Partager l'article ! VOILA CE QU'ON POUVAIT DIRE...: C’est devenu un tic depuis la première guerre du Golfe, quand les journalistes devaient tenir deux heures d’ ...
C’est devenu un tic depuis la première guerre du Golfe, quand les journalistes devaient tenir deux heures d’antenne avec
quelques images de bombardements ressemblant à un jeu vidéo. Ca s’est accentué avec le 11 septembre 2001- dix ans bientôt, je redoute l’avalanche de célébrations… - où après le même commentaire
répété vingt fois sur les images en boucle du crash des avions sur les tours le journaliste concluait par cette phrase quasi culte : « Voilà ce qu’on pouvait dire… »
Il y a quelques jours, dans l’attente du krach boursier tant redouté, j’ai compté une dizaine de « voilà ce qu’on pouvait dire » qui signifiait en fait « on n’a pas grand-chose à dire, sauf que les investisseurs paniquent et que la Bourse se casse la figure ». Et ce jeudi, lors de la nouvelle chute amorcée par une rumeur non fondée, qui a aussitôt annulé l’embellie de la veille, le commentaire en boucle fut « Les marchés sont irrationnels, il faut les rassurer avec des politiques de rigueur… » Voilà ce qu’ils pouvaient dire, car ce qu’ils ne peuvent pas dire c’est que :
-Il est insensé de laisser gouverner le monde par des marchés qui paniquent pour un rien, et criminel de se laisser imposer une politique
économique par des agences de notation et des banques qui n’en ont rien à faire du bien public et encore moins du bien-être des peuples.
-Que l’économie, même en crise, continue à croître et les richesses produites à augmenter. Qu’il est donc faux de prétendre que « les caisses sont vides » quand on réussit à trouver des milliards pour renflouer les banques ou faire la guerre en Lybie ou en Afghanistan.
- Qu’en 1945, lorsque de Gaulle et le Conseil National de la Résistance ont créé la sécurité sociale, les retraites, les allocations familiales…. Bref le socle de ce qu’on appelle « le modèle social français », les caisses étaient vraiment vides et la France exsangue après des années d’occupation. Pendant la guerre, les français ont eu faim et froid, demandez à vos parents ou grands-parents qui l’ont connue. Et pourtant, le CNR a estimé que pour relancer le pays et que tous y mettent de l’énergie, du cœur, il fallait un projet de société qui profite à tous. Résultat : les 30 Glorieuses, 30 ans de croissance économique et de progrès social associés, comme quoi les deux ne sont pas incompatibles, au contraire.
-Ce ne sont pas les politiques sociales qui ont creusé le déficit de la France (et sans doute des autres pays, mais je connais la
France) mais la politique asociale qui consiste à réduire toujours davantage les sommes demandées à ceux qui ont de l’argent- l’oligarchie des grandes Sociétés et des grands investisseurs- tout
en demandant à l’Etat de prendre en charge les dégâts causés par cette politique. Concrètement : exonérées de cotisations sociales (qui ne sont pas des « charges » mais un salaire
différé, répétons-le), les grandes entreprises n’ont pas embauché pour autant, mais reconstitué leurs marges, et elles ont continué à supprimer des emplois, laissant à l’Etat le soin d’indemniser
les chômeurs, mais faute de rentrées de cotisations suffisantes, celui-ci a dû emprunter pour cela, alors qu’une fiscalité plus saine suffirait à réduire les déficits en quelques années. Par
ailleurs, une grande part de la dette actuelle des Etats vient des emprunts qu’ils ont faits en 2008 pour soutenir les banques... qui les pressurent aujourd’hui.
- Une fiscalité élevée, loin d’écraser l’économie, est un
signe de développement. Selon Eurostat (fin 2010) c’est au Danemark (48,2%), en Suède (47,1%) et en Belgique (44,3%) que la charge fiscale est la plus élevée. Elle est également au-dessus de la
barre de 40% en Finlande (43,1%), pays réputé pour son excellence dans moult domaines, dont l’éducation et en France (42,1%) pays de la productivité (supérieure à celle de l’Allemagne) et du bien
vivre.A l’inverse, c’est en Roumanie (28,0%), en Lettonie (28,9%), en Slovaquie (29,1%) et en Irlande (29,3%) , pas réputés pour leur bien vivre ni leur économie florissante que la charge fiscale
est la plus basse.
-Hormis la douceur de vivre et les beaux paysages, ce qui attire les investisseurs étrangers en France- je tiens l’info de ma sœur et de mon frère qui ont vécu et vivent l’une en Allemagne, l’autre aux USA- c’est la qualité des services publics : des routes entretenues, une médecine performante, des trains qui arrivent à l’heure (hélas de moins en moins depuis qu’on veut « moderniser » la SNCF) et du courrier bien distribué (depuis que j’envoie mes livres, je constate un délai J +1 dans 90% des cas). Donc, il est ABSURDE que les marchés exigent que les Etats privatisent leurs services publics pour sortir de la crise, alors que l’expérience (trains en Grande-Bretagne, nucléaire au Japon) montre que la privatisation dégrade la qualité des services.
- Les prestations sociales ne sont pas des primes aux paresseux mais le minimum requis pour ne pas sombrer dans la sauvagerie, ce qui
se passe en Angleterre le prouve : les émeutiers sont sortis du bois par misère sociale… et intellectuelle, au prix des études dans ce beau pays. Résultat : non seulement ils cassent
tout, mais ils sont assez déneuronés pour faucher des gadgets inutiles, des écrans plasma… à l’image des caïds de certaines banlieues qui se la
jouent rebelles mais reproduisent les schémas les plus conservateurs et consommateurs : machisme, violence, goût du bling-bling, par mise en
jachère depuis des années de leurs capacités intellectuelles.
- Hélas, le traité de Lisbonne, imposé de force aux peuples qui avaient voté « non » au référendum européen, donc totalement anti démocratique, est assez vicieux pour interdire toute réforme sociale et tout changement de système économique, téléchargez-en le texte, c’est édifiant !
Voilà ce qu’on pourrait dire, et bien d’autres choses encore, sur « la crise », comme ils disent. Qui ne vient pas de
nulle part mais d’une volonté coordonnée de détruire ce qui faisait le bien et le bonheur du plus grand nombre et de confisquer le pouvoir et l’argent aux mains d’une poignée de gens cupides… et
irrationnels, car ce faisant ils provoquent les révoltes qui éclatent un peu partout et pourraient conduire à des guerres sanglantes. Il est vrai que la guerre est une activité économique que
certains affectionnent…
Mais au lieu de dire cela, lorsqu’un internaute interroge (émission « C dans l’air » il y a quelques jours) : « Ce qui se passe n’est-il pas une crise du système capitaliste tout entier ? » la question pourtant importante est balayée en dix secondes : « Depuis le temps qu’on annonce la mort du capitalisme, ce n’est pas demain la veille. «
Chiche ?
Essai, roman, nouvelles, contes ou musique, Autres Mondes, vous parle de liberté, d'imagination et de désir. Le site a été entièrement rénové, dépêchez-vous d'aller le voir et de montrer à vos enfants
et de regarder la non moins superbe vidéo sur "Aimer plusieurs hommes", toujours réalisée par Douze Films Prod (www.douzefilms.fr)
http://www.autresmondesdiffusion.fr/aph.html
NOUVEAU: des ebooks érotiques regroupant par
thèmes les nouvelles de "Autres désirs, autres hommes" épuisé en version papier. Que vous aimiez le sexe entre amis (sex-potes), les aventures insolites (Belles rencontres) la transgression (Jeux
et fantasmes) vous y trouverez votre compte. Rendez-vous sur http://www.autresmondesdiffusion.fr

A écouter: Voyage en moi majeur, émission du 17 février 2013 de Alex Taylor avec moi en commandant de bord (ça se recoupe...) http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_11980.xml
Françoise Simpère (nouvelles de)
ma vie, mon oeuvre, mais surtout mon oeuvre
des questions, des réponses, l'ouverture des possibles
Commentaires