, m’a expliqué Franz. Vous allez voir, cette fois-ci, c’est la quatrième à partir de la gauche, la toute jeune en tunique turquoise. » Effectivement, à la danse suivante, la petite avait disparu, tout comme le client de la table voisine. « Ils vont derrière les paravents et le client demande la gâterie de son choix : massage intime, fellation, coït avec ou sans éjaculation, sodomie… Il suffit d’y mettre le prix. En voyage d’affaires, les prestations maximales sont généralement prépayées par l’hôte thaï pour son invité occidental. Il ne reste qu’à  déguster le cadeau…. Dommage que la magie ne dure qu’un soir.

-Comment ça, un soir ? Je croyais que vous ne faisiez que cela depuis trois jours. --Oui, mais l’enchantement ne dure qu’un soir. Le lendemain,  j’ai demandé la même prestation,  j’ai eu une fille aussi belle que celle de la veille, la magie en moins. Quand elle m’a sucé, je n’ai plus senti sa bouche ni sa langue, j’ai aperçu son regard  vide, lointain, sansexpression. Je me suis dit que pour ne pas sentir mon goût et mon odeur, elle devait penser très fort à son village ou à un joli souvenir, bref, s’extraire du présent pour supporter de sucer chaque soir des bites qui la dégoûtent peut-être. Lorsqu’elle a murmuré qu’elle me désirait follement, ses mots étaient exactement les mêmes que ceux de sa collègue.  Impossible d’y croire, cette fois, même un tout petit peu. »

Ce n’est pas extrait de « la mauvaise vie », mais d’un chapitre de mon livre « Les latitudes amoureuses », inspiré par un voyage de presse en Thaïlande en 2003.

En 2005, j’ai lu « la mauvaise vie », livre bien écrit et parfois émouvant tant il décrit un profond mal-être que ne comblent pas les amours tarifées. Frédéric Mitterrand cherche-t-il aujourd’hui à combler ses frustrations existentielles avec le pouvoir ? Il ne serait pas le seul, j’en parlais ici en décembre 2006 http://fsimpere.over-blog.com/article-4767955.html . Ce ne serait pas grave si les citoyens ne payaient pas très cher ces thérapies de personnalités narcissiques centrées sur elles-mêmes et non sur l’intérêt général.

Tout ceci est bon pour le commerce : « La mauvaise vie » version poche est aujourd’hui n°1 des ventes sur Amazon.  « Parlez de moi, en bien ou en mal, mais parlez-en », l’adage des pubeux se confirme…

 

photos de nus Lars Stephan www.larsstephan.com

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Françoise Simpère - dans EROS
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commentaires

tomma_a 17/10/2009 01:38


J'aimerai apporter quelques nuances :

-Le fait d'être célébre n'excuse rien. Il ne doit pas non plus être considéré comme n'entrant pas en compte. Les gens célèbres sont plus exposés que les autres à la vindicte populaire.
-La majorité des Français commence leur vie sexuelle en étant mineur. D'ailleurs la majorité sexuelle est à 15ans. Une bonne partie de la population a son premier rapprot complet avant et n'est pas
traumatisée.
-La différence d'âge me choque bcp plus (mais si 2 personnes ont le double de l'âge l'une de l'autre cela me choque que l'une soit mineure ou pas). Mais je ne m'explique pas pourquoi cela me
choque autant. il y a donc de forte chance pour que ce soit de ma part un à priori culturel.
-Je ne supporte pas physiquement la prostitution car j'y devine l'horreur de l'esclavage imposé par le s proxénètes. Je n'aime pas non plus le fait que qqun prenne son plaisir sans penser à celui
de l'autre qui est ainsi objectivé, mais cela arrive tout le temps sans que ce ne soit un crime. Et ce n'est pas non plus très grave. Il m'est arrivé d'être utilisé pour un plaisir égoiste, ce
n'est pas toujours agéable, mais je préfère ça à bcp de choses. Je préfère même ca souvent à la frustration de personnes que j'aurais provoquées et je préfère assumer cela plutôt que de ne pas les
provoquer.
-Désirer qqun pour son physique ou pour son argent sont deux prétextes qui ne sont pas condamnable en soit. Mais quand un homme ou une femme me dit qu'il ou elle aime les femmes ou les
hommes naturel(le)s j'ai l'impression qu'ils s'agit d'un(e) éleveur en chasse d'un ou d'une bonne reproductrice pour sa famille. Cela est éuivalent à celui qui cherche à s'associer à qqun de
fortuné pour en tirer profit. Et c'est déjà une forme de prostituion.
-La sexualité est peut être un acte comme un autre ou on peut être généreux à l'excés, ou pour l'égalité et le partage ou égoîste et souvent les 3 à la fois. La prostitution, si elle n'était pas
sous le joug du proxénetisme peut alors être un acte d'émancipation financière. Pas besoin de se "macquer" (se mettre en couple se dit aussi comme cela de nos jours) pour en tirer de quoi
vivre.
-Pourquoi une femme ne peut elle utiliser son corps pour gagner de quoi vivre sans être condamné quand un ouvrier le peut? N'est ce pas pour qu'elle soit dépendante et soumise aux hommes?

Mon propos vise juste à nuancer des condamnations qui sont peut etre méritées.
Ou en tous les cas en ce que ces condamnations de cas particuliers (pédophilie, viol...) ne soit pas utilisés pour génarliser une bien pensance totalistariste.

Je ne connais pas le contexte de ce qui est reproché à Polansky. Je me fous de ce cas particulier. En revanche la prescription est un élément important du droit. On ne peut juger un acte sur des
modèles sociaux d'un autre temps. Sinon tous nos ancètres mariés à 12 ans doivent être condamnés. Et laissons la justice faire son travail. Peut être le fera t elle bien.
Pour Mitterrand, je l'ai seulement entendu dire qu'il aimait les garçons. Ce n'est j'espère en France pas un crime. Qu'il les aimait jeunes et beaux (comme tout le monde) ça on ne va pas lui
reprocher. Ce qui est à reprocherc'est si jeune veut dire tellement jeunes que leurs jugements n'est pas objectif et qu'ils sont abusés (la loi fixe cet age à 15ans, je ne suis pas
psy, je crois la loi, même si à cet âge j'étais plutôt émancipé). Je pense que quand il a écrit son livre il y a eu des enquêtes. Sinon il y en aura. Là encore laissons la justice faire son
travail. Etre célèbre cela donne injustement une certaine immunité au départ. Mais il me semble que quand la justice est lancée, c'est plutôt le contraire. NOn seulement les juges veulent prouver
leur indépendance, mais les avocats y voit du profit à se faire et les médias comdamnent publiquement. On verra donc.


reynald 15/10/2009 11:14


Chère Françoise,
                        les derniers commentaires m'amène un réflexion:
Plus la religion est intégrise, plus la société civile est puritaine, plus les rapports sexuels contraints sont pratiqués et admis dans les  classes aisées sur les gens moins favorisés.
L'ère Victorienne a été sur ce plan absolument exemplaire. Plus coincée du cul que Victoria, ce n'est pas possible, et à Londres, il y avait une prostituée pour 14 habitants....
L'élitisme était aristocratique, il est devenu économique, rien ne change....
Il ne s'est pas très éloigné, le temps où on considérait que cette salope n'avait qu'à pas l'allumer, qu'elle l'a bien cherché, etc. Avec Polanski et Mitterrand, il est bien de retour, en se
déguisant sous les oripeaux de "la culture".
Autrement, je ne savais pas que Cohn-Bendit a été assez con pour faire un amalgame politico-sexuel, d'autant plus faux que chez les Mitterrand, la seule face socialiste s'appelle Danielle Gouze.
que François avait suivi dans un créneau politique qui manquait (déjà) de chef de file......
Amitiés
Reynald


Jean-Marc 15/10/2009 07:40


le désir me fascine bien plus quele plaisir oui. Alors pourquoi nombre de personnessont toujours inquiet fasse à qq qui cherche à construire le désir avant de jouir ? et exprime la peur de nepas
jouir ? En quoi le désir fait il si peur que beaucoup veuille s'absoudre de l'étape, comme si on passsait un col ( utérin aussi) sans en gravir les pentes du mont (Vénus aussi) avant ? Beaucou p se
focalise sur la grandeur, le grosseur, le temps : toujours des histoires de performance. Mon esprit provocateur iraitpresque à revendiquer le droit  l'xitation sans conclusion, tenu en l'air
... ne serait ce pascela qu'arrêter letemps ? sais pas, mais le chemin est meilleurs que la ligne d'arrivée. Paye, c'est regarder le chemin, sans y participer ( à la limit en rêve) et juste
passer la ligne d'arrivée.


Bah2 15/10/2009 02:16


J'ajoute que ce qui me paraît honteux dans la justification de la prostitution par le client, c'est qu'il revendique bec et ongles ses droits sexuels (j'ignorais qu'il s'agissait de
droits....) alors qu'il ne voudrait pour rien au monde être prostitué lui-même par souci de sa respectabilité. 

La tolérance à la prostitution amène la tolérance à l'égard du viol et vice-versa. 


Bah 15/10/2009 02:11



Comment
appeler le plaisir qui consiste à  "niquer" une gamine saoule et droguée : un acte pathologique facilité par  d'un manque de scrupule et la
complaisance assurée d’une partie du clan masculin des quinquas et plus privilégiés - dès qu'il ne s'agit pas de LEUR fille.

Cela me rappelle un film de ce type qui fréquente de jeunes prostituées et qui découvre sur un site Internet que sa propre fille se prostitue. Tout à coup, il "revoit" sa vision des choses.

Ce qui est choquant, c'est que cette clique ait voulu se servir de l'écho puissant des médias de masse pour manipuler les faits en fabriquant une version à l'avantage du violeur, pour
se retourner contre les médias de masse, dès que le retour du bâton est arrivé.

Au lieu d'intervenir dans l'ombre pour Polanski, ils n'ont pas hésité à décrire la gamine de la manière la plus méprisante sous prétexte de sauver Polanski.

Et plus ils ont voulu se défendre, plus ce lâché d’arguments s’est transformé en un spectacle hallucinant où l'on a vu des messieurs venir justifier l'un après l'autre dans quelles conditions
violer une mineure était sans importance : elle voulait faire des photos, elle n’était pas VIERGE, etc.). 
L'article de Mona Chollet Le Soliloque du dominant sur Périphéries est excellent (voir ses nombreuses références).

J'ajoute que le fait qu'un ministre de la Culture affiche "le sexe et l'argent, c'est mon système" est tout à fait LUCIDE et caractérise tout à fait le système. 

Au moins les choses sont claires. Tous les artistes comprennent à présent la ligne à suivre pour obtenir des subventions. 

On ne peut pas parler d'argent uniquement. Il y a  rencontre entre sexe et corruption. 

Par ailleurs, le mot "consentement" est toujours avancée quand il s'agit de prostitution.

Mais diable  !Combien d'entre nous peuvent "consentir" à faire ou non un travail : nous devons payer le loyer (qui devient exhorbitant).

Alors c'est encore pire pour les prostitués.

Les défenseurs de la prostitution sont des clients, des propagandistes des réseaux proxénétiques et quelques rares femmes qui disent se prostituer pour l'argent et le plaisir et
minimisent le fait que l'entrée dans la prostitution est 14 ans, que les meurtres et violences contre les prostitué-es sont très répandus, que la drogue et
l'alcoolisme dominent dans ce milieu, et qu'il y a de nombreux suicides.  

Ce fantasme de la prostitution prend de l'ampleur, est devenu massif et nuit aux relations hommes-femmes, dans la mesure où cela rigidifie ces rapports et empêchent les hommes
de savoir lire quand une femme dit oui. Et cela empêche aussi les femmes d'apprendre à savoir dire clairement oui. 

Ce n'est pas la seule chose qui rend les gens idiots, certes, mais la prostitution, et la publicité qui impose aux femmes les modèles vestimentaires de la prostitution
crétinisent. 



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