L’odeur des bébés, subtil mélange de lait, de peau tiède, de couches souillées et de sueur douce. Odeur sereine, sublimée par l’amour inconditionnel des parents pour la moindre
régurgitation de l’enfant.
L’odeur du travailleur en fin de journée, imprégnée de son labeur. Sueur forte, incommodante pour la majorité des gens, mais transformée par le désir en senteur fauve et virile. Excitante. Fragile. Il suffira de peu pour que la femme s’écrie à l’homme qui la prend dans ses bras : « Va te changer, tu pues la transpiration ! » Elle ne peut plus le sentir. Son odorat avant son cœur et bien avant sa raison exprime le désamour.
L’odeur de l’amant endormi. Plaisir de humer sa peau satinée sans le réveiller, d’un souffle léger faire s’envoler un peu de ses effluves et constater, troublée, qu’il sent comme soi. Il
y a parfois ce miracle de gémellité entre deux amants : ils ont la même peau, la même odeur, et donc ne se quittent jamais. Il leur suffit de passer leurs doigts au creux de leurs aisselles
ou de leurs cuisses pour retrouver l’empreinte de l’aimé(e).
L’odeur sure des vieilles dames, comme on parle des pommes sures… Un peu aigrelette, un peu passée, mais adoucie par le parfum de rose de la poudre de riz qu’elles tapotent sur leurs joues avec une houppette, ultime coquetterie des femmes que nul ne regarde plus. Odeur du temps qui passe et des souvenirs aussi : « Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle »…
L’odeur des trains de nuit qu’en rebelle suspecte j’aime regarder filer du haut des passerelles. Métal chaud, poussières brûlantes, herbes froissées le
long des voies de campagne. Puis le silence au parfum d’étoiles.
L’odeur de mon île, là-bas, en Grèce… Avant même l’accostage du ferry parviennent aux narines les senteurs des Hélychrises italiennes, anisées, épicées, portées par un soleil ardent qui
embaume l’iode et la mer, éveillant en moi des désirs d’oursinade.
Sentir le monde, les gens… Et se souvenir que l’argent n’a pas d’odeur.
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Revisité le musée de Charroux (dans l’Allier, entre Vichy et Clermont-Ferrand) qui s’est enrichi de moult objets anciens de la vie quotidienne.
le savonnier qui travaille dans sa boutique pendant les sept mois où
viennent des visiteurs ne pourrait pas poursuivre son activité en hiver, alors que grâce à son site
Mais si à l’inverse je pense qu’à 50 ans, au rythme précité, j’ai été amenée à m’intéresser à 15750 personnes- la population de Guéret, dans la Creuse- cela signifie que je dois
consacrer du temps à 43 d’entre elles par jour, si je veux garder le contact avec chacune, ne serait-ce qu’une fois par an. Ce qui est évidemment impossible, à moins de ne rien faire d’autre.
Fiction
Vendredi 13 février
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